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Palantir : le retour

mercredi 26 octobre 2016 à 12:11

palantir-intelligenceIl y a un an, Reflets mettait en garde contre les tentatives appuyées d’une pénétration sur le marché Français de la société Palantir. Cette société spécialisée dans le traitement du Big Data qui aime se raccrocher à des feeds d’information publics bénéficiait, comme nous l’expliquions, de nombreux soutiens de personnalités françaises bien placées. Notre article nous avait valu toutes sortes de quolibets. Aujourd’hui, ce sera le tour de la Lettre A qui annonce que Palantir s’implante au sein de la DGSI :

« Les rendez-­vous se succèdent à Levallois­ Perret, le siège de la DGSI, entre les responsables de sa direction technique (DT) et les commerciaux du géant américain du traitement de données appliqué au renseignement, Palantir. La société dirigée par Alex Karp formerait même déjà les premiers analystes du service à ses outils, en vue de devenir son prestataire privilégié. »

Les liens entre Palantir et la NSA sont de notoriété publique, notamment au travers de In-Q-Tel et de ses contrats variés avec toute sorte d’agences gouvernementales américaines. Fournir des informations aussi sensibles que celles détenues par la DGSI à une telle société dans un monde post-Snowden est une démarche qui laisse pantois.

Au delà c’est toute la démarche reposant sur le prédictif à base d’algorithmes qui est posée. Un monde panoptique où le surveillant est une machine devrait inquiéter un tout petit peu.

Accaparement de terres agricoles en France : quel est le plan des Chinois ?

lundi 24 octobre 2016 à 16:51
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Tiens, la plus grande usine à lait infantile d’Europe a été construite en 2015 en Bretagne par un investisseur chinois…

(Partie 2)

Le procédé et les acteurs des rachats de terres agricoles décrits dans le premier article, permettent de comprendre le « comment » de cette opération orchestrée par un entrepreneur français installé en Chine et les dirigeants de 2 multinationales chinoises. Reste le « pourquoi », et ce qui pourrait survenir dans un futur plus ou moins proche.

Photo finale du consortium agricole chinois ?

Les investisseurs chinois, M. Keqin Hu de la multinationale honkongaise Hong Yang en tête, étaient actionnaires de 6 sociétés d’exploitation agricole (SCEA), de 2 groupements fonciers agricoles, et d’une holding, jusqu’à que de nouveaux rachats effectués en 2016 n’apparaissent dans les registres du greffe des entreprises. Il y a désormais 7 SCEA. Pour compléter la photographie de l’édifice agricole de ces investisseurs industriels, un tour rapide des structures qui n’ont pas été détaillées dans l’épisode 1 semble intéressant.

Après Chambrisse à 4 millions d’euros, ou Le Grand Méee à 250 000 euros, La SCEA de la Tournancière n’a pas coûté très cher à Hong Yang (15 000€), et elle conserve ses anciens actionnaires avec une poignée de parts sociales, bien entendu :

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Cette SCEA est à l’origine dans l’Indre, elle est basculée en Normandie, toujours à la même adresse que les autres. Son nouveau gérant est toujours Fressange (allié à l’ancien gérant qui reste), et la représentante de Hong Yang qui signe le rachat, est comme d’habitude l’épouse de M. Fressange, madame Wang, .

Vient ensuite la SCEA du Grand Saulay, avec un patrimoine de 104 hectares de prés, taillis et terres, rachetée pour 10 000 euros en juin dernier, (plus des sommes de 30 000 et 60 000 euros séquestrées) par Beijing Reward International. Ce qui fait que cette multinationale du lait en poudre est désormais la propriétaire de trois SCEA ayant des terres à pâturages, comme nous le verrons plus tard. Avec le Grand Saulay, c’est 108 hectares de plus qui tombent dans l’escarcelle des multinationales.

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Une acquisition à peu de frais : 100 000 € pour 104 hectares, même si tout n’est pas en pâturages ou terres, le prix à l’hectare est ici à 1000€. Difficile de faire moins cher…

La SCEA des Plaines à blé a été rachetée par Hong Yang au tout début de l’opération globale, en juin 2014. Elle comporte des bâtiments agricoles et des terres : 102 hectares. Elle n’est pas située dans l’Indre, mais dans le département de la Charente (sud ouest). L’acquisition s’est faite pour la somme de 280 000 €, soit 2745€ l’hectare. Une fois de plus, c’est une très bonne affaire.

