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Journal britannique cherche « anecdotes croustillantes » sur Daesh

jeudi 16 juillet 2015 à 17:48
UK« Pouvez vous m’écrire un article sur la montée de l’Etat Islamique avec des anecdotes de personnes vivant sous leur coupe, les techniques de tortures qu’ils utilisent, des anecdotes de personnes qui ont eu leur main coupée, qui ont été violées, qui ont eu leur maison brûlée ou un proche décapité.« 

C’est le mail incroyable reçu par un confrère de la part d’un journal anglais alors qu’il était en reportage en Libye. Oui, Daesh est présent dans le pays, notamment dans la région de Syrte ; oui il y a eu des exécutions filmées. Nul doute que des personnes souffrent de cette organisation terroriste. Mais là c’est le niveau zéro du journalisme à sensation. Quand il lui a répondu que formulé comme ça, le sujet n’allait pas être possible, il a répondu : « Mais il y a bien Daesh en Libye… » Fin de l’échange. Il aurait rêvé de pouvoir lui écrire le seul mot qui conviennent : « FUCK ! »

When Hacking Team thought The Intercept published « conjectures »

jeudi 16 juillet 2015 à 17:30

TI_Launch_02-article-headerTime is on our side… It is always interesting to look at what the marketing bullshit generator has generated in the past when a leak appears. On Oct. 30 of 2014, The Intercept published a story about Hacking Team. Hacking Team was not very happy and as always, would generate the same kind of marketing bullshit : « we don’t disclose who we sell to, but we have a strong customer policy and we can shut down any customer who would misuse our tools ».

The Intercept stated that Hacking Team had probably sold the Remote control System to Ethiopia, Kazakhstan, Saudi Arabia, Mexico or Oman, countries which may have a very personal view of what Human Rights respect should be.

Hacking Team sent a letter to The Intercept which was published by the newspaper at that time. Even if the infamous Eric Rabe thought The Intercept would not dare publishing the corporate « truth » .

Capture d’écran 2015-07-16 à 16.40.42

This letter is now part of the 400 Go leak in a mail sent by David Vincenzetti (HT’s CEO) to other members of the team.

Some parts of this letter look « funny » today :

Despite the headline, the “secret manuals” do not show that anything at all was “sold to despots” worldwide or elsewhere.  That remains the conjecture of the authors.

Let’s have a look at the Intercepts’ conjectures.

Ethiopia, Kazakhstan, Saudi Arabia, Mexico or Oman are all listed as clients :

clients-hacking-team

Ethiopia is listed here as a client :

ethiopiaYou can read here (in french) our two papers about Ethiopia and the Citizen Lab report. These two papers will also enlighten the readers about how Hacking Team used to « shut down » clients who would use the tools against political opponents or journalists.

There is a huge difference between the corporate marketing speech and the reality. This we already knew… We just needed time to prove it.

Terres de Gandhaäl (8) – Livre 1 : « Fondations »

jeudi 16 juillet 2015 à 13:07

La salle en forme de croix, aux imposantes dalles de pierres constellées de reflets gris-bleutés était une merveille d’architecture et de décoration. Des guirlandes de lierre chargées de fleurs aux pétales coniques d’un blanc virginal s’entrecroisaient au plafond, toile végétale arachnéenne surplombant la foule bavarde et joyeuse. Appuyés contre les murs, ou bien aux détours d’une colonne de marbre bleu, des statues de quartz grandeur nature aux corps d’animaux forestiers et aux visages humains semblaient contempler les convives, un sourire malicieux aux coins des lèvres. Chaque branche de la croix que formait la pièce était occupée par des amuseurs aux costumes bariolés; jongleurs, mimes, équilibristes, acrobates et même un cracheur de feu, effectuant mille prouesses au rythme de la musique entraînante que jouaient une troupe de sept musiciens placée au centre de la salle.

