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Jean-Paul Ney, la fachosphère et Twitter…

jeudi 15 septembre 2016 à 21:58

twitter_suspendedTiens, depuis deux jours, le compte twitter @_kitetoa_ est  suspendu. Pourquoi ? C’est la deuxième fois que cela arrive et il nous faut faire un petit récapitulatif afin que tout le monde comprenne bien ce qui se passe. Il y a quelques semaines, le Canard Enchaîné publie un article sur la modération à géométrie variable de Twitter. Le volatile s’étonne que certains propos racistes, sexistes, insultants, on en passe, soient monnaie courante sur Twitter tandis que d’autres utilisateurs, dont les propos sont tout à fait légitimes soient « censurés » par la plateforme. L’article passe en revue certains comptes de la fachosphère et… Le compte de Jean-Paul Ney, récemment certifié. Ce dernier m’attribue immédiatement la paternité de cet article. Et la fachosphère embraye. Je reçois bien entendu toutes sorte de messages privés de la part de racistes patentés, des messages publics m’interpellent.

Jean-Paul Ney n’est pas un inconnu pour moi. Je l’ai fait condamner deux fois. La première pour menace de mort réitérées. La deuxième, pour diffamation. Ces deux condamnations sont fermes et définitives.

Ce que j’avais fini par appeler les « Jeanpaulniaiseries » sont répertoriées ici, pour les curieux qui se demandent pourquoi Jean-Paul Ney m’en veut autant. Jean-Paul Ney est une personne très instable chez qui il est inutile de chercher la moindre logique. Son état mental a été jugé par le tribunal de Nanterre suffisamment inquiétant pour qu’il lui impose de recevoir des soins psychiatriques (jugement du 10 mars 2004) :

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Ce qu’il n’a jamais fait. Et cela se voit.

Son ressentiment à mon égard est né d’un article que j’avais écrit en 2001 et qui ne parlait pas de lui. Allez comprendre… Je ne suis pas la seule cible de sa haine, bien d’autres ont subi ses attaques. Mais je suis celui qui retient toute son attention depuis maintenant quinze ans. Quinze ans de pages diffamatoires un peu partout sur le net, de harcèlement, d’insultes, de menaces… Ses agissements m’ont contraint à porter plainte. Les deux condamnations obtenues et quelques mois de prison préventive ne l’ont pas calmé. D’autres condamnations viendront donc, sans doute.

Jean-Paul Ney se disant journaliste, ses délires permanents, sa grossièreté, ont fini par attirer l’attention de plusieurs journaux. l’Express, Buzzfeed, Le Monde, Le Point, Le Parisien, FranceTVInfo L’Humanité, Télérama ont dressé un portrait de lui. Loin d’être flatteur.

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Après parution de l’article du Canard Enchaîné, Jean-Paul Ney se laisse aller à son agressivité naturelle en publiant toute une série de tweets.

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3-2016-08-25-a-16-42-04Le dernier tweet étant accompagné d’une photo de moi issue d’une vidéo qu’il a trouvée sur Internet.

Avant-hier, Jean-Paul Ney s’insère dans une conversation sur Twitter que j’avais avec une autre personne et laisse entendre que je fabrique des preuves et modifie des logs.

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C’est une vieille ligne de défense qu’il avait tentée lors du premier procès que je lui avais fait. Les policiers avaient mené toutes les investigations nécessaires et avaient écarté cette possibilité.

Si je peux laisser Jean-Paul Ney éructer dans son coin, même lorsqu’il parle de moi, je ne le laisse pas publier des informations diffamatoires ou fausses sur mon compte.

Je tweete alors pour rappeler que le pénible est multicondamné. Toutes les décisions étant fermes et définitives :

  1.  Jean-Paul Ney a été condamné en mars 2004 de manière ferme et définitive pour menaces de mort réitérées à mon encontre.
  2.  Jean-Paul Ney a été condamné en février 2008 de manière ferme et définitive pour diffamation à mon encontre.
  3.  Jean-Paul Ney a été condamné en novembre 2000 pour vol avec violence.
  4.  Jean-Paul Ney a été condamné en juillet 2006 pour vol et appropriation d’un secret de défense nationale.

J’en apporte bien entendu la preuve. Pour les deux premières, il suffit de suivre les liens. Pour les deux suivantes, il faut se reporter à un document du dossier d’instruction du deuxième procès à nouveau gagné contre lui :

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Et pour enfoncer le clou, je poste une copie d’un autre document dans lequel il indique aux policiers qui l’interrogent qu’il est « connu des services de police et de gendarmerie« .

« Fort défavorablement« , bien entendu.