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La toute récente acquisition de Fressange, Hu et consors, en 2016 est intéressante à plusieurs titres. En premier lieu elle contredit totalement la déclaration du ministre de l’agriculture qui — répondant à une question en mai dernier au sujet de ces rachats — a expliqué doctement que « Nous avons fait voter une loi, la loi d’avenir agricole, dans laquelle nous avons renforcé les critères, et surtout la capacité des SAFER à préempter. J’ai bien regardé le dossier. Tout cela s’est passé entre 2013 et 2015, avant la mise en œuvre du décret d’application de la loi, le 1er janvier 2016. Il a pu ainsi être acheté 1700 hectares sans que personne n’ait été au courant des transactions, pas même le président de l’APCA, Guy Vasseur, qui est lui-même de cette région et de ce département, avec qui j’ai déjeuné hier« .

L’opération à 942 000 € qui a permis au groupe Beijing Reward International (associé à Hong Yang) de devenir propriétaire à 99% de la SCEA la Bergerie (encore) dans l’Indre, dément cette assertion. Personne ne semble en avoir entendu parler, selon nos sources, et la Safer — si elle a été mise au courant — a laissé l’opération se faire. Chinois : 1 Le Foll : 0.

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Cette SCEA est à la tête de matériels et de 138 hectares de terres agricoles. Une exploitation complète.

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Restent les 2 GFA (et la holding). La GFA Laporte a été rachetée par le PDG de Hong Hyang à son nom et celui d’une Chinoise, Mme Dong. en janvier 2016, et possède 114 hectares de terres. Le montant de la transaction ? 8280 €, plus le remboursement de divers emprunts frôlant les 500 000€. Le deuxième GFA de Kluiskade a été acheté lui en septembre 2015, toujours par M. Hu et Madame Dong.

Vision d’ensemble…

Pour visualiser le petit empire agricole de plus de 1500 hectares de terres, constitué de 8 sociétés d’exploitation agricole, deux groupements fonciers agricoles et une holding, le plus simple est de « demander » le gérant/directeur permanent de toutes ces structures : Marc Fressange. Ce qui donne ça :

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Source : societe.com

Si Marc Fressange est directeur général de la Holding et gérant de toutes les structures SCEA/GFA, le PDG de Hong Yang, Monsieur Kequin Hu est lui Président de la holding et actionnaire majoritaire de toutes les structures agricoles, avec Beijin Reward International dans 3 d’entre elles. Hong Yang et Beinjing international sont donc les propriétaires de ce consortium agricole.

Un paysan à la retraite de l’Indre, habitant très près de l’une des exploitation, joint par téléphone, se fait l’écho des rumeurs et inquiétudes qui circulent dans la région : « On craint tous que ce soit une ferme des 1000 vaches qu’ils veulent faire« .  Et c’est bien là le sujet…

Les super fermes des mille vaches chinoise qui fournissent la super usine chinoise géante à lait ?

L’ouverture de l’usine géante de lait en poudre,  à Carhaix en Bretagne, a fait l’objet d‘un article du Monde Diplomatique il y a un an, intitulé « Razzia chinoise sur le lait« . Un article où l’on apprend que cette usine est « Financée par un industriel du Shandong, et [qu’elle] vise à répondre aux besoins des Chinois, qui n’ont d’yeux que pour le lait importé depuis le scandale de la mélamine, en 2008. »

Pour fournir une usine de lait en poudre, il faut des vaches, et dans le cadre de la production industrielle, de beaucoup de nourriture : les vaches ne mangent pas l’herbe des prés dans ces fermes- usines. Un industriel chinois spécialisé dans le lait en poudre s’est donc allié avec un autre industriel chinois pour acheter près de 2000 hectares de terrains, avec des bâtiments agricoles, des outils, machines, etc.

L’usine à lait en poudre bretonne est spécialisée dans l’export vers la Chine de ses produits. Le multi-gérant Marc Fressange a un réseau de magasins spécialisés dans la vente de produits agro-alimentaires français. Et tout ce petit monde aurait investi plus de 5 millions d’euros juste pour vendre du blé ou du colza à la coopérative du coin ?

Sachant que désormais, il est possible pour Keqin Hu, actionnaire des 2 GFA, de faire acheter ou louer des terres qui peuvent être revendue ou louées aux SCEA de l’actionnaire Keqin Hu, avec des agriculteurs toujours présents dans ces structures. La production intensive du lait et des aliments pour les vaches peut s’accroître sans problèmes. De plus, dans deux ans, la holding de ces structures, « Ressources Investment« , pourra être maison-mère de l’ensemble… Pratiquer des investissements pour créer des fermes à vaches géantes ne sera pas un problème du tout.