Une centaine de personnes, hommes, femmes, enfants, dansaient, mangeaient, buvaient, riaient dans une joyeuse anarchie. De grandes tables de bois avaient été disposées un peu partout contre les murs, chargées de fruits, de carafes de vins aux couleurs chatoyantes, de mets aux senteurs épicées. Méliades et Sylphide s’empressaient de servir chaque convive qui en faisait la demande, glissant d’une table à une autre dans une danse légère et gracieuse. Les deux guerriers, à peine arrivés et pénétrés par l’ambiance festive du lieu furent immédiatement interpellés par les membres composant l’assemblée, chacun voulant savoir d’où ils venaient, ce qu’ils venaient faire à trois sources, ce qu’il se passait ailleurs…
Doldiën paraissait amusé de la situation embarrassante dans laquelle se trouvait les deux hommes; il s’était écarté et parlait avec quelqu’un dont seule l’ombre était visible, dissimulé par un pilier ornemental. Mortesse couvrait par instants la musique de son rire imposant lorsqu’une question innocente ou naïve lui était adressée. Mais le navigateur tout en répondant et blaguant ne pouvait s’empêcher de suivre du regard la silhouette élancée de Méliades. Ses yeux étaient brillants, une flamme de désir incontrôlable embrasait son corps et son âme. La jeune femme lui avait souri alors qu’elle servait du vin au petit cercle de personnes les entourant, et le grand gaillard avait été troublé au point qu’il n’avait pu continuer de parler, bafouillant une réponse incompréhensible à l’auditoire pendu à ses lèvres.

Seghuenor, lui, paraissait songeur. Quelque chose d’imperceptible le déroutait, il y avait en lui des sensation diffuses qu’il ne pouvait chasser. Une impression d’irréel s’était inscrite dans son esprit et son regard n’était pas celui qu’il pouvait avoir en temps normal. La fête était pour lui comme un songe, une illusion dans laquelle il aurait été plongé et qui pourrait disparaître à tout moment. Bien que s’évertuant à faire l’effort de s’intéresser à la fête, le guerrier ne parvenait pas à se détacher de ce sentiment étrange et perturbant. Les vêtements des convives l’avaient surpris de prime abord par leurs couleurs vives, presque criardes. Les tissus n’étaient pas de ceux qu’il connaissait, les chevelures des femmes étaient brillantes et scintillaient sous les rayons colorés des cascades de lumière filtrées par la toile de lierre, et le seigneur de Shaleenmar se sentait peu à peu envahi par un malaise fait d’incompréhension et d’inquiétude. Il se décida à quitter le petit groupe avec lequel il conversait et chercha Jalïn Doldiën du regard. Le maître de trois sources conversait toujours avec l’ombre dissimulée derrière le pilier.

Seghuenor s’avança d’un pas décidé, contourna son hôte et resta pétrifié à la vue de son interlocuteur. Un chat ! Ce fut la dernière image qu’il garda de la scène. un chat se tenant comme l’aurait fait un homme, vêtu de pantalons, une fine épée à la ceinture et parlant nonchalamment au maître de trois sources. La fête se dissipait peu à peu comme un tableau dont la peinture se serait liquéfiée sous l’effet d’une main maniant l’éponge. Les clameurs s’estompèrent. Une brume grise envahit l’espace, et Seghuenor sentit tout son corps changer de consistance, puis la fatigue survint comme après un effort intense. Le seigneur de Shaleenmär perdit connaissance en quelques secondes, luttant en vain contre une force inconnue.

* *
*

La voix était une litanie monocorde. Elle revenait avec une insistance péremptoire, secouait la conscience de Seghuenor et finit par l’amener à ouvrir les yeux, puis à reprendre totalement ses esprits.

— Tu te réveilles, tu es rentré chez toi, tu te réveilles, tu es rentré chez toi, doucement, tu te réveilles, tu es rentré chez toi…
Ses yeux s’entrouvirent, ses narines frémirent, il se redressa, et dévisagea l’homme dont la voix l’avait sorti de l’inconscience. La peau noire, les cheveux ras et crépus, cette machoire large et ce sourire si familier : Dinän! Son ami d’enfance, grand voyageur, conseiller secret. Le sage Dinän, l’érudit le plus célèbre de la cité des mille marchés ! Cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : il était de retour à Shaleenmär !

