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Malaise moderne et réductionnisme intellectuel : les clés sont sous le paillasson

dimanche 22 février 2015 à 21:56

Pour l’observateur qui tente de prendre un peu de recul, cette époque est caractérisée par quelques notions fortes, dont l’une est le réductionnisme intellectuel. Petite tentative d’explication du syndrome post-moderne pouvant expliquer en partie le malaise généralisée de nos sociétés déclinantes, abrutissantes et toujours plus technologiques.

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Du « Tous Charlie » aux grandes déclarations vociférantes sur l’islamo-fascisme, en passant par les analyses à l’emporte-pièce sur l’état de la République ou de l’islam, qu’il soit de France ou d’ailleurs, un syndrome revient sans cesse. Le syndrome du réductionnisme. Si la théorie de la cause unique, déjà traitée sur Reflets peut s’approcher du concept de réductionnisme intellectuel, ce dernier, bien plus vicieux, est beaucoup plus répandu que le premier.

Pas mal de suffisance…

Nous vivons dans des sociétés riches (même si elles tendent à créer de plus en plus d’exclusion ainsi qu’une forme de sous-prolétariat). Mais les habitants d’une partie importante de ces pays riches et occidentaux sont « éduqués », (disons qu’il vont à l’école jusqu’à au moins 16 ans et y récupèrent des recettes qu’ils ctrl-c et ctrl-v), mangent à leur faim (mais mal), sont soignés à peu près correctement, et possèdent souvent un véhicule personnel, ainsi qu’un objet incontournable : le téléviseur. Une grande majorité y ajoute un ou plusieurs ordinateurs, une connexion Internet, des tablettes et autres accessoires technologiques numériques.

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En 2015, dans ce contexte, les experts d’à peu près tout, sont partout : n’importe quel imbécile n’étant presque pas sorti de chez lui — et qui auparavant développait ses théories à deux francs au comptoir du bar (ou pas) et s’engueulait avec ses potes  — est désormais en ligne. Sa parole se répand sur les forums, sous forme de commentaires sur les sites d’informations, des blogs, sur Facebook, Twitter, et autres outils de propagande réseautage social. La différence, c’est qu’avant, on savait que « Patrick était un gros con qui ne connaissait que dalle à rien — mais avait pourtant un avis sur tout » — alors qu’aujourd’hui, Patrick peut se prendre pour un spécialiste de géopolitique, d’économie, de sociologie, en laissant entendre qu’il en sait un rayon. Notons que Patrick est un exemple, et les « Patrick » ne devraient pas se sentir visés, normalement. Que se passe-t-il quand une majorité de la population peut accéder en deux clics, 30 minutes d’émission, ou 5 minutes de reportage à plein d’informations, sur plein de sujets différents ? La population a l’impression de « savoir ». D’en savoir un paquet. D’être sacrément bien membrée coté « connaissance des choses et du monde ». Et là, ça devient légèrement coton.

Réduction avant de lier la sauce

La grande tendance, qu’elle soit du côté des politiques, des éditorialistes, ou du grand public (qui a tendance à mimétiser ce qu’il voit sur ses écrans) est de réduire. Réduire ? Mais réduire quoi ? Tout. Absolument tout. Le but est de parvenir au plus petit dénominateur commun. Faire d’un sujet complexe, obscur, emplis d’interrogations, de points non résolus, quelque chose de simple, transparent, et évident est devenu le standard moderne. Ce principe s’applique à tout. Et surtout, une fois le sujet réduit à la compréhension d’un enfant de cours élémentaire, il faut pouvoir le généraliser, en faire une sorte de hochet qui peut s’appliquer ailleurs, en d’autres temps, ou pour d’autres sujets qui paraissent similaires.

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Le cas de l’islamisme est un cas d’école. D’une mouvance politique et religieuse multiple, complexe (il existe plusieurs islamismes, etc), on en arrive au djihadisme, puis à l’islamo-fascisme, pour ne retenir qu’une seule chose : des images chocs de tueurs assoiffés de sang qui égorgent leurs otages devant des caméras. Ces « islamo-fascistes » — comme les médias et une partie des politiques ont décidé de les nommer — sont Arabes. Ils sont aussi, paraît-il, « islamistes ». Donc aussi musulmans. Donc, des arabo-musulmans. L’arabo-musulman, et l’islam pourraient-ils devenir, par cet effet de réduction, des sortes de nazis religieux, ayant débuté une guerre de civilisations à l’encontre de l’Occident ? Difficile à avaler comme théorie… C’est pourtant, en pointillé, ce qui est en train de se jouer, d’infuser dans les esprits d’une part importante de nos compatriotes. Sans aucune espèce de honte, ni aucune conscience de l’absurdité de la démarche intellectuelle.

