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Les libertés en 2018 en France

mardi 10 avril 2018 à 12:00

Qui aurait imaginé tout ça il y a quelques années ?

Les lois liberticides s’empilent dans une indifférence quasi générale, de façon graduelle et étalée dans le  temps. Toute la difficulté pour le citoyen français face à ces reculs démocratiques silencieux, réside dans une capacité à agir, se comporter et faire du sens dans une société radicalement différente de celle d’il y a quelques années. Synthèse des restrictions des libertés en France en 2018.

Gérard Collomb, un sacré numéro ! Le ministre de l'intérieur, le 12 septembre 2017, à l'Assemblée nationale, évoquait "la sortie de l'état de droit" au lieu de "la sortie de l'état d'urgence". Un très beau lapsus qui mérite d'être salué pour son honnêteté.

Qui aurait imaginé en 1993, après le dévoilement du scandale des écoutes de l’Elysée — où l’on découvrait que François Mitterrand avait fait écouter les communications téléphoniques de plusieurs célébrités pendant des années —que ce serait la population entière qui verrait ses communications potentiellement espionnées par les services de renseignement ou de police ?

Le respect du droit à la vie privée par l’Etat est pourtant inscrit dans la déclaration des droits de l’homme de 1948 et a été introduit dans la loi française en 1970.

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant, pour un État, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

Cette liste de limitations pour empêcher l’Etat français de peser sur la vie privée et les libertés individuelles semble aujourd’hui bien lointaine. Petite synthèse de l’annulation ou de la restriction des libertés en 2018, qui — bien que tout à fait soumise à controverse ou contestation idéologique par ceux qui défendent certaines de ces mesures — n’en représente pas moins une réalité de société, avec ses règles et contraintes tout à fait nouvelles, comparées à quelques décennies — ou moins — en arrière :

Liberté de circuler : Si rien ne vous empêche de circuler, le contrôle par l’Etat de vos déplacements est lui, de plus en plus important. Les douanes volantes ou les...

Bombardement chimique en Syrie

lundi 9 avril 2018 à 16:37

Des témoignages

Après le bombardement de Douma, une ville de la Ghouta orientale, en périphérie de Damas, les témoignages sur l'utilisation d'armes chimiques se font plus précis. Reste la problématique de l'attribution, mais le résultat abject est là.

Enfant traité après le bombardement - D.R.

AVERTISSEMENT : les images et les témoignages en provenance de Douma et publiés dans cet article peuvent choquer.

Après le bombardement samedi 7 avril de Douma, les témoignages affluent sur l'utilisation d'armes chimiques. La France et les Etats-Unis ont publié des communiqués pour condamner l'utilisation de telles armes. Douma est la dernière ville de la Ghouta orientale qui n'ait pas été reprise par les forces gouvernementales.

Carte de la périphérie de Damas - Google Maps - CC
Carte de la périphérie de Damas - Google Maps - CC

Les témoignages récoltés par les ONG et les journalistes laissent penser que ce bombardement d'armes chimiques est le fait des forces gouvernementales qui bénéficient du soutien de l'Iran et de la Russie. Toutefois, la situation locale de guerre civile engage à la prudence en termes d'attribution. Lors d'une précédente attaque sur la ville de Khan Cheikhoun, un premier rapport de l'ONU avait attribué le bombardement aux autorités de Damas tandis qu'un rapport final évitait de prendre parti en termes d'attribution. Un troisième, du MIT, laissait entendre quant à lui que l'attaque avait été lancée depuis une zone rebelle.

Au delà de l'attribution, l'attaque en elle-même est abjecte et les photos et vidéos que nous publions ci-dessous témoignent de l'horreur à laquelle les populations civiles sont confrontées. Les documents que nous publions ont été collectés par la journaliste Liseron Boudoul auprès de ses contacts sur place. Vous allez...

Depuis quand l'éducation nationale est-elle devenue une machine à effrayer les enfants ?

vendredi 6 avril 2018 à 15:56

Peut-on raisonnablement parler de terrorisme en cours préparatoire ?

Comment en est-on arrivé là ? Des enseignants qui parlent d'actes de terrorisme à des enfants de six ans ? Des exercices où les enfants doivent se cacher sous les tables ? L'apathie des parents est à la mesure se leur incapacité à regarder les actes terroristes en face...

Attentat du Bardo - D.R.

Le récent attentat de Trèbes a donné lieu à des explications par les enseignants en cours préparatoire. En voilà une idée géniale. Expliquer à des enfants de cinq ou six ans dont le monde est particulièrement fantasmatique qu'un méchant terroriste a tué des gens dans un supermarché, qu'un gentil gendarme a pris la place d'une otage mais que quand même, il est mort... On imagine la tête des enfants la prochaine fois que les parents leur feront franchir les portes d'un Super U pour les courses de la semaine...

