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On est toujours le terroriste ou le barbare d’un autre…

vendredi 26 septembre 2014 à 22:33

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Les membres de l’autoproclamé Etat Islamique sont assurément des barbares. Ils décapitent, harcèlent les femmes et utilisent la terreur comme arme. Soit. Le président de la république, François Hollande a expliqué, comme son premier ministre, qu’il fallait lutter contre ces barbares. La France, avec ses valeurs de tolérance, se doit d’être de ce combat. Soit. La France participe donc à la coalition mise en place par les Etats-Unis pour aller bombarder les barbares. Avec, au sein de cette coalition, l’Arabie Saoudite.

C’est là que cela devient intéressant. On est toujours le barbare d’un autre, ou pas. Car, voyez-vous, ni Barack Obama, ni François Hollande, n’ont pris le temps d’expliquer à leurs concitoyens que l’Arabie Saoudite fait des choses… Comment dire ? Barbares ?

Ce pays riant est dénoncé régulièrement par les défenseurs des Droits de l’Homme car il a une méthode assez personnelle de pratiquer les exécutions des condamnés à mort. On tue légalement en Arabie Saoudite pour punir l’homicide, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue, la sorcellerie, l’adultère, la sodomie, l’homosexualité, le sabotage, et l’apostasie. Et l’apostasie, ça va vite dans le pays car comme le rappelle Wikipedia : « Aucune manifestation ou culte d’une autre religion n’est acceptée et ceux qui expriment à ce titre une opinion différente sont déclarés apostats et passibles de la peine de mort. »

Ces exécutions sont faites au sabre, par décapitation. Ça vous rappelle quelque chose.  ? Treize personnes ont été tuées par l’Arabie Saoudite depuis le début de l’année. En 2013, quelque 78 personnes ont été exécutées.

Les membres de l’organisation Etat Islamique passent également leur temps à molester les femmes, leur demandant d’ajuster leur voile, de ne pas se montrer, de ne pas faire ceci ou cela car cela irait contre les préceptes de l’Islam.

L’Arabie Saoudite, de son côté est un pays riant où sévit la charmante Muttawa, la police religieuse qui passe son temps à importuner les femmes. Elle a le pouvoir :

Essayez de trouver les sept différences entre ces deux vidéos :

 

 

Eh oui, on est toujours le barbare d’un autre. Ou pas. Si vous n’avez pas trouvé les sept différences, c’est normal. Il n’y en a pas.

Mais s’attarder uniquement sur des pays arabes serait participer à la diabolisation des Arabes ou des musulmans. Ils sont suffisamment stigmatisés ces temps-ci pour accepter l’idée que nos propos puissent apporter de l’eau aux moulins variés des racistes de tous poils. Remontons donc un peu l’histoire.

Que dire d’une organisation clandestine qui ferait sauter un bâtiment, faisant 91 victimes et 46 blessés ? A l’époque, les Britanniques, qui participeront sous peu à ladite coalition contre les terroristes de l’Etat Islamique appelaient les gens qui avaient fait sauter leur QG en Palestine mandataire des terroristes. Aujourd’hui, Wikipedia les appelle « une organisation extrémiste« . On est toujours le terroriste d’un autre. Un jour.

L’antisémitisme étant une valeur à la hausse ces temps-ci après les horreurs perpétrées par les barbares (on est toujours le barbare d’un autre) du gouvernement israélien, il convient de ne pas donner de grain à moudre aux neuneus qui assimilent Juifs au gouvernement d’Israël. Revenons donc plus près de chez nous.

Jusqu’en 1981, la France exécutait ses compatriotes… « Tout condamné [à mort] aura la tête tranchée ». Eh oui, cette méthode barbare était utilisée jusqu’en 1981. Hier, en somme.

On nous rétorquera que l’EI décapite des innocents, pas des coupables.

