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Faut-il mépriser les sondages, Lagarde, ou les sondés ?

dimanche 6 septembre 2015 à 15:17
lagarde-nezrouge

Christine Laboulette Lagarde

Voici une proposition de question pour le bac philo à venir. Figurez-vous que sur 1000 sondés en profondeur pour La Parisenne, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde ferait pour 50% des Français, une bonne (34%) ou même très bonne (16%) présidente de la République. Doit-on mépriser un sondage idiot (qui a eu l’idée de mettre le nom de Christine Laboulette Lagarde dans la liste des propositions?) réalisé auprès de 1000 personnes selon la technique habituelle du doigt mouillé ? Ou les sondés, qui sont assez stupides pour penser que Christine Lagarde pourrait être une bonne, ou une très bonne n’importe quoi ? Lamentable économiste, analyste de première bourre qui a annoncé la sortie de crise de la Grèce un nombre incalculable de fois, experte en bourdes de toutes sortes… Franchement… Si la réponse devait être « les sondés », ce serait embêtant. Cela voudrait dire que ces imbéciles méritent amplement le bordel ambiant dans lequel ils se trouvent. Qu’ils ne seront jamais éveillés. N’ont-ils d’ailleurs pas déjà élu Nicolas Sarkozy en voyant en lui un grand homme d’Etat ? Après Nicolas Sarkozy et François Hollande, Christine Lagarde serait une apothéose. Encore un effort les sondés et on touchera le fond. Mais y a-t-il seulement un fond au puits de bêtise ?

El cambio no vendrá con políticos

jeudi 3 septembre 2015 à 11:47

podemos-syrizaPara seguir con el monologo anterior, la pregunta que sigue es “¿que podemos hacer?” Si no bastan revelaciones como las de Edward Snowden, si no bastan los artículos en la prensa internacional, si no basta la película Citizen 4, si no hay la reacción que podíamos esperar por parte de la población… ¿Qué podemos hacer?

Podemos… Esta es una palabra interesante. La hemos oído mucho estos últimos tiempos. Podemos…, juntos, podemos…, podemos cambiar un montón de cosas. ¿Pero que queremos cambiar exactamente?

Cambiar a los políticos parece. Que muchas personas están hartas de lo que hacen y de lo que no hacen.

Cambiar esta sociedad porque se nota que no es bastante igualitaria.

¿Y como hacemos esto?

¿Votando?

¿Pero a quien?

¿A Podemos porque pueden?

¿A Syriza porque hará algo radicalmente diferente?

Esto no funciona. Y no funciona porque no quieren. No funciona porque el resto del mundo no quiere que funcione.

Venceremos, dice la imagen. ¿A quien venceremos? ¿A otros políticos? No tiene ningún sentido…

A lo mejor, el día en que ya no vote nadie pasara algo. A lo mejor tenemos que cambiarnos nosotros mismos, cada uno de nosotros, para iniciar un cambio global. A lo mejor todo empieza en nuestros cerebros, individualmente.

Uno puede cambiar individualmente sin desinteresarse de los otros. Al revés. Cambiarse sólito para convivir mejor con los demás.

Apagar la televisión, dejar de darle importancia a lo que no tiene ninguna, concentrarse en lo que podemos hacer para ayudar a la gente que nos rodea, dejar el ordenador. Que el no puede cambiar nada, ni con peticiones ni con Twitter, ni con Facebook. El no salvara a nadie. ¿Te importa Aylan y todos los que dejan su vida en el Mediterráneo? Puedes salir para España, Grecia, o donde quieras, para ayudar en las playas. Twitter y Facebook no ayudan a Aylan.

Postulat n°2 : la maîtrise des identités conditionne notre rapport moral aux libertés

mercredi 2 septembre 2015 à 19:27

slimpressNous venons de voir que les problématiques liées à l’identité sur Internet sont faites de paradoxes. L’exercice des libertés sur Internet ne déroge pas à une certaine forme de complexité principalement liée à la gestion de ses identités. La liberté d’expression est probablement celle qui vient à l’esprit de tout internaute si on lui demande ce qu’Internet lui inspire. Ce fut le cas en France jusqu’à une certaine époque que nous vous laisserons ici le loisir d’apprécier. Mais la donne a changé. Le parcours chaotique du rapport de l’homme public à Internet, ponctué d’une succession de lois anti-terroristes et pour le bien de l’exception culturelle française, couplé à un accroissement plus que significatif des aborigènes du Net ont conduit à une surveillance accrue des réseaux de communication.