Ce que les policiers savent déjà. Ils ont vérifié :

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Mais c’est la routine, ils doivent lui poser la question. Ce qui est intéressant, c’est que lui-même sait et reconnaît qu’il a déjà eu affaire aux services de police et que ce n’était pas pour porter plainte. Chose pourtant, qu’il dément régulièrement sur Twitter aimant à se faire passer pour un journaliste spécialisé et très proche des services de police.

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Ce que retient le pénible personnage de ce document que je tweete, c’est qu’il y a dedans des données personnelles qui le concernent. Il s’énerve et appelle ses amis de la fachosphère à signaler mon compte. Ni une, ni deux, la fachosphère s’exécute et bingo, probablement en raison d’un processus automatique, mon compte est suspendu, le nombre de signalement étant suffisant.

Mais revenons aux données personnelles contenues dans ce document. Ce point appelle quelques précisions.

Jean-Paul Ney affirme que lui et sa famille sont menacés par des djihadistes. Son imagination est très fertile et tout ce qui peut, dans son esprit, lui donner de l’importance, devient une vérité gravée dans le marbre. Figurez-vous que tout Daesh est à ses trousses. Le dégommage de trolls hystériques à l’égo boursouflé est une des priorités des terroristes, c’est bien connu.

Du coup, la présence de son adresse dans ce document le met dans tous ses états. Et de citer ses enfants qui seraient mis en danger… Vous allez voir, ce point est très intéressant, j’y reviendrai dans 5 paragraphes.

Oui. Sauf que Jean-Paul Ney a donné publiquement son adresse et son numéro de téléphone un nombre incalculable de fois. Passons sur le fait que ce numéro est très ancien et probablement plus en service. Mieux, il écrit lui-même dans ses « articles » sur son site, que son numéro de téléphone est « public » :

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Pour d’autres publications de ses informations personnelles par Jean-Paul Ney, vous pouvez cliquer ici :

 

 

En outre, il a annoncé avant l’été avoir quitté la France. Il n’habite donc plus à cette adresse.

Enfin, ces informations figurent dans le dossier d’instruction du premier procès que je lui ai fait et qui est publié dans son intégralité ici depuis des lustres.

Certains se sont tout de même émus de la publication de données personnelles concernant un personnage qui me harcèle sans discontinuer depuis quinze ans.

Il faut à ce stade que je vous parle de ce que Jean-Paul Ney a fait avec les miennes. Lors de la période où il appelait chez moi (oui, mon numéro de téléphone était à l’époque dans le whois de kitetoa.com), Jean-Paul Ney avait posté mon numéro, ainsi que le prénom et le nom de ma femme, sur des sites de « rencontres » à connotation très sexuelle. Bilan, pendant plusieurs mois, ma famille a eu le plaisir de recevoir, en plus des siens, des coups de fils toutes les nuits de personnes franchement pas très équilibrées sur le plan sexuel. Ah, la famille… Les enfants dont parle Jean-Paul Ney… Lorsqu’il était en phase de menaces de mort à mon encontre et à l’encontre de ma famille, Jean-Paul Ney voulait couper la tête de mes enfants avec un sabre (ça vous rappelle une méthode de terroristes ? C’est normal) et… « Chier dans leur cou ». Quant à ma femme, il lui promettait toutes sortes d’agressions et de violences sexuelles. A mon fils, un cancer qui devait le tuer (400 messages dans la même soirée sur le forum de mon site). Il venait aussi rôder devant chez moi et s’en vantait en donnant des détails sur mon domicile et en menaçant de s’en prendre à moi et à ma famille.

Voilà une partie du contexte dans lequel moi et ma famille avons dû vivre pendant des années. Vous comprendrez donc peut-être pourquoi la publication de données personnelles publiques de Jean-Paul Ney ne me pose aucun problème moral lorsqu’il re-concentre ses attaques à mon encontre.

Et twitter dans tout ça ?

Jean-Paul Ney a donc appelé à signaler mon compte en masse :

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Le compte a été signalé par une multitude de gens très recommandables :

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Le seuil atteint, le compte a été suspendu.

Cela pose quelques questions sur Twitter.

C’est bien entendu un outil merveilleux et Reflets ne serait pas ce qu’il est sans Twitter. Mais c’est un outil américain qui respecte le 1er amendement de la constitution de ce pays. En d’autres termes, chacun a droit de dire ce qui lui passe par le tête et les propos racistes ne sont pas censurés. Leurs auteurs ne verront pas leurs comptes suspendus. Jean-Paul Ney, par exemple, peut allègrement se laisser aller :

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La fachosphère qui gravite autour de Jean-Paul Ney sur Twitter donne à voir une vision inquiétante de la société française. Complètement paranoïaque, bouffie de haine, mythomaniaque, assénant mensonge après mensonge tout en étant persuadée qu’il s’agit de vérités absolues façon « Le grand remplacement est en marche »… Comme une boule de neige descendant une montagne, leur haine, leur paranoïa grandit à mesure qu’ils se parlent.

