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#Citizenfour : #Snowden aurait pu annoncer que le monde était dirigé par des #aliens

mardi 10 mars 2015 à 11:26

Citizenfour

Le documentaire de Laura Poitras, Citizenfour, est unique en son genre, par de nombreux aspects. Le principal est qu’il montre sans détours, en direct, le plus grand lanceur d’alerte de tous les temps dénoncer la pire « affaire d’Etat » de tous les temps. Le WaterGate est une bluette sans grand intérêt à côté des révélations d’Edward Snowden. Que pouvons-nous retirer de cette histoire incroyable, saisissante, effroyable, alarmante ? Snowden aurait pu délivrer les preuves que le monde était dirigé par des aliens, l’effet aurait été le même : stupéfaction, indignation, incrédulité, et au final… rien. Comme si rien ne pouvait être fait contre quelque chose d’invisible ? Avons-nous basculé dans un monde différent sans nous en rendre compte, dans lequel le pire n’est jamais certain, et l’escalade toujours au bout du tunnel ?

Science-fiction

La situation d’Edward Snowden, installé dans une chambre d’hôtel à Hong Kong — filmé par Laura Poitras et interrogé par deux  journalistes, Glenn Greenwald et Ewen MacAskill — est digne d’un roman d’espionnage. A l’échelle planétaire. Les premières explications du jeune informaticien sur les programmes d’interception des communications et de surveillance mondiale, Prism, XKeyscore, Tempora, laissent les journalistes abasourdis, incrédules.

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Snowden a des rires nerveux lorsqu’il explique les capacités des systèmes de collecte massive de données de la NSA (Agence de sécurité américaine) et du GCHQ (agence de renseignement britannique). Le lanceur d’alerte utilise d’ailleurs le terme de « science-fiction » pour tenter d’expliquer aux journalistes les possibilités offertes par ces systèmes. Les exemples que donnent Snowden sont intéressants, parce qu’ils permettent de mieux comprendre les tenants et aboutissants de la collecte massive des données effectuées par la NSA et le GCHQ. « Tout est intercepté et stocké, en permanence, à l’échelle planétaire, vos mails, vos mots de passe, vos communications, ce qui permet à tout moment, de choisir n’importe qui, et d’aller fouiller sur tout ce qu’il a écrit, dit, dans le passé, puis de le faire en temps réel » dit en substance l’ex-agent de Booz Allen Hamilton, la société sous-traitante de la NSA.

Les journalistes ont la mâchoire qui se décroche en regardant, hagards, les documents officiels fournis par Snowden qui démontrent la réalité de ses affirmations. Puis viennent les révélations sur la participation des opérateurs Internet et de téléphonie à la surveillance des usagers…

Populations anesthésiées et dirigeants aux ordres ?

Les alternances entre des tribunaux de justice d’Etat, des tribunes où Jacob Appelbaum vient expliquer les capacités de surveillance stupéfiantes des services gouvernementaux américains, des journaux télévisés qui relayent les premiers articles de Glenn Greenwald, et Snowden cherchant à s’échapper de sa chambre d’hôtel, sont un enchaînement vertigineux de situations uniques ayant pour point commun, une même question : que sont devenues les libertés individuelles et le droit à la vie privée ? La planète entière découvre la machine implacable constituée en secret par le gouvernement de la plus grande puissance mondiale, les USA, — une machine totalement illégale, bafouant toutes les conventions internationales, les Constitutions. Et pourtant, malgré de nombreux débats publics aux Etats-Unis, l’affaire reste en l’état.

