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Ciel ! Facebook m’a censuré ! Quelle honte #Oupas

lundi 23 novembre 2015 à 20:40

facebook-censure-smallC’est assez récurrent, on voit apparaître des messages sur Twitter (il faut bien se rabattre sur un réseau social ou un autre) expliquant à qui veut bien lire que Facebook (ou un autre, insérez ici le nom de votre réseau social honni) a censuré un post ou une image jugé à tort (par l’auteur) comme contraire aux conditions d’utilisation. La censure, #saymal. Liberté d’expression bafouée, horreur, abomination. Que mille retweets/likes effacent l’outrage par une mise à l’index du censeur !

Oui.

Mais non.

Oh, bien sûr, on peut être d’accord avec, par exemple, @Baptiste_Chouet lorsqu’il se crie à la censure. Facebook déconne à bloc en retirant son dessin sous prétexte de nudité. Encore plus en bloquant son compte. Mais peut-on vraiment se plaindre de ce type de décision algorithmique ?

Je vous vois venir… Oui, mais Facebook, c’est génial parce que:

Ah.

En fait, si vous pensez cela, c’est que vous faites partie de la nouvelle génération d’utilisateurs de ce réseau.

Exclusif : Internet existait avant Facebook !

Car voyez-vous, le réseau n’a pas attendu Facebook pour permettre à qui le veut de publier n’importe quoi, y compris des GIFs animés de chats, de discuter en temps réel avec une personne à l’autre bout de la planète, de retrouver des copains perdus de vue, de s’échanger des messages (ça, ça existait même avant le Web – oui, le Web ce n’est pas Internet, pas plus que Google ou le gros « e » bleu sur le bureau de votre ordinateur).

Mieux, Internet, c’est un machin dé-cen-tra-li-sé !

Et on peut y construire sa propre maison avec plein de choses dedans, du mail (paf, votre serveur de mail!) du Web (paf, une plate-forme d’édition en ligne!), un serveur pour le chat, des statistiques d’utilisation, un repository de lolcats ou d’autres chose…

L’avantage ? Je sais, on a du mal à convaincre les utilisateurs de Facebook… L’avantage c’est que lorsque Facebook tombe, ferme, fait faillite, lorsque son algo décide que votre dessin montre un sein qu’il faut cacher et veut vous censurer, vous, sur votre maison dans les Internets, vous faites ce que bon vous semble et vous vous moquez de ceux qui sont sur Facebook. Car sur Internet, personne ne conduit le tracteur (ou presque).

Ah, oui, mais pour faire du viral façon Facebook, accroche-toi !

Oui, c’est vrai. C’est plus long, plus difficile. Mais pas impossible. Vous pouvez très bien utiliser Facebook ou Twitter ou tout autre réseau social comme RELAI de vos publications.

Et en plus, quand vous contribuez à nourrir le Net avec des contenus originaux au lieu de rebalancer ce qui a été fait par d’autres ou de liker, les Internets vous gratifient avec des ondes positives, vos dents blanchissent, vos cheveux sont plus brillants et vous recevez des petits mails d’encouragement. C’est pas beau ça ?

Allez, oubliez Facebook comme plate-forme de publication, montez des blogs indépendants ou des sites Web super complexes avec plein de CSS inside.

Cerise sur le gâteau, vos contenus continueront à vous appartenir après publication. Il n’appartiendront pas à Facebook comme lorsque vous postez quelque chose sur ce trou noir du Net.

L’étonnant expert judiciaire choisi pour plancher sur les cas Amesys et Qosmos

lundi 23 novembre 2015 à 10:37

qosmamesysLe Pôle Crimes contre l’humanité du Tribunal de Grande Instance de Paris qui enquête sur le rôle des sociétés Amesys et Qosmos dans la vente d’outils de surveillance massive à la Libye de Kadhafi et à la Syrie de Bachar el-Assad ont nommé il y a quelques mois un expert judiciaire pour le moins étonnant.

Jean-Louis Courteaud annonce ses compétences sur sa page personnelle :

Rien sur le deep packet inspection, un sujet relativement pointu au coeur de cette instruction et dont les rares spécialistes sont parfaitement connus. Ce n’est pas dirimant, mais cela aurait évidemment été un plus.

En revanche, ce qui est assez dirimant en l’espèce, ce sont les convictions politiques ouvertement affichées sur le compte Twitter, entre autres, dudit expert.

Toute personne qui a suivi, même de loin, les affaires Amesys et Qosmos, sait combien l’implication de l’Etat, sous la houlette de Nicolas Sarkozy et de sa garde rapprochée, a été prégnante.

Amesys a été poussée par le gouvernement français et ses services de renseignement pour vendre à Abdallah Senoussi un Eagle (entre autres choses). La BPI (dans sa version FSI) a été sollicitée pour injecter 10 millions d’euros dans Bull qui avait racheté Amesys. Mieux, peu après le deal libyen, Bull est offerte sur un plateau aux dirigeants d’Amesys et ceux-ci feront une culbute financière qui laisse pantois, en quelques années seulement.

Du côté Qosmos, l’entreprise a eu des relations commerciales excessivement étroites avec la DGSE, au point de monter une business unit (Kairos) qui lui était dédiée. De même, le FSI (devenu Banque Publique d’Investissement) a été appelé à la rescousse pour investir 10 millions d’euros dans cette entreprise qui était couverte par le secret défense.