Tout cela, pour twitter est acceptable. En revanche, publier des informations publiques et véridiques (des documents issus d’un procès) sur une personne pour le moins controversée, ça… C’est moins acceptable ?

Il faut donc prendre Twitter pour ce qu’il est  : un outil passionnant, imparfait et sur lequel on n’a aucun contrôle. Il faudra donc savoir vivre sans lui un de ces jours. En d’autres termes, construisez votre propre maison sur Internet si vous voulez pouvoir vous y exprimer librement. Vous n’aurez de comptes à rendre sur votre prise de parole responsable que devant un tribunal, le cas échéant. Vous ne serez pas à la merci d’un algorithme.

Est-ce que ma wi-fi est cryptée ?

mardi 13 septembre 2016 à 16:52

wifi

Une partie de la réponse à la question (importante) que cet article pose, se trouve sur ce site :  http://lawifi.fr

Pour la deuxième partie de la question (y a-t-il une crypte dans mon wifi ?), il  nous a été dit qu’un autre site sur le cryptage existe.

 

Le nouvel âge de l’algopolitique… et ses outils

mardi 13 septembre 2016 à 14:26

algopolitique-outils

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère qui ne se nomme pas. Cette ère est caractérisée par plusieurs phénomènes liés, dont le principal est celui de l’émergence des IA, les intelligences artificielles. Le terme « intelligence » est contestable, puisque les caractéristiques des algorithmes de deep/machine learning et de data mining ne sont pas celles propres à l’intelligence humaine. Les algorithmes ne pensent pas, ni ne ressentent, comme peut le faire un être humain, et pourtant ils exercent des tâches qui se rattachent à celle qu’une intelligence très spécialisée peut exécuter. La principale est celle de chercher des informations, les trier et les comparer. Cette capacité n’est pas en tant que telle une « nouveauté » en informatique, mais de nouvelles fonctions sont venues l’améliorer, afin de l’amener vers ce qui est nommé aujourd’hui IA.

La principale capacité de ces algorithmes est celle de l’auto-apprentissage. Apprendre à apprendre, générer de nouvelles portions de code améliorant les fonctions, prenant en compte les nouvelles données traitées : les algorithmes de deep learning savent « improviser », modifier leurs « comportements », changer leur manière de procéder au fur et à mesure de leur exploitation. Comme peut le faire un enfant confronté à la découverte du monde, au développement de ses propres capacités motrices ou neurologiques. L’exemple de l’algorithme de jeu de go qui a surpris ses propres créateurs — par ses coups parfois très inattendus — est un exemple parlant de ces IA actuelles. L’intelligence de l’IA à été supérieure à celle de l’homme, puisque le champion coréen a perdu contre la machine.

Cette avancée technologique des IA n’aurait pas été possible sans l’évolution massive de plusieurs facteurs. Le premier est bien entendu la puissance de calcul, puis la baisse des coûts de production des composants informatiques, et enfin, l’explosion des big data. Ce dernier point est très important, puisque pour qu’un algorithme apprenne, il lui faut le plus grand terrain de jeu possible qui soit, et donc avoir le plus de données possibles à traiter. Insérer des jeux de données manuellement dans un système de deep learning trouve vite sa limite, alors que les trillards de big data d’Internet sont une « nourriture » infinie pour les algorithmes « apprenants ».

Tous ces phénomènes cumulés ont donc permis l’émergence de nouvelles applications de plus en plus performantes, laissant entrevoir une forme de science de la méta-statistique, avec tout ce qu’elle peut contenir de fascinant. S’il est possible de faire traiter des milliards de données à des vitesses magistrales par des machines capables d’exploiter la moindre anomalie ou reconnaissance de forme récurente au sein de celles-ci, une possibilité de prédiction, voir de « précognition », une vision claire et d’avenir — au milieu du chaos apparent — peut émerger. C’est ainsi que l’algopolitique est devenu le centre de commandes des sociétés modernes. Naturellement, et sans débat.

Applications concrètes

L’algopolitique est une gestion politique de la société grâce à des algorithmes apprenants, traitant des mégadonnées — la plupart du temps — mais aussi des très grands jeux de données ciblés. Sa fonction première est d’offrir aux décideurs, quels qu’ils soient (économiques, politiques, militaires, sécuritaires), des cibles, des statistiques, des prédictions et des aides précises à la prise de décision. L’algopolitique trouve déjà des applications concrètes au plus niveau de la société, auprès du gouvernement et de certains de ses services administratifs. D’autres applications sont en cours de développement ou bien de nouvelles encore dans des tiroirs. Elles émergeront au fur et à mesure des besoins et des possibilités, sachant que rien ni personne ne vient réguler — ou ne serait-ce que discuter — ces procédés. En réalité, chaque pan de fonctionnement de la société, chaque secteur d’activité peut être traité par l’algopolitique. Les premiers pas avec ces outils ont été faits dans la chasse aux « fraudeurs » : allocataires des minima sociaux, de l’indemnisation chômage, de l’aide au logement, de l’aide familiale, etc. Un article sur Reflets s’en faisait écho il y a peu.

