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COP21 : opération #çafoutlatrouille et nucléaire à fond

dimanche 29 novembre 2015 à 16:09

Restons prudents, l’apocalypse climatique promise n’est pas encore là, mais des spécialistes plus ou moins bien inspirés savent pourtant bien nous la vendre. C’est une vision du monde. D’avant, pendant, et après la COP21.

C’est le cas de Jean-Marc Jancovici, ce polytechnicien et « consutant  climat-énergie » qui  nous fait part de ses œuvres littéraires et des solutions… nucléaires pour sauver l’humanité.

Le super-diplômé n’y va pas avec le dos de la cuillère, puisqu’il parle du danger du changement climatique, qui, « avec ce que l’on sait du danger qu’il représente, peut diminuer de plusieurs milliards la taille de l’humanité (…)  » et conclue avec un : « Je préfère de très loin les risques du nucléaire ».

Oui, parce que pour Mr Jancovici, il est impossible de passer au 100% renouvelable pour compenser une fermeture complète et incontournable de toutes les centrales au charbon de la planète.

Rien que ça.

Mais tout ça est tout à fait normal et annoncé par les rapports du GIEC. Nous vivrons donc dans un monde du brevet énergétique high-tech fait de solutions passant (beaucoup) par l’atome : vive l’écologie, vive la « décarbonisation » de l’environnement…


Jean-Marc Jancovici, « Grand angle », TV5Monde… par littlebigfred

Petit manuel du radicalisé islamiste français : un peu de questionnement, ça peut pas faire de mal…

vendredi 27 novembre 2015 à 19:01

Salafistes

Il y a beaucoup de monde pour venir, qui trouver l’origine du mal, qui expliquer le processus de radicalisation dans le détail, mais au fond, dans la grande majorité des commentaires et analyses, personne ne veut vraiment voir — le plus souvent — une réalité plus large et peut-être un peu trop déprimante pour être partagée. Allons enfants de la Patrie, le Jour de Gloire est arrivé…

Le projet ? Etre compétitif… à tout prix

Les sociétés modernes industrielles sont toutes confrontées depuis la première crise de 1974 aux même problèmes : chômage, ennui, manque de projet, règne de l’argent, domination des classes possédantes, destruction des repères collectifs, entretien et augmentation des inégalités.

Ces phénomènes, tout à fait orchestrés par les ténors du système mis en place depuis la mise en place du nouveau système de financiarisation de la planète (lire les articles sur les origines de la crise dont celui-ci qui parle de la crise de 73-74) va croissant et crée — à de nombreux moments — des mouvements de contestations, de remise en question, d’indignation —  plus ou moins violents et plus ou moins récupérés. Le punk, en 1977 est une réponse de la jeunesse au système abrutissant capitaliste. D’autres suivront, plus ou moins tranquilles : d’extrême gauche, ou d’extrême droite, basés sur une critique du système politique et parfois économique, avec comme propositions… pas grand chose de très concret ni de très réaliste.

La crise sociale française dure depuis le milieu des années 80, et elle s’amplifie dans les années 2000. Elle n’est pas le seul fruit d’une perte de vitesse économique causée par la désindustrialisation et le manque de « compétitivité » comme la plupart des ténors de la politique essayent en permanence de l’expliquer. La crise sociale française est complexe, multiforme et malheureusement entretenue par des politiques épouvantablement aveugles à celle-ci. Ou bien volontairement entretenue ? A chacun de se faire une opinion sur le sujet, le résultat reste là : paupérisation massive d’une partie de la population en l’espace de 15 ans, une défection des services publics essentiels, dont les services sociaux dans les zones les plus pauvres et les plus exclues. Ces zones qui accueillent les descendants des immigrés des années 50, 60 et 70, importés par la France qui manquait de main d’œuvre.

Bien entendu, la malaise social n’est pas cantonné aux ghettos post-immigration, puisque depuis les années 2000, la mondialisation libérale s’est donnée comme mot d’ordre la casse sociale aux fins de participer à la grande compétition économique et financière mondiale : pressions managériales, délocalisations, changements de méthodes de travail, optimisation de la gestion des ressources, optimisation fiscale, de rendement, de dividendes. Le tout recouvert par une somme de lois, règlementations, systèmes, automatisations plus étouffantes les une que les autres. La population devient un bétail pressé de se mettre en ordre et de faire tourner la roue, à n’importe quel prix, même celui de ne plus avoir de quoi vivre décemment tout en travaillant d’arrache-pied.