Hacking Team : tenter de voir plus loin

mercredi 15 juillet 2015 à 17:15

Hacking TeamDifficile de s’extraire des petites histoires contenues dans les plus de 400 Go de données extraites de Hacking Team. Les anecdotes sont tellement multiples et parlantes, les listes de clients tellement intéressantes, que tous les journalistes qui creusent ce sujet s’empressent de les raconter. C’est édifiant. Mais peut-être devons nous prendre un temps pour essayer de tirer des enseignements de l’ensemble, tenter, si cela est possible de faire un peu de prospective en ajoutant les précédents comme Amesys ou Qosmos, largement traités dans nos colonnes.

Les entreprises du secteur de la surveillance électronique sont toutes en relation. Elles prospectent en s’aidant mutuellement, pourvu qu’il y ait un contrat juteux à la clef. Peu importe le pays, sa conception des Droits de l’Homme, rares sont ceux qui ne sont pas prospectés à un moment ou un autre. On trouve aussi des alliances étranges sur un plan géopolitique, comme une entreprise israélienne qui part à la chasse au client avec Hacking Team au Kazakhstan. Les exemples en ce sens sont nombreux. Les entreprises sont internationales, ne connaissent visiblement ni frontières, ni ne tiennent compte de géopolitique.

Autre sujet intéressant, peu importent les législations, les sociétés du secteur s’adaptent. Elles consultent des juristes et font en sorte de ne pas se mettre dans une situation trop délicate. L’accord de Wassenaar prend en compte des produits vendus par Hacking Team ? Pas de souci, on demande à des juristes de plancher, on publie un communiqué de presse disant que l’on s’y conforme. S’il y a un petit problème sur un pays, on essaye de l’aplanir pour ne pas perdre le contrat.

Attention aux pédo-nazis

Qosmos, Amesys ou Hacking Team ont aussi leur générateur de discours marketing et de discours pour les relations avec la presse. En gros, le monde doit savoir que nous vivons dans un environnement très angoissant, truffé de terroristes, de malfrats en tous genre, de mafias dangereuses. Ces entreprises sont là pour nous protéger. Elles ne vendent qu’à des agences gouvernementales qui ont pour vocation de protéger le public. Si un journaliste ou un activiste tente de pointer du doigt les opposants d’un régime ciblés par les outils en question, on se tient au discours officiel en ajoutant que tout cela est secret, pour ne pas compromettre les enquêtes en cours. Amesys avait déjà tenté le coup avec l’affaire du stylo permettant de lutter contre les pédophiles et les terroristes. Rien de neuf sur ce plan chez Hacking Team. C’est une sorte de continuité. Hacking Team a peut-être appris de ses échanges variés avec Amesys, puis Nexa Tech, Bull, Advanced Middle East Systems ou Qosmos  qui ressortent dans les 400 Go ?

Tous pour un et … Tous contre tous

Bien entendu, on chasse en meute, comme on dit chez les commerciaux. Mais on essaye aussi de se tailler des croupières. Dans cet aspect des choses, on découvre que le nationalisme mis en avant par ces entreprises n’est pas toujours aussi bien respecté que ce que l’on pouvait attendre. Et cela a des répercussions pour chaque pays.

Prenons un exemple. Imaginons une société qui vend des zero-days et qui, bien entendu fournit à l’Etat duquel elle est originaire ce genre de prestations. Elle se met à en vendre à Hacking Team. Hacking Team vend à d’autres Etats, pas forcément amis avec le premier. Qu’advient-il ? Le premier finit probablement par se faire pirater avec des outils qui ont ainsi circulé. Ce sujet de la migration fantôme de ces outils a déjà été abordé sur Reflets. Il trouve dans ces 400 Go sa confirmation.

Les échanges de mails au sein de Hacking Team démontrent par ailleurs que l’entreprise n’hésite pas à chasser des anciens salariés de Vupen, vendeur de vecteurs d’attaque numériques. Pourtant, les deux entreprises ont eu des relations commerciales auparavant. Elle évoque même la possibilité de racheter Vupen lorsque celle-ci est à vendre. On parle de 10 à 15 millions d’euros. Business is business.

Externaliser ?

