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La vieille histoire des "copinages malsains"

lundi 30 juillet 2018 à 14:40

Où comment surgit le fantôme de Charles Pasqua

L'affaire Banalla/Macron résulterait de "dérives individuelles inacceptables, sur fond de copinages malsains". Problème : ces copinages remontent loin et n'ont pas fini d'exister.

Les collègues d'Alexandre Benalla, le 1er mai - Taranis News - © Tarani News

Auditionné par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech a eu cette phrase : « Fondamentalement, ces événements résultent de dérives individuelles inacceptables, sur fond de copinages malsains ». C'est dommage qu'il se soit arrêté là car il aurait pu raconter aux députés présents, mais certains le savaient déjà (comme Marine Le Pen), comment sont nés ces copinages malsains.

Tout commence aux alentours de 1986.

Le 25 janvier 1985, le directeur des affaires internationales de la Délégation générale pour l'Armement du ministère de la Défense, René Audran est assassiné devant chez lui à Saint-Cloud. Le 17 novembre 1986, le groupe « Action directe » assassine le PDG de la régie Renault, Georges Besse. Charles Pasqua est alors ministre de l'Intérieur. Robert Pandraud est ministre délégué à la Sécurité. Les deux compères ont un passé commun. Tous deux sont des militants de longue date du RPR, proches de Jacques Chirac, ont trainé leurs basques jusque dans les barbouzeries du SAC, ils connaissent la maison poulaga comme leur poche.

C'est dans ce contexte d'assassinats qu'ils décident que les personnalités « importantes », dirigeants de grandes entreprises comme Serge Dassault ou hommes politiques, comme Jean-Marie Le Pen, doivent bénéficier de protection. Et c'est là que commencent les copinages.

Les personnalités se payent des gardes du corps, souvent des anciens de la maison,...

Le syndicat des homéopathes fait son Caliméro

dimanche 29 juillet 2018 à 19:25

Et envoie son avocat au charbon

C'est une tribune, signée initialement par 124 professionnels de santé, rejoints depuis par plus de 2000 signataires, qui a provoqué l'ire du syndicat, qui inonde l'Ordre des médecins d'une pluie de plaintes.

Cette tribune, publiée sur le Figaro ainsi que sur le blog du collectif à l'origine de l'initiative, monte au créneau contre ce qu'elle qualifie de « fake médecines », ces thérapies « alternatives » au sens large. Elle cite explicitement l'homéopathie, la mésothérapie, ou l'acupuncture, ses signataires ne souhaitant plus, notamment, que les diplômes correspondant soient reconnus « comme des diplômes ou qualifications médicales » et que « les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse » ne fassent plus l'objet d'une prise en charge, fût-ce partiellement, par les cotisations sociales. En creux, on peut y lire une défense de la médecine scientifique, fortement chahutée, particulièrement en France.

La France, n°1 sur la défiance envers les vaccins
La France, n1 sur la défiance envers les vaccins

Sur l'homéopathie précisément, le texte précise qu'elle « n'est en rien scientifique » et que « ces pratiques sont basées sur des croyances ». Enfin, ses auteurs indiquent que « le Conseil scientifique des Académies des Sciences Européennes a publié un rapport confirmant l’absence de preuves de l’efficacité de l’homéopathie ». De quoi nous fâcher tout rouge les homéopathes, redoutant une évaluation par le ministère de la Santé qui déboucherait sur le dé-remboursement, comme nous l'évoquions dans un précédent épisode.

Alors ça c'est injuste, c'est vraiment trop injuste

Il n'en fallait donc pas plus pour mettre le...

Prière de ne pas rire : un groupe de travail franco-russe sur la « cybersécurité »

samedi 28 juillet 2018 à 18:18

C'est une bien étrange information que l'on peut trouver dans l'édition du 25 juillet d'Intelligence Online. D'après le site, spécialisé dans les services de renseignement, la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron en marge de la Coupe du monde de football aurait également été l'occasion de discuter de la création d'un « groupe de travail mixte sur la cybersécurité copiloté par la patronne du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), Claire Landais, et son équivalent russe, Nikolai Patrushev, le très influent secrétaire du Conseil de sécurité nationale (CSN) ». Guillaume Poupard, le patron de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI), qui n'est jamais très loin quand il est question de « cyber », aurait, toujours d'après Intelligence Online, participé aux entretiens.