Personne n’aime se sentir surveillé, il est donc logique et naturel de vouloir échapper à la surveillance. Pour un journaliste, c’est même un devoir dont il ne semble pas toujours bien conscient même s’il faut reconnaître à la profession une certaine prise de conscience depuis les révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance américains. Mais cette prise de conscience n’est qu’un premier pas.

Non, nous n’aborderons pas ici le piratage du site Ashley Madison pour tenter d’expliquer que la maîtrise de son identité conditionne notre rapport moral aux libertés mais vous avez tout loisir d’y songer en ayant une pensée pour les victimes d’une mauvaise évaluation des risques liés à la gestion de leur identité, d’un site sans scrupule et d’imbéciles qui ont publié leurs données personnelles.

La première entrave à la liberté d’expression et de la presse c’est l’identité

S’exprimer sur un réseau de communication en ligne, c’est échanger. Sur le « Web 2.0 », l’information se construit sur des échanges, des interactions. L’information est copieusement enrichie de commentaires, de contre-information, d’échanges de points de vue. Chaque lecteur apportera un crédit à la manière dont X ou Y relate une information.

Est-ce parce que c’est X ou Y ou est-ce parce que l’information est pertinente ?

Un organe de presse a normalement une identité, une raison sociale. Sur Internet, d’un point de vue technique et pratique, un blog est autant un organe de presse que le site web d’un quotidien national, il s’y exprime de la même manière que le quotidien national, souvent avec les mêmes outils. Mais un journaliste jouit de droits auxquels blogueurs et lanceurs d’alertes ne peuvent prétendre.

Il y a bien un joli principe dans la déclaration française des droits de l’homme qui énonce que « tout Citoyen » (même bloggueur ou lanceur d’alerte) a le droit de communiquer ses pensées et ses opinions, mais il y a surtout tout un tas de textes de loi qui vous expliquent que le citoyen dont on parle c’est le journaliste, pas le bloggueur, ni le lanceur d’alerte.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 

Le blogueur ou le lanceur d’alerte a beau être tout aussi « Citoyen » et parfois plus indépendant et désintéressé qu’un journaliste, il ne dispose pas d’un droit à la protection de ses sources. Et comme ils n’a pas légalement le loisir de protéger ses sources, il ne peut que protéger trois choses :

Un blogueur ou un lanceur d’alerte sera naturellement plus enclin à dissimuler des identités, donc plus enclin à être l’objet du scepticisme de ses lecteurs.

Mais…

Si c’est un lâche anonyme qui ne cite même pas de source, comment peut-il être pris au sérieux ?

La rupture

Et puis arrivèrent Wikileaks et Chelsea Manning, un immense raté qui partait pourtant bien. Cet épisode marque un intéressant revirement de situation. Le volume et la nature des documents publiés par Wikileaks rendaient de fait le site parfaitement crédible. En dehors de l’administration américaine, tout le monde se fichait bien de savoir qui était à l’origine de la fuite.

Mais on ne peut protéger une source d’elle même.

Même Wikileaks qui déploie des trésors d’outils et de pédagogie pour conserver ses sources anonymes n’a pas pu empêcher Chelsea Manning de révéler à un « journaliste » son rôle dans la fuite des documents militaires classifiés américains. Ce « journaliste » s’est évidemment empressé d’aller dénoncer Chelsea Manning à l’administration américaine.

Prenons le problème sous un autre angle.

Un journaliste est-il le mieux placé pour protéger l’identité d’une source ?

Pourquoi ?

Le courage c’est l’anonymat, pas la carte de presse

Plus une information est pertinente et sensible, moins l’identité de celui qui la révèle est importante. L’information pertinente, celle qui révèle quelque chose au public, qui apporte un éclairage au monde, c’est celle qui disparaîtra totalement des colonnes des quotidiens nationaux si les journalistes refusent de repenser leurs droits, leurs responsabilités et leur métier.

C’est bien mignon de se planquer derrière une carte de presse mais sur Internet, ce n’est pas la carte de presse qui protège l’identité d’une source. La carte de presse, ça fonctionne probablement devant un officier de police, devant un juge, mais c’est bien moins efficace sur Internet, face à des « boîtes noires ». Une carte de presse ne chiffre pas les communications et ne propose pas un moyen sécurisé et anonymisé d’échanger avec une source.

Pour avoir le courage de publier une information sensible, il faut se donner les moyens de la publier dans des conditions optimales, en évacuant au possible toute source de pression potentielle. Là encore, ça ne passe pas par une carte de presse mais par la protection de l’identité d’une source et/ou de sa propre identité.

Dernier point qui peut donner à réfléchir : la protection de l’identité du journaliste, son anonymat, entre en parfaite contradiction avec la logique carriériste de ce dernier puisque c’est sa profession et qu’il a un besoin naturel de reconnaissance pour être en mesure d’évoluer professionnellement.