L’externalisation d’activités plus ou moins militaires, en tout cas ayant trait au renseignement, pose souci. C’était le sujet d’une conférence de Pas Sages en Seine, avant la divulgation des 400 Go de Hacking Team. Ces activités relèvent d’une sujet régalien. Les Etats ont toujours pratiqué l’espionnage et les activités plutôt en dehors du cadre légal. Cela doit il, sous couvert de rationalisation financière ou de savoir-faire prétendument unique, être délégué à des entreprises commerciales privées ? Ne serait-il pas plus prudent de conserver ces activités de création d’armes numériques au sein d’entités gouvernementales, qui elles, auraient éventuellement à rendre des comptes si elles étaient découvertes en train de violer la loi ? Jusqu’ici, Amesys et Qosmos s’en tirent bien sur ce plan. L’Etat français aussi, alors qu’il a soutenu leurs activités. Des accords commerciaux gagnant-gagnant en somme.

Le cantonnement de ces activités à des services de l’Etat réduirait également probablement l’exportation de ces armes vers des pays fâchés avec les Droits de l’Homme.

On peut rêver. Non ?

Eric Mohammed Said Rabe al-Sahhaf, chargé des relations presse de Hacking Team

mardi 14 juillet 2015 à 23:41
eric-rabe

Eric Rabe, chargé des relations avec la presse chez Hacking Team

L’affaire Hacking Team nous permet de replonger au coeur d’une problématique vieille comme la presse : les rapports entre les journalistes et les communicants. Le discours de l’entreprise n’est qu’une vérité. Celle de l’entreprise. Elle reflète le monde tel que le voit l’entreprise. Pas tel qu’il est. Le journaliste, de son côté, tente de montrer le monde tel qu’il est. Mais comment savoir à quoi ressemble le vrai monde intérieur d’une entreprise si celle-ci fait tout pour en interdire l’accès ? A part trouver une source au sein de Hacking Team, c’était un peu compliqué. La mise à disposition de tous les mails de l’entreprise permet de se faire une idée de ce que les salariés, patron et chargé des relations avec la presse en tête, faisaient lorsqu’ils étaient en relation avec un journaliste. Ils tentaient de l’enfumer.

Ce n’est pas une nouveauté. C’est un peu le rôle des chargés des relations avec la presse dans toutes les entreprises. Faire passer une vision biaisée de la réalité qui fait apparaitre l’entreprise sous son meilleur jour. Dans ce cas, on peut raisonnablement s’intéresser sur l’intérêt pour un journaliste de donner systématiquement, comme une sorte de bonne pratique, la parole à une entreprise lorsqu’il écrit à son propos. Quel intérêt pour le lecteur ? Limité. Mais au delà du rôle d’enfumage, tous les chargés des relations avec la presse n’ont pas le même mépris de leurs interlocuteurs que celui des salariés de Hacking Team.

C’est le point qui ressort le plus des échanges de mails entre Eric Rabe, responsable des relations avec la presse, et les dirigeants de Hacking Team.

muhammad-saeed-al-sahhaf

Parmi les icônes des relations presse, il y a eu le ministre de l’information de Saddam Hussein, Mohammed Said al-Sahhaf. Il y a désormais Eric Rabe.  Le premier déclarait encore sans rire que les soldats américains se suicidaient aux portes de Bagdad alors que ceux-ci patrouillaient déjà dans les rues de la ville. Le second affirmait sans rire que sa société faisait très attention à l’usage de ses produits et pouvait en bloquer l’usage si ses enquêteurs relevaient des atteintes aux Droits de l’Homme. Dans le même temps, la société s’interrogeait sur la nécessité de se séparer de son client éthiopien qui avait été repéré par Citizen Lab en train de pirater les moyens de communication d’un journaliste opposant résident aux Etats-Unis. Ce questionnement ne résultait pas de l’usage indu de leur produit mais sur le fait que cela nuisait à l’image de Hacking Team

Voici quelques échanges qui permettent de se rendre compte de l’état d’esprit des dirigeants de Hacking Team vis-à-vis des journalistes.

Lorsqu’un journaliste suisse contacte Hacking Team pour obtenir sa position, le patron David Vincenzetti, renvoie un mail lapidaire :

We will ignore this request.