Les autres applications de l’algopolitique déjà en place, se situent au niveau de la lutte contre la criminalité, de la sécurité et du renseignement.

En 2015, le Teralab de l’Institut Mines-Telecom (l’école d’ingénieurs) a proposé un projet de de prédiction de la criminalité : Horizon/Anticrime. Le document (publié par notre confrère de Mediapart, Jérôme Hourdeaux) établit de façon très simple et claire le fonctionnement de ce type d’outils à destination du SCRC (Service central de renseignement criminel) :

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Ces systèmes sont des modèles prédictifs. Ils offrent par exemple aux forces de l’ordre des statistiques sur la fréquence, la possibilité et les localisation de futurs actes criminels. Mais ils peuvent aussi créer des profils de criminels potentiels ou futurs.

Les machines de deep learning à la solde de l’algopolitique aspirent les existences humaines. Tout ce qui peut caractériser un individu, un groupe d’individus, des fonctionnements d’individus doit être accessible aux machines. Du détail physique, vestimentaire, mode de déplacement, lectures, achats, préférences sexuelles, mode de vie, capacité financière : tout peut être connu et discriminé par les machines, et l’est déjà par celles au service de Facebook, Google, Amazon. Ces trois méta-entreprises génèrent leur cash quasiment uniquement grâce au machine learning et au deep mining. Le projet « Anticrime » du Teralab pour le SCRC ne s’en cache d’ailleurs pas, puisqu’au delà des données en « sources ouvertes » , ce sont des données « non structurées » comme celles des utilisateurs des réseaux sociaux qui doivent être utilisées :

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En France, les outils de l’algopolitique ne sont pas encore bien connus. L’Etat français ne montre qu’une partie immergée de l’iceberg, celle qui peut lui apporter les faveurs de l’opinion : lutte contre la criminalité, le terrorisme, la fraude (sociale). Pour autant, et malgré les insistances de certains observateurs spécialistes de la surveillance d’Internet, il est très difficile d’imaginer l’Etat français se contentant de faire uniquement des demandes judiciaires en bonne due et forme pour intercepter une partie du trafic des métadonnées (ou des contenus des paquets IP) sur le territoire national. D’autre part, jusqu’à quel point l’Etat peut-il se permettre de faire traiter par des machines à des fins répressives, de contrôle, ou de surveillance, les échanges des citoyens sur Internet ?

Les Etats et le contrôle social

Les documents révélés pas Edward Snowden ont mis le monde occidental devant un fait accompli : un État déclaré démocratique, garant des libertés individuelles se permet en toute illégalité, dans le plus grand secret, de mettre en place des systèmes d’interceptions de données / d’accès à des données privées à grande échelle hors de ses frontière et au sein de ses frontières et de les traiter. Ce pays, les Etats-Unis d’Amérique, travaille avec des partenaires, qui eux aussi participent à celle collecte d’information : Canada, Royaume-Uni, Nouvelle Zélande, Australie (Five eyes). Il a été démontré (toujours par les documents Snowden) que ces Etats développaient toute une panoplie d’outils informatiques de piratage, les mêmes que ceux utilisés par les criminels, voire souvent plus performants et donc plus dangereux. Ces révélations ont permis de comprendre que la légalité n’était en aucune manière une garantie face aux systèmes numériques d’interceptions et de traitement de données des populations. Ce qui permet d’affirmer que l’algopolitique à deux qualités centrales pour ceux qui la mettent en œuvre : l’invisibilité et le silence. L’Etat n’a pas à rendre de comptes sur les outils numériques qu’il met en place dans le cadre de la « gestion nationale », et peut le faire sans que cela ne se voit ni s’entende. Et ce qui ne se voit pas et ne s’entend pas… n’existe pas. Par contre, ces outils ont de nombreux intérêts pour les gouvernants.

Un article d’internetactu citant le philosophe et chercheur Matteo Pasquinelli amène la réflexion sur l’algopolitique au niveau du contrôle social et de la gouvernance :

Le but de ces algorithmes est de révéler un « nouveau sujet politique » : l’oeil des algorithmes tente désormais de distinguer l’individu « antisocial » de l’ensemble des individus, à l’image des travailleurs dont la productivité est mesurée par l’oeil des algorithmes comme le soulignait les travaux du groupe de recherche européen Forensic Architecture, qui dénonce les violences du développement de systèmes de contrôle sous forme de systèmes, d’ « architectures », véritables pathologies du monde moderne.