Citizenfour-Edward-Snowden-Hong-Kong

Snowden parvient à fuir Hong Kong, aidé par Wikileaks, trouve refuge en Russie, l’Allemagne se plaint des écoutes du téléphone portable de sa chancelière, mais finalement, Barak Obama vient calmer toute velléité à l’encontre des pratiques de la NSA. Un discours, pas d’excuses, des chefs d’Etats européens qui grognent pour la forme, mais rentrent très vite dans le rang : nos vies privées sont piétinées quotidiennement et continueront à l’être. Circulez, il n’y a rien à dire, ni à contester. Les populations ne sont pas descendues dans les rues pour demander l’arrêt des systèmes d’interception de communications et de collectes de données, les gouvernements n’ont pas menacé les Etats-Unis ou l’Angleterre de mesures de rétorsions.

Snowden aurait pu démontrer que des aliens dirigeaient la planète, l’effet aurait été le même, et la réponse citoyenne, politique, tout aussi faible. Comme si, face à la réalité, même la plus incroyable qui soit, l’anesthésie prime sur toute autre réaction.

Une affaire qui touche aux fondements de nos sociétés

Citizenfour démontre quelque chose que la plupart d’entre nous soupçonne, mais verbalise avec difficulté : que reste-t-il de la démocratie tant vantée par ceux-là mêmes qui la bafouent en piétinant nos vies privées ? La démocratie, dans sa dimension de liberté des individus (d’expression, de propriété privée, de droit à la vie privée, de circulation, etc…), et non pas comme système politique en tant que tel, est le cœur de la dynamique occidentale moderne. Que peut-il se passer si cette liberté est mise sous surveillance intégrale par des administrations ou des groupes privés, que chacune de nos actions, nos paroles peut être captée, analysée, classée ?

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Le propre d’un système totalitaire est de n’offrir qu’une place déterminée et limitée par ce même système, aux individus qui le constituent. Edward Snowden a permis de découvrir que ce système totalitaire existe, qu’il est en place et que nos vies sont déjà classées. Prêtes à être fouillées, compulsées, analysées. Qui peut prétendre savoir comment et par quelle intelligence, elles seront un jour utilisées à des fins de répression ou de censure ? Personne. Nos libertés sont déjà bafouées. Nous ne sommes plus en démocratie, et presque personne ne s’en soucie. Le constat est affligeant, mais le travail de Laura Poitras, Glenn Greenwald, Ewen MacAskill, et le courage d’Edward Snowden doivent servir à quelque chose. Sans quoi, quand il sera trop tard, nous ne pourrons pas dire : « nous ne savions pas ».

Qosmos : tel est fou qui croyait prendre ?

jeudi 5 mars 2015 à 19:09
Thibaut Bechetoille, PDG de Qosmos © extrait d'une vidéo de Tivipro.tv

Thibaut Bechetoille, PDG de Qosmos © extrait d’une vidéo de Tivipro.tv

Le temps est à l’orage pour les patrons. La justice prud’homale vient de donner raison à deux lanceurs d’alertes. Le conseil de Prud’hommes de Paris a condamné UBS pour le harcèlement d’une de ses anciennes salariées, Stéphanie Gibaud, qui avait refusé de détruire des documents pouvant révéler l’existence d’un système d’évasion fiscale. Le même jour, les Prud’hommes ont condamné lourdement la société Qosmos pour le licenciement abusif de James Dune. Ce dernier avait très mal vécu l’implication de Qosmos dans les projets de vente à la Lybie et à la Syrie de systèmes de surveillance globale. Il s’en était ému en interne, ce qui avait été peu apprécié par Thibaut Bechetoille, le PDG de l’entreprise et par Anh Nguyen-Phuoc, Vice-Président R&D de Qosmos. Le conflit éthique avec son employeur avait abouti à un arrêt de travail pour maladie prolongé jusqu’à son licenciement par Qosmos en 2012. Les Prud’hommes ont donné raison à James Dune en estimant que son licenciement était sans cause réelle et sérieuse.