Justement, c’est bien parce que le risque (très probable) d’erreurs judiciaires existait que la peine de mort a été abolie…

Parfois, les choses ne sont pas aussi simples qu’elles n’y paraissent. Lorsque les esprits s’échauffent, comme on a pu le voir lors des débats à l’Assemblée Nationale sur le projet de loi de renforcement de la lutte antiterroriste, lorsque des députés demandent à ce que l’on suspende des libertés démocratiques, à ce que l’on tue des gens, il faut prendre le temps de réfléchir. De comparer, de relire l’Histoire.

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Une whistleblower donne à voir les « liens » entre la Fed et Goldman Sachs

vendredi 26 septembre 2014 à 19:44

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Carmen Segarra était chargée par la Réserve fédérale de New York pour superviser les activités de Goldman Sachs, l’une des principales banques américaines. Elle est licenciée sept mois plus tard. Atterrée par ce qu’elle a vu et entendu au sein de la Fed ou de Goldman, elle avait entrepris d’enregistrer les réunions. Tout comme les documents d’Edward Snowden apportent la preuve d’une écoute massive qui était lourdement soupçonnée, les enregistrements de Carmen Segarra valident les « rumeurs » selon lesquelles les grands établissements du secteur financier ne vivent pas dans le même monde que vous. Les lois ne sont visiblement pas les mêmes pour eux. Mieux, le gendarme qui devrait les surveiller et les sanctionner est apparemment très… Laxiste ?

Les informations de Carme Segarra ont été révélées par This is American Life (voir la retranscription de l’émission de radio).

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Bien entendu, si vous lisez les articles financiers de Reflets, vous n’allez pas être très surpris. Mais tout de même, une confirmation (46 heures d’enregistrements) issue de l’intérieur de ce monde ne fait pas de mal. Florilège :

Bien entendu, la Fed de New York dément tout problème. De même que Goldman Sachs. Qui en aurait douté ?

Juste après la pub, une décapitation…

vendredi 26 septembre 2014 à 12:09

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Lorsqu’une marque décide d’un plan media, elle sait quand et où sa publicité va être publiée ou diffusée. D’ailleurs, les prix ne sont pas les mêmes pour une pleine page, un quart de page, au début ou à la fin d’un journal. Pas le même non plus avant le 20 heures, après, ou en fin des « programmes de la nuit ». Dans tous les cas, la marque achète un espace dans un medium qu’elle choisit.

Ça, c’était avant. Avec a presse traditionnelle.

Maintenant, avec Internet, c’est différent. Les régies publicitaires diffusent de manière aléatoire (même si elle font un peu de géolocalisation pour affiner le message et le mettre en adéquation avec le type de visiteur) sur des milliers de pages. A la grande époque de Nicolas Sarkozy, on trouvait ainsi des articles le concernant avec tout autour, des pubs pour Rolex. Les collisions de ce type se multiplient et il manque vraiment une étude pour comprendre l’impact, sans doute négatif, sur l’image des marques qui se retrouvent sur des pages ne correspondant pas du tout à leur cible.

Un sommet vient d’être atteint. Une page en Russie relayant la décapitation d’Hervé Gourdel propose à ses visiteurs une petite publicité avant de montrer l’horreur. Si, si, ça détend la pub. Et même parfois, cela se veut drôle. Comme cette pub d’EDF avec Eric Judor qui m’a été imposée avant l’effroyable vidéo de la décapitation de l’otage français. « L’énergie est notre avenir, économisons-la ! » martèle EDF. Si l’on pouvait aussi économiser la publicité abjecte, ce serait bien.