David

David Vincenzetti
CEO

Hacking Team
Milan Singapore Washington DC
www.hackingteam.com

email: d.vincenzetti@hackingteam.com
mobile: +39 3494403823
phone: +39 0229060603

On Nov 19, 2013, at 11:14 AM, Bagnato, Riccardo (RSI) <Riccardo.Bagnato@rsi.ch> wrote:

Dear Mr Rabe,

My name is Riccardo Bagnato, Swiss Public TV.

We wish we could have an interview with someone at Hacking Team in Milan.
We could reach the society in an hour almost, but we need to know  whether it’s possible asap cos.
The report focus is today’s news: https://www.privacyinternational.org/sii
I talked already to someone at Hacking team who told me to talk to you first.

You can reach me at: 0041-091 803 6298

Thx
Riccardo Bagnato

Lorsqu’un journaliste israélien contacte Hacking Team, le patron a toujours sa réponse lapidaire :

I vote for dropping this one.

David

David Vincenzetti
CEO

Hacking Team
Milan Singapore Washington DC
www.hackingteam.com

email: d.vincenzetti@hackingteam.com
mobile: +39 3494403823
phone: +39 0229060603

Begin forwarded message:

From: אביב מזרחי <aviv-mi@ynet.co.il>
Subject: a questions about a hacking team services
Date: July 1, 2014 at 12:04:19 PM GMT+2
To: « ‘info@hackingteam.com' » <info@hackingteam.com>
Cc: אהוד קינן <ehud@ynet.co.il>, « ‘avivmiz@gmail.com' » <avivmiz@gmail.com>

Hello,
My name is Aviv Mizrahi, Im writing for ynet.co.il about tech.
I have several questions about your company.

1. In the article by Citizen Lab and Kaspersky they are saying that some of the people that were surveillanced using your product and services, were journalists and acticvists etc.   (« The list of victims indicated in the new research, conducted by Kaspersky Lab together with its partner Citizen Lab, includes activists and human rights advocates, as well as journalists and politicians »).
Would you like to comment about that?

2. They implied about a list of countries the surveillance took place. Can you approve or deny this list?

NEW ZEALAND
PERU
INDONESIA
BRAZIL
BOLIVIA
ARGENTINA
RUSSIAN FEDERATION
INDIA
HONG KONG
AUSTRALIA
SPAIN
SAUDI ARABIA
MALAYSIA
ITALY
GERMANY
FRANCE
EGYPT
UKRAINE
THAILAND
SWEDEN
SINGAPORE
ROMANIA
PARAGUAY
MOROCCO
LITHUANIA
KENYA
JAPAN
IRELAND
HUNGARY
DENMARK
CZECH REPUBLIC
CYPRUS
BELGIUM
AZER

3. Are these screenshots taken from your control programs of the implants?

https://citizenlab.org/wp-content/uploads/2014/06/7_RCS_Config.png
https://citizenlab.org/wp-content/uploads/2014/06/14_RCS_Map.png
https://citizenlab.org/2014/06/backdoor-hacking-teams-tradecraft-android-implant

thank you!

 

Eric Rabe se félicite lorsque les journalistes reprennent ses arguments:

Da: Eric Rabe <ericrabe@me.com>
Oggetto: Hacking Team story in AP
Data: 25 giugno 2014 00:22:03 CEST
A: David Vincenzetti <d.vincenzetti@hackingteam.it>, Giancarlo Russo <g.russo@hackingteam.it>, media <media@hackingteam.it>
Cc: fredd0104 <fredd0104@aol.com>

This story appeared before my last email exchange with Raphael Satter.  This story is updated with information I provided, but the author left in (unfortunately and I think by mistake) a line that says we didn’t return “messages seeking comment.”  Nonetheless, the report includes points I made and information from our customer policy page.

Best,

Eric

Eric Rabe

Ces arguments sont quasiment identiques à chaque fois qu’un journaliste pointe un client potentiel de Hacking Team fâché avec les Droits de l’Homme, comme l’Arabie saoudite : circulez, il n’y a rien à voir. Il est établi aujourd’hui que l’Arabie saoudite est un client de Hacking Team :

From: Eric Rabe <e.rabe@hackingteam.com>
Subject: Your inquiry: Saudi Arabia: Malicious Spyware App Identified – contatti hacking team
Date: June 30, 2014 at 7:46:45 PM GMT+2
To: <Luciana.Borsatti@ansa.it>

Hi, Luciana,

I am Eric Rabe, Chief Communications Executive at Hacking Team.