A quoi cela sert-il ?

Regarder la « big picture » et tenter de creuser dedans n’est pas confortable, parce qu’un ensemble complexe, aux racines historiques pleine de méandres, de succession d’événements politiques douteux ne peut vous donner la clef définitive sur un sujet. Vous n’avez pas la « Vérité », parce que vous comprenez… que vous ne comprenez pas tout, et qu’il n’y a pas d’un côté les gentils et de l’autre, les super méchants.

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Mais si par contre, vous avez un besoin important de vous rassurer, de croire, de vous convaincre d’avoir compris les choses, et de détenir au final une ou plusieurs vérités, la technique de la réduction est parfaite. Et c’est celle qui est massivement choisie aujourd’hui par des populations — très peu instruites en fin de compte — mais qui se gorgent d’informations. Et s’instruire n’est pas la même chose que s’informer. Lire une fiche Wikipedia ne remplace pas la consultation d’ouvrage de fonds. Mais en réduisant les concepts grâce à une information synthétique et rapide d’accès, permet un rassurement. Et c’est à cela, avant tout, que sert la réduction. Se rassurer sur sa compréhension du monde. Sur sa capacité à juger de ce qu’il advient, de ce qui se trame, pour ne pas se sentir trop largué.

Tous des Zemmour, des Valls, des Filkenkraut, ou des Onfray

De droite ou de gauche, le réductionniste est toujours dans la même veine : il écrase tous les sujets de sa fatuité idéologique et synthétise tout pour ne retenir que ce qui l’arrange afin de lui donner la sensation d’en avoir fait le tour. Un Eric Zemmour, ou un Valls, chacun dans des styles différents réduisent les sujets politiques, économiques, sociaux à leur plus simple expression, pour n’en tirer qu’un jus d’idée adapté à une vision idéologique que même les déficients mentaux arrivent à assimiler, pour leur permettre, et c’est un exploit, de les recracher à des interlocuteurs. Sarkozy en était un ardent promoteur, et certainement le premier à en faire une méthode d’exercice du pouvoir.

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Le « système réductionniste » est aussi (et surtout ?) une maladie moderne fabriquée par les « créatifs » des agences de pub et de com’ : quoi de plus important, pour une campagne marketing, qu’une idée simple à retenir, un slogan ? Mais lorsque l’on traite d’un problème comme le racisme, et qu’on en vient — alors qu’on est premier ministre — à déclarer « Nous sommes tous des Juifs de France« , il y a comme un problème. Non pas que les Juifs ne doivent pas être protégés d’actes racistes, ou que le problème n’existe pas, mais ce problème ne peut en aucun cas se réduire à ce type de slogan ridicule. Tout autant que l’exercice citoyen des Charlie d’un jour (ou d’une semaine), qui bien vite, ont retiré — qui leurs pancartes, qui leurs avatars, ne menait nulle part.

Le djihadisme n’est pas soluble dans la surveillance de masse, pas plus qu’il ne l’est dans la défense de la liberté d’expression. Pourquoi ? Parce que le principal ennemi de la liberté d’expression, si l’on observe et creuse un peu les choses, se situe ailleurs. Bien plus haut. Sans violence physique. Et ce sujet ne se résume pas en deux phrases.

Perte de sens : la radicalité remplace la réflexion

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Résister à la facilité de fonctionnement de l’époque, celle qui industrialise les modes de vie, est devenu une nécessité  — pour ceux qui ne veulent pas plonger dans les plus obscurs travers. Peut-être somme-nous au seuil de quelque chose de nouveau qui doit émerger ? Puisqu’il n’y a pas plus de sens dans le consumérisme, que dans l’œil valide du père de Marine, que l’essence de nos sociétés modernes et riches est définitivement basée sur la course aux profits — la radicalité s’exprime comme une sorte de produit de remplacement de ce même sens disparu. Perte de repères, ennui, vide sémantique, vide existentiel, vacuité politique, sociale, économique : que reste-t-il à espérer ? Bien peu de choses, il semble. D’où une véritable nécessité de sortir du réductionnisme, d’ouvrir la réflexion la plus large possible, de créer du sens. Individuellement dans un premier temps, puis, collectivement.