L'objectif affiché est la mise en place d'« une "ligne rouge" pour le cas où des activités suspectes seraient détectées ». Plutôt étonnant quand on sait l'agressivité des services russes en ce domaine ainsi que le degré de liberté — et souvent, de négligence — dont ils font preuve quand ils conduisent leurs opérations. En effet, l'attaque sur la chaîne TV5 Monde a été officiellement attribuée par les enquêteurs au groupe APT 28, en fait une unité du GRU, le service de renseignement militaire russe. Il est très probable que ce même groupe soit à l'origine de très nombreuses...

Benalla et les parangons de vertu

vendredi 27 juillet 2018 à 17:52

Un Alexandre Benalla et tout est oublié

Ils ont pu étaler leur indignation dans tous les journaux, s'époumoner devant tous les micros, grimacer devant toutes les caméras, certains politiques drapés dans leur vertu ne l'ont pas toujours été

Fanfan - D.R.

C'est un effet de bord inattendu. Les politiques, hors La république en marche, ont entonné un chant particulier depuis le début de l'affaire Benalla/Macron. Tout à coup, c'est la République que l'on assassine, c'est le retour de l'ancien monde, c'est une atteinte à l'état de droit, on en passe. Ces nouveaux parangons de vertu ont trouvé une oreille très complaisante au sein du quatrième pouvoir qui a relayé leurs discours. Rares sont les organes de presse qui ont rappelé que ces contempteurs du dévoiement de la politique avaient quelques casseroles solidement accrochées aux fesses.

Marine Le Pen n'a pas manqué de cuisiner les personnes auditionnées par la commission d'enquête parlementaire. Ces gens-là sont forcément coupables de quelque chose et cachent des choses au peuple. Quant à Emmanuel Macron ? Il se comporte «comme un chef de clan ». Toute ressemblance avec papa Le Pen serait fortuite. Il n'y a jamais eu de clan Le Pen. «Il l aurait dû avoir une parole officielle, il aurait dû s’adresser aux Français», a-t-elle osé... Inutile de rappeler à Marine Le Pen que son papa vient de refuser une convocation de la police, tout comme elle l'avait fait pour les juges qui voulaient l'entendre dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants du parti d’extrême droite au Parlement européen. Non, le clan la famille Le Pen n'est pas du genre à fuir ses responsabilité et à refuser de s'expliquer devant le...

Du mercenariat sauvage aux sociétés militaires privées

jeudi 26 juillet 2018 à 14:48

Bob Denard et Erik Prince, quelle différence ?

La présence de mercenaires sur plusieurs zones de conflit actuelles (Syrie, Ukraine entre autres) ainsi que le développement de sociétés spécialisées dans la sécurité et la défense, interroge quant à la nature précise de ces deux activités et les liens qu’elles peuvent entretenir. Mercenariat et sociétés militaires privées, même combat ?

Metal Gear Solid 4 - D.R.

Le terme de « mercenaire » désigne communément toute personne qui propose ses services contre une rémunération. Dans le domaine militaire, un mercenaire est donc un engagé volontaire, étranger ou non, (qui n’appartient donc à aucune armée officielle) rémunéré pour une activité militaire pour le compte d’un employeur (état, sociétés privées, ONG, particuliers).

Si le mercenariat est une activité vieille comme la guerre, il est souvent critiqué et mal vu. Dès 1532, dans son traité politique Le Prince, Machiavel considère l’emploi de mercenaires comme une menace pour un dirigeant politique : « les capitaines mercenaires sont ou ne sont pas de bons guerriers : s’ils le sont, on ne peut s’y fier, car ils ne tendent qu’à leur propre grandeur, en opprimant, soit le prince même qui les emploie, soit d’autres contre sa volonté ; s’ils ne le sont pas, celui qu’ils servent est bientôt ruiné. »

Évidemment, le statut et le métier de mercenaire ont changé en cinq siècles. De nos jours, le terme même de « mercenaire » fait débat et laisse peu à peu la place à un vocabulaire moins péjoratif. Ainsi, on ne parle plus aujourd’hui de « troupe » ou de « compagnie » de mercenaires, mais de « société militaire privée » (SMP). Cette appellation renvoient à une réalité plus complexe qu’au temps du penseur florentin et désigne des activités différentes.

Il est important de différencier les sociétés militaires privées (SMP) du mercenariat « classique ». Les SMP se doivent notamment d’agir dans un...