Ce qui n’est pas anodin. Sans se prononcer sur les aspects éthiques soulevés par James Dune (ce n’est pas leur rôle), les conseillers ont envoyé une véritable claque à Thibaut Bechetoille. Pris dans la tourmente médiatique après les révélations sur l’implication de sa société dans la vente d’une solution de surveillance globale à la Syrie de Bachar el-Assad, il avait engagé le cabinet Clai. Ce dernier a organisé de nombreux rendez-vous en tête-à-tête avec le patron de Qosmos pour des journalistes. Histoire d’expliquer la réalité selon Qosmos à ces imbéciles de journalistes qui ont une fâcheuse tendance à répercuter les déclarations du lanceur d’alertes James Dune.

Esclandre au Café

Au cours de l’une de ces réunions avec des journalistes, Thibaut Bechetoille qui en a gros sur la patate, notamment en raison de la procédure qui le vise lui et son entreprise pour complicité d’actes de tortures, perd son calme et se met à crier dans le café où il reçoit les journalistes. Ce James Dune est un fou, hurle-t-il, il faut l’enfermer. La jeune représentante du cabinet Clai le prend par l’épaule et tente de le calmer afin d’arrêter l’esclandre. Visiblement, les juges prud’homaux ont estimé que James Dune n’était pas fou du tout. Le fou vit dans une autre réalité. Il ne la perçoit pas de la même manière que le reste de la population. Ce qui correspond un peu à Thibaut Bechetoille et à ses anciens amis d’Amesys, également visés par une procédure pour complicité de torture. Les dirigeants de ces entreprises semblent penser qu’ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont agi en pensant leur impunité assurée par l’implication des différents gouvernements de droite puis de gauche à leurs côtés. Si les procédures pour complicité de torture aboutissaient à une condamnation, les répercussions pour les gouvernements en question pourraient être très importantes. De même que pour les services de renseignement, et particulièrement pour la DGSE, cliente de Qosmos avec le projet Kairos.

Thibaut Bechetoille, pour Qosmos et Philippe Vannier pour Amesys, ont cru bon de participer à des projets visant à mettre sous surveillance globale les populations syriennes et libyennes. Il était impossible qu’ils ne soient pas au courant de la nature des régimes en place. C’est donc délibérément et avec une vision très particulière de la réalité que les deux PDG se sont lancés dans ces projets. Sans arrière-pensées, probablement persuadés qu’ils étaient du côté du « bien », comme aurait dit George Bush.

A la veille d’une réunion interne de Qosmos où tous les sujets pourront être abordés « sans tabous », selon Thibaut Bechetoille, le 8 janvier 2008, James Dune expose très clairement dans un mail au PDG et à toute la société ses préoccupations éthiques :

L’utilisation de la technologie Qosmos à des fins de fichage et d’interception pose également des questions d’ordre éthique:

  1. fichage et interception d’acteurs dits « dissidents », (opposants au régimes, défenseurs des droits de l’homme, simples militants, etc)
    faussage des résultats des moteurs de recherches sur internet

Quel est l’attitude de Qosmos – et l’attitude de ses investisseurs – devant des tels scénarios ?
Si le govt d’un régime qui enfreint certains droits ou valeurs considérés comme « universels » nous propose un important contrat, à quelles valeurs et exigences se tenir ?
Quel est alors notre code de conduite « éthique » ?
Comment contrôler l’usage fait de nos technologies dans le domaine de l’interception – ou même y voir clair – quand nous sommes tenus au secret par des clients qui n’existent pas ?

Ethique en Toc ?

Que répond Thibaut Bechetoille lors de cette réunion interne ? Que l’entreprise a une attitude responsable et éthique.

