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Quel avenir pour l'Europe de la Défense ?

mercredi 11 juillet 2018 à 17:22

Le contexte international pourrait permettre l'émergence d'un début de mécanisme de défense européen

Le serpent de mer qu’est l’idée d’une Défense européenne est peut être prêt à sortir de l’eau. Depuis quelques années, les déclarations des dirigeants européens et les décisions prises par leurs alliés laissent à penser qu’une Europe qui assure sa propre sécurité n’est pas si loin que cela. Cependant, la complexité de la machine de l’Union européenne et des relations internationales pourraient entraver ce projet.

L’Eurofighter Typhoon est un pur produit de la coopération européenne : il est produit par un consortium qui rassemble l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni - Bundesheer (Bundesministerium für Landesverteidigung und Sport) / Markus Zinner 12 July 2007 - CC BY 4.0

Fin juin, neuf pays européens ont officiellement lancé l'Initiative européenne d'intervention (IEI). Contrairement à ce que son nom pourrait indiquer, l'IEI n'a pas vocation à devenir une force d'intervention au service de ses contributeurs ou de l'Union européenne (UE). Il s'agit en fait d'un mécanisme indépendant de l'UE et de l'OTAN. L'objectif de l'IEI est de rapprocher les états-majors européens pour faciliter les échanges et la constitution d'une culture stratégique commune. La création de l'IEI est un pas supplémentaire vers l'Europe de la Défense.

D'où vient l'idée d'Europe de la Défense

Si, dans les années cinquante, la France est à l’initiative de la proposition et, finalement, du rejet du projet de Communauté européenne de défense (CED), sa position a aujourd’hui changé. Dans le contexte historique et géopolitique de l’époque, il était inconcevable, pour les autorités françaises, de réarmer l’Allemagne (la RFA en l’occurrence) moins de dix ans après le second conflit mondial. À noter que les britanniques et les américains y étaient très favorables. Les derniers, inquiets de leur engagement en Corée et de son coût, voyaient d’un bon œil le réarmement du Vieux continent face au bloc communiste et un éventuel conflit qui éclaterait en Allemagne. Le projet de CED, amorcé en 1950 avec l’idée d’une Europe fédérale, est finalement réduit à néant, en 1954, par le refus français de ratifier le...

Amesys à Milipol : "on vit dans la peur"

mardi 10 juillet 2018 à 14:54

Advanced Middle East Systems (Amesys) a la trouille. La trouille que des journalistes viennent les voir. Ça n'a pas manqué...

Que dit Amesys à un prospect sur le salon Milipol ? A peu près tout. Que dit Amesys à un journaliste ? Rien. Pourquoi ? Parce que chez Amesys, on est attaqués par les défenseurs d'Internet, par la presse, cette méchante. Bilan, chez Amesys, on vit dans la peur.

Advanced Middle East Systems au salon Milipol - © Reflets - CC -Citation requise

Ce n'est sans doute pas la même peur que celle des opposants politiques qui ont été torturés sur la base des interceptions réalisées par Eagle (rebaptisé Cerebro), mais chez Advanced Middle East Systems (Amesys), on vit dans la peur, la peur des journalistes. Il faut dire que ces méchants racontent des choses horribles sur l'entreprise dès qu'il y a une vente. Alors que la vente est autorisée par la France ! C'est dire si c'est méchant.

C'est une éthique très particulière que celle que se sont choisis les salariés d'Amesys. Si l'exportation de nos armes numériques sont autorisées, peu importe le mal qui sera fait avec elles... Nous nous étions longuement interrogés sur l'éthