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Marseille s'offre son Big Brother grâce à Engie Ineo

mardi 20 mars 2018 à 15:14

Et ce n'est pas triste

Ce n'est pas nouveau, cela a déjà échoué, souvent lamentablement. Mais la Ville de Marseille veut son système d'analyse de big data, pour faire notamment, du prédictif. Les ratés de PredPol n'ont pas refroidi la mairie qui compte mettre en route son "fusion center" cette année.

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Centre de supervision de la ville de Marseille - Ville de Marseille

Annoncé au mois de novembre 2017 par la municipalité marseillaise et l'entreprise ayant obtenu le marché — Ineo Digital, filiale du groupe Engie (anciennement GDF Suez) — le « Big Data de la tranquillité publique » (sic) vise à booster l'efficacité de la police municipale grâce à un système de traitement de « l'ensemble des données disponibles sur le territoire ». Un document que s'est procuré la Quadrature du Net et que Reflets a pu consulter, livre des détails sur le programme de création de cet outil, déjà en cours et qui s'achèvera en 2020.

Le projet est composé de deux lots distincts. D'une part, la création de l'outil proprement dit, d'autre part des prestations d'accompagnement visant en réalité à affiner le cahier des charges initial, à recruter de nouveaux partenaires susceptibles de fournir des jeux de données au système et à « valoriser » ces derniers.

Le programme est structuré autour de différents axes thématiques, comme « l'analyse et l'anticipation des faits de délinquance et des troubles à la sécurité des administrés sur l'espace public », « des problématiques liées à l'occupation du domaine public », ou encore à celles « de fluidité de la circulation, de stationnement et de sécurité routière ». Les finalités sont donc plutôt larges, c'est en effet l'ensemble des principales missions de la police municipale qui est couvert. Pour chacun de ces axes, la municipalité donne des exemples de « ...

Des années 90 à la fin des années 10

lundi 19 mars 2018 à 20:47

Que de chemin parcouru...

Nous vivions dans un Far West sans Shérif. Aujourd'hui, un Shérif est caché dans chaque sonde DPI qui équipe nos chers DSLAM... Les temps changent. Pas les hommes.

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Fyodor, Marc Maiffret et Vacuum à Noisebridge - © Sébastien Micke - Reproduction interdite

Mi-mai 2003, lors de la première du deuxième volet de Matrix, un jeune homme se penche vers son voisin : « tiens, une scène de hack, ça va être du grand n’importe quoi comme d’habitude ». Il a tout faux. Trinity, l’un des personnages principaux du film utilise un logiciel permettant de créer une cartographie d’un réseau informatique. Son nom ? NMAP, pour « Network Mapper ». Le jeune homme écarquille les yeux : « Mais… Mais c’est mon logiciel ! ». Gordon Lyon, plus connu sous son alias, « Fyodor », vient de voir apparaître sur l’écran le logiciel qu’il a codé. Il le reverra dans d’autres films (Jason Bourne, Die Hard, sur un mur d’écrans de la NSA lors d’une visite de George Bush au sein de l’agence de renseignement américaine). Fyodor est devenu une sorte de légende tant son logiciel est prisé. Par des pirates, par des hackers, par des experts en sécurité informatique, mais aussi, désormais par le cinéma qui l’utilise comme une sorte de symbole du hack.

Fyodor observe NMAP qui observe Fyodor depuis la Matrice - © Reflets - CC - citation requise
Fyodor observe NMAP qui observe Fyodor depuis la Matrice - Reflets - CC - citation requise

Les hackers… Depuis le début des années 2000, ce mot s’affiche de plus en plus fréquemment à la Une de la presse. Parmi les derniers gros événements en date en France, le piratage de TV5 Monde qui a plongé la chaîne francophone dans le noir. Le gouvernement a parlé à cette occasion de cyber-terrorisme, de jihad électronique. Pourtant, ce monde est complexe, multiple. On y trouve à peu près la même chose que dans le monde « réel » où...

Avant j’étais féministe (écologiste et égalitariste aussi)

samedi 17 mars 2018 à 13:23

Quand l'arène numérique embarque tout

A un moment, quand tout est récupéré de manière bornée et agressive, on se dit qu’en fait tout ça n’a plus aucun sens et ne mènera nulle part. Autant alors se dégager de toute forme de défense d’idéal social ou quoi que ce soit d’équivalent.

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Avant j’étais féministe, parce que — certainement — ma mère était une militante féministe des années 70. Certainement. Parce que j’ai bien vu et senti — très tôt — que mépriser les femmes était une idée absurde, dégueulasse et humainement inacceptable. Ou même leur assigner des fonctions spécifiques quotidiennes. J’étais aussi écologiste : mes parents étaient des anti-nucléaires de la première heure et s’étaient lancés dans l’agro-biologie. La Terre allait crever de la pollution humaine, déjà, et il fallait la préserver, pour préserver aussi les humains, leur santé. Les remettre en harmonie avec la nature. C’était il y a plus de 40 ans.