L’accaparement des terres en France par les multinationales chinoises est très certainement une opération industrielle concertée autour de la production et l’exportation de lait en poudre vers la Chine. Les méthodes agricoles pour y parvenir ne sont pas encore connues, mais en observant les expériences déjà effectuées dans d’autres pays par les Chinois dans ce domaine, il n’est pas certain que celles-ci soient moins destructrices que ce qui est en cours avec la ferme des 1000 vaches.

Le problème est de toute manière mondial, ce qu’un bouquin qui sort en ce moment, « Terres à vendre », reflète parfaitement.

Les politiques françaises en matière d’agriculture semblent atones face à ce montage industriel. Au point de se demander si l’opération chinoise ne bénéficie pas d’un « laisser-faire » de circonstance, avec la promesse d’emplois et de finances dans la filière d’exportation du lait vers les 1,4 milliards de clients chinois potentiels ? Sinon, pourquoi laisser des rachats s’opérer cette année, tout en affirmant que ce ne n’est plus possible avec la nouvelle loi ? Le Foll a lu la presse, mais comme elle était très vague, notre ministre est visiblement passé à côté de quelque chose…

Sous le sable de la jungle de Calais, le béton de « Heroic Land »

lundi 24 octobre 2016 à 13:53

hl-mappromoAlors ça y est. Le camps de Calais, qui abrite environ dix mille réfugiés – hommes, femmes et enfants espérant se rendre en Angleterre -, est donc en phase de démantèlement depuis ce matin, 24 octobre. Tout ce remue-ménage n’est pas seulement du à la météo diplomatique, à la présumée « exaspération » des habitants ou du roulage de mécanique pré-électoral du Premier ministre. L’idée est de nettoyer la zone et faire place nette pour lancer le grand chantier de la sénatrice et maire droitière de la ville, Natacha Bouchard (LR tendance Sarko), à savoir un parc d’attractions qui répond au doux nom de « Heroic Land ».

Ce qui ressemble à une grosse blague, vue la situation humanitaire déplorable de ce coin de France, doit très sérieusement ouvrir ses portes en 2019. Mais le chantier de ce vaste Luna Parc à la gloire des mangas et de la SF de pacotille doit surtout débuter en 2017, c’est à dire après demain. Ça urge. Ça se bouscule au portillon pour espérer occuper les quelque mille emplois précaires promis par ce nouveau projet d’aménagement débilisant qui va divertir le populo, ou plutôt faire diversion, pour que l’affaire des migrants de Calais ne soit plus qu’une vieille histoire pour gauchistes désœuvrés.

Alors bien sûr, pas surprenant de voir une collectivité locale, dans une région dévastée par la misère économique et le déclin industriel, chercher à changer la donne en « redynamisant » son territoire avec un projet capable de « mobiliser les énergies » et de faire rêver petits et grands. C’est bien connu, la culture, l’art et les loisirs, c’est le nouvel opium des peuples chômardisés par les délocalisations de la compétition globale. Tenez, n’est-ce pas à Lens que le mythique musée du Louvre a ouvert une succursale afin de compenser la désertification post-industrielle ? Comme à Abou Dhabi, dans le Golfe persique — mais pas vraiment pour les mêmes raisons.

hl-jungle-mapLe chantier ne va pas prendre place exactement sur le site de l’actuel camps de réfugiés — on a quand même de la pudeur chez les élus du « calaisis », — il sera juste à moins de trois kilomètres. Ce projet à 275 millions d’euros va s’étendre sur 60 Ha, comprenant un parking géant et une cité dortoir en plastique, Heroic City, avec hôtels à la Disneyland en prime. Le plan com de la mairie a tout prévu pour éblouir les investisseurs : « faire de Calais une destination touristique majeure »; « en accolant au nom de la ville celui d’une activité à fort pouvoir d’image positive, il contribuera à rehausser la notoriété de la ville en France et dans les pays européens voisins. » Ils espèrent attirer 1,5 millions de gogos par an, estimation justifiée par une avalanche de données statistiques qui fait déjà trembler les concurrents (« 14,3 millions d’habitants à moins de 1h30 de transport, plus de 60 million à moins de 3h »). Tout en mettant l’accent sur « la porte d’entrée de l’Europe continentale pour le Royaume-Uni » que constitue Calais qui « bénéficie d’un flux de voyageurs transmanche de 31,4 millions de personnes par an ». Whaouh.