Une société du drive, du fun… et du vide

Tout cet enchainement socio-économique a été accompagné par la « révolution numérique » [des communications] et sa formidable capacité au pire… comme au meilleur. Passée la période excitante de découverte et de consommation des outils en ligne, le cobaye continue à tourner dans sa roue : commander sa bouffe avec un ordinateur, défoncer des ennemis dans des dédales en pixels, acheter les derniers hochets numériques à la mode et baver devant un écran ultra plat a ses limites. Le désert culturel, social, politique, économique post-moderne français devient béant. Le vide a besoin d’être rempli. C’est humain.

Là où les groupes « religieux », sectaires, fondamentalistes ont une option importante à jouer est justement ce moment du vide, du néant sociétal.  Quand plus rien, dans une société, ne tire en avant les individus, ne les relie — particulièrement pour ceux les plus faibles, fragiles, désorientés ou simplement les plus hargneux — l’appel à participer à quelque chose déclaré comme « grand », « collectif » et supérieur est un appel qui fonctionne. Relier, reliare : la religion…

Et quand ceux qui lancent l’appel ont en plus un territoire réel, conquis, et peuvent faire la promotion de leur « projet »… la tentation est grande.

Ainsi, le Califat, nommé l’Etat islamique, propose-t-il de le rejoindre afin d’effectuer plusieurs choses, dont l’une, centrale, est de vivre une expérience. Mystique, physique et politique.

Les milliers de jeunes européens s’étant convertis, souvent à la va-vite, partent pour de nombreuses raisons, toutes plus différentes les unes que les autres. Mais l’une d’elle, centrale, est de vivre une aventure, d’avoir (enfin) un projet, quelque chose à quoi se raccrocher. Prendre les armes. Oui. Tuer des gens. Comme les nations l’ont demandé à leurs populations durant des siècles. Au nom d’un dieu, qui les protège et les récompensera une fois morts. C’est effrayant, mais ce fut pourtant le lot des nations conquérantes… comme la France très longtemps.

De l’adolescente catholique au français de culture musulmane en passant par les enfants de gauchistes

La radicalisation est un processus varié, parfois complexe, mais connu. Des gens, très éduqués, peuvent du jour au lendemain rentrer dans une croyance délirante et se mettre à donner la quasi totalité de leur énergie et de leurs finances à une organisation « religieuse ». La scientologie est l’exemple le plus parlant. Démonter l’invention d’un auteur de science-fiction est malheureusement bien plus simple que les prêches de sectateurs se revendiquant d’une religion du Livre.

Toutes les religions monothéistes sont des religions du Livre. Le poids des monothéismes est important dans la plupart des sociétés pauvres, et bien moindre dans les pays riches. Quand une société n’a plus aucun repères, ni projet, ne laisse aucun espoir de changement, la tentation de se replier vers une croyance est grande. Si cette croyance se révèle  être simplement une réunion d’individus, sans plus de défis que ceux d’écouter des prêches et de prier, alors que d’autres, se revendiquant de la même religion, mais en plus « vrai », en plus pur, proposent d’agir, de participer à une prophétie, de changer de comportements, pour être élu, il y a de fortes chances que les jeunes désireux de se raccrocher à « quelque chose », aille vers la deuxième solution.

Ainsi, des jeunes gens, filles ou garçons, commencent par se tourner vers une croyance qui semble encore vivante et active, l’islam — religion souvent connotée comme religion des opprimés —  puis, ne trouvant pas obligatoirement là quelque chose de suffisant en termes d’excitation ou d' »aventure », trouvent les salafistes. Le salafisme permet de se rebeller contre la famille, la société, puisque pour les femmes il faut porter la burqa et pour les hommes,  se déguiser en barbu portant des pantalons larges. Comme les punks de 77 : le déguisement, le doigt à la société, à la famille, au pouvoir établi.

kepons-clash-77Ensuite, c’est un moyen de donner la leçon, parce que les contraintes que s’appliquent les convertis au salafisme, sont visibles et renvoient leur capacité à la pureté, à s’astreindre à un ordre, une loi divine super chiante : pas de musique, pas de rires, pas de représentations du vivant. Juste les prières, et la… désolation sociale : travailler est difficile déguisée avec une burqa ou en barbu salafiste…