Pourtant, le 18 avril 2007, il participait au lancement du projet Eagle en Libye, dont Qosmos sera par la suite écartée. Puis, en 2010, il participait au projet ASFADOR en Syrie. En février 2011, les journalistes de Reflets interrogeaient Thibaut Bechetoille sur les ventes d’armes numériques dans des pays dictatoriaux. Une sorte d’OVNI du journalisme…

Toujours très sûr de la réalité de sa réalité, Thibaut Bechetoille réagissait à un article de Mediapart de 2013 en ces termes (à propos de l’audience d’aujourd’hui) : « Nous restons confiants dans l’issue de la procédure, tant les faits qui nous sont reprochés par cet ancien salarié sont faux et calomnieux. Nous rappelons que nous avons porté plainte pour diffamation contre cet ancien salarié. »

Faux et calomnieux… Relisez trois fois et repassez en revue nos articles sur Qosmos. Quant à « confiants »… Il semble que Thibaut Bechetoille et qosmos, toujours bienvenus dans le petit monde de la sécurité informatique français, comme s’il ne s’était rien passé, il semble qu’ils aient eu un peu trop confiance dans leur perception de la réalité. Une folie passagère ?

Qosmos a récemment reçu le prix « Established Leadership » dans la catégorie « Services et technologies innovants horizontaux » aux trophées IE-Club Global 60. L’entreprise est toujours membre du consortium Hexatrust qui regroue la « fine fleur » du secteur de la sécurité informatique français.

Qosmos peut encore faire appel de la décision, mais l’argumentation juridique qui a prospéré et sur laquelle est basée la décision de ce matin a peu de chance de produire un autre effet en appel.

Alerte : les drones survolant Paris sont pilotés par des clowns maléfiques !

mercredi 4 mars 2015 à 15:33

drones

Si vous ne savez pas que des drones survolent Paris ces jours-ci, c’est que vous vivez dans une grotte en Afghanistan. La presse couvre ce non événement comme s’il s’agissait la dernière frasque de Nabilla l’accession au pouvoir de Marine Le Pen si les politiques avaient trouvé une solution à la crise financière si un OVNI avait atterri place de la Concorde. Cette couverture médiatique de quelque chose d’insignifiant n’est pas sans rappeler l’importance donnée il y a quelques mois à la multiplication d’apparition de clowns pseudo effrayants dans les rues. Les autorités faisaient monter la sauce, la presse relayait. On en était à interdire des manifestations de peur d’y voir débarquer des armées de clowns inquiétants. C’est dire si l’affaire était grave. Plus personne ne parle des clowns, mais fort heureusement les drones sont apparus dans le ciel pour permettre à la presse de faire son métier. Informer sur des sujets qui en valent la peine.

Bozo_Clown

Ce n’est pas comme s’il y avait d’autres sujets valant la peine d’être approfondis. Quel intérêt pourrait avoir la presse à creuser les révélations Snowden et le rôle de la France dans l’espionnage massif, les LuxLeaks, les SwissLeaks, le High Frequency Trading, les affaires de corruption, on en passe.

Ce qui nous amène à réexpliquer les choix éditoriaux de la presse…

La loi de proximité pousse les rédacteurs en chef à privilégier des faits qui se déroulent près de leur lectorat. Le mot à la mode ces temps-ci est « concernant ». Il faut que les articles soient « concernants ». Une invention linguistique pour dire que les lecteurs doivent se sentir concernés par les faits évoqués dans l’article. Sur le papier, c’est assez logique. Mais la presse a une idée préconçue de ce qui est « concernant » et de ce qui ne l’est pas. Elle ne prend, pense-t-elle, aucun risque sur ce point. Il est pourtant difficile de contenter tout le monde. Qu’importe, les drones, c’est concernant. Les LuxLeaks, moins.

Cuisine interne

La presse ne donnera pas non plus les ingrédients de ses recettes internes. Par exemple, Le Monde ne vous racontera pas que la personne qui traite les sujets comme les LuxLeaks est une journaliste qui entretient depuis le début de sa carrière les meilleures relations avec le secteur bancaire et des assurances. A quoi bon ? Elle connait le sujet, non ?

La hiérarchie de l’information est l’autre composante qui préside lors de la fabrication de votre journal. Les rédacteurs en chef décident de l’importance d’un sujet. Selon le sens du vent, la position des étoiles et l’haruspicine, ils décident de ce que le lecteur va vouloir lire ou pas, de ce qu’il convient de traiter largement ou par une brève. Mieux, ils décident de la place de l’article dans le journal. A gauche en bas, ça se voit moins, en haut à droite un peu plus.

Oui, les drones, c’est un sujet concernant qui mérite des tonnes de papiers. En haut à droite s’il vous plaît. Et s’ils sont pilotés par des clowns maléfiques, hop, à la Une.

En attendant, si la presse se meurt, c’est la faute à ces imbéciles de lecteurs qui vont se fournir sur le Net. Pas aux choix rédactionnels.

Un guide d’autodéfense numérique indispensable

mercredi 4 mars 2015 à 11:31

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Ne comptez pas trop sur la Loi de programmation militaire pour vous défendre dans le monde numérique. Préférez plutôt le « guide d’autodéfense numérique » publié aux éditions Tahin Party (477 pages – 15 euros). Ce bouquin incontournable prend le temps de vous expliquer (même si vous n’êtes pas expert) comment fonctionne un ordinateur, connecté ou pas à Internet, et les risques induits pour votre vie privée.

Son intérêt principal est sans doute d’avoir dépassé le clivage « logiciels libres versus logiciels propriétaires (privatifs) ». En clair, ce n’est pas parce que vous utilisez du libre que votre vie privée est protégée. Même en suivant tous les conseils énumérés au fil des chapitres, les auteurs notent qu’il est bien improbable que cela soit le cas. Tout au plus, ces bonnes pratiques assureront un niveau acceptable de sécurité. Pour chaque bonne pratique, les auteurs notent les faiblesses et les risques, ce qui permet de ne pas déclencher une forme de croyance mystique de type « puisque des pros me disent que je suis protégé, je le suis… ».

Ce guide est donc incontournable, pour vous, ami lecteur, mais aussi pour tous ceux qui s’improvisent experts et donnent des conseils à des journalistes ou des opposants politiques dans des pays à risque. Vous verrez, les choses ne sont ni toutes blanches, ni toutes noires. Elles sont surtout bien plus compliquées que ce que l’on peut penser.

François, si tu veux parler écologie, commence par t’intéresser à l’agriculture paysanne

jeudi 26 février 2015 à 18:48

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François pense que l’écologie c’est réduire les émissions de CO2. Le problème majeur de la planète se trouverait donc résumé à cet effet de serre causé par ce satané gaz. Et tous les fonds (colossaux), toute l’énergie politique (très grande) vont donc se trouver concentrés dans cette unique préoccupation : réduire les émissions de gaz à effet de serre, de CO2, donc. Bien. Ecoutons ce qu’a dit le président français à Manille :

« Il y a ce que l’on appelle l’agenda des solutions : c’est tout ce que les entreprises, les ONG, les grandes collectivités locales les régions peuvent faire ensemble pour changer un certain nombre de pratiques, modifier les comportements et inventer de nouveaux modes de vie pour nos pays respectifs. Il nous faudra beaucoup de technologies, de recherches scientifiques et d’investissements et pas simplement des taxes qui dissuaderont ou des règles qui empêcheront. Nous avons besoin de créer un flux d’investissement considérable dans les prochaines années« 

Très impressionnant. Il faut investir pour faire moins, mieux, mais toujours plus. Nouvelle déclaration du « président qui fait pleuvoir » :

« Nous venons ici pour parler d’économie, c’est-à-dire aussi de changement climatique car les deux objectifs ne peuvent pas être séparés. Tout ce que nous ferons pour lutter contre le réchauffement climatique nous pourront aussi l’utiliser pour faire plus de croissance plus de développement, plus de richesse« 