Ces méthodes de détection ou de prédiction sont déjà en place dans les politiques des entreprises, que ce soit pour les recrutements ou « l’optimisation » des employés (internetactu, l’emploi à l’épreuve des algorithmes) :

L’analyse des e-mails, des messageries instantanées, des appels téléphoniques, du moindre clic de souris des employés peut désormais être mise au service d’une plus grande efficacité de l’entreprise. Les données produites par les travailleurs sont en passe de devenir un atout précieux.

Des outils d’algopolitique pour tout, pour tous, partout

Le but de l’algopolitique n’est pas « la surveillance ». La « surveillance » est un mot-valise qui noie le problème de fond de la nouvelle ère qui s’est ouverte et qui est celle du renseignement de l’activité et de sa modélisation, ce qui implique d’ailleurs le remplacement de l’identité par l’activité. Cette nouvelle ère — qui n’est pas celle de la surveillance en tant que telle — est celle, avant tout de la prédiction, basée sur l‘automatisation du traitement des activités. De manière simple, quand un spécialiste de la surveillance sur Internet (@manhack) s’évertue à expliquer nuit et jour qu’il n’y a pas de « surveillance de masse », et affirme que les gens se trompent en disant « je suis sur écoute », il a raison. Mais il se trompe totalement en croyant avoir résolu la problématique en cours qui est la gestion algorithmique des populations, la mise en œuvre d’outils de plus en plus performants pour établir des modèles globaux et prédictifs.

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Voir la mise en place de sondes d’interception des communications internet comme une manière de surveiller « toute la population » est absurde. Penser que « la surveillance » des personnes est le seul phénomène à analyser  — dans le cadre des interceptions de communication — l’est tout autant.

Pour organiser une véritable algopolitique digne de ce nom, il est nécessaire de pouvoir traiter un grand nombre de données, mais ciblées, et pas de manière « massive » (dans le temps, l’espace et la quantité). Il n’ y a aucune nécessité à intercepter tout le trafic du pays en permanence pour parvenir à mettre en place des outils performants d’algopolitique. Mais il doit être possible de donner à « manger » aux algorithmes les bonnes bigdata spécifiques en fonction du modèle spécialisé que l’on veut générer.

Ce que veut faire l’algopolitique de façon générale, n’est pas la surveillance de masse des populations. Ce que veut faire l’algopolitique peut être résumé par : « l’aide aux décisions grâce au traitement automatisés des mégadonnées offrant des modèles prédictifs, s’appuyant sur les procédés de machine/deep learning et data mining. »

Qu’il soit nécessaire de capturer n’importe quel trafic est bien entendu nécessaire, et les sondes formant les Interceptions Obligatoire Légales ( IOL : elles ne sont pas légales, puisque mises en place en secret sous la présidence de Nicolas Sarkozy, sans aval des institutions) sont là pour appuyer concrètement cette affirmation. Des entreprises privées ont répondu aux demandes gouvernementales pour installer ces systèmes, et des appels d’offre sont en cours pour permettre de continuer à traiter des données afin de créer les modèles prédictifs spécialisés qui constituent le cœur de la gouvernance algopolitique. La dernière annonce du ministère de l’Education nationale n’est qu’une toute petite démonstration — faite avant toute chose — pour habituer la population à « faire avec » la gestion algorithmique administrative.

Question : tout cet attirail technologique formant l’algopolitique, bafoue-t-il allégrement la constitution française sur le droit à la vie privée, puisque l’algopolitique est par essence forcée d’utiliser les données des citoyens (cf le projet du Teralab de Mines-Telecom) qu’elles soient constituées de métadonnées, ou du contenu de paquets IP, ou seulement issues de publications sur le réseau ? Il serait temps de se poser la question avec l’aide de juristes et de constitutionnalistes…

A terme, ce sont de toute manière tous les pans de la société qui doivent être touchés si rien n’est fait : de la santé, aux transports, en passant par l’emploi, l’accès à l’information, l’alimentation, les conflits sociaux, le traitement de la délinquance, ou encore celle des addictions. Le but recherché de l’algopolitique est le contrôle par anticipation.

Au point d’assassiner une personne qui n’a pas encore commis de crime mais serait algorithmiquement détectée comme supposée le faire ?

On peut l’imaginer, puisque c’est ce que réalisent déjà les USA avec leur assassinats ciblés contre des terroristes supposés agir… dans le futur (http://www.forensic-architecture.org/theme/predictive-forensics/)

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Les espions se cachent pour… surveiller. Pourquoi ?

mercredi 7 septembre 2016 à 16:01

ecoutesSelon un rapport secret de la CNIL allemande, les services de renseignement de notre voisin auraient violé les lois et la constitution du pays en collectant massivement des données sur des citoyens n’ayant évidemment aucun rapport avec le terrorisme. Surprise ? Pas vraiment. C’est devenu une sorte d’antienne depuis les premières révélations d’Edward Snowden. Souvenez-vous… La NSA récoltait les selfies des internautes pour faire de la reconnaissance faciale. C’est dire si le filet est large. On peut discuter sans fin sur l’aspect massif ou pas de la collecte, mais il reste une question en suspens. Pourquoi les espions espionnent-ils les citoyens en s’en cachant ?

Reprenons : rien ou presque de l’énorme infrastructure mise en place par la NSA pour aller chercher les selfies de citoyens à poil de terroristes n’aurait filtré sans les révélations d’Edward Snowden. L’ampleur du stock de documents fournis par le lanceur d’alerte est par ailleurs la seule assurance contre les mensonges répétés de l’administration américaine qui tente depuis le début de se murer dans un déni stérile. Plus près de nous, nos amis Allemands ont visiblement mis en place des outils très similaires et les ont utilisés sur ces citoyens n’ayant aucun rapport avec le terrorisme. Mais en secret également. En Grande Bretagne, même scénario. En France ? En France, on couvre du secret-défense les écoutes administratives réalisées avec des sondes DPI positionnées dans tous les DSLAM français. On collecte des données sur les backbones, mais sans trop en parler. On vend des systèmes d’écoute globale à des dictateurs et des Etats policiers, mais dans l’ombre. Secret on vous dit.

Pourquoi ce secret omniprésent sur des opérations d’écoutes qui, le temps l’a démontré à de multiples reprises, ne vise pas uniquement les terroristes potentiels, mais bien une grande partie de la population ?

Dura lex, sed lex, ou pas…

Bien entendu, il y a la loi.

A l’échelle de la planète, il y a par exemple, il y a la Déclaration universelle des droits de l’homme:

Article 12
Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

En France, il y a ces articles du code pénal :

Article 226-1 du code pénal :

« Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende le fait, au moyen d’un procédé quelconque, volontairement de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui :

1° En captant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel ; (..) »

 

Article 226-15 du code Pénal :

« Le fait, commis de mauvaise foi, d’ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d’en prendre frauduleusement connaissance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.
Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions. »

Voilà. Saymal d’écouter aux portes les citoyens. Et c’est réprimé. Assez logiquement d’ailleurs. Pourquoi ? Parce que les citoyens ont accepté de déléguer leur pouvoir à de parfaits inconnus, les hommes et femmes politiques, pour qu’ils l’exercent en leur lieu et place. A ce titre, il attendent de ces politiques un petit peu de respect pour leur vie privée, qui ne les regarde pas et un respect entier des règles qui font partie du contrat social. En clair, on ne viole pas les règles, les lois, qui sont partie intégrante du contrat social, le même qui pousse les citoyens à déléguer leur pouvoir aux hommes et femmes politiques.

L’installation et l’utilisation des sondes DPI dans le cadre du programme IOL au sein des DSLAM français étaient quant à elles illégales à l’époque de ce projet. On comprend que les dirigeants politiques qui ont approuvé tout cela se cachent pour mener leurs projets.

Le mépris

Mais il n’y a pas que la peur du gendarme qui pousse les hommes politiques à cacher aux citoyens qu’ils mettent en place de vastes infrastructures pour les espionner. Il y a aussi le mépris. Le bon peuple n’a pas besoin de tout savoir…

Prenez l’accord Lustre. Selon la presse, qui se base sur des informations tirées des documents d’Edward Snowden, la France échange avec les Etats-Unis des informations. Lesquelles ? Concernant quelles personnes ? Dans quelle proportion ? Dans quel format ? Anonymisées ou pas ?

Lorsque Reflets a eu l’occasion de poser une question à Jean-Jacques Urvoas, à l’époque membre de la délégation parlementaire au renseignement, sur le contenu de l’accord Lustre, il a tout simplement quitté la salle sans répondre à la question. C’est une première dans une vie de journaliste. Il n’est pas rare qu’un homme politique, gêné par une question, élude, se retranche derrière on ne sait quel secret-défense… Mais quitter l’estrade, puis la salle…

Le mépris des politiques à l’égard des journalistes, c’est presque de bonne guerre… Mais il y a aussi les questions posées par les parlementaires. Les « représentants du peuple ». Mandatés pour surveiller les actions de l’exécutif… Celles-là aussi restent sans réponse. Seul le mépris peut expliquer ce type de comportement. Des questions sur Qosmos, sur Amesys, sont également restées sans réponses, ou ont généré des réponses abracadabrantes.

Derrière la problématique légale et le mépris, il y a aussi, sans doute, tout au moins peut-on l’espérer, un sentiment de culpabilité inavoué.