Quand l’appel à aller vivre cette « religion » là où elle a établi ses quartiers, c’est-à-dire le Califat, survient, il est assez tentant, pour celui ou celle qui a plongé dedans, de passer le cap. Là-bas, au moins, il pense qu’il ne sera pas ostracisé, et puis en plus il pourra lutter avec ses « frères et ses sœurs » contre les méchants qui veulent les détruire, Allah, d’après eux, étant en plus présent là-bas à 130%…

Ce témoignage, extrait de l’émission « Un jour en France » de ce mercredi, est poignant. L’émission entière amène quelques réponses sur la démarche de radicalisation. Il reste que les jeunes gens qui plongent dans cette croyance sectaire — le salafisme — ne sont pas tous issus d’une culture musulmane, loin de là. Cette mère de famille a élevé ses enfants dans la tradition catholique.

L’état de la société n’est pas innocent, comme les terroristes

« No one is innocent » : comme le nom du groupe en question, il n’ y a pas à trouver des excuses, ou à dédouaner ceux qui commettent des actes irréparables, les djihadistes en l’occurrence.

[Attention cher lecteur, chère lectrice, article multimédia : envoie-toi donc ça dans les oreilles à fond, avec un casque, de préférence et tu reprends ensuite (Silencio, album : Propaganda – No one is innocent – 2015)] :

 

Mais il n’est pas possible non plus de se cacher les yeux, se fermer les oreilles, en refusant de comprendre ce qu’il s’est passé pour qu’on en arrive là. Exactement comme les tueries commises par des adolescents dans des campus aux Etats-Unis, croire que le ralliement idéologique, physique, d’une partie de la jeunesse à des structures violentes et totalitaires est une simple coïncidence avec laquelle la société n’a rien à voir est un mensonge aux conséquences terribles.

Ce que Valls a résumé en expliquant qu’il ne « voulait pas entendre d’explications sociologiques » aux attentats du 13 novembre. Si l’Etat islamique avait été une organisation politique pure de « destruction du capitalisme et de défense des opprimés » qui promettait un avenir glorieux à ceux qui les rejoindraient, il est probable qu’il aurait aussi bien fonctionné. Quand on sait que Manuel Valls, maire d’Evry a laissé les salafistes racoler dans les rue de sa ville durant des années, aux vues et au sus de tout le monde, et n’a jamais rien fait pour les stopper, tout en se félicitant récemment des contrats passés avec la monarchie d’où émane ce dogme…

 

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Mais la couche de promesse religieuse, de vérité universelle que la croyance salafiste amène est un « plus », et le nier est un aveuglement très inquiétant.

Que l’Etat islamique soit détruit ou non, cela ne stoppera pas l’emballement des jeunes gens qui se raccordent à la croyance sectaire qui le constitue. Ce dont nos sociétés ont besoin, c’est « d’air pur », de projets, d’espoirs, de justice sociale et de promesses tenues. Sans cela, nous continuerons à entretenir le mal-être dans nos murs, avec comme seuls objets, l’opposé de ce qui constitue une société digne de ce nom : le ressentiment, et la haine.

État d’urgence ou État urgent ?

jeudi 26 novembre 2015 à 23:15

manif-2211

Il y avait urgence, en effet. Urgence à calmer les ardeurs de ceux qui refusent le régime d’exception suite aux massacres du 13 novembre. Urgent d’étouffer toute contestation contre l’État et ses complices pollueurs qui vont encore se pavaner lors de la sinistre conférence mondiale sur le climat. Urgence à confondre mouvement social et terrorisme.

Depuis jeudi 26, un militant politique est en effet assigné à résidence en banlieue parisienne. Il est notamment impliqué, comme beaucoup d’autres, dans différentes actions d’opposition à la COP21, actions qui se préparaient depuis des mois. Les superflics de l’antiterro ont donc choisi d’utiliser les armes que leur confèrent l’État d’urgence pour régler leurs comptes avec des militants anticapitalistes. Comment confondre gauche radicale et islam radical – le film a déjà été joué dans les salles de Corrèze il y a quelques années, mais là ça n’est qu’un début. Deux squats d’Ivry, qui ne dissimulaient pourtant pas dans leurs caves le moindre centre d’entraînement djiadiste, ont été perquisitionnés violemment le même jour, et l’un de ses occupants a été convoqué en comparution immédiate au tribunal.

