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Atos perd ses procès en diffamation contre une journaliste

lundi 24 septembre 2018 à 10:25

Breton-La-Menace renvoyé à ses supercalculateurs

Thierry Breton n'aime pas que l'on parle en termes peu flatteurs de son entreprise et dégaine la menace de procès plus vite que son ombre. Il avait déclenché trois procédures bâillon contre Stéphanie Fontaine. Trois procès perdus.

Thierry Breton - Copyleft - CC-BY-3.0

Atos, cette entreprise formidable, devenue l'une des premières "entreprise de services du numérique" (en fait une SSII)... Elle est dirigée par Thierry Breton, ancien ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Chez Kitetoa.com, elle était bien connue pour ses boulettes informatiques à répétition. Chez Reflets.info, elle est connue pour son absorption de Bull et de sa filiale Amesys, délestée auparavant de son activité Eagle. Lorsque nous avions relevé que Thierry Breton avait choisi de conserver au sein de l'organigramme d'Atos Philippe Vannier, le patron d'Atos avait immédiatement mandaté son avocat pour qu'il nous envoie un courrier peu amène. L'instruction en cours devant le Pôle Crimes de guerre du tribunal de grande instance de Paris, pour complicité de torture en raison de la vente d'un système d'interception du trafic Internet Libyen par Philippe Vannier, n'avait pas l'air d'inquiéter Thierry Breton. En revanche, un article qui en parlait... Stéphanie Fontaine, journaliste spécialiste des marchés publics et des radars automatiques, a quant à elle eu droit à trois procès pour diffamation. Cet article, et celui-ci dans l'Express avaient particulièrement fait tiquer l'irascible Atos.

Trois procès qui s'apparentent fort à des procès bâillons, trois relaxes, les deux dernières étant intervenues la semaine dernière.

Pour le premier procès, Atos a fait appel. Il est fort possible que...

L'hôpital Pinel révélateur du malaise de la psychiatrie en France

mercredi 19 septembre 2018 à 22:04

Les personnels soignants campent devant l'établissement

Alors qu'Emmanuel Macron annonce un plan santé et invente le concept d'assistants médicaux, que s'appelerio "infirmiers", l'hôpital psy d'Amiens tente de survivre.

Campement des soignants devant l'hôpital - Jacques Duplessy - © Reflets

Devant l’entrée de l’hôpital psychiatrique Pinel à Amiens, les grévistes ont installé un campement improvisé: un barnum et une dizaine de tentes Quechua. C’est la fermeture d’un quatrième service qui a mis le feu aux poudres. «Les patients ont été transférés dans d’autres unités, raconte Priscilia, une infirmière non syndiquée. Nous avons du rajouter des lits dans des chambrespour entasser les patients. Celles prévues pour un lit sont passées à deux, celles conçues pour 2 en accueillent trois ou quatre.»

Après plus de 90 jours et, plus de 60 nuits devant l’hôpital, ils viennent d’obtenir une première petite victoire: une table-ronde le 25 septembre avec l’Agence régionale de la Santé (ARS) et tous les acteurs de la psychiatrie: personnel soignants, médecins, associations de familles et direction de l’hôpital. «Jusqu’à présent l’ARS refusait mais proposait de recevoir les acteurs séparément, déplore Chrystel Leclerc, la secrétaire de la CGT. C’était pour mieux les balader en tenant des discours différentssuivant à qui elle parle. Donc nous refusions.» Pour montrer leur détermination, ils ont occupé les locaux de l’ARS pendant trois jours, avant d’en être délogés par les policiers.

Hôpital Pinel - Revendications - Jacques Duplessy - © Reflets
Hôpital Pinel - Revendications - Jacques Duplessy - Reflets

Officiellement, l’hôpital Pinel a 208 lits auxquels il faut ajouter 30 lits de post-cure. «Dans la réalité, il y a 120% de sur-occupation, explique Priscilia. On a jusqu’à 28 patients dans des services prévus pour 20. Vous imaginez la...

Comment la directive Copyright va tuer les plateformes...

jeudi 13 septembre 2018 à 13:18

On peut toujours rêver....

L'hégémonie de Google, de Facebook et de Twitter en matière d'hébergement et de "distribution" de contenus est évidente. Le vote de la directive pourrait avoir des effets de bord insoupçonnés, comme la re-décentralisation des contenus. Ou pas...

Plateformes variées - D.R.