Si aucune proposition politique ou sociale allant dans ce sens n’émerge, les réductionnistes finiront par l’emporter. Dans les esprits, ce qui est déjà bien avancé, puis massivement, jusqu’à interdire toute forme de pensée complexe et ouverte. Ce temps là n’est pas bien loin. Il est déjà en marche. A ceux qui n’en veulent pas, il reste à relever la tête, et agir. Ou finir par disparaître, réduits à leur plus petite expression.

Fiche technique : comment reconnaître un islamo-fasciste ?

jeudi 19 février 2015 à 20:00

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Nous devons faire face à une nouvelle menace, et chacun de se demander comment parvenir à la contenir. Celle-ci a été dévoilée par notre Premier Ministre à tous, Manuel l’autoradicalisé. Le nom de cette nouvelle menace : l’islamo-fascisme. Mais Manuel n’a as donné de précisions particulières sur ce qu’était l’islamo-fascisme. C’est très dommage, car comment repérer un islamo-fasciste si vous en croisez un ? Quand composer le N° d’urgence « alerte islamo-fascisme » si vous soupçonnez votre voisin d’en être un ? Reflets vous offre donc une fiche technique, très pratique qui vous permettra de repérer la menace islamo-fasciste en un clin d’œil, sans avoir à vous poser des questions métaphysiques qui — on le sait que trop — sont la plaie de l’homme occidental moderne et civilisé face aux « barbares » d’outre mare nostrum. En avant !

Islam et fascisme : des idéologies très compatibles

C’est bien connu, Mussolini, Hitler, aimaient les religions révélées, et plus particulièrement l’islam. Et inversement. L’islamo fascisme est donc un mix savant entre fascisme et islam ou islam et fascisme, le sens précis n’a pas d’importance. Bon, on s’en doutait. Mais encore ? Première piste : l’islamo fascisme aime le Coran et Mein Kampf. La figure du Duce et celle de Mahommet. Il rêve d’une société nationale socialiste, (ou bien libérale économique mais super étatique socialement) avec la charia comme code napoléon. Une sorte de nation de l’imam Furher ou du Duce de l’oumma. Bref, tout le monde a compris le concept de base.

Mais qui sont-ils ?

Il y a de nombreux pédonazis en Libye, et Reflets vous a longuement parlé de ce phénomène qui a poussé Khadafi à acheter du matériel de surveillance numérique à la France, les fameux Eagle d’Amesys. Mais ce que ne savait pas le gouvernement français à l’époque, c’est que ces pédonazis étaient en réalité des pédos-islamo-nazis. Et ça, c’est grave. Ils aimaient les petits enfants, l’islam rigoriste et radical et ils couvraient les murs de leurs chambres de croix gammées et de photos de Goebells. Brrrr. Ca fait froid dans le dos. Heureusement, notre bon président Sarkozy a tué plein de ces méchants pédo-islamo-nazis.

La barbe et le salut SS : soyons précis

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Apparence :

Imaginez un officier de la SS, barbu, tendant le bras droit devant lui tout en clamant « Allahouakbar ». Et bien, vous avez un islamo-fasciste. Ce type est à la fois un fan du docteur Mengele, de la théorie de la suprématie aryenne, des discours du Duce, des Hadiths et du Coran.

Vie courante :

L’islamo-fasciste aime commencer sa journée en dévorant un ou deux enfants. De préférence chrétiens. Puis il va éventrer une femme enceinte tout en récitant quelques versets de Mein Kampf mâtinés de Hadiths. Une prière à Allah, quelques pompes, un ou deux saluts nazis et voilà notre islamo fasciste parti faire la guerre aux mécréants. Ce n’est qu’en fin de journée qu’il s’octroie un peu de bon temps en violant une chiite ou une mauvaise musulmane, la bave aux lèvres, finissant l’acte par un « Mahommet est mon Furher », de bon aloi.

Comment les repérer ?

C’est très simple. Si votre voisin porte la barbe, affiche ostensiblement des croix gammées au dessus de sa fenêtre, essaye de violer votre chien tout en criant des phrases en arabe, c’en est un. Autre exemple : votre voisin est arabe, il vous invite à un Barbecue, mais il n’y a que vous comme invité, et le « Barbeuc » peut contenir une personne entière tellement il est grand… Méfiez-vous, n’y allez pas, c’est certainement un islamo-fasciste.

Tous les gens qui portent un collier de barbe, ou cachent leur visage avec des voiles sont potentiellement islamo-fascistes, mais pour être sûr de ne pas dénoncer injustement un musulman qui n’en serait pas, il y a quelques règles à respecter. La première est de tenter de nouer la conversation en  arabe, puis en allemand et enfin en italien. S’ils réagissent bien, c’est un premier signe annonciateur. Ensuite, l’air de rien, lancez des idées générales comme « En ce moment quand même, plus rien n’est respecté, moi, je pense qu’il faudrait remettre de l’ordre dans tout ça. Vous ne trouvez pas qu’on manque d’autorité ? Et puis les gens ne croient plus en rien. Et vous, vous êtes croyant ? » Si on vous répond « oui », demandez si c’est la religion du prophète. Si c’est toujours positif, proposez immédiatement un sticker à l’effigie d’Hitler avec un croissant de lune enserré dans une croix gammée. (3€ dans la boutique Reflets). Mais l’air de rien. Si on vous prend le sticker en vous disant « merci ». C’est bon, vous pouvez appeler le n° d’urgence.

Conclusion

Reflets espère que ces conseils de base et de bons sens — pour repérer les islamo fascites et mieux comprendre ce qu’est cette menace qui nous cerne tous — vous auront aidé. Il est plus que nécessaire d’être vigilants, tous ensemble, car ne l’oublions pas : nous sommes en guerre. Merci de votre attention.

Une bonne claque aux p’tites mauvaises odeurs ?

jeudi 19 février 2015 à 13:58
Militant du parti Jobbik en Hongrie - Photo: Reuters

Militant du parti Jobbik en Hongrie – Photo: Reuters

Il y a comme une odeur pestilentielle qui s’étend sur cette planète. A Toulouse, à Paris, à Copenhague, à Bruxelles, au Proche et au Moyen-Orient, l’antisémitisme, l’intolérance, la haine, le racisme s’étendent. Un voile noir s’étend. Bien entendu, il est possible de chercher des explications. Et même d’en trouver. Mais certainement pas d’excuser ces dérives.

La crise économique qui touche la planète, génère, comme les précédentes, une recherche de boucs émissaires. Mais comme l’expression l’indique, le bouc émissaire n’est pas responsable de ce dont on l’accuse. Le manque d’accès à la culture, le désintérêt pour l’Histoire (que le gouvernement de Nicolas Sakozy voulait supprimer en première S), le repli sur soi, la déshumanisation liée à la vie dans les grandes agglomérations, les relations interpersonnelles qui se tendent sur les lieux de travail, on en passe. Oui, il y a des causes à la multiplication des actes antisémites, islamophobes, racistes. Mais pas d’excuses.

La France peut se cacher derrière un panneau « Je suis Charlie », il n’empêche… Elle a généré Mohammed Merah. Elle a généré Chérif et Saïd Kouachi, Amedy Coulibaly. Elle a généré un bande de décérébrés qui ont profané 250 tombes et un monument aux victimes de la Shoah du cimetière juif de Sarre-Union. Au nom de quoi ? De la politique du gouvernement d’Israël ? Quelle part de responsabilité ont les Juifs éparpillés dans le monde dans les décisions abjectes de bombardement de la bande de Gaza l’été dernier ? Aucune. Doit-on tuer des innocents au nom de décisions d’un gouvernement ? A quoi ressemble-t-on lorsque l’on tue des enfants pour « venger » ceux qui sont tués par d’autres ? Aux autres, justement…

Avec un président « décomplexé » qui a tant fait pour libérer la parole raciste à grands coups de « débat sur l’identité nationale », de tests ADN pour les immigrés candidats au regroupement familial, avec ses ministres pour qui « Quand il y a en a un, ça va… C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes!« , la France a fait un bond en avant vers l’ignominie.


Décomplexé – Patrick Timsit par patricktimsit

La décomplexitude, la libération de la parole, c’est aussi un journaliste, Jean-Jacques Bourdin qui se sent autorisé à poser la question suivante à un homme politique : « Il [Manuel Valls] est sous influence juive ? » On pourrait s’interroger sur l’influence rance qui mène un journaliste à poser cette question. La réponse puante de Roland Dumas n’est pas plus excusable que la question de Jean-Jacques Bourdin. Les deux personnages sont tout aussi décomplexés… Ils mettent tous deux de l’huile sur le feu et participent à cet antisémitisme ordinaire que la France traîne depuis la nuit des temps et qui a tant prospéré quand l’Allemagne lui a offert des conditions idéales.

