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Alexandre del Valle et Mediapart : un vieux routier des coups tordus

samedi 26 mai 2018 à 17:27

Il s'était déjà illustré dans la diffusion d'un vrai-faux rapport sur le MRAP

Alexandre del Valle, de son vrai nom Marc d’Anna, est de longue date une passerelle entre la droite et l'extrême-droite. Son cabinet a pondu, pour le compte d'un euro-député frontiste, un "rapport" sur Mediapart, qualifié de média aux mains des Frères musulmans. Retour sur le long passé d'Alexandre del Valle.

Alexandre del Valle lors de l'un de ses passages sur un plateau de télévision - Copie d'écran - CC

Il faut remonter au début des années 2000 pour bien cerner le personnage qui vient de livrer un rapport accablant sur Mediapart à l'euro-député FN Jean-Luc Schaffhauser. Accablant car on y découvre que Mediapart mènerait un « jihad médiatico-intellectuel », visant à « saper de l’intérieur les fondements de l’État français », avec deux « facettes », « trotskisme » et « islamisme radical ». Qualifié d'« agent d'influence des islamistes », le journal serait « entre les mains des Frères musulmans », selon le compte rendu qu'en fait Marine Turchi sur Mediapart. Il faut dire que Marc d’Anna, alias Alexandre del Valle fait une fixette depuis des lustres sur le péril musulman et sur les gauchistes qui menacent l'Occident. Remontons le temps...

En 2010, Alexandre del Valle était en cheville avec Arnaud Dassier et Rachid Kaci au sein d'un courant de l'UMP dénommé "La Droite Libre". Initiateurs du concept de "droite décomplexée" repris par la suite par Nicolas Sarkozy, les trois personnages avaient projeté leur groupuscule sur le devant de la scène par des méthodes un peu particulières.

Ils avaient par exemple appelé à bombarder les boites mails de syndicats, ce qui n'avait pas été du goût de la Justice qui les avait condamnés. Arnaud Dassier était à la tête d'une agence Web à l'origine du Sarkospam et avait par ailleurs lancé « gauchestory.com », un site parodiant l’émission Le Loft pendant la campagne présidentielle de...

Loi "Fake News" : la régulation de l'information est en Marche !

mercredi 23 mai 2018 à 17:03

La presse officielle, sérieuse, validée par l'Etat français, c'est fiable - http://www.journal-suzon.fr/wp-content/uploads/2015/03/LOeuvre-23-juin-41-Copie.jpg

C'est un amendement pour la loi sur les fausses informations, présenté par Mme Michu Moutchou , qui laisse envisager de gros changements dans la diffusion de l'information en France. Figurez-vous que cet amendement propose que "Les opérateurs de plateforme en ligne (…) s’engagent, notamment par l’élaboration de chartes de bonnes pratiques ou d’accords signés avec les organisations représentatives des journalistes, des éditeurs de presse et des services de communication audiovisuelle, à identifier et promouvoir les contenus d’information produits par les entreprises de presse dans le référencement des contenus d’information."

Le résumé de l'amendement est clair :

"Le rôle croissant qu'exercent les opérateurs de plateforme en matière de classement, référencement et diffusion de l'information en ligne justifie la mise en place d'instruments juridiques souples, tels que des chartes de bonnes pratiques ou partenariats avec les entreprises de presse, permettant de réguler la diffusion de l'information sur les réseaux sociaux. Le but est ainsi d'assurer un référencement adéquat des contenus édités par des entreprises de presse, afin de promouvoir le traitement journalistique de l'information."

Si l'on consulte la liste des médias et entreprises de presse sur le site de a Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), il semble que désormais, les internautes — via les opérateurs de plateforme —...

#Venezuela: l'exode

mardi 22 mai 2018 à 20:03

Coulisses et réalités de la plus grande crise migratoire de l'histoire moderne de l'Amérique Latine.

Alors que le Vénézuéla vient de réélire Nicolas Maduro, le pays connait une crise migratoire terrible, conséquence d'une crise économique profonde.