Le meilleur moyen de protéger l’identité d’une source, c’est de ne pas pouvoir l’identifier

Mais le rôle d’un journaliste, c’est d’identifier sa source pour juger de sa pertinence ?

Non. Cette manière de faire était probablement très en vogue au 20e siècle, mais Internet a sensiblement changé la donne.

De nos jours, il est plus convenable de juger de la pertinence d’une information et non d’une source. La compromission de l’identité d’une source d’information est devenu la principale raison d’une information incomplète, tronquée, fausse, ou orientée.

Valider l’identité d’une source est plus facile que la validation de l’information. Un journaliste consciencieux ne peut et ne doit pas valider la pertinence d’une information sur la seule base de la validation de l’identité d’une source. Cette identité peut être éclairante sur un contexte motivant la divulgation de l’information mais c’est bien là son seul apport, un apport qui peut se montrer souvent inutile, parfois nuisible.

Ce que nous pouvons conclure à ce stade

 

Lire :

 

Xavier Bertrand : dourak de service ou simplement cynique ?

mercredi 2 septembre 2015 à 18:31

xavier-bertrandComment peut-on en arriver là ? Par pure bêtise ou par cynisme débridé ? La question mérite d’être posée à la lecture de ce document. Bien sûr, il y a cette idée de renvoyer les migrants qui commettent des délits à Calais… Où ça ? En Grande-Bretagne peut être ? Hum… Ah, non, ça ne marche pas, Londres n’en veut pas. En Syrie ? En Mauritanie ? La Libye peut-être ? Mais surtout, il y a ce besoin de faire chauffer le chaudron à haine avec une sorte d’amalgame migrant = délinquant qui vient en France pour y commettre des délits. Xavier, quelqu’un qui dépense à peu près tout ce qu’il a gagné en une vie pour quitter sa terre natale, ses amis, sa famille, quelqu’un qui fuit la guerre, les persécutions, vous croyez vraiment que c’est un délinquant  ?

Et si on interdisait plutôt de territoire ceux qui véhiculent la haine ?

Identité(s), postulat n°1 : Internet n’a pas changé notre rapport à l’identité

mercredi 2 septembre 2015 à 14:36

Internet n’a pas changé notre rapport à l’identité, il l’a enrichi de nouvelles contraintes et de nouvelles pratiques.

La première définition de l’identité que nous retiendrons est l’une des cinq définitions données par le Larousse

Caractère de deux êtres ou choses qui ne sont que deux aspects divers d’une réalité unique, qui ne constituent qu’un seul et même être.

idSur Internet, l’identité n’est pas ce qui nous caractérise mais ce qui permet d’être reconnu, que ce soit par d’autres personnes ou par des machines (par une administration, par une boutique en ligne, par votre banque en ligne…) . Nous adopterons ici le raccourcis de « systèmes » pour définir ces différentes entités. Le concept d’identité ne peut se suffire à lui même, il a besoin d’opérandes plus ou moins folkloriques pour qu’un humain ou une machine soit reconnu par d’autres systèmes : un visage, une date de naissance, un lieu de résidence, un numéro d’identification, un pseudonyme, un numéro de carte bleue, un mot de passe, un adresse IP, une clé de chiffrement…

L’identification c’est la défiance, l’identité, c’est la confiance

Dans un système idéal, c’est l’homme qui choisit et forge son identité en fournissant les éléments qu’il désire, et non le système qui lui impose une identité en lui demandant une foule d’éléments d’identification lui permettant de reconnaître principalement ce qu’il n’est pas, c’est à dire une entrée dans une base de données.

Plus un système est proche de l’humain, moins le besoin d’éléments d’identification est nécessaire pour que le système nous reconnaisse. Même sans prénom, vos parents vous identifieront toujours comme leur enfant.

Plus un système est distant de l’homme, plus son besoin de données d’identification est important. Paradoxalement, plus on fournit d’éléments d’identification à un système, moins ce dernier est respectueux de votre identité, celle qui vous définit en tant qu’humain. Il devient tenté de calculer une identité en fonction de vos habitudes, souvent à des fins mercantiles pour le moment. Demain, ce sera peut-être pour évaluer les chances que vous avez de vous laisser tenter par un stage de fitness en Syrie.