As a matter of company policy, we do not disclose either the identities or the location of clients because they rely on confidentiality in conducting their investigations.   However, here is a statement from Hacking Team regarding the recent Citizen’s Lab report.

Statement on Citizen’s Lab/Kaspersky report of June 24, 2014:

Hacking Team is aware of the ongoing efforts of Citizen’s Lab to attack our business by attempting to disclose confidential information, systems, and procedures that we use.  This report is only their latest effort.  It is evident that the primary complaint of the authors is about repressive government, however, Citizen’s Lab has chosen to target a private business operating in full compliance with all relevant law.

We believe the software we provide is essential for law enforcement and for the safety of us all in an age when terrorists, drug dealers, sex traffickers and other criminals routinely use the Internet and mobile communications to carry out their crimes.  We sell only to government agencies such as police forces.  We do not conduct digital investigations.  Those are carried out by law enforcement and are, of course, entirely confidential as is any law enforcement investigation.

The June 24 report does not include our customer policy, however, we invite you to read the policy which describes the steps we take to avoid abuse of our software.  We believe this policy is unique in our industry and a strong, good-faith effort to prevent misuse of our products.  We have both refused to do business with agencies we felt might misuse our software, and we have investigated cases either discovered internally or reported in the press that suggest abuse.  We can and have taken action in such cases, however, we consider the results of our investigations and the actions we take based on them to be confidential matters between us and our clients.

# # #

For the same reason that we do not disclose customer identities, we do not confirm or describe any investigation we might undertake on the basis of questions being raised about possible use of our software.   I understand this does not answer your questions, but I hope you will accept our position that HT operates with a high ethical standard and that we take our customer policy very seriously.

Best,
Eric

Eric Rabe
Hacking Team
______________________________________________

tel: 215-839-6639
mobile: 215-913-4761
Skype: ericrabe1
erabe@hackingteam.com

——– Original Message ——–
Subject:    I: Saudi Arabia: Malicious Spyware App Identified – contatti hacking team
Date:    Mon, 30 Jun 2014 17:11:42 +0200
From:    Borsatti Luciana <Luciana.Borsatti@ansa.it>
To:    <media@hackingteam.it>
CC:    <media@hackingteam.com>

Buon pomeriggio.

Sono una giornalista dell’Ansa e ho letto con interesso il testo di Human Rigths Watch che vi inoltro con questa mail.

Mi chiedevo se potete confermare di aver fornito al governo saudita la tecnologia di cui si parla nel testo. Inoltre, in caso di risposta positiva, se abbiate già verificato le circostanze segnalate da Citizen Lab e Human Rights Watch,  in accordo con i principi dichiarati dalla vostra Customer Policy, o se intendiate farlo in futuro.

In attesa di cortese e tempestiva risposta,
distinti saluti

Luciana Borsatti
Tel. +39 06 6774241/4244
Fax +39 06 6774294
Cell +39 334 6052405

Via della Dataria, 94
00187 – Roma

www.ansa.it
www.ansamed.info

Quand un journaliste du Guardian écrit à Hacking Team, le patron tente de botter en touche, mais malin, Eric Rabe lui signale que quand même, Le Guardian, il faudrait peut-être éviter de les envoyer sur les roses:

OK.

David

David Vincenzetti
CEO

Hacking Team
Milan Singapore Washington DC
www.hackingteam.com

email: d.vincenzetti@hackingteam.com
mobile: +39 3494403823
phone: +39 0229060603

On Jan 23, 2014, at 2:25 PM, Eric Rabe <ericrabe@me.com> wrote:

Since it is The Guardian, I would not ignore this one.   We can point him to our policy, at least.  Let me draft a brief note.

Eric

Eric Rabe
ericrabe@me.com
215-913-4761

On Jan 23, 2014, at 4:45 AM, David Vincenzetti <d.vincenzetti@hackingteam.com> wrote:

I would ignore this as well. Eric, what is your point?