Qu'ils soient arrivés sur Internet aux alentours de 2005, ou qu'ils soient des quiches (et souhaitent le rester) sur un plan technique, il y a une grande majorité d'internautes qui pensent que Google, c'est le Web, que le Web, c'est Internet et que le contenu ne peut être partagé que sur Facebook ou Twitter. Ils ne savent pas ce qu'est une URL, ne veulent retenir aucun nom de domaine parce que Internet (comprendre Google) les retrouve pour eux. Cette nouvelle génération succède à celle qui pensait, elle, qu'Internet, c'était le "e" bleu sur le bureau de leur ordinateur. A ceux-là, il est impossible d'expliquer des concepts comme la centralisation des contenus sur des plateformes incontrôlables, qui se nourrissent de leurs données personnelles pour mieux les vendre comme des produits, du "temps de cerveau disponible", comme le disait un dinosaure du siècle dernier. Impossible de leur expliquer que chacun peut construire sa propre plateforme de diffusion sur Internet, ce grand machin initialement décentralisé. Allez leur dire qu'il leur faut payer un hébergement, gérer soi-même ses mails, héberger ses données sur son propre espace disque distant, chiffrer, activer un fil RSS, paramétrer son propre lecteur de fils RSS, on en passe. Pas moyen. Trop compliqué. Et comment rester en contact avec ses amis à l'autre bout du monde sans Facebook ? C'est pas Internet, avec son mail, ses serveurs Web, son IRC qui va...

Apparences, réalité, attention, Facebook et Twitter sont dans un bateau

mardi 11 septembre 2018 à 17:47

On se demande qui tombe à l'eau...

L'époque est aux apparences, qui comptent plus que la réalité. Twitter ou Facebook jouent un rôle prépondérant, comme les agences de presse dans les années 80, et travestissent la réalité tout en faisant perdre de vue à ses utilisateurs les points d'attention nécessaires

Kim Phúc photographiée par Kim Phúc le 6 juin 1972 - Nick U - © AP

Drôle de mélange que celui qui gouverne l'information au XXIème siècle. Les plus vieux se souviennent de la loi de proximité qui contribuait à modifier la perception des événements. Ce qui est proche de nos lecteurs, les touche (intéresse ?) plus que ce qui est loin. Bilan, 10000 morts en Inde, c'est une brève ou un filet, le chien du président français qui se casse une patte, c'est un article de Une, coco. De cette loi, découle la hiérarchie de l'information. Chaque média classe les événements en fonction de leur importance, aux yeux du directeur de la rédaction. Les temps ont changé. Et ce n'est pas forcément mieux.

La course à l'immédiateté a nettement accéléré son rythme avec l'arrivée d'Internet et plus particulièrement des réseaux sociaux. Au siècle dernier, les agences de presse crachaient leurs dépêches sur des téléscripteurs, des gens découpaient à la main ces rouleaux infinis de papier et déposaient les dépêches sur les bureaux des journalistes. Ces derniers validaient l'information si besoin, prenaient des contacts pour les enrichir. Aujourd'hui, les dépêches papier ont laissé la place aux écrans depuis le milieu des années 90 et un tweet peut déclencher toute une série d'articles, sans que personne ne vérifie plus rien. Les canulars ne sont pas une nouveauté de ce siècle, mais leur réussite renforcée intrigue. Ainsi ce tweet annonçant la mort de Costa-Gavras qui a généré toute une tripotée d'articles et de...

Europe : des robocopyrights et des droits voisins pour la presse

lundi 10 septembre 2018 à 09:15

Les idiots utiles ne sont peut-être pas là où l'on pense

Le 12 septembre, le Parlement européen votera (ou pas) le projet de directive européenne "copyright" qui suscite des débats passionnés.

L'essentiel des débats se cristallise autour de deux articles de la directive « Droit d'auteur dans le marché unique ». L'article 13 entend imposer aux plus grandes plateformes un filtrage automatisé des contenus mis en ligne par les utilisateurs afin de protéger le sacro-saint droit d'auteur. L'article 11, quant à lui, entend mettre en œuvre un droit voisin pour les éditeurs de presse. Jamais avares en matière de paille et de poutre, les ayant-droits de l'industrie culturelle et certains éditeurs de presse, comme cette agence de presse tout à sa neutralité qui n'hésite pas à faire passer sa propagande pour une « actualité » ou à faire dans le pathos, accusent les « GAFA » d'être à l'origine d'un lobbying intense contre le projet de directive. Les arguments des défenseurs des libertés sur Internet et, de façon plus générale, ceux des opposants sont, au mieux, ignorés. Au pire, ils sont assimilés à des idiots utiles des géants de l'Internet, l'artifice réthorique visant à réduire le débats à une oppositions entre méchants GAFA et gentils créateurs et journalistes.

Une presse libre et indépendante près de chez votre député
Une presse libre et indépendante près de chez votre député

Des robocopyrights et des idiots utiles

L'article 13 vise donc à imposer aux « plateformes » la mise en place d'outils permettant de filtrer les contenus protégés par un copyright de manière automatique. En théorie, il s'agit de combattre l'évasion des revenus des ayants-droit lorsque leurs...