Friture sur les éléments de langage

Imperceptiblement, quelque chose change ces temps-ci. Alors que l’on était habitués à un élément de langage unique : « en France on pêche au harpon, pas au chalut« , il semble que les autorités aient décidé de se rapprocher de la vérité : oui, la France pêche au chalut, c’est à dire fait de la collecte massive.

Ce revirement est peut-être dû à la dure réalité qui s’impose chaque jour un peu plus. Comment nier l’évidence après un certain stade ? Peut-être est-il dû au fait que les autorités pensent pouvoir surfer sur l’effet terrorisme ? Il est plus simple de faire admettre à la population qu’elle est sur écoute lorsque la finalité affichée est la lutte contre le terrorisme.

Quoi qu’il en soit, Bernard Barbier, ancien responsable technique de l’infrastructure d’écoute de la DGSE a expliqué au cours d’une conférence quasiment inaudible, que la France faisait de la récolte massive. Dans un article dans Libération, Amaelle Guitton laisse également entendre que les éléments de langage des autorités ont changé.

Le pourquoi derrière le pourquoi

Pourquoi se cacher pour espionner ? Nous l’avons vu, parce que c’est interdit et parce que l’on méprise ceux que l’on espionne, y compris ses propres concitoyens. Mais pourquoi collecter des informations en masse sur ses concitoyens ? Voilà une question qui restera sans réponse jusqu’à ce que Paul Bismuth et François Hollande écrivent, peut-être, leurs mémoires, aux alentours de leurs 85 ans…

Dans quel esprit torturé, pour ne pas dire dérangé, naît l’idée de fouiller avec autant de détermination, avec des outils aussi puissants, dans la vie privée de ses concitoyens ? Dans la vie privée de citoyens qui n’ont commis aucun délit ou crime ? Qu’est-ce que cela dit sur une société dans laquelle  se côtoient des surveillés qui ne demandent pas de comptes à ceux qui surveillent, et des surveillants qui ne veulent pas rendre de comptes à qui que ce soit ?

 

Rentrée 2016 : la préparation au grand basculement ?

mardi 6 septembre 2016 à 22:50

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La politique mondiale n’a jamais atteint le degré de délitement nauséabond qui caractérise cette année 2016. Des Etat-Unis, au Moyen-Orient, en Turquie, Pologne, Allemagne, Autriche, Royaume-Uni, Philippines, Russie, Afrique sub-saharienne, jusqu’en Italie, en Espagne ou en France, les personnels politiques ne cessent de jeter de l’huile sur le feu des malaises populaires. Le monde capitaliste agonise en douceur, et ses défenseurs les plus serviles et les plus protégés ne peuvent s’empêcher de chercher des issues à leur position, désormais précaire. Ces issues prennent racine dans les pires rouages idéologiques. Une rentrée violente, laide, et pernicieuse se dessine.

Les nationalistes violents ont le vent en poupe

Donald Trump est un politicien abject. Son adversaire démocrate n’est pas — malheureusement — une personne très recommandable non plus, bien que plus policée. De la peste ou du choléra, les Américains vont devoir choisir. La caractéristique première de cette élection est qu’elle inquiète le monde entier, une sorte de prélude à une apocalypse  proche que tout le monde ressent. Que va faire la première puissance mondiale, déjà bien usée par 15 ans de destruction des droits humains à travers la planète, de massacres, tortures et autres exactions militaires sous couvert de « guerre contre le terrorisme » ? Le racisme de la plus grande démocratie du monde qui se traduit en actes par des dizaines de meurtres d’afro-américains de la part de policiers — sous la présidence Obama — peut-il s’exacerber encore un peu plus ? Et sa capacité à détruire à l’extérieur ?

Cet emballement pour une « grandeur nationale » perdue (mais bientôt régénérée), la politique du repli et de la mise en cause des étrangers dans la perte de puissance, n’est pas l’apanage du seul Donald Trump. Le président philippin fraîchement élu est une caricature extrême, annonçant des lendemains peu enchanteurs. Appeler tout un chacun à tuer les dealers, puis lancer une liste de 160 noms de parlementaires, policiers, maires, militaires — impliqués selon le président — dans les trafics, n’est pas à franchement parler une politique rassurante. Un cauchemar, en réalité. La fameuse « communauté internationale » ne semble pas pour l’instant réagir particulièrement à ce nouveau système démocratique où 2000 personnes peuvent être exécutées dans la rue en un mois et demi par la seule vindicte populaire et sur incitation de son président…

En Turquie, Erdogan continue sa « purge » post tentative de putsch avec plusieurs dizaines de milliers de magistrats, opposants politiques, policiers, militaires, journalistes, embastillés. Poutine qui continue sa guerre en Ukraine et manœuvre toujours en Syrie le reçoit désormais avec les honneurs : le vent tourne et les amitiés entre despotes commencent à se redessiner.

