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Manifestation des gilets jaunes à Paris le 29 décembre

samedi 29 décembre 2018 à 21:57

Reportage photo

Moins de monde à Paris que les semaines précédentes, mais bien plus que les 800 personnes annoncées en fin de journée par le ministère de l'Intérieur. Toute la journée, les forces de l'ordre ont tenté de briser les groupes de manifestants en les nassant, en utilisant des gaz lacrymogènes.

Arrestation au Trocadéro - © Reflets

Ce samedi 29 décembre, les gilets jaunes sont allés rendre visite aux médias. D'abord à BFMTV. Rapidement nassés, les manifestants ont reflué vers l'intérieur du quinzième tandis que les cars de police affluaient. Un groupe s'est reformé devant France Télévision. A nouveau, les forces de l'ordre ont bloqué les manifestants, leur interdisant de sortir du parvis du groupe de télé.

Exaspérée, la foule a fini par briser le cordon de CRS. Elle entame ensuite une marche le long des quais vers Beaugrenelle. Là encore, les policiers bloquent les accès, canalisent comme il le peuvent la foule et utilisent une grenade assourdissante. Quelques sommations et grenades lacrymogènes plus tard, tout le monde s'éparpille. Pour se retrouver sur le pont Bir-Hakeim.

Là, rapidement, les CRS bloquent la sortie et avancent tandis que les manifestants se retrouvent face à une ligne de CRS à la sortie du pont côté 16ème arrondissement. Visiblement, le CRS surnommé "Maladroit" a gazé ses camarades, les journalistes et quelques gilets jaunes. Scène amusante : un gilet jaune propose du sérum à un CRS qui ne voit plus rien. Ce dernier refuse. Peu de temps après, la police commence à arrêter des gens alors que 100 à 200 personnes tentent de se regrouper sur le parvis du Trocadéro. Les CRS arrivent en masse par la place du Trocadéro. La tension est visiblement montée. Les chiens sont de sortie et sautent sur tout le monde, photographes compris.

Au milieu de centaines de...

Taxe carbone, CICE, MacronLeaks et la belle histoire

vendredi 28 décembre 2018 à 16:50

Tout le monde repeint la réalité

Juan Branco annonce une information exclusive sur Twitter : des mails des MacronLeaks révèlerait que le produit de la taxe carbone serait détournée au profit des allègements de charges des entreprises. Pas si simple... Tout le monde pipeaute, Emmanuel Macron, ses ministres et Juan Branco.

Le fameux joueur de pipeau - D.R.

Méchante presse qui ne reprend pas le scoop énorme de Juan Branco : "Des faits avérés, des sources béton, la révélation d'un mensonge d'État à l'origine d'une révolte majeure qui a fait trembler tout un pays, mourir dix personnes et blesser des centaines, explosé un régime, et 24h après, pas une reprise dans les média. Continuez comme ça les gars.". De quoi s'agit-il ? L'avocat Juan Branco a découvert dans des mails figurant dans les MacronLeaks que la taxe carbone ne finançait pas la transition énergétique, mais le CICE. En d'autres termes, les factotums du futur président (à l'époque des mails cités), expliquent que le produit de la hausse du diesel prévue (et en partie à l'origine de la colère des gilets jaunes), servira à réduire les charges sociales des entreprises.

Tweet de Juan Branco - Copie d'écran
Tweet de Juan Branco - Copie d'écran

Le fait que le produit de la taxe carbonne aille ailleurs qu'à la transition énergétique, et en particulier à la compensation du CICE n'est pas une nouveauté. Ceci est expliqué en détail par Libération ici. La fameuse "exclu" n'en est pas une. Pour autant, l'indignation de Juan Branco n'est pas déplacée. Tout le monde, à part quelques experts en fiscalité, comme les auteurs des mails, comprend qu'il serait logique que le produit de la taxe carbone aille au financement de la transition écologique.

Mais à trop mettre en scène sa trouvaille, Juan Branco se tire une balle dans le pied....

Gilets jaunes : sur-polariser une situation polarisée ne débouchera pas sur la zénitude

lundi 24 décembre 2018 à 17:11

L'aveuglement politique s'exprime aussi dans ce conflit

Edouard Philippe ne sait plus quoi faire pour câliner les forces de l'ordre, restant aveugle aux débordements de ces dernières. Il tente par ailleurs de réduire un mouvement de colère populaire à ceux qui, d'extrême-droite, y participent. Ce n'est pas une solution pour sortir de la crise.

Manifestation du 22 décembre à Paris - © Reflets

C'est Noël, le premier ministre Edouard Philippe a tenu à se mettre en scène avec les motards pris à partie sur les Champs-Elysées le 22 décembre en début de soirée. Edouard Philippe a voulu "dire toute la détermination du gouvernement pour ramener l'ordre". Selon lui, "au fur et à mesure qu'il dure, ce mouvement des “gilets jaunes” se traduit par une radicalisation d'une grande violence".