Et pour couronner le tout, rien de mieux qu'un exercice de confinement. Allez les enfants, c'est un exercice, vous vous cachez sous les tables et surtout vous ne devez pas parler, on va fermer la porte de la classe à clef parce qu'un méchant intrus est dans l'école. Pour bien mettre tout le monde dans l'ambiance, le directeur de l'école joue le méchant terroriste et frappe comme un sourd à la porte de la classe. On avait très peur, on avait envie de crier mais la maîtresse avait dit qu'il ne fallait pas parler. Alors on a eu peur en silence. Il est plein de poésie et d'espoir ce monde que dépeint l'éducation nationale aux gamins.

A un âge où les enfants ne sont pas tout à fait sûrs de l'existence des dragons et des fées, leur expliquer qu'un homme tue les gens dans les supermarchés et que peut-être il pourrait venir tuer des enfants dans l'école, ça doit être très rassurant et très structurant.

Ecole,...

Quand Defcon est devenue ADMCon

mercredi 4 avril 2018 à 13:23

The untold story…

ADM, le groupe sans doute le moins médiatisé de l'époque, mais aussi le plus avancé et le plus puissant avait déjà le goût du Lulz...

Defcon - Defcon - D.R.

Été 1999, je me rends à Las Vegas pour assister à Defcon, la « convention de hackers ». Cette réunion annuelle a été initiée par Jeff Moss, qui administrait un Bulletin Board System et avait lancé une invitation aux membres afin de se retrouver « IRL », à Las Vegas. Ils partirent une trentaine, et finirent à plus de 20.000. En 1999, il y avait encore relativement peu de monde et Jeff Moss avait déjà transformé cette réunion en petite entreprise avec les conférences BlackHat (onéreuses) qui se tenaient en parallèle.

Lorsque j’arrive à Defcon, quelques amis hackers français ont préparé le terrain et je ne suis pas largué : des gens m’attendent. Il y a Rain Forest Puppy, les amis de Rhino9, de w00w00, je dois aussi rencontrer des gens du cDc, de l0pht.

A l’époque, Defcon a lieu à Alexis Park, un hôtel en périphérie du Strip. Chaque groupe de hackers a réservé sa « suite ». Il y a ainsi la suite w00w00, la suite cDc (Cult of the Dead Cow), la suite que j’appellerai « Melting pot ». C’est dans cette suite qui mélange plusieurs groupes que va se dérouler le micro-événement Lulz de la convention.

Alexis PArk Hotel - © Reflets - CC
Alexis PArk Hotel - Reflets - CC

Vous allez le voir, le Lulz n’a pas commencé avec les Anonymous, ni avec LulzSec…

Un soir, nous buvons un coup et discutons de tout et de rien dans la suite lorsque la conversation s’oriente sur le site de Defcon. La synergie habituelle du « melting pot » se met en place. En Europe, on prépare la nouvelle page d’accueil de Defcon. Dans la suite à Las...

Aliénation massive par la technique : un vieux problème qui s’amplifie

mardi 3 avril 2018 à 09:40

La consommation d'industries culturelles comme seul horizon

A l’heure de la chasse aux Fake News, de l’arrivée imminente de l’IA dans l’éducation, la santé, etc, des commémorations nationales par les réseaux sociaux, l’abêtissement des masses n’a jamais été aussi profond. L’aliénation par la technique est au cœur de ce processus, tout comme la consommation compulsive d’une industrie culturelle crétinisante.

La technologie remplace le monde réel : asservissement total - facebook

L’addiction en cours — du plus grand nombre — aux technologies numériques est avérée et Reflets s’en fait souvent l’écho. Pour autant, une fois ces nouveau modes de vie, de relations et de communication décrits, leurs causes et leurs effets ne sont pas pour autant traités : la population française passe un temps infini à regarder et utiliser des écrans, plébiscite toujours plus les technologies numériques mais rien n’indique les raisons profondes de ce « fonctionnement » ni ce qu’il engendre concrètement. Tentative partielle de « décryptage » des causes et conséquences de l’aliénation par la technique et l’asservissement à la consommation d’une population profondément dépressive, frustrée et paralysée par l’impuissance.

La nourriture industrielle tu dévoreras… comme tout le reste

L’industrie culturelle n’est pas une invention récente. Elle est une création américaine du début du XXème siècle (avec la création des premiers grands studios de cinéma), parfaitement pensée et organisée à l’époque et véritablement déployée au sortir de la seconde guerre mondiale. Bernard Stiegler, le philosophe techno-critique en parle abondamment et rappelle d’ailleurs souvent le concept de « nouvelle forme de barbarie » employé dès 1944 par des intellectuels pour décrire la politique américaine de « l’industrie culturelle ». Et industrialiser toute chose n’est pas sans conséquences sachant que dans le cas de la culture (définie de façon sommaire par la l'ensemble des pratiques,...