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Mais oui, mais oui François. De sacrées opportunités sont en train de survenir, hein ? Il faut dire que ton pays est en pointe côté énergie super propre à base d’atomes radioactifs. Alors réfléchissons un peu. Aujourd’hui, les transports aériens à base de fuel, ont explosé, et ne cessent de se démocratiser. Des hordes de touristes et de business(wo)men sillonnent le ciel de la planète dans des avions qui balancent plein de ces affreux gaz à effet de serre, tout comme les gros camions, qui sillonnent des continents entiers pour achalander les hypermarchés et les millions de véhicules personnels. François est pourtant le promoteur d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, et sait que le moteur même du système économique est dépendant du pétrole, émetteur de CO2. François pense qu’il est possible de réduire tout ça ? Oui. Mais non. Parce ce qu’il ne dit pas, c’est que ça ne va pas se passer sur ces pans là. Point du tout.

Un monde plus propre sans CO2 ?

Le but de l’opération énergético-économique écologique hollandesque, est avant tout d’offrir des solutions pour aller vers l’extinction des centrales à charbon. Chez les concurrents direct du monde industrialisé, les pays émergents, qui en sont fortement équipés pour électrifier leurs contrées exotiques. Pour lui, Hollande 1er, vendre des technos de véhicules électriques, par exemple, c’est écolo, et c’est ce que s’emploie à laisser entendre sa ministre de l’industrie super propre l’écologie.

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Il faudra donc conserver nos réacteurs nucléaires, que l’on a beaucoup de mal à arrêter, ou qu’on remplace quand il sont trop vieux, parce que quoi qu’on en dise, en France, le nucléaire, on aime. Recharger des millions de poubelles électriques à 4 roues, ça va pomper sec, quand même. Toute l’écologie du spécialiste en environnement Hollande, va donc se focaliser sur cette affaire de 2°C qu’il ne faut pas dépasser avant… la fin du siècle, ou qu’il ne faut pas dépasser tout court, ce n’est jamais très clair. D’où vient ce chiffre ? De nulle part. Il n’est pas scientifique ce chiffre, comme celui des 3% de déficit du traité de Maastricht. C’est politique.

Etienne Klein a reçu il y a quelques jours dans son émission « La conversation scientifique » sur France Culture, une climatologue carbo-centrée qui explique ce choix politique des 2° C dans les années 90, et c’est elle qui donne l’exemple de Maastricht.

Extrait :

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Comment savoir s’il est possible d’éviter le dépassement de ce chiffre en abaissant les émissions de CO2 ? Heu… rien ne permet de le savoir. Mais s’y employer est carrément… vital. Et puis on s’en fout. 2° C, ça se retient bien. N’importe quel journaliste peut le répéter comme un perroquet. Ca rentre bien dans les crânes.

Que l’on pense ou non que l’augmentation de la température du globe par la chimie de l’atmosphère perturbée par les 400 ppm de CO2 actuelles existe ou non, — la réalité des orientations politiques et économiques prises à cause de cette croyance — n’est pas discutable. Nous allons vers un monde énergétiquement totalitaire. Avec des choix unilatéraux, des contraintes sans pareilles — uniquement pour abaisser le montant de CO2 que nous rejetons. Pas pour créer un monde moins pollué, plus respectueux de l’environnement naturel, plus respectueux des animaux, des végétaux. Non : il faut juste abaisser le CO2. Il faut un monde décarbonné. Point.

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Les émissions de CO2 de la France représentent 1% du CO2 mondial émis par l’humanité

 

La France, devra peut-être passer d’à peine 1% de rejet de CO2 sur l’ensemble des rejets humains de la planète du dit gaz (c’est le cas aujourd’hui, à 343 millions de tonnes en France pour 36 milliards de tonnes au total) à 0,7% ? Une réduction de 30%, tout de même ! Et entre 1% et 0,7%, il y a un gouffre, que le climat saura apprécier, c’est évident.