Joel D., la personne assignée à résidence, avait eu l’outrecuidance de déposer, ces derniers jours, un « référé-liberté » devant le Tribunal administratif (TA) contre l’interdiction des différentes marches ou manifs qui devaient avoir lieu pour dénoncer le cirque de la COP 21. Mediapart révélait, jeudi matin, qu’il était convoqué au commissariat dans l’après-midi. Et c’est la LDH, dans un communiqué sibyllin, qui a confirmé dans la soirée qu’il devra bien pointer trois fois par jour au commissariat et ne pas quitter sa commune de résidence! « Si l’on avait besoin d’une confirmation que l’état d’urgence est un danger pour les libertés publiques, constate le communiqué de la LDH, cette mesure en attesterait tant elle révèle que la lutte contre le terrorisme n’est ici qu’un prétexte pour interdire toute voix dissonante. Comme nous l’avions craint, l’état d’urgence s’accompagne de mesures de plus en plus arbitraires. »

Un communiqué écrit un peu trop dans l’urgence, explique Joël à Reflets, car la Ligue le désigne comme « responsable » d’une legal team alors qu’il n’en est rien.

Il nous dit aussi que le référé-liberté qu’il a déposé a été immédiatement classée par le juge administratif, sans l’examiner – fait rarissime en pareil cas. Oh, un petit abus de pouvoir de la justice administrative en cette période de police administrative, mille fois rien.

« En France, la liberté de manifestation fait partie de la liberté d’expression », dit à Mediapart l’avocate du plaignant devant le TA, Muriel Ruef. « Dix mois après la grande manifestation pour les libertés après l’attaque de Charlie Hebdo, voilà où nous en sommes du respect de la liberté d’expression. La peur n’est pas une bonne conseillère en matière de libertés publiques. »

Il y avait encore plusieurs centaines de personnes, ce soir mercredi, à se rassembler place de la République, précisément pour user de leur liberté de parole et dire tout ce qu’ils pensent de cet état d’urgence factice. Dimanche dernier, c’était une marche de soutien aux réfugiés qui était également interdite, entre Bastille et République. Si elle s’est finalement tenue, c’est par la détermination du petit millier de personnes qui avaient décidé, dans le calme, de battre le pavé malgré les dix cars de gendarmes mobiles déployés pour l’occasion. Un contingent néanmoins insuffisant pour contenir la foule à Bastille, comme a pu le dire un gradé dans son talkie, ce qui explique aussi pourquoi cette manif interdite a pu dérouler.

Mais on ne joue pas ainsi avec la liberté. Dès le lendemain, la préfecture de police, martiale, a annoncé officiellement avoir repéré des agitateurs de cette marche et dès mardi, 58 quidam ont reçu la visite des flics – certains ont eu droit à une garde à vue en bonne et due forme. Ces convocations étaient, persifle Le Monde, « des auditions libres censées apporter des témoignages à la police ». C’est ça, « auditions libres ». On fera les comptes un peu plus tard…

 

Radicalisation islamiste : comment confondre Allah avec un Sheitan de type IV

mercredi 25 novembre 2015 à 14:06

luciferSe radicaliser, quand on à 16 ou 17 balais est une chose très facile. De la même manière, pour les ados attardés, presque trentenaires, c’est  aussi possible : certaines substances psychotropes aidant, la chose peut se faire en quelques mois, parfois quelques années. Mais, tout le fond de l’affaire, qui n’est pas du tout traité par les médias (ni les spécialistes de la radicalisation) réside dans la croyance, et surtout l’issue un peu « bancale » — pour rester soft — qui attend les radicalisés.