Photo Katja Ulbert (vue sur Wikipedia)

Sans en dire un mot, les promoteurs ont misé sur la présence des réfugiés (et de leur expulsion, c’est pareil) pour faire cracher l’État au bassinet. C’est même un vrai chantage auquel s’est livrée la maire Bouchard, si l’on en croit la presse locale, rarement fâchée avec les édiles : « Migrants à Calais : Natacha Bouchart réclame 50 M€ aux ministres français et britannique », titrait La Voix du nord en août 2015. Et elle le disait très clairement en des termes pas du tout diplomatiques :

La sénatrice-maire de Calais estime le dommage économique à 50 M € et réclame aux deux pays des compensations financières. «  J’attends un chèque et des compensations. Si les ministres n’écoutent pas, une plainte sera déposée auprès de l’Etat pour préjudice par rapport au fonctionnement d’une collectivité territoriale, ajoute Natacha Bouchart. Les Anglais sont capables de mettre 25 M € dans la sécurisation du port et du Tunnel, cela doit être possible de verser 25 M € pour la partie économique.  »

Elle envisage par exemple une participation des États dans les projets du Calaisis (Heroic Land) ou que l’Angleterre et la France garantissent la sécurité du Tunnel et du Port auprès des transporteurs et des investisseurs. «  Une indemnisation peut aussi être versée aux commerçants et restaurateurs touchés par l’image qui est renvoyée de Calais  », énumère-t-elle. Elle a rappelé son souhait que Calais soit classée en zone prioritaire, que la sous-préfecture bénéficie également d’un classement supplémentaire.

Elle n’obtiendra peut-être pas autant, mais l’État a déjà mis au pot 220.000€ dans le budget préparatoire, un « fonds d’études » doté de 1,1 M€. Et il allongera sans doute l’essentiel des 15 M€ d’infrastructures routières qui seront nécessaires pour amener les clients jusqu’au parc géant. Faut pas oublier que la mère Bouchard a mis tout son poids pour convaincre le gouvernement, l’an dernier, de criminaliser encore un peu plus la maigre existence des migrants dans la région. La sénatrice est parvenue à ce que la zone d’Eurotunnel devienne « un point d’importance vitale pour la défense nationale ou un site sensible, dont l’indisponibilité risquerait de diminuer d’une façon importante le potentiel de guerre ou économique, la sécurité ou la capacité de survie de la Nation ». Notez le « potentiel… économique ». Elle avait déjà des étoiles dans les yeux, Natacha Bouchard.

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Photo du « masterplaner » de Heroic Land sur son site officiel

Cerise pourrie sur ce gâteau avarié : la présence d’un ex-néonazi dans l’équipe de direction du parc. Un billet fort bien documenté du site Anfifa-autonome.net (mars 2015), puis une enquête de Marianne (septembre 2015) ont en effet établi que Yann Tran Long, qui apparaît tout sourire parmi les quatre principaux dirigeants d’Heroic Land (ci-contre), est bien un ex-militant du groupe nazillon FANE dans les années 80. Aujourd’hui, sa société, Loftus Overseas Management, domiciliée à Hong Kong après avoir fait faillite en France, assure le « masterplan » du parc à thèmes, c’est à dire sa conception et son ingénierie. Son expérience en la matière ? Il aurait participé au Fururoscope (et ben, c’est du joli…), et à d’autres parcs en Corée et en Turquie. Moins connu, le projet fou de Tran Long de monter une copie de Disneyland en… Syrie, en pleine guerre civile, près de Homs (lire ce papier de Vice de 2013 – cf dessin ci-contre). Du lourd…

(c) Vice, 2013

(c) Vice, 2013

L’intéressé a bien tenté de crier à la calomnie, que la mairie a gobé sans broncher en parlant d’une « homonymie »! Il a aussi essayé de faire croire à une confusion avec son frère cadet, Mihn — actuellement proche du maire FN de Fréjus David Rachline –, avec qui il excellait dans les ratonnades nocturnes, comme l’ont démontré des archives dignes de foi du site antifa déjà cité. Enquête complété par un canard local, Le Rusé, qui cite les chiffres de la mairie pour dire que Loftus a été rétribué à hauteur de 665.000€ en frais d’études, soit en gros plus de la moitié du budget préparatoire dont nous parlions plus haut (cf son n°278, 6 mars 2015). Mais Bouchard assume. Après tout, les ex-fachos d’Occident comme Devedjian, Longuet ou Madelin ont eu des carrières autrement plus visibles. « Du passé faisons crâne rasé » oserait-on dire…