Le virage guerrier de la présidence Hollande nous mène sur la même route que celle tracée par Nicolas Sarkozy. « la France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l’extrémisme islamique » martèle Manuel Valls. « Nous devons agir là-bas pour nous protéger ici. », poursuit-il en traduisant quasiment mot à mot George Bush : « We will fight them overseas so we do not have to fight them here at home. ». Mieux, en reprenant à son compte l’expression « islamo-fascisme » prisée, justement, par les gens d’extrême-droite («Pour combattre l’islamo-fascisme, puisque c’est ainsi qu’il faut le nommer, l’unité doit être notre force»), le premier ministre s’engage sur une voie qui a déjà démontré ses effets. L’esprit guerrier de George Bush, celui de Nicolas Sarkozy en Libye, ont généré le chaos sur lequel prospèrent les fous sectaires de Daesh ou d’AQPA. En outre, reductio ad Hitlerum ne semble pas être une tactique rhétorique très efficace.

Hors des lieux où elles sévissent principalement, les principales victimes des disciples de ces sectes folles sont des Juifs. Etonnamment, avant que les actes terroristes ne touchent Charlie, personne n’avait pensé à décréter un deuil national ou une mise en  berne des drapeaux. Un peu comme si les attentats précédents étaient considérés par la communauté nationale comme une sorte de « guerre tribale » entre « Arabes et Juifs ».  Mohamed Merah avait pourtant tué de sang froid des enfants. Probablement le plus abject des meurtres. A cette époque, ni deuil national, ni 4 millions de personnes dans la rue. Il nous faut sans doute aussi réfléchir à cela et nous confronter à notre échelle d’indignation. Même si les actes n’ont pas encore les mêmes conséquences (une longue litanie de morts), la spirale infernale est en route. Les tueries des frères Kouachi et de Coulibaly ont déclenché des actes islamophobes. Le cercle vicieux est bien enclenché. Ces actes ne peuvent être pardonnés non plus. Ils sont sans doute les prémices d’autre chose, plus grave.

Et ce n’est pas en parlant de guerre ou d’islamo-facsisme que les choses vont s’arranger. Car chaque camp de décérébrés sautera sur l’occasion pour justifier et encourager ses propres actes de « guerre », entendez, de terrorisme.

Auto-radicalisation : on recherche activement un homme de type ibérique

mercredi 18 février 2015 à 17:31

manuelvalls

La France est sur les dents : un personnage important s’est auto-radicalisé, et il est excessivement dangereux. De taille moyenne et de type « ibérique », ce social-fasciste libéral tendance sécuritaire a été vu pour l’une de ses dernières apparitions en public à l’Assemblée nationale. Il pointait un doigt vengeur en direction d’un parterre de clowns députés qui simulaient une colère toute artificielle, alors que la plupart d’entre eux roupillait depuis déjà des années semaines.

L’homme, visiblement déchaîné, a fait ensuite un passage éclair sur une chaîne de télévision, tenant des propos décousus dont la teneur tournait autour de « l’autorité de l’Etat » et « l’obligation de réformer », ainsi que des codes obscurs comme « 49-3″. Les citoyens sont appelés à la plus grande vigilance et peuvent composer le numéro suivant au cas où ils croiseraient « l’auto-radicalisé de l’hôtel Matignon« , comme les médias le surnomment déjà : 00 00 00 00 00

Il semble que l’individu n’en est pas à ses premières tentatives, et de nombreuses sources renvoient ses tendances à la radicalisation, ou à l’hystérie (il parle d’islamo-fascisme en permanence), aidé la plupart du temps par des membres d’un groupe dont le nom de code est UMP ou de spécialistes en propagande sécuritaire, comme son vieil ami de 30 ans, le réputé Alain Bauer.

 

Découvrez la différence entre une diplomatie de gauche et une diplomatie de droite

dimanche 15 février 2015 à 21:19

shitstorm99hollande

Comme ils sont mignons. Tous ces hommes, toutes ces femmes politiques à se plaindre de la montée du Front National, à chercher comment le combattre. A se précipiter devant les micros et caméras pour faire la leçon au bon peuple qui se laisse séduire par les sirènes de l’extrême-droite rance. Et pourtant… Ils ne ménagent pas leurs efforts pour pousser tout un pan de la population dans les bras de la bête immonde.