Parce qu’après tout, la presse est aussi là pour faire de la pédagogie, Reflets, dans sa mission universelle de gonzo-journalisme (à l’attention de la jeunesse) s’empare du sujet et publie aujourd’hui ce petit manuel à l’attention du radicalisé islamiste. Enfin, islamiste, c’est vite dit, comment nous allons le voir ensemble…

Au départ, l’islam, c’est une affaire de tablettes

Ce que tu ne sais peut-être pas, ami radicalisé (oui, tu es aussi mon ami, parce que se planter tellement gravement dans ta croyance, au point de finir là où tu risques de finir ne peut qu’attirer la compassion, plutôt qu’autre chose), c’est que la religion que tu penses représenter, à laquelle tu as adhéré, le « vrai islam » comme tu le dis souvent, est assise sur des tablettes. Pas des Ipad, non, comme tu pourrais le croire, mais des vieilles tablettes en pierre, appelées à l’époque les « dix commandements ».

WTF pourrais-tu dire, ou encore « eh frère, essaye pas de me la faire à l’envers, le vrai islam c’est pas des tablettes de la loi, c’est le Coran ». Et bien non. Désolé, mais le prophète de la religion que tu crois suivre, le bien-nommé Mahomet, le stipule directement : l’origine du message qu’on lui délivre vient du dieu des barbus de la plaine de Mésopotamie, et les lois établies par ce même dieu, au nombre de 10, sont à respecter. Aussi.

Quoi ? Moïse est considéré comme un prophète d’Allah ? Oui. Et Mahomet le stipule. Comme Jésus, qui est juste remis à une place de prophète et non de « Fils de Dieu ou autre allusion à sa divinité incarnée », mais il est l’un des différents prophètes reconnus par Mahomet. Simplement, Mahomet « ferme la porte » et dit clairement qu’il est le dernier. Des prophètes. Why not ? Ca ne mange pas de pain. Vu le bordel déjà créé par tous les autres au fur et à mesure, on peut comprendre. Il faut bien boucler le bouquin.

Mais regardons un peu les lois en questions, celles que le Dieu-super-jaloux-et-autoritaire file à Moïse en les inscrivant au laser sur de la caillasse du Sinaï :

1- Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces images, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur garde ma fidélité jusqu’à la millième génération.

2- Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque son nom pour le mal.

3-Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a consacré.

4- Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.

5- Tu ne commettras pas de meurtre.

6- Tu ne commettras pas d’adultère.

7- Tu ne commettras pas de vol.

8- Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

9 et 10 Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. »

Ce dix commandements de base sont un peu le code source d’origine de tous les monothéismes, que ce soit pour les Juifs, les Chrétiens, ou les Musulmans. Chacune de ces religions adhère à ces ordres, et Mahomet le stipule ici dans le Coran (le Coran c’est la parole de Dieu à travers Mahomet, hein) :

Alors Dieu dit : « Ô Moïse! Je t’ai préféré à tous les hommes par Mes messages et par les paroles (que Je t’ai adressées). Prends donc ce que Je te donne et sois du nombre des reconnaissants. » Et Nous écrivîmes pour lui, sur des tablettes, la leçon à tirer de toute chose, ainsi qu’une explication détaillée de toute chose. Puis Nous lui ordonnâmes : « Prends-les et tiens-les fermement. Et commande à ton peuple d’en adopter le meilleur. Bientôt, je vous ferai voir la demeure des transgresseurs. (Al-A’raf  7:144-145)

Et encore là :

« Nous croyons en Allah et en ce qu’on nous a révélé, et en ce qu’on n’a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis ». (Al-Baqara  2:136)

Et donc, comme dans tous les monothéismes, on s’arrange un peu, les Catholiques ont massacré plein de gens au nom de leur Dieu qui leur commandait de ne pas tuer, et ils ont trouvé pour ça plein de textes de gus qui avaient décidé de continuer le texte d’origine, avec par exemple, le concept « d’œil pour œil et dent pour dent » etc, et ça donne la bible, et tout le monde sait ça. Les musulmans sont aussi soumis à ces contradictions, mais l’injonction à ne pas tuer, reste tout de même assez forte :

« Et; sauf en droit, ne tuez point la vie qu’Allah a rendu sacrée. Quiconque est tué injustement, alors Nous avons donné pouvoir à son proche [parent] . Que celui-ci ne commette pas d’excès dans le meurtre, car il est déjà assisté (par la loi). » (Al-Isrâ  17:33)

Bref, l’islam est assis sur les dix commandements, sur ces fameuses tablettes. Et faire tout l’inverse de ce qui y est ordonné, est un peu risqué si l’on prétend être dans la « vraie religion ».

Gabriel est sympa, mais gare aux brebis galeuses

Le truc que pas grand monde ne veut entendre, c’est que c’est carrément l’ange Gabriel de la bible qui vient discuter avec le prophète Mahomet, et Gabriel parle de lui-même à la troisième personne (un truc d’anges, certainement) :

Sourate 2:97 : « Quiconque est ennemi de Gabriel doit connaître que c’est lui qui, avec la permission d’Allah, a fait descendre sur ton cœur cette révélation qui déclare véridiques les messages antérieurs et qui sert aux croyants de guide et d’heureuse annonce ».

L’ange est sympa, mais il travaille pour le même Dieu que Moïse, et c’est un Dieu qui a annoncé la couleur dès le début : il est jaloux et très autoritaire. Des choses assez exemplaires sont d’ailleurs annoncées par Mahomet au sujet de l’usage et de l’abus du nom du Dieu : Allah (Yahvé, Dieu, bref, Dieu quoi) :

Sourate 2:224 : « Et n’usez pas du nom d’Allah, dans vos serments, pour vous dispenser de faire le bien, d’être pieux et de réconcilier les gens. Et Allah est Audient et Omniscient »

Donc, il est indiqué dans le Coran (le seul bouquin auquel un musulman, radicalisé ou non devrait normalement se référer, puisque c’est la parole d’Allah) qu' »user du nom d’Allah, en se dispensant de faire le bien, d’être pieux et de réconcilier les gens« , ça craint légèrement. Par exemple, rentrer dans une salle de spectacle en criant « Allahu akbar » et en tuant le maximum de gens présents, n’est pas vraiment un acte « bien », ni « pieux », ni qui réconcilie les gens ». Et comme Allah « sait tout et entend tout », on peut penser que ceux qui se la jouent comme ça ont de gros gros problèmes avec la « vraie religion ». Et au delà…

Une dernière couche pour la route, toujours tirée du Coran :

Sourate 5:32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre. »

Commettre des excès, oui. Comme commettre des meurtres. C’était déjà le cas à l’époque, au VII ème siècle de l’ère chrétienne. Et c’était déjà très mal considéré dans le livre saint des musulmans.

Et là, tu t’aperçois qu’en fait, c’est un démon de type IV

Il y a une chose que les radicalisés actuels ne savent pas et qui est pourtant cruciale pour eux, c’est que toute cette affaire divine a été donnée en gérance pour un temps non-déterminé. Le plus beau et le plus doué des anges d’Allah (Dieu, Yahvé, qui a créé  les anges au tout début parce qu’il avait besoin de s’occuper) a été puni parce qu’il aimait trop les hommes et la terre (le matérialisme, certains disent).

Il s’appelle Lucifer. Le porteur de lumière. C’est celui qui vient tenter les êtres humains, dans la croyance monothéiste. Pour les faire chuter. Il prend toutes les apparences, et souvent est un grand adepte de la pureté. Il pousse au delà des limites. Tente de faire faire tout ce qui est interdit par Dieu (Yahvé, Allah), oblige les hommes et les femmes à se soumettre pour renier le bien tout en faisant passer le reniement du bien… pour du bien. Le mal, c’est le bien chez Lucifer. C’est un gros malin, Lucifer. Il a d’ailleurs été nommé Satan, une fois puni par Dieu.

Par exemple, Satan va se démerder pour faire commettre tout ce qui est proscrit par le Coran ou la Bible ou la Thora au nom du même bouquin, et au nom de Dieu. Par des hommes et des femmes.

C’est le pire qu’on puisse faire. Surtout, quand dans les actes, on maltraite la création, les créatures, et voir qu’on tue. Ce qui est très interdit. Par le Coran, entre autres.

Il est certain que les radicalisés auraient dû lire le bouquin sacré où se trouve la parole d’Allah, avant de se faire embarquer par un démon Sheitan de type IV au service du plus puissant des Sheitan (le Sheitan est un diable chez les musulmans).