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Bon, nous serons toujours à plus de 70% de parts du nucléaire dans la production d’électricité dans l’Hexagone (voire plus), mais si c’est pour sauver la planète…hein… Gageons que ceux qui devront bouffer des capsules d’iode en cas d’incident nucléaire apprécieront cette petite pilule politique.

Pour Hollande, l’écologie, c’est surtout pas la paysannerie

Quand le Hollande écolo vient faire sa grande leçon (avec ses girls) sur les enjeux planétaires, il oublie un pan du sujet fortement central dans le monde actuel : l’agriculture. L’agro-écologie est bien en panne et la place de l’agro-industriel est telle, que les années à venir ne peuvent qu’inquiéter. Les sols sont épuisés, pollués par les engrais ou pesticides. En France, la plupart des nappes phréatiques contiennent de l’eau impropre à la consommation, et la monoculture dévore des pans entiers de territoire.

monoculture

Sur le reste de la planète, les problèmes autour de l’eau, des sols, de la pollution agricole, industrielle sont énormes. Mais s’ils ne concernent pas l’émission de CO2 dans l’atmosphère, on s’en fout. L’élevage industriel est en plein essor, la ferme des 1000 vaches (soutenue par Hollande) n’est qu’un exemple d’un système bien en place aux Etats-Unis, où l’animal est une machine à produire, bourré de médicaments. La paysannerie a quasiment disparu, et Hollande continue de parader, comme si de rien n’était. Il va participer à sauver la planète en « investissant » pour ne pas dépasser les fameux 2°C. Pendant ce temps, un monde terrifiant et mécanisé, polluant les sols et les êtres vivants se met en place, certainement basé sur des véhicules dépendant de l’énergie nucléaire. Sans aucun problème.

Se croire sauveur de planète, quand on la détruit

Soyons bien clairs : les énergies renouvelables sont l’avenir, pour de nombreuses raisons. Production énergétique non polluante, gratuité de l’énergie solaire ou éolienne, possibilité de décentralisation de la production, possibilité d’accès à l’autonomie énergétique, etc… Sachant que le problème majeur pour l’humanité, vérifié, en accélération constante, non traité — n’est pas celui d’un hypothétique réchauffement massif du globe…

INDUSTRIE ALIMENTAIRE

Le problème est celui de la pollution de l’eau, des sols, de l’air que l’on respire, de l’industrialisation globale de l’agriculture, des plantes génétiquement modifiés brevetées par des multinationales, des déchets polluants toujours plus importants que l’humanité rejette dans les rivières, les océans, les sols. Quels montants sont consacrés pour stopper ces pollutions, soutenir la paysannerie et l’agro-écologie ?

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Très peu. Combien est dépensé pour « lutter contre le réchauffement-changement-dérèglement climatique » ? Des milliards. Pour des études du GIEC, organisme créé par l’ONU, toujours plus absconses, de nouvelles anticipations grâce à des modèles climatiques toujours plus performants — selon leurs promoteurs. Alors que leurs prévisions sont « sûres à 95% » ? A quoi bon continuer d’arroser de dollars tout ce beau monde de la « communauté scientifique », si depuis des années l’affaire est entendue, le réchauffement est là, et qu’il va augmenter de façon certaine ? Il reste des fonds verts pour le climat, d’aide aux pays émergents, d’adaptation, avec un coût global d’adaptation estimé à 100 milliards de dollars par an… Pas mal. Avec ça on pourrait sacrément dépolluer, transformer nos modèles agricoles et sortir une bonne part de l’humanité du sous-développement.

Mais non, pendant que la planète est taillée en pièces, polluée comme jamais, l’urgence reste de payer des billets d’avions à des actrices qui lisent des textes aux Philippins pour aider François Hollande à expliquer que « lutter contre le réchauffement climatique permettra de faire plus de croissance plus de développement, plus de richesse » ? On croit rêver. Enfin, cauchemarder, plutôt.