J’étais aussi égalitariste dans le sens où l’injustice me faisait mal. Je pensais que si l’on créait plus de choses pour aider les gens à faire «plus ce qu’ils voulaient», ce serait mieux pour tout le monde et qu’en créant plus d’égalité — dans le sens d’offrir des outils qui donnent leur chances à tous — on s’éclaterait plus, en gros. Ca irait mieux. Mais ça n’a pas bien fonctionné. A tous les niveaux, que ce soit d’un point de vue politique ou social. Chez les gens aussi, dans leur tête, ça n’a pas bien fonctionné.

Mon féminisme à moi…

Aujourd’hui, être féministe c’est assez compliqué pour quelqu’un comme moi. On a été quelques uns — avec quelques potes — à montrer l’exemple en fait. Je pense. On n’est pas allé dans la rue avec des pancartes revendiquer des trucs pour les femmes, non. On a fonctionné avec les femmes de façon juste et...

L'IRC : zone de rencontre avec les hackers

vendredi 16 mars 2018 à 17:33

L0pht, Rhino9, ADM, w00w00, Teso, les groupes sont déjà là

Dans un esprit de partage commun aux débuts du Web, les hackers répondent à mes questions débiles. Je découvre RTFM...

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ADM - ADM - © ADM

C’est en explorant l’Internet Relay Chat (IRC) que je finis par trouver mes premiers « hackers ». Ils sont français. J’ai des tonnes de questions de béotien dans la tête. J’en pose quelques unes. Je ne sais pas bien expliquer pourquoi, mais ils me répondent. Mieux, ils m’expliquent comment fonctionne ce réseau. J’apprends. Peut-être prennent-ils le temps de m’apprendre toutes ces choses parce que l’on est à une époque du Net où le partage n’est pas un vain mot. Il y a bien dû avoir un RTFM (read the fucking manual) qui s’est affiché à un moment ou un autre, mais dans l’ensemble, l’ambiance est bonne. Dans le même temps, je lis. Pas que le fucking manual, mais BugTraq. La mailing list qui permet aux hackers de publier les failles qu’ils découvrent dans tel ou tel logiciel. Je suis de près quelques groupes américains et leurs publications.

A cette époque, on était encore dans une tendance « full disclosure ». En d’autres termes, les chercheurs en sécurité informatique qui trouvaient des failles les publiaient, avec des Proof of Concept ( PoC). C’était un mouvement de balancier logique. Depuis des années, les remontées de failles n’aboutissaient à rien. En tout cas pas à des correctifs. Qui savait que tel ou tel logiciel était troué ? Où se renseigner ? Quel journal en parlait ? BugTraq et Internet changent la donne. Ceux qui trouvent peuvent publier si l’éditeur ne fait rien. Et toute la communauté saura qui est réactif ou pas. Mais comme tout mouvement de balancier, il...

De l'endogamie à l'exogamie en matière d'informatique

vendredi 16 mars 2018 à 17:28

Ou le cercle sans fin du grand n'importe quoi

C'est bien connu, le problème est entre la chaise et le clavier. Et si le user est un imbécile, autant essayer d'en tirer le plus grand profit. Au delà de ce triste constat qui sied si bien aux GAFAM, l'écosystème se tire un balle dans le pied en admettant le pire.

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Philippe Vannier - Copie d'écran - CC

C'est comme ça... Vous pouvez avoir signé un contrat inavouable avec Kadhafi, être poursuivi par la Justice pour cela et rester au sommet de l'écosystème. Ce dernier permet que Philippe Vannier soit "Vice President Big Data & Security Solutions and Group" d'Atos. Notre dernier article évoquant" l'asile politique" accordé par Thierry Breton à Philippe Vannier nous avait valu un courrier d'avocat assez menaçant. Thierry Breton est un habitué des procès contre les journalistes qui grattent un peu le vernis duquel il est recouvert.

Dans le domaine de la sécurité informatique, comme dans à peu près tous les cercles, il est assez improbable que quiconque dénonce la présence en son sein de canards boiteux. Les casseroles sont très proprement remisées, oubliées au fond d'un placard fermé à double tour.

Philippe Vannier est donc auréolé de son titre de vice-président Big Data et solutions de sécurité, de CTO du groupe Atos. Oublié le contrat avec Kadhafi, les fonds versés au festival mondial des arts nègres. Tout est pardonné.

Thierry Breton et Philippe Vannier, l'homme phare du DPI français se sont bien trouvés. Il y a des hasards surprenants dans la vie. Souvenez-vous... Le 6 juin 2016, Reflets révélait que la France s'était équipée dès 2009 de sondes DPI dans les DSLAM pour des interceptions administratives. IOL, pour Interceptions obligatoires légales, était justement... Illégal. Comme le rappelait à l'époque Jérôme...