Ce que nous pouvons déjà conclure à ce point :

La notion de gestion des identités

Internet a introduit un nouveau paradigme, celui de la gestion des identités. Selon le système auquel on s’adresse, la notion de confiance est induite

Tout le monde n’a pas besoin de savoir quand je suis connecté à Facebook que je suis un nazipédoterroriste de l’Internet profond, celui du sous sol au fond à gauche,, même si Facebook sait le déduire de lui même. Plus j’alimente, consciemment ou non, Facebook de critères lui permettant de me définir en tant que nazipédoterrorisme, moins je lui accorde de confiance car tout intéressé qu’il est par mon identité agissante (avec qui je parle, à quelle fréquence et de quoi, mais aussi avec quel navigateur de me connectes quelle adresse IP), je lui donne les moyens de définir une identité calculée sur ma personne (à quel point je suis populaire et combien mon profil peut lui rapporter en vendant mon profil à ses annonceurs).

Quand je m’authentifie au système d’information de Facebook, je lui fournis les mêmes critères d’identification que je fournis au système d’information de mon entreprise (nom, prénom, mot de passe et email). Les critères sont identiques même si leur valeur peut différer (à minima pour le mot de passe et l’email) . Noms, prénoms et mots de passe n’ont pas de caractère unique, alors qu’un email lui, bénéficie d’un caractère unique (sinon ça fonctionne beaucoup moins bien). Ainsi, l’email de par son caractère unique est devenu, à tort, comme un élément fort, constitutif de l’identité sur Internet. J’insiste sur le « à tort » car l’email devenu l’élément principal d’identification sur Internet, il est aussi de fait devenu l’un des premiers vecteurs de compromission de l’identité, et donc des systèmes d’informations.

Pertinence de critères

Pour définir précisément une identité, un critère seul est forcément non pertinent, même si certains le sont plus que d’autres. Sur Internet, un nom n’est pas pertinent, un prénom l’est encore moins, mais étrangement, un email ou un pseudonyme peuvent l’être beaucoup plus qu’un nom et qu’un prénom réunis. J’en reviens une fois de plus à cet article de Maître Eolas qui explique très bien que sur Internet, son pseudonyme définit mieux son identité que son nom puisqu’on sait que c’est à ce pseudonyme que les propos de son fil Twitter et de son blog sont attachés.

Tout le monde connait son pseudonyme, tout le monde connait son blog, tout le monde connait son amour inconditionnel pour le rugby ou le curling en période de jeux olympiques d’hiver, et tout ceci nous suffit amplement pour lire son blog et échanger avec lui. Son nom et son prénom sont donc des critères non pertinents, ils ne sont pas une barrière à l’échange, à sa crédibilité, et au plaisir que nous prenons à le lire.

Internet introduit de nouveaux critères et une notion de contextualisation plus fine

Si l’email et le mot de passe sont les critères les plus admis dans notre pratique quotidienne d’Internet et du numérique en général, il existe une foule d’autres critères qui savent se faire oublier et qui ne sont pas moins pertinents, c’est la notion de métadonnées.

On identifiera plus finement monsieur untel disposant de tel téléphone chez l’opérateur bidule télécom dont le numéro de téléphone est 06 42 42 42 42, le numéro d’IMEI 42424242424242 qui appelle tel autre numéro de monsieur untel tous les vendredi à 18h30… que par son nom et son prénom. Un ancien président de la République l’a découvert à ses dépens.

La somme de l’insignifiant, ces métadonnées, se montre souvent plus précise sur l’identité d’une personne que sa carte nationale d’identité.

Si la gestion d’une identité numérique peut se borner à un mot de passe, à un email et à un pseudonyme, ce n’est pas du tout le cas de la confidentialité. La confidentialité n’est pas l’anonymat, mais la confiance que l’on a en un système donné pour y réaliser une tâche particulière en fonction d’un contexte donné. Quand on a besoin de confidentialité, tout réside dans l’art de la maîtrise des différents contextes.

Ce que l’on peut déduire de ce premier postulat

On se rend compte qu’un pseudonyme, c’est un élément d’identification supplémentaire, là où l’anonymat vise lui à réduire au minimum tout élément d’identification. L’anonymat induit de la confiance, toute identification est un vecteur de défiance qui réussit un coup de maître sur Internet : donner un (faux) sentiment de confiance.

Un individu aura une confiance naturelle en son identité déclarative (ce qu’il dit être), il contrôlera au moins son identité agissante, c’est à dire ses actions en fonction de cette identité déclarative (ce qu’il fait), mais commettra souvent l’erreur d’omettre la somme de ses métadonnées, son identité calculée ou corrélée.

L’usage d’Internet et des technologies numériques en général ont ajouté une couche de complexité à des concepts que nous maîtrisions pourtant naturellement. Cette complexité peut donner plus de libertés, comme elle peut restreindre nos libertés si on se refuse à faire l’effort de l’affronter.