Heroic Land a même eu droit à une « concertation publique » entre mars et juin 2016, sorte de « débat public » au rabais, car la loi n’oblige pas les promoteurs, sous les 300 M€ d’investissements, de se plier à cette formalité. Faut dire que les élus du coin n’auraient pas vraiment risqué grand chose — la commission du débat public (CNDP) facilite l’adhésion des projets, et non l’inverse — , à part une perte de temps et d’argent (c’est au promoteur de régler la note, qui s’élève en moyenne à un demi-million d’euros). C’est grâce à l’intervention d’élus d’opposition et de France nature environnement (FNE) que la CNDP a été saisie, et a finalement « conseillé » à l’équipe Bouchard d’organiser cette « concertation » au cours de quatre réunions publiques. Il y a été question, bien évidemment, de la « la sécurisation du parc […] compte tenu, en particulier, de la proximité du camp des migrants ».

Mais le plus important, comme l’écrit le « garant » de cette consultation bidon dans son compte-rendu [PDF], c’est (sic) « la quasi absence d’opposition au projet » exprimée lors des réunions. Même si, ceci expliquant sans doute cela, « on regrettera un point préoccupant lors de cette rencontre : l’absence d’interventions de la part de l’État, de la SANEF [le gérant de l’autoroute A26] ou de SNCF Réseau, très largement impliqués dans la réalisation de ces ouvrages et l’atteinte de leurs objectifs ». D’autant que les accointances de la mairie avec le sulfureux Tran Long sont restées dans l’anti-chambre, comme le note le même garant, précisant « que la question du financement du projet par des investisseurs privés n’a fait l’objet
d’aucun échange avec le public, ceci pour des raisons de confidentialité compréhensibles par chacun ».

Allez, il reste encore deux ans pour faire une petite place, dans la scénographie du parc, aux vrais « héros » du démantèlement « réussi » du camps de réfugiés, à savoir les CRS, gendarmes mobiles ou autres petites mains de la préfecture, qui ont fait place nette avec délicatesse et humanité. Jusqu’à ce que les campements se forment à nouveau sur la lande comme on peut s’y attendre.


PS – Sur la situation des réfugiés lors d’une première tentative d’évacuation en février 2016, lire ce papier d’Article11.

 

Moment pub : quand ton Samsung « fait boum »…

jeudi 20 octobre 2016 à 22:29

Il y en a un, quelque part, qui doit se mordre les doigts. Le patron de Samsung France, c’est certain, mais aussi, probablement, le « créa » qui a dû adorer son concept lorsqu’il a proposé une publicité pour le Samsung Galaxy S7 edge & S7 sur la chanson « Boum ! » de Charles Trénet…

Bien entendu il ne s’agit pas du Galaxy Notes 7 qui, lui, fait vraiment Boum et vient de plonger Samsung dans une mouise incalculable, mais la proximité du nom du téléphone vanté dans la vidéo ci-dessous avec celui qui fait véritablement Boum!, laisse la place à une bien mauvaise interprétation de cette publicité.

L’agence de pub qui a eu cette idée lumineuse et explosive est Leo Burnett, si l’on en croit les sites spécialisés. On leur tire notre chapeau (de fou chantant).

Nicolas Sarkozy, s’il remportait l’élection, ne pourrait être investi…

jeudi 20 octobre 2016 à 22:04

ajdaIl est toujours amusant de lire la prose des juristes émérites. Ils savent trouver le point de droit qui fera sourire leurs lecteurs ou qui plantera une épine dans le pied de ceux qui se pensent tout-puissants. Dans la revue « Actualité juridique – Droit administratif » éditée par Dalloz et datée du 17 octobre, Thomas Hochmann, professeur de droit public à l’université de Reims explique pourquoi « toute sortie de l’Elysée est définitive« .

C’est un billard juridique en plusieurs bandes. En résumé, Thomas Hochmann rappelle que si deux mandats consécutifs sont autorisés, la constitution ne permet pas de revenir à l’Elysée. En quittant la fonction, un ancien président devient automatiquement membre à vie du Conseil constitutionnel. Or les fonctions des membres du Conseil sont incompatibles avec tout mandat électoral depuis une loi organique de 1995.

Si un membre ordinaire du Conseil peut démissionner pour reprendre un mandat, il n’en va pas de même pour un ancien président qui est, aux termes de l’article 56 de la constitution, « membre à vie » du Conseil.

Pas de chance donc pour Nicolas Sarkozy : c’est le Conseil constitutionnel qui proclame les résultats du scrutin présidentiel. Ce qui fait dire à Thomas Hochmann que dans le cas où Nicolas Sarkozy était élu, le Conseil serait amené à lui rappeler ce point de droit. Vous pouvez commencer à vous armer de pop-corn…