David

David Vincenzetti
CEO

Hacking Team
Milan Singapore Washington DC
www.hackingteam.com

email: d.vincenzetti@hackingteam.com
mobile: +39 3494403823
phone: +39 0229060603

Begin forwarded message:

From: Thomas Brewster <tbthomasbrewster@gmail.com>
Subject: Press Enquiry – Hacking Team
Date: January 23, 2014 at 9:34:46 AM GMT+1
To: <info@hackingteam.com>, <eric.rabe@hackingteam.com>

Hello,

Doing a piece for the Guardian on government use of exploits. Got some things I have to ask, deadline of 11am tomorrow morning:

Le journaliste du Guardian qui pose les bonnes questions se retrouve avec le même genre de discours généré avec un Bulshit Generator :

A well advised reply.

Thanks,
David

David Vincenzetti
CEO

Hacking Team
Milan Singapore Washington DC
www.hackingteam.com

email: d.vincenzetti@hackingteam.com
mobile: +39 3494403823
phone: +39 0229060603

On Jan 24, 2014, at 8:10 PM, eric <eric@hackingteam.com> wrote:

Turns out he has a whole list of places where HT has been “spotted.”  Whatever that means.  FYI, again, I am not responding to his follow ups and if he presists, I’ll send him a note saying:

As you know, confidentiality is critical if our clients are to be able to successfully perform their investigations.  We do not divulge either client names or locations.  I’m sorry not to be able to respond to your further questions.

Have a great weekend,

Eric

Eric Rabe
_________________________________________________________
tel: 215-839-6639
mobile: 215-913-4761
Skype: ericrabe1
eric@hackingteam.com

Begin forwarded message:

From: Thomas Brewster <tbthomasbrewster@gmail.com>
Subject: Re: Your request of Hacking team
Date: January 24, 2014 at 5:43:45 AM EST
To: Eric Rabe <e.rabe@hackingteam.com>

Also, what customers have you stopped serving because of concerns around human rights violations?

Other countries where HT has been spotted: Mexico, Columbia, Azerbaijan, Kazahkstan, Uzbekistan, Oman, Sudan, Malaysia, Ethiopia, Saudi Arabia, UAE and Morocco.

Any comment on any of that and the previous email?

On Thu, Jan 23, 2014 at 5:24 PM, Thomas Brewster <tbthomasbrewster@gmail.com> wrote:
Hi Eric,

Those blacklists mentioned in the customer statement – what are they? Can I see them? I’ve never seen or heard of them…

Also, I have evidence HackingTeam kit has been used in Ethiopia and a number of other countries with poor human rights records. Any response on that? Will have more info for you on that soon.

Thanks

Tom

On Thu, Jan 23, 2014 at 3:03 PM, Eric Rabe <e.rabe@hackingteam.com> wrote:

To:  Thomas Brewster, The Guardian

As I’m sure you expect, we can only partially answer your questions.

You probably know that, because we recognize the potential for abuse, we sell our products only to governments or government agencies.  Our statement of our customer policies explains some of the steps we take to assure that our products are used in a responsible way by our clients and do not fall into the hands of others.

Specifically, to your questions:

1. Has your code been seen used in attacks on US, UK or other western entities?

Our code is used in legitimate security investigations in countries around the world.  Targets include criminals such as narcotics traffickers or terrorist organizations.  However, to assure the confidentiality of investigations, we cannot identify our clients or their locations.

2. Why have VUPEN exploits been seen working alongside Hacking Team malware to infect machines in non-NATO countries?

Hacking Team and VUPEN are separate companies providing different types of services and solutions.  Clients of our may also be clients of theirs, of course, since we operate in the same ecosystem.

3. Do you work with other surveillance providers? If so, who and how?

Hacking Team is an independent company.  Our products are not “resold” by others or available on a wholesale basis.  We take measures to assure that the software cannot be duplicated and distributed beyond our intended client.

4. What will you be doing at the ISS conference?

We attend dozens of trade shows including ISS each year to demonstrate the features of our products to potential clients in the security industry.  Again, we sell exclusively to government agencies.

5. How do you stop your tools ending up in countries with poor human rights records or who are on export control lists?

Check our customer statement that I referenced above for a discussion of this issue.

Hope that helps,

Eric

Eric Rabe
_________________________________________________________
tel: 215-839-6639
mobile: 215-913-4761
Skype: ericrabe1
eric@hackingteam.com

Thomas Brewster
Technology, literature and culture writer
BT Security Journalist of the Year 2012 and 2013
—————————————————–
Website: tombjournalist.com
Tel: +442032902449
Mob: +44 7837496820
Twitter: @iblametom
Skype: thomas_s_brewster


Thomas Brewster
Technology, literature and culture writer
BT Security Journalist of the Year 2012 and 2013
—————————————————–
Website: tombjournalist.com
Tel: +442032902449
Mob: +44 7837496820
Twitter: @iblametom
Skype: thomas_s_brewster

 

Quand le journaliste du Guardian lui parle de l’Ethiopie, les deux zozos de la communication (le patron et Eric Rabe) font mine de ne pas savoir de quoi on leur parle  :

Ethiopia? Me neither.

OK, let’s do not respond to further inquiries.

Thanks,
David

David Vincenzetti
CEO

Hacking Team
Milan Singapore Washington DC
www.hackingteam.com

email: d.vincenzetti@hackingteam.com
mobile: +39 3494403823
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On Jan 24, 2014, at 2:58 PM, eric <eric@hackingteam.com> wrote:

As expected, Brewster responds.  I’ll ignore this one.  But Ethiopia??  I don’t think I’ve heard of that accusation.

Best,

Eric

Eric Rabe

Pourtant, l’entreprise Hacking Team vend bien à l’Ethiopie…

ethiopia

Lorsque Bruce Schneier écrit que Hacking Team vendra à qui veut lui acheter, le patron de Hacking Team David Vincenzetti s’offusque des attaques de cet « activiste radical de gauche »:

ACTUALLY, the following is blatantly FALSE :

« The cyberweapons manufacturer Hacking Team sells packet injection technology to any government willing to pay for it. »

Obviously, we never behave this way. PLEASE check our customer policy at http://www.hackingteam.it/index.php/customer-policy .

[ IT’S JUST TOO BAD that Bruce Schneier — once a brilliant cryptographer, now a radical leftwing activist — is exploiting the Big Brother is Watching You FUD (Fear, Uncertainty and Doubt) phenomenon in order to sell his books, write quite self-promoting essays, give interviews, do consulting etc. and earn his hefty money — ALSO, it is clear that Mr. Schneier is deliberately ignoring the dramatically mutated geopolitical landscape and the clear and present menaces to our Nations, to our Security, to our Values. ]

FYI,
David

Le traitement du piratage de Hacking Team par Le Monde est symptomatique de cette tendance journalistique à donner la parole aux entreprises concernées par un article :

Les documents volés indiquent que l’entreprise aurait des partenariats commerciaux non seulement avec le Soudan, mais aussi avec les services de renseignement russes, ou encore le ministère de la défense et les renseignements saoudiens.

Hacking Team a toujours nié toute relation commerciale avec des gouvernements accusés de violation des droits de l’homme. « Nous faisons extrêmement attention à qui nous vendons nos produits. Nos investisseurs ont mis en place un comité légal qui nous conseille continuellement sur le statut de chaque pays avec lequel nous entrons en contact », assurait le PDG de Hacking Team, David Vincenzetti, dans une interview accordée en 2011 au journaliste Ryan Gallagher. « Le comité prend en compte les résolutions de l’ONU, les traités internationaux et les recommandations d’Human Rights Watch et d’Amnesty International », avait-il ajouté.

L’entreprise a vivement réagi à la publication des documents. « Nous n’avons rien à cacher sur nos activités et nous pensons qu’il n’y a aucune preuve dans ces 400 gigabits de données que nous avons violé une quelconque loi », a assuré le porte-parole de l’entreprise, Eric Rabe, dans une interview au site spécialisé IBTimes. Concernant les contrats de l’entreprise au Soudan, il a assuré que le document incriminé date d’avant les mesures de sanctions contre le pays décidées par les Nations Unies – sans préciser à quel train de sanctions il faisait référence.

Quelques balades dans les mails échangés au sein de l’entreprise auraient pourtant permis aux trois auteurs de l’article de contrebalancer sérieusement les affirmations de David Vincenzetti ou de Eric Mohammed Said Rabe al-Sahhaf…