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Jan
20
2012

Le téléchargement est la Prohibition du XXIe siècle

Je ne vous apprends rien, MegaUpload est down depuis hier soir. Revendiquant 4% de l'Internet mondial en termes de trafic, l'aventure semble finie pour eux, mais pas l'éternel mélange des genres orchestré par les lobbys culturels.

Numerama l'a bien expliqué, le patron de MegaUpload est plus que sulfureux. Et au vu de la quantité d'infos que le FBI a amassée sur lui depuis un an, il risque très très gros.

Ses photos "pimp" questionnent. Certes, l'homme semble avoir les dents longues. Mais comment a-t-il pu monter son business et amasser tellement d'argent en assumant les contenus piratés qu'il hébergeait ?

C'est simple : il a offert aux gens ce qu'ils demandaient.

Cette vérité va faire mal à entendre aux oreilles des industriels de la culture mais on ne le répétera jamais assez : le téléchargement est la Prohibition du XXIe siècle.

Elle risque d'avoir à terme exactement les mêmes conséquences : hydres mafieux et rétropédalage politique après des années d'échec.

Et, comme il y a un siècle on n'a jamais pu interdire aux gens de boire de l'alcool, on ne pourra plus jamais les empêcher de télécharger de la culture sur Internet.

Quoi qu'ils puissent en dire, les lobbys ont une responsabilité écrasante dans cette situation.

Un auteur doit être rémunéré, c'est évident. Il faudrait être un sombre idiot pour affirmer le contraire.

Mais, avec le biais d'un canal dématérialisé comme Internet, qui ne coûte quasi rien en termes de production, les prix et les interfaces n'ont pas suivi.

Comment oser faire payer la version numérique d'un livre au prix fort de sa sortie papier, soit 20 euros ?

Si les prix baissent, la culture se démocratise. On vend mécaniquement plus et on peut arriver à terme à un effet rebond, à compenser ses recettes précédentes.

C'est juste un pari que les industriels de la culture ne veulent pas prendre. Ils ont peur et ne veulent rien voir.

Ils pourraient se faire une nouvelle santé sur Internet, mais encouragent la politique du gendarme.

Pourquoi ne pas enfin adopter une vraie politique d'accès à la culture, avec un forfait annuel par exemple ?

Avant il y avait Emule, encore avant Kazaa. Hier, il y avait MegaUpload. Et demain, il y en aura d'autres. La vérité, c'est que ça ne s'arrêtera jamais.

La seule solution est d'enfin légaliser le téléchargement, de l'encadrer avec une vraie politique de prix compétitifs.

Et là enfin tout le monde pourra dire que les artistes et le public seront réconciliés.

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Raphi

A propos de l'auteur: Raphi

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  • Pour ma part je contribue à cette culture en allant voir les artistes que j'aime en concert. Après ça m'arrive d'acheter des CDs parfois, car ma culture principale est musicale, mais il faut bien se l'avouer, payer toute la culture à laquelle on a accès - plus facilement illégalement que légalement - est tout simplement impossible...
    Sinon c'est bien vrai, ça ne s'arrêtera jamais...

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