Une vidéo Youtube ou le discours d’un barbu ou encore celui d’une fille en burqa, d’un « imam salafiste », ne remplacent pas le texte fondateur d’une religion, et surtout, ces discours mènent à quelque chose de terrifiant. Entre autres pour ceux qui les suivent. Sachant qu’en tant que radicalisé, vous suivez les préceptes d’un obscur gourou saoudien du 18 ème siècle, qui a pété tout ce qui avait trait à l’islam d’origine lors de sa fulgurante carrière, on peut douter de la pureté religieuse de vos convictions. Comme de l’adéquation de vos croyances avec le Coran et la parole du prophète Mahomet.

(…) Les wahhabis ne sont à la Mecque que depuis 1750. Avant, les territoires sacrés étaient sous l’autorité religieuse de la descendance du Prophète (paix et salut sur lui) et sous l’autorité politique et administrative de la porte sublime (Califat Ottoman). On pratiquait alors librement les Mawâlîd (célébration de la naissance du Prophète) dans la mosquée sacrée et on visitait sans restriction le tombeau du Prophète (paix et salut sur lui)(…)

(…) Le « Kitâb al-Tawhîd » ou  » Traité de l’unicité divine  » de Muhammad Ibn ‘Abd Al Wahhâb An-nadjdî est considéré comme l’ouvrage de référence de la théologie wahhabite (…) Les wahhabites soutenus depuis leur apparition par les américains et les britanniques ont su profiter du pétrodollar pour exporter leur idéologie dans le monde. (…) Source : Histoire du Wahhabisme (les anti-doctrinaux).
 

Parce que voyez-vous, amis radicalisés, personne ne sait encore le fin fond de l’affaire sur Dieu, Allah, Yahvé, Satan et les Sheitan, mais une chose est certaine : si les tenants de l’affaire se révélaient exacts vous seriez tous voués à finir chez un Sheitan, et non au paradis.

Selon les croyances, l’enfer de Satan, l’enfer des Sheitan, c’est encore pire que ce que vous faites subir aux hommes, aux femmes et aux enfants sur terre. La punition peut durer mille ans. Certains parlent… de l’éternité.

Et comme le disait un humoriste français aujourd’hui disparu : « l’éternité, c’est long. Surtout vers la fin« .

Dans un Etat en état d’urgence, parfois, ça déconne grave…

lundi 23 novembre 2015 à 21:14

lqdnLa Quadrature du Net organise souvent des trucs très utiles. Ce pad trouvé chez eux est aussi passionnant que déprimant. Espérons qu’il sera tenu à jour, car dans quelques années, il sera utile pour les historiens, les sociologues ou les commentateurs politiques… Quand Jean-Michel Aphatie hurlera « Où sont les preuves », nous n’aurons pas besoin d’attendre que Bernard Cazeneuve vienne avouer devant les députés que oui, il s’était trompé, que oui, il y avait des dérapages, que oui, c’était une mauvaise décision…

Ce pad recense, justement, tous les dérapages liés à l’état d’urgence instauré en France.

C’est gratiné. Des enfants blessés par des policiers qui défoncent la mauvaise porte… Ça ne vous fait pas hurler ? Moi si. Camarade (j’essaye de vous prendre par les sentiments)… Bernard…, vous vous êtes demandé comment cette petite fille va regarder la police désormais ? Avec méfiance. Vous vous êtes demandé quel traumatisme cela a pu créer chez elle ? Même les policiers vous le disent (tout en bas de l’article) : c’est de la communication. Les magistrats vous le disent : les perquisitions sont possibles quand on veut, même sans Etat d’urgence. La société civile vous le dit : nous ne voulons pas de vos réponses guerrières et de votre dérive sécuritaire que la droite n’aurait jamais osé enclencher de peur que votre parti, le Parti socialiste crie au loup.

Comme Internet est une grande photocopieuse, et pour éviter que cela ne se perde, nous vous copions le contenu de ce pad ici, à la date du 23 novembre 2015. Soit dix jours seulement après les attentats.