Le changement c’est maintenant, disait François Hollande. On a vu. La finance sans visage, son ennemie, qui est devenue son amie au moment où il a été élu. On a vu… Les milliards de cadeaux offerts au Medef, sur un plateau. Avec un résultat sans égal. Les patrons n’ont pas respecté leur part de l’accord. On a vu… La Loi Macron qui va finir de dépecer les restes du code du Travail et qui voulait même, grâce aux bonnes idées de Jean-Jacques Urvoas, offrir aux entreprises un moyen de mettre fin au journalisme d’investigation. On a vu… Les petits arrangements du pouvoir qui ont perduré, les planques aménagées avec salaire confortable pour les amis, afin de patienter jusqu’à la prochaine élection. On a vu… L’impunité qui se poursuit. Jack Lang et sa femme qui déjeunent quasiment aux frais de la princesse avec leurs 1000 amis dans le restaurant sur le toit de l’Institut du Monde Arabe que l’ancien ministre de la culture dirige. On a vu… Claudie Haigneré, ancienne astronaute, recasée par la droite et maintenue par la gauche à la tête d’un établissement public regroupant la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette et le Palais de la découverte. Avec un salaire et un budget de fonctionnement que lui envieraient tous les patrons d’établissements publics. (Voir pour ces deux dernières affaires le Canard Enchaîne du mercredi 11 février 2015). On a vu. Le changement, ce n’est ni hier, ni maintenant, ni demain.

Dans le domaine de la diplomatie, c’était déjà marquant durant les 100 premiers jours de la présidence Hollande. Le nouveau président avait en effet reçu le roi du Maroc (le mouvement du 20 février appréciera), le roi de Bahreïn (Najib Rajab appréciera), le premier ministre du Qatar, le fils du roi d’Arabie saoudite, le roi de Jordanie et le prince héritier d’Abu Dhabi. Tous pays connus pour leur souci du respect des Droits de l’Homme. Et pour leur goût prononcé pour les technologies de surveillance globale.

Rafale de légion d’honneur pour les tortionnaires : un message clair

Alors qu’il y a quelques jours la FIDH s’inquiétait de la lenteur de la procédure contre Amesys et sa vente d’un système de surveillance globale à la Libye, un message très clair vient d’être envoyé par la présidence française au pôle spécialisé dans les crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre au sein du TGI de Paris. Première salve : la vente accélérée et rocambolesque d’avions Rafale à l’Egypte du maréchal Abdel Fattah al-Sissi. Un vrai démocrate ce al-Sissi. Arrivé à la faveur d’un putsch qui arrangeait les occidentaux (il chassait les méchants islamistes), il s’est illustré en emprisonnant des journalistes, en laissant des massacres être perpétrés par les forces de sécurité. Deuxième salve : Bernard Cazeneuve, en visite au Maroc, vient d’annoncer qu’Abdellatif Hammouchi, patron du contre-espionnage marocain, déjà Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur depuis 2011, allait recevoir les insignes d’Officier.

Que peut-on faire de mieux, pour soutenir les peuples en lutte contre des Etats policiers qui se distinguent par leur usage de la torture contre les opposants politiques, que de leur vendre des armes et de leur distribuer des breloques ? Que peut-on faire de mieux pour soutenir la justice française qui tente d’auditionner Abdellatif Hammouchi dans le cadre de deux plaintes différentes pour actes de torture et de complicité de tels actes, que de lui décerner les insignes d’officier de la légion d’honneur ?

Abdellatif Hammouchi

Abdellatif Hammouchi

Les lecteurs de Reflets savent par ailleurs depuis longtemps que la France a vendu au Maroc le même Eagle que celui qui avait été livré à la Libye.

Toutes ces actions d’un gouvernement de gauche qui est Charlie, bien entendu, ne font que pousser les mous du cortex se laissant séduire par le Front National, à voter extrême droite. Parce qu’il est complexe d’imaginer autre chose qu’un vote FN ou extrême gauche lorsque les gouvernements de gauche remplacent comme une photocopie un gouvernement de droite, sans que rien ne change. Et pourtant… Il y a d’autres voies.

A ce point, on en viendrait même à se demander si ce n’est pas une stratégie délibérée du PS pour amener le FN au pouvoir.