PROJET AUTOBLOG


Reflets

Site original : Reflets

⇐ retour index

An 1 de l’algocrature française : état des lieux

jeudi 31 mai 2018 à 13:22

Bienvenue dans l'algocrature (plus ou moins douce) en Marche !

Le président Macron élu sur son projet de startup-nation continue de mettre en place la société du « nouveau monde » à laquelle il aspire, à grands coups d’ordonnances, de rapports, de déclarations péremptoires et de réformes. Derrière le discours pragmatique du "There is no choice" et de la "disruption par l'innovation", apparaît en réalité un choix idéologique très clair, celui de la mise en place d’une "algocrature". Explications.

The Prophet from The World - CC BY 2.0

L’algocrature n’est pas un fantasme d’informaticien techno-critique paranoïaque qui aurait trop lu les auteurs d’anticipation du XXème siècle. Non : l’algocrature est une réalité politique qui s’installe et se forme silencieusement, masquée par de nombreux outils de communication médiatique, mais qui trace son sillon très rapidement. Pour rappel et pour ne pas redéfinir ce concept — débuté il y a quelques années — véritablement devenu «idéologie politique active» avec Macron, le plus simple est de relire cet article de Reflets de 2016, en forme de question… à l'époque :

> Article : France 2016 : bienvenue en algocrature ?

«L’algopolitique en "démocrature" donne une "algocrature". L'administration, en algocrature, agit donc algorithmiquement dans la majorités des domaines qu'elle doit traiter. Pour contrôler et encadrer les citoyens et les rassurer dans le même temps sur ses "bonnes intentions»."

Outils de contrôle et automatisation sociale

Surveillance automatisée
Surveillance automatisée

Les logiciels de statistique d'apprentissage automatique [et autres algorithmes décisionnels et d'analyse], vendus comme "IA" la plupart du temps par une pléthore d'entreprises [qui ont bien compris que le nouvel or noir est celui du traitement des big ou small data], sont en train d'envahir toutes les sphères de la société. Personne ou presque ne peut les voir ou même connaître leur existence la plupart du temps, mais les résultats...

Droits de retransmission du foot : au secours

mercredi 30 mai 2018 à 16:51

Le foot... - Meme - CC
Le foot... - Meme - CC
Le groupe espagnol Mediapro a remporté les droits de diffusion des matchs de foot de la Ligue 1. C'est sans doute un truc important parce que l'ensemble des lots ont été vendus par la Ligue pour la modique somme de 1,153 milliard d’euros. Quelqu'un s'est-il demandé ce que l'on pourrait faire d'utile ou de créatif avec pareille somme plutôt que d'enrichir des intermédiaires ou des gens qui tapent dans un ballon ? Un milliard, cinq cent cinquante trois millions d'euros... Et encore, c'est moins que les 6,92 milliards d’euros dépensés pour le foot anglais. Parfois, quand les choses deviennent trop démentes, plus personne ne se rend compte du fait que c'est dément. Allez jeter un oeil sur l'annexe 3 de ce rapport de la Banque Mondiale sur le paludisme dans le monde... On a toujours besoin d'un élément de comparaison quand on commence à parler en milliards d'euros.

Devenons-nous des machines ? [Avec Paul Jorion]

mardi 29 mai 2018 à 18:46

Le Pistolet et La Pioche #15

Tandis que les algorithmes d'apprentissage non-supervisés progressent chaque jour un peu plus et tendent à nous ressembler, il semble que les êtres humains perdent en complexité et en nuances, voire en intelligence. Sommes-nous en train de nous mettre à fonctionner comme des IA ?

Paul Jorion est l'invité de cet épisode du Pistolet et la Pioche et il se trouve que le jour de l'interview était aussi le jour de la sortie de son dernier bouquin qui parle de l'intelligence artificielle, entre autres. Merci à lui d'avoir consacré ces 20 minutes passionnantes d'entretien.

Durée : 35'28

Alexandre del Valle et Mediapart : un vieux routier des coups tordus

samedi 26 mai 2018 à 17:27

Il s'était déjà illustré dans la diffusion d'un vrai-faux rapport sur le MRAP

Alexandre del Valle, de son vrai nom Marc d’Anna, est de longue date une passerelle entre la droite et l'extrême-droite. Son cabinet a pondu, pour le compte d'un euro-député frontiste, un "rapport" sur Mediapart, qualifié de média aux mains des Frères musulmans. Retour sur le long passé d'Alexandre del Valle.

Alexandre del Valle lors de l'un de ses passages sur un plateau de télévision - Copie d'écran - CC

Il faut remonter au début des années 2000 pour bien cerner le personnage qui vient de livrer un rapport accablant sur Mediapart à l'euro-député FN Jean-Luc Schaffhauser. Accablant car on y découvre que Mediapart mènerait un « jihad médiatico-intellectuel », visant à « saper de l’intérieur les fondements de l’État français », avec deux « facettes », « trotskisme » et « islamisme radical ». Qualifié d'« agent d'influence des islamistes », le journal serait « entre les mains des Frères musulmans », selon le compte rendu qu'en fait Marine Turchi sur Mediapart. Il faut dire que Marc d’Anna, alias Alexandre del Valle fait une fixette depuis des lustres sur le péril musulman et sur les gauchistes qui menacent l'Occident. Remontons le temps...

En 2010, Alexandre del Valle était en cheville avec Arnaud Dassier et Rachid Kaci au sein d'un courant de l'UMP dénommé "La Droite Libre". Initiateurs du concept de "droite décomplexée" repris par la suite par Nicolas Sarkozy, les trois personnages avaient projeté leur groupuscule sur le devant de la scène par des méthodes un peu particulières.

Ils avaient par exemple appelé à bombarder les boites mails de syndicats, ce qui n'avait pas été du goût de la Justice qui les avait condamnés. Arnaud Dassier était à la tête d'une agence Web à l'origine du Sarkospam et avait par ailleurs lancé « gauchestory.com », un site parodiant l’émission Le Loft pendant la campagne présidentielle de...

Loi "Fake News" : la régulation de l'information est en Marche !

mercredi 23 mai 2018 à 17:03

La presse officielle, sérieuse, validée par l'Etat français, c'est fiable - http://www.journal-suzon.fr/wp-content/uploads/2015/03/LOeuvre-23-juin-41-Copie.jpg

C'est un amendement pour la loi sur les fausses informations, présenté par Mme Michu Moutchou , qui laisse envisager de gros changements dans la diffusion de l'information en France. Figurez-vous que cet amendement propose que "Les opérateurs de plateforme en ligne (…) s’engagent, notamment par l’élaboration de chartes de bonnes pratiques ou d’accords signés avec les organisations représentatives des journalistes, des éditeurs de presse et des services de communication audiovisuelle, à identifier et promouvoir les contenus d’information produits par les entreprises de presse dans le référencement des contenus d’information."

Le résumé de l'amendement est clair :

"Le rôle croissant qu'exercent les opérateurs de plateforme en matière de classement, référencement et diffusion de l'information en ligne justifie la mise en place d'instruments juridiques souples, tels que des chartes de bonnes pratiques ou partenariats avec les entreprises de presse, permettant de réguler la diffusion de l'information sur les réseaux sociaux. Le but est ainsi d'assurer un référencement adéquat des contenus édités par des entreprises de presse, afin de promouvoir le traitement journalistique de l'information."

Si l'on consulte la liste des médias et entreprises de presse sur le site de a Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), il semble que désormais, les internautes — via les opérateurs de plateforme —...