 

Recensement des joies de l’état d’urgence en France…
Si vous avez le temps de mettre une petite description devant chaque lien alors faites le !
Et histoire d’avoir la mémoire de tout cela, ajoutez ces liens dans https://archive.is/ puis mettez le lien darchive.is après chaque url de cette page ;) (bon réflexe à avoir)
Objectif de ce pad : recenser les articles de presse qui parlent de possibles abus / dérapages de l’état d’urgence. Il sera utile notamment lorsqu’on aura à traiter la modification constitutionnelle annoncée par le gouvernement pour une extension / pérennisation de l’état d’urgence. 
Les faits relatés touchant au numérique nous intéressent particulièrement
Merci d’essayer de rester dans l’objectif de cette page.
16 NOVEMBRE 2015
Nice (Alpes Maritimes), 16/11, 4h30
Perquisition erronée, porte ouverte au fusil à pompe en pleine nuit, éclats sur le lit de la fillette, sur son coussin… et sur sa tête
17 NOVEMBRE 2015 
Paris gare du Nord, 17/11
Ibrahim Maalouf, musicien, se fait retenir en gare du nord avant un concert qu’il doit donner à Londres, manquant de devoir l’annuler. (Passeport signalé à Interpol ?)
Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), 17/11
Interpellation violente et garde à vue d’une nuit pour « soupçon de repérage sur la préfecture du Pas-de-Calais »
Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), 17/11
Mosquée perquisitionnée et défoncée par la Police : 
18 NOVEMBRE 2015
Lille (Nord), 18/11
Attentat bidon à Lille : elle déclenche une alerte à la bombe chez son concurrent.
Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), 18/11
Ahmed, 63 ans, citoyen égyptien blessé par balle dans un assaut à St Denis, reçoit l’obligation de quitter le territoire
19 NOVEMBRE 2015
Alès (Gard), 19/11
Perquisition dans un village, impact de balle sur une maison
Angers (Maine et Loire), 19/11, « au petit matin »
Les deux hommes interpellés dans le coup de filet relâchés
suite… « On nous a pris pour des terroristes ! »
20 NOVEMBRE 2015
Fourchambault (Nièvre), 20/11, 06h00 
Traumatisme des enfants, mais tout s’est bien passé
Massy TGV (Essonne), 20/11, 12h30
TGV évacué et 4h à la gendarmerie pour avoir regardé un film d’action dans le train :
Allonnes (Sarthe), 20/11
Perquisition qui n’a rien donné et incompréhension de la surveillance du concerné (musulman et fiché S)
Sens (Yonne), 20/11 – et Yerres (Essonne) 16/11/2015 – 03/01/2016
Couvre-feu instauré à Sens et Yerres pour « protéger les plus jeunes en évitant qu’ils se retrouvent seuls le soir dans les rues
et parce qu’il y a des «incidents comme des caillassages ou des feux de poubelles»
21 NOVEMBRE 2015
Saint-Pierre-de-Chandieu (Rhône), 21/11
Un étrange établissement hôtelier perquisitionné
Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), 21/11, 20h30
Descente de 40 policiers dans un restaurant Halal au milieu des clients :
Dinan (Côtes d’Armor) 21/11, vers minuit et demi
20 gendarmes pour « un peu de shit » et une autre pour rien du tout (en pleine nuit)
22 NOVEMBRE 2015
Paris (Île de France)
Suite manifestation soutien aux migrants et contre l’état d’urgence : 58 identités transmises au Procureur de la République de Paris « pour application des suites judiciaires prévues par la loi ». Ils risquent jusqu’à six mois d’emprisonnement et à une amende de 7.500 euros.
23 NOVEMBRE 2015
Aveugle dénoncé parce qu’il a rasé sa barbe, obligation de pointer tous les jours, canne blanche confisquée, trainé au sol car aveugle
Victime collatérale
Bataclan : Guénolé viré de RMC – Arrêt sur images
Assaut du RAID à St-Denis
Les 71 personnes évacuées de l’immeuble pris d’assaut par le RAID mercredi 18 Novembre ont tout perdu et l’état refuse de les reloger.
LISTES, COMPILATIONS, etc.
Le monde a ouvert un blog d’observation, titré ‘observons l’état d’urgence – vu de l’intérieur’ , animé par le journaliste Laurent Borrdeon: 
Plusieurs exemples avec liens
Des perquisitions administratives pour les affaires que la police n’arrive pas à judiciariser
Cas d’abus divers dans la région NPDC
Ça perquisitionne à tout-va ! Petit tour de France des descentes antiterroristes
Cauchemars  des frontaliers, plusieurs heures de bouchons aux frontières B, LU
Le marché de Noël de Strasbourg aura des Checkpoints
Enfin, pour conserver un historique au fil de l’eau, jusqu’à disparition éventuelle du pad, le voici inséré dans nos pages :