Queue à la frontière

La crise au Venezuela, vous en avez sûrement entendu parler. Ce pays n'a pas bonne presse en Europe. Nos grands médias prennent soin, à intervalle régulier, de nous conter les affres du peuple Vénézuélien. Outre Atlantique, chez le grand frère américain, c'est encore pire. Ce pays est dans la ligne de mire des trois derniers présidents Américains. Tout commence avec l'élection en 1998 du président Hugo Chavez et la mise en application de son programme extrême gauchiste et anti-impérialiste à quelques encablures des côtes Sud des États-Unis. La toute puissante compagnie nationale pétrolière va re-basculer dans le giron national et une grande partie des bénéfices pétroliers vont alimenter des programmes sociaux, les relations avec l’île honnie de Cuba vont être normalisées ... Il n'en fallait pas plus pour mettre dans la bouche du nouveau président Américain une formule qui avait déjà fait tant de mal à l’Amérique du Sud: "Régime change".

Les attentats du 11 septembre 2001 passent par là, donnant des ailes à George Bush et son gang néo-conservateur. Le monde déroule un tapis rouge à l’Amérique interventionniste et il faut en profiter. Dès 2002, les faucons sponsorisent un coup d'État qui sera un coup dans l'eau. Le gouvernement intérimaire vénézuélien, presque immédiatement reconnu par l'administration américaine ne durera que 48 heures et Chavez sera remis au pouvoir sous la pression de la rue et d'une partie de l'institution...

Le Senate Intelligence Committee valide la candidature de Gina Haspel à la tête de la CIA

mercredi 16 mai 2018 à 23:12

Gina Haspel - Central Intelligence Agency
Gina Haspel - Central Intelligence Agency
Le premier pas est franchi. Le Senate Intelligence Committee a voté à 10 contre 5 en faveur de la nomination de Gina Haspel à la tête de la CIA, comme le souhaite Donald Trump. L'ensemble du Sénat doit désormais voter pour que sa nomination devienne effective. Cela pourrait intervenir dans les tous prochains jours. Gina Haspel avait été entendue par le comité le 9 mai. A la tête d'une prison en Thaïlande, ayant pratiqué la torture sous l'Administration Bush, elle avait expliqué qu'à l'époque, ces traitements des prisonniers étaient légaux. Elle n'avait pas confirmé que la torture avait été utile pour obtenir des informations mais avait refusé de dire que cela était immoral. Ce qui est sans doute moral à ses yeux, c'est que Barack Obama ait refusé que George Bush ou Dick Cheney soient poursuivis pour crimes de guerre. Ou qu'elle puisse briguer la tête de la CIA en dépit de son rôle majeur (y compris dans la destruction de preuves d'actes de torture) dans les programmes de torture et d'enlèvement de la CIA.

Terrorisme : et si on enfermait les gens préventivement ?

mardi 15 mai 2018 à 14:52

La question stupide revient après chaque attentat

Quels que soient les arguments, quels que soient les contradicteurs de cette option, policiers, avocats, juges, la droite et l'extrême-droite reviennent à l'assaut après chaque attentat avec cette envie d'enterrer la démocratie, comme les terroristes qu'ils disent combattre.

"Terrorisme : emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique". Le but de l'Etat islamique est sans aucun doute d'enterrer le système politique choisi par ses ennemis, c'est à dire la démocratie. Ce système n'est pas parfait et l'oligarchie qui a tendance à remplacer la démocratie dans nos contrées peut pousser à rechercher sa réforme en profondeur. Mais l'enterrer ? Enterrer le concept même de la Démocratie (avec un D majuscule) ? Le veut-on vraiment ? On sait ce que l'on perd, pas ce que l'on gagne. Et pourtant, les groupes Les Républicains et Front National ne manquent pas une occasion - un attentat - de s'ériger en fossoyeur, peut-être involontaires (qui sait ?), de la Démocratie.

De nombreux auteurs d'attentats sont fichés S et parfois au FSPRT, le fichier qui recense les personnes soupçonnées de radicalisation.

Alors, nous expliquent en cœur ces Captain Obvious, puisqu'ils sont déjà fichés, repérés, il suffirait de les enfermer préventivement pour éviter leur passage à l'acte. Mais comment est-il possible que l'on ait pas pensé à ça avant ?

En fait, si, il y a bien des gens qui y ont pensé. Dans la même veine, l'Administration Bush avait planché durant des mois sur un statut spécifique pour les combattants d'Al-Qaïda. L'idée était d'éviter d'avoir à les traiter comme des prisonniers de guerre et de leur déniant la protection de la Convention de Genève. Captain Obvious...