Ces chiffres qui tuent l’idée d’une sortie de crise et préfigurent les prochaines

mercredi 24 septembre 2014 à 18:41

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Comme elle s’annonçait radieuse, l’année 2013… François Hollande l’affirmait haut et fort à Oslo le 10 décembre 2012 : «La crise de la zone euro, je l’ai déjà dit, elle est derrière nous. La Grèce, nous avons enfin apporté les fonds qu’elle attendait. L’Espagne, nous avons permis au secteur bancaire d’être renfloué. L’Italie, même s’il y a une incertitude politique, je suis sûr que les Italiens vont y répondre, comme il convient. Et donc tout ce que nous avons à faire ce n’est plus simplement de sortir de la crise de la zone euro: c’est fait». Ce que François Hollande sous-estimait alors, c’est la capacité du système financier mondial à créer, dès qu’une crise éclate, les fondations de la suivante. L’économie étant une balance à plateaux multiples qui ne s’équilibre jamais, il est aisé d’en faire ressortir un chiffre ou deux qui semblent positifs pour valider telle ou telle théorie. Même la plus farfelue, comme celle d’une sortie de crise. Ou, à l’inverse, celle d’une économie mondiale au bord du gouffre. Démonstration…

Les économistes et commentateurs plus ou moins avisés qui squattent les médias s’époumonent : « il faut de l’austérité » pour sortir de cette crise financière et de celle de la dette des Etats (Européens, mais pas uniquement). Pour autant, la dette des Etats-Unis atteint désormais 17.752 milliards, soit quelque 10.000 milliards de plus qu’il y a dix ans. Il est par ailleurs intéressant de noter que le volume de dollars « réels » en circulation dans le monde atteint à peine 1.200 milliards. Cette position est « tenable » tant que le dollar est considéré comme une valeur refuge. Or plusieurs signes tendent à démontrer que la monnaie américaine n’est plus ce qu’elle était. L’Europe, la Chine, la Russie, incitent à utiliser d’autres monnaies au détriment du dollar. Le gouvernement français appelle quant à lui à utiliser l’euro comme monnaie pour le commerce international en remplacement du dollar.

La dette globale des Etats-Unis, qui comprend l’Etat, les entreprises et les ménages a atteint quant à elle 59.398 milliards de dollars au premier trimestre 2014, selon la Réserve Fédérale. En 1990, ce montant était de 13.500 milliards.

La dette publique mondiale, tous Etats confondus, culminait quant à elle 100.000 milliards de dollars mi-2013, selon les chiffres de la Banque des Règlements Internationaux. Une paille. Ce volume a progressé de 30 milliards de dollars depuis le début de la crise financière en 2007.

Faudrait voir à ne pas trop… dérivés…

Si ces chiffres paraissent astronomiques, que penser de ceux-ci : le montant global de l’exposition des 25 premières banques américaines aux produits dérivés, atteignait 237.000 milliards de dollars fin 2013, selon le département du Trésor Américain. Détail, les actifs de ces 25 banques représentent un tout petit total de 9.400 milliards. Quatre banques sur les 25 détiennent 82% des contrats sur des dérivés (généralement de taux). Sainte Finance, priez pour qu’aucune calamité ne frappe les marchés des dérivés.

Qui a dit « too big to fail » ? Trop grosses pour faire faillite ne veut pas dire qu’elle sont en bonne santé. Dans l’esprit du monde financier et des gouvernements, il s’agit de banques que l’on doit sauver à tout prix. Si elles devaient faire faillite, elles entraîneraient tout le monde dans leur chute, par effet domino. Or, si quelques banques étaient, au début de la crise, « too big to fail », JPMorgan Chase, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont grossi de… 37% depuis, selon Fortune.

Parole d’expert, la situation reste dangereuse et la possibilité d’une nouvelle crise grave ne doit pas être écartée : selon le dernier rapport annuel de la Banque des Règlements Internationaux, « La tentation de reporter l’ajustement peut s’avérer irrésistible, surtout quand tout semble aller bien et qu’un boom financier saupoudre tout d’une poussière magique de richesses illusoires […] La conséquence est un modèle de croissance qui repose trop sur la dette, à la fois publique et privée, qui au fil du temps sème les germes de sa propre disparition ». Le New York times traduit cet avertissement en des termes moins diplomatiques : « Le monde s’est saoulé avec de l’argent facile et a déjà oublié les leçons de ces dernières années »… L’un des patrons de la Banque Mondiale est quant à lui très direct : « c’est le moment de se préparer pour la prochaine crise ». S’il est au courant de quelque chose, il faudrait en parler aux hommes politiques…

