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Déclaration d'amour au chiffrement, DGSE-style

dimanche 1 juillet 2018 à 17:46

Le point de vue priceless du directeur technique de la DGSE sur la question

Lors de la conférence de clôture du SSTIC, un symposium sur la sécurité informatique, Patrick Pailloux proposait de tordre « le cou à une idée que l'on entend trop souvent »… Pour finir par la soutenir.

CC0 Public Domain

À quelle idée le directeur technique de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), Patrick Pailloux, lors d'une de ses rares prises de parole publiques, le 15 juin, faisait-il allusion ?

« Celle selon laquelle les services de sécurité, les services de police et de renseignement, seraient contre le développement de la sécurité ou contre le développement de la cryptologie. »

Et de rabattre le caquet aux imbéciles qui auraient pu avoir cette pensée saugrenue :

« Alors pardonnez-moi mais, est-ce bien sérieux, quand même, de penser ça. Notre travail, mon travail, c'est de protéger les français. Et donc nous on serait pour que les réseaux soient ouverts, que tout soit accessible, que n'importe qui puisse accéder aux données ? (...) Par ailleurs, et je ne vais pas délivrer un secret en vous disant qu'aujourd'hui l'avantage il est très largement à l'attaquant. (...) Et donc, quand on est en situation de faiblesse, la première chose qu'on ne fait pas c'est d'abaisser nos protections. C'est pas du tout sérieux. Last, but not least, on est quand même dans une démocratie, les agents de la DGSE sont des français, des gens qui vivent dans la démocratie, et le développement de la sécurité il a une conséquence. C'est que les données elles sont de plus en plus difficiles à obtenir. Par le développement du chiffrement, tout ce qu'on a dit… »

Nous voilà rassurés, Mr Pailloux semble être un ardent défenseur du chiffrement....

Reflets chez Thinkerview

vendredi 29 juin 2018 à 13:38

Mercredi dernier, Reflets.info était invité chez Thinkerview pour parler journalisme, hacking, surveillance, etc. C'était un moment très agréable et on est ressortis vivants. Vous pouvez regarder l'interview ici :

Et quand vous aurez fini, allez regarder d'autres interview, parce qu'il y en a une tripotée d'intéressantes. Si vous appréciez leur travail, il y a un Tipee ouvert ici

Le débat sur l'identité nationale en mode disruptif et co-créatif

jeudi 28 juin 2018 à 23:08

Ou comment Emmanuel Macron instrumentalise le nationalisme

Emmanuel Macron est un Nicolas Sarkozy avec la finesse en plus. Et ça change tout. On passe du comptoir du Bar des Amis et le fameux "débat sur l'identité nationale" à un nationalisme exacerbé par le rejet d'autrui : les réfugiés.

Emmanuel Macron en meeting à Paris le 10 décembre 2016 - Copie d'écran - CC

Quoi de mieux qu'une bonne dose de nationalisme pour resserrer les rangs dans un pays miné par les crises. La crise économique, l'ultra-libéralisme galopant qui amène son lot d'incertitude, la sensation d'un avenir incertain quand tous les acquis sociaux sont défoncés à grand coups de boutoir chaque jour qui passe... Tout cela divise, crée de l'angoisse. A cela, un politique sans foi ni loi peut opposer une raison de se rassembler, histoire de faire passer la pilule. Oui mais quoi ? Certainement pas des avancées sociales, ni des idées pour améliorer la vie de la majorité, Emmanuel Macron règne pour une minorité. Une toute petite minorité. Non, ce qui marche à tous les coups, c'est de flatter les plus bas instincts de la population. Et le nationalisme, c'est un très bon sujet.

Oh, bien sûr, il n'est pas question de relancer l'innommable débat sur l'identité nationale inventé par Nicolas Sarkozy. Non, Manu est bien plus fin que l'ancien président. Mieux éduqué, plus diplômé, plus cultivé, plus subtil. Il va trouver autre chose. Agiter un chiffon rouge, un truc bien anxiogène, qui rassemble tout le monde contre lui... Comme la "submersion" du bon peuple de France par les migrants. On retrouve les ressorts de "l'insécurité" agitée en son temps par la droite. Ou "l'invasion migratoire", des "allogènes" qui vont te détruire en deux temps trois mouvements une société bien blanche, avec des...

Caisse des Dépôts : un apprenti pour un job nécessitant une grande expérience

jeudi 28 juin 2018 à 17:42

Paye ton boulot d'esclave...

Le recours systématique aux stages et aux contrats d'apprentissage pour des jobs nécessitant une bonne expérience s'étend visiblement du secteur privé au secteur public

Fiche de poste - Copie d'écran - CC

La Caisse des Dépôts... Une institution centrale dans le monde bancaire français. Elle gère les fonds du livret A, de l'immobilier, fait de l'assurance, finance la politique de la ville, on en passe. Elle a une mission d'intérêt général. Pas de panique, votre intérêt général est entre de bonnes mains. L'institution semble veiller au grain et surtout, tente de ne pas trop en dépenser. C'est sans doute pour cela qu'elle a décidé de recruter un "Apprenti Chargé de mission "stratégie et transformation numérique". Un apprenti, ça ne coûte pas trop cher. Bien entendu, c'est un "investissement". On le forme et il deviendra un atout pour l'entreprise. A terme.

Etant apprenti, on imagine que l'on ne peut pas lui confier de missions trop complexes demandant une longue expérience.

En fait, si.

Sans doute persuadés qu'un apprenti issu de la génération des Millennials ne peut qu'être un crac en "transformation numérique", les vieux briscards de la Caisse ont sans doute flairé la bonne affaire. Il est forcément né avec une tablette dans la main, un smartphone greffé à l'autre et un ordinteur portable posé sur le bidon...

Du coup, la Caisse des Dépôts va demander à cet apprenti d'élaborer le plan stratégique de transformation numérique de l'institution et la feuille de route digitale. Rien de moins.

What could go wrong ?

missions attendue à la Caisse des Dépôts - Copie d'écran - CC
missions attendue à la Caisse des Dépôts - Copie d'écran - CC

Mesurer la démesure du budget de la défense américain

mardi 26 juin 2018 à 17:33

Des milliards de dollars pour une guerre permanente

Quand on commence à manier des chiffres qui se comptent en centaines de milliards de dollars, l'échelle devient floue. On a besoin de lunettes ou d'une infographie. En tout cas, d'autres chiffres pour comparer.

Dollars - D.R.

Les représentants américains sont en train de définir l'enveloppe qui sera attribuée au département de la Défense pour l'année fiscale 2019 aux Etats-Unis. A ce stade, le National Defense Authorization Act fournira quelque 717 milliards de dollars au département.

Ce chiffre, on le pressent assez naturellement, est astronomique. Mais pour prendre la mesure de la démesure, il faut le confronter à d'autres chiffres. Par exemple le montant nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde. D'autres chiffres en centaines de milliards de dollars.

Voici donc une petite infographie :

Visualiser les centaines de milliards de dollars - © Reflets - CC - citation requise
Visualiser les centaines de milliards de dollars - Reflets - CC - citation requise

Le budget américain de la défense totalisait 610 milliards en 2017. Le deuxième budget le plus élevé dans le monde après les Etats-Unis était celui de la Chine avec 228 milliards de dollars.

Le budget 2017 de la défense américain équivalait à ceux, combinés, de la Chine, de l'Arabie saoudite, de la Russie, de l'Inde, de la France, du Royaume-Uni, du Japon et de l'Allemagne.