Un appui public et outré à Nicolas Sarkozy pose donc question lorsqu’il s’agit de rendre une expertise sur le rôle de deux entreprises dont le sort est autant lié à l’ancien locataire de l’Elysée.

expert

L’expert Jean-Louis Courteaud se félicitait par exemple par un retweet de la mise hors de cause de Nicolas Sarkozy dans l’une des affaires (Pakistan) pour lesquelles il est inquiété.

Son profil Yatedo affiche d’ailleurs son appartenance à l’UMP :

expert-5Quant au principe de la surveillance massive, au coeur de la problématique Amesys-Qosmos, l’expert ne fait pas mystère de ses opinions :

expert-1

Les opposants Libyens qui ont été torturés sur la base des écoutes de leur trafic Internet et qui ont témoigné devant les juges du Pôle Crimes contre l’humanité du Tribunal de Grande Instance de Paris apprécieront. Sans doute font-ils partie des bien-pensants qui couinent…

Quant aux socialistes, ils ont bien entendu « ruiné la France ». Vivement le retour de Nicolas Sarkozy aux « affaires » ?

expert-3

Le reste des tweets au cours des dernières années était à l’avenant et nous en faisons grâce au lecteur. Etait… Car, étrangement, Jean-Louis Courteaud a effacé tous ses tweets ce week-end…

 

Les attentats fabriquent d’étranges « Je Suis… »

lundi 23 novembre 2015 à 09:15

Je_suisL’horreur se répète. Merah, Charlie, L’Hyper Casher, le Thalys, et ce vendredi 13 novembre. Dans son sillage, naissent d’étranges « Je Suis… » Après Charlie et l’Hyper Casher, nous avions eu des « Je Suis Charlie », des « Je suis Juif », finalement assez naturels montrant que l’universalité, l’acceptation de la différence était aussi dans l’ADN humain, … pas uniquement la violence aveugle et la terreur.

Mais l’on avait aussi vu apparaître des « Je suis GIGN », des « Je suis BRI », des « Je suis policier », plus étonnants. Leur ADN, justement, étant plutôt violent (même pour la bonne cause), on se détache ici de l’appel à la paix.

Les gens semblent s’identifier assez facilement aux bras armés du pouvoir (police, juges, procureurs) ou aux sauveteurs. Les politiques sont les parents pauvres de cette tendance à l’identification. On ne voit pas beaucoup de « Je Suis Hollande » ou de « Je Suis Sarkozy ». Ce qui laisse penser que la population s’éloigne peu à peu de la politique (au bon et au mauvais sens du terme). Inquiétant ou rassurant ?

Radio Reflets #9 : Comment la Démocratie peut/doit réagir aux événements actuels ? (invités : Alain Gresh, Edwy Plenel, Serge Portelli)

vendredi 20 novembre 2015 à 12:30

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#RadioReflets9 – samedi 21 novembre 2015 à 14h30.

Téléchargez le podcast

Format OggFormat mp3

Le thème :

Les bruits de bottes se font entendre chaque jour un peu plus fort. La rhétorique développée en son temps par George Bush et ses équipes de faucons est reprise par les dirigeants politiques français. La posture guerrière est-elle la seule réponse qu’une Démocratie doit retenir face à des événements terroristes comme ceux de janvier et de novembre ?

L’équipe de Radio Reflets a décidé de monter une émission sur ce thème dans l’urgence. Ce sera peut-être une goutte d’eau dans un océan, mais il nous semble important de réfléchir à cette problématique.

Les invités :

Nous avons invité trois personnes pour prendre avec nous et avec vous, le temps de la réflexion :

Animateurs : Drapher, Kitetoa

Technique et programmation musicale : Epimae.

Playlist musicale :

Le flux audio est assuré par Tryphon (ils sont forts Tryphon, et sympas en plus…)

Hashtag : #RadioReflets9

La date : le samedi 21 novembre 2015, de 14h30 h à à 16h.

Des pistes d’analyse dans Dabiq, le « journal » de Daesh

vendredi 20 novembre 2015 à 00:12

dabiq12Il faut avoir le coeur bien accroché pour lire le « journal » publié par l’organisation état islamique. Dabiq se présente comme un journal classique, avec de grandes photos, des efforts évidents de maquette. C’est le contenu qui met immédiatement le lecteur mal à l’aise. Par exemple lorsque dans son numéro 11, il propose la vente, sur deux pages de deux otages. Puis, dans son numéro 12 qui vient d’être diffusé, il présente à nouveau les deux otages, mais morts « puisque personne n’a voulu les acheter ».

Au delà de l’horreur évidente, Dabiq permet de lire entre les lignes ce que l’organisation a en tête. Notamment lorsque l’un des article est écrit par l’un des otages, un journaliste britannique.

Au delà de la propagande sectaire qui suinte de chaque ligne du « journal », John Cantlie évoque dans son article la possibilité d’une négociation, d’une paix avec l’organisation état islamique. Aussi fou et difficile à accepter que cela paraisse aujourd’hui, cette perspective ne peut être écartée totalement dans un avenir lointain si l’état islamique continue de grossir et de maintenir ses positions. La plupart des organisations terroristes qui ont abandonné les armes l’ont finalement fait au travers d’un dialogue politique (l’IRA ou l’ETA par exemple). En outre, si cette perspective est évoquée par l’organisation au travers de cet article, c’est qu’elle y est sans doute disposée.

En février, Adelhamid Abaaoud était mis en avant par Dabiq avec une interview où l’on pouvait déceler qu’il était largement impliqué dans des attentats en Europe. Quelles leçons ont été tirées de cet interview ? Quelles leçons doit-on tirer du dernier numéro ? Doit-on prendre au sérieux la menace d’une attaque nucléaire ?

otage-daesh