En Europe : le racisme anti-musulman comme bouclier politique ?

De l’Allemagne à l’Autriche, la Pologne, la Hongrie les pires réflexes ont ressurgi face à l’afflux de réfugiés des guerres moyen-orientales. Les partis politiques nationalistes à tendance xénophobe ont le vent en poupe et mis à part Angela Merkel qui refuse d’ostraciser les malheureux qui fuient ces conflits, la misère économique ou la répression politique, le reste des politiques en Europe surfe sur la vague du racisme bon teint. Il faut dire que le piège tendu par le Califat islamique a fonctionné à merveille : quelques attentats commis majoritairement par des locaux ont créé une surenchère sécuritaire et nationaliste absurde qui a vu son paroxysme avec l’interdiction du burkini en France, soutenue par le premier ministre, Manuel Valls.

Face au chaos et à la destruction en cours en Syrie, en Irak, au Yémen, que les puissances européennes ont laissé se répandre — soutenant même les monarchies à l’origine de ces conflits — la seule réaction politique visible est celle d’une mise en cause des nationaux issus de culture musulmane.

Le racisme anti-musulman est un bouclier politique parfait, puisqu’il permet dans le cas de la France, de créer un écran de fumée doublé d’un attisement des réflexes nationalistes et patriotiques les plus nauséabonds. Les racistes primaires (et secondaires) sont aux anges, le premier ministre accompagne le mouvement de la droite qui sur ce sujet est désormais en parfait accord avec le parti de Marine Le Pen. Pour ceux qui oseraient lever le doigt pour contester ces discours et méthodes dignes de Vichy, il reste quelques éditorialistes post-soixantehuitard qui viennent les traiter de collabos. Dans la course à l’inversion de sens, je demande Julliard.

Le basculement est en cours

Ce qui est en train de se dérouler en ce moment même est un grand basculement. Politique, social, et économique. Personne n’en sortira indemne, et surtout pas la dignité humaine, les droits fondamentaux et particulièrement l’humanisme.

Le monde est furieux et ce sont les plus furieux qui se voient plébiscités. L’ancien monde, avec sa petite télévision qui ronronne tous les soirs pour divertir le gentil habitant du monde riche qui estime mériter son confort, est révolu. La petite télé déverse des flots de haine et de fureur, accentue le malaise du gentil occidental de moins en moins confortable et de plus en plus inquiet. Fâché aussi, le gentil occidental, de voir la corruption généralisée qui l’entoure, qu’elle soit politique ou économique. Il veut faire basculer les choses. La seule chose qu’il voit, c’est le vote nationaliste, et c’est ce qui est en train d’arriver. De partout, ou presque. Et puis il a maintenant un bouc-émissaire parfait, montré comme la cause de tous les maux : le musulman. Bien pratique ce musulman. Il remplace « l’Arabe », qu’on détestait mais sans raison valable, si ce n’est une guerre d’indépendance perdue et quelques mensonges sur les raisons de sa présence jugée innoportune sur le sol national.

Ce basculement est absolument similaire à celui qui eut lieu dans les années 1930. L’histoire se répète, avec d’autres acteurs, d’autres causes directes, mais avec le même résultat : des peuples qui deviennent fous de haine, de rancœur, de hargne, prêts à laisser leurs pires instincts s’exprimer. Dans les urnes dans un premier temps, et ensuite ?

Résister, c’est exprimer son refus

Face à ces constats tous plus déprimants et inquiétants les uns que les autres — pour ceux qui refusent d’envisager un monde moderne autrement que par les valeurs humanistes de progrès — une seule solution : le refus. La première des résistances valable — dans un monde entièrement intrerconnecté, en infobésité complète, empli de propagande, d’influences, de manipulations et de renversement de sens — est donc celle du refus.

Refuser de participer à tout ce qui entraîne le monde dans ce tourbillon de haine de l’autre : en se débarrassant de sa télévision, en n’allant pas aux urnes, en évitant tout ce qui peut enrichir ou renforcer les multinationales, en arrêtant de donner de l’importance à la classe politique, qui est — intégralement ou presque — soit incompétente, soit destructrice.

Le refus est une résistance. Il exprime clairement un choix. Il a un impact direct, il ouvre un horizon adulte puisqu’il force à assumer des décisions qui vont entièrement contre la politique en place.

Place ensuite à l’accueil, local, des autres. Les étrangers (à soi-même), quels qu’ils soient. Pour le partage : dans le travail, la réflexion, les loisirs, l’entraide, la pratique artistique, technique, etc…

Le basculement, de toute manière, se fera. A ceux qui redoutent ce basculement, de préparer l’après, pacifiquement, mais fermement, en sachant dire non. Tout en montrant l’exemple. Parce que c’est avant tout dans les actes positifs que l’humain se construit. Uniquement.