Copie d'écran d'un tweet d'Edouard Philippe - Copie d'écran
Copie d'écran d'un tweet d'Edouard Philippe - Copie d'écran

Depuis le début du mouvement, le premier ministre est sur une ligne dure (est-il radicalisé lui aussi ?). Il a souffert des "reculades" décidées par Emmanuel Macron, souvent sans qu'il ne soit prévenu. Désormais convaincu que tout à été fait pour répondre aux demandes des gilets jaunes, Edouard Philippe multiplie les déclarations laissant entendre que le temps est désormais venu de rentrer chez soi, qu'il n'y a plus de raison à la colère et que ceux qui continuent de manifester ne sont que des factieux, désirant s'en prendre aux institutions, voulant casser du flic. Il n'a pas manqué de tenter de réduire le mouvement des gilets jaunes à ceux qui, à l'extrême-droite, tentent de récupérer le mouvement. Il a ainsi fustigé le 24 décembre "ces déclarations parfois empreintes d'antisémitisme, ces violences, cette volonté de casser, d'attaquer délibérément les forces de l'ordre".

Qui pourrait nier que le mouvement des gilets...

Manifestation des gilets jaunes à Paris le 22 décembre

samedi 22 décembre 2018 à 18:38

Pour l'Acte VI, les chiffres ont encore été sous-estimés

Quelque 800 personnes à Paris, entendait-on en milieu de journée. On était probablement plus près de 2000 (annoncés en fin de journée). La police a de nouveau nassé, dispersé, gazé des manifestants calmes. Reportage photo...

Un policier sur-armé près de la Bastille le 22 décembre 2018 - © Reflets

A Paris, le 22 décembre, la manifestation a commencé à Montmartre avant de redescendre vers Madeleine et les grands boulevards. A nouveau, la tactique des forces de l'ordre a consisté à séparer les groupes en les nassant, avant de les disperser à grand coups de gaz lacrymogènes, de tirs de grenades et de LDB 40. Cela a assez bien fonctionné. Après une charge assez violente autour de la mairie de Paris, les manifestants se sont peu à peu dispersés dans la ville. La plupart des manifestants étaient calmes et ne présentaient aucun danger pour les forces de l'ordre. A nouveau la force employée par la police ne correspondait pas à la menace.

En arrivant près de la Madeleine, les manifestants tombent sur un petit cordon de CRS qui les bloque. Sans doute inquiets, les policiers arrosent la foule de gaz lacrymogènes et de grenades. Les medics compteront au moins cinq blessés. - © Reflets
En arrivant près de la Madeleine, les manifestants tombent sur un petit cordon de CRS qui les bloque. Sans doute inquiets, les policiers arrosent la foule de gaz lacrymogènes et de grenades. Les medics compteront au moins cinq blessés. - Reflets

En quelques instants, après plusieurs explosions violentes, la manifestation reflue dans un nuage de gaz. - © Reflets
En quelques instants, après plusieurs explosions violentes, la manifestation reflue dans un nuage de gaz. - Reflets

Après dissipation des gaz, il reste deux chaussures, un vélo, une paire de lunettes, une casquette et une flaque de sang. Encore une fois, les manifestants ne présentaient aucun danger pour les forces de l'ordre. - © Reflets
Après dissipation des gaz, il reste deux chaussures, un vélo, une paire de lunettes, une casquette et une flaque de sang. Encore une fois, les manifestants ne présentaient aucun danger pour les forces de l'ordre. - Reflets

L'une des personnes blessées par les explosions près de la Madeleine. - © Reflets
L'une des personnes blessées par les explosions près de la Madeleine. - Reflets

Une jeune fille incommodée par les gaz lacrymogènes cherche son souffle. - © Reflets
Une jeune fille incommodée par les gaz lacrymogènes cherche son souffle. - Reflets

Une personne blessée aux jambes près de la Madeleine - © Reflets
Une personne blessée aux jambes près de la Madeleine - Reflets

Déjà à la mi-journée, le chiffre de 800 personnes annoncé semble fantaisiste. - © Reflets
Déjà à la...

Des utilisateurs fantômes et des portes-dérobées dans les messageries

vendredi 21 décembre 2018 à 18:20

On Ghost Users and Messaging Backdoors

Matthew Green est cryptologue et enseignant à l'Université John Hopkins. Il est revenu, sur son blog, sur la récente « proposition » de deux membres du GCHQ pour rendre le chiffrement « responsable ».

Matthew Green nous a aimablement autorisé à traduire et à reproduire son article, dont la version originale (non sous-titrée) peut être consultée sur son blog.

Les dernières années ont été fantastiques pour le déploiement du chiffrement. En une décennie, les connexions Web sécurisées sont passées du statut de nouveautés à celui de prérequis pour le fonctionnement d'un site Web moderne. Les fabricants de smartphones ont déployé le chiffrement par défaut du stockage sur des milliards d'appareils. Les messageries et les appels téléphoniques chiffrés de bout en bout sont dorénavant accessibles pour des milliards d'utilisateurs.

Si ce progrès est perçu comme passionnant pour les cryptoloques et les défenseurs de la vie privée, tout le monde ne l'entend pas de cette oreille. Quelques pays, comme le Royaume-Uni ou l'Australie ont passé des lois visant à accéder à ces données, et au moins une proposition est arrivée devant le Congrès américain. Le Département de la Justice [américain, NdT] a récemment ajouté son propre marketing au mélange, en demandant aux entreprises de la tech de déployer du « chiffrement responsable ».

Qu'est ce qu'est, exactement, le « chiffrement responsable » ? Et bien, c'est un peu là le problème. Dans ce débat, personne du côté du gouvernement n'a véritablement semblé vouloir faire preuve de précision à ce propos. En fait, dans un récent discours, le Procureur général adjoint des États-Unis, Rod Rosenstein, a imploré...