Il faut dire que niveau croissance, la sortie de crise semble encore un peu loin, n’en déplaise à François Hollande. Le produit intérieur brut des Etats-Unis a enregistré une contraction de 2,9% sur un an au premier trimestre de l’année. Dans le même temps, le PIB de l’Union européenne a progressé de seulement 0,2% (les économistes tablaient sur le double). En France, le PIB est resté stable (0%) tandis qu’en Italie, il a reculé de 0,1%. En Grèce, le recul a atteint 2 ,5% et au Portugal, 0,7%.

Pour ce qui est de la finance « heureuse » et « amie », telle que définie aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence par Michel Sapin, qui viendrait « aider » les entreprises françaises à « se financer », il y a encore du travail. Selon la Banque centrale européenne, les crédits au secteur privé en Europe ont baissé de 2,5% sur un an en avril 2014.

Sur le front purement bancaire, en Bulgarie, on a assisté fin juin à « bank run », les clients faisant la queue dans la rue pour retirer leurs fonds. Le cauchemar des banquiers… Avant l’été, au Portugal, le Banco Espirito est en mauvaise posture. Son titre a perdu la moitié de sa valeur en trois semaines avant que sa cotation soit suspendue.

Sur le front des ménages, la situation n’est pas plus rose. En Grèce par exemple, le taux de chômage atteint 26.7 % et 56.8 % pour les jeunes. En Espagne, ce sont 54% des jeunes qui sont au chômage.

En France, quelque 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté contre 7 millions en 2004. Dans le même temps, la hausse annuelle des revenus des 0,01% des Français les plus riches a atteint 43 % à un minimum de 840.000 euros. « Les 10 % des Français les plus pauvres n’ont eux connu qu’une augmentation de revenu à la marge. En 2005, ils gagnaient au maximum 13 020 euros par an, en 2011, ils gagnent au maximum 13 070 euros, soit une hausse de 50 euros sur l’année », soulignait Mediapart dans un récent article. Le nombre de foyers bénéficiaires du RSA a quant a lui progressé de 7,9% en deux ans à 2,310 millions en mars 2014.

Qu’on se le dise, la crise est derrière nous. Ou devant. Qui sait ?

Loi pour le renforcement de la lutte contre le terrorisme : c’était bien la peine

mercredi 24 septembre 2014 à 17:11

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C’était beau comme les prémices de 2017 avec Marine Le Pen au pouvoir, beau comme une suite de l’ère Sarkozy. Les députés, de gauche à droite unis (à de rares exceptions près) dans une même lutte, celle de la Nation contre la Guerre qui lui est faite. Ils ont voté quasiment comme un seul homme le fameux projet de loi de renforcement de la lutte contre le terrorisme. Tout ça pour, quelques jours après faire rire toute la population de Calais à… Racca avec le plus beau raté de l’histoire policière. Trois djihadistes présumés expulsés de Turquie, dont le beau-frère de Mohamed Merah, qui arrivent en France et ne sont accueillis par personne, alors que le ministère de l’Intérieur avait annoncé à la presse leur arrestation. Pas de bol, en plus de ces loupés, le système de contrôle des passeports était en panne.

Et oui, on veut retirer leurs passeports aux gens, mais le système de contrôle desdits passeports est, selon l’aveu même d’un responsable policier sur France-Info, régulièrement en panne.

Et dire que tous ces députés, tous ces ministres nous assènent depuis des jours que « la France est en guerre« , que « la sécurité nationale » est en jeu, qu’à situation exceptionnelle, il fallait des lois d’exception…. Décidément, la France n’a pas beaucoup évolué depuis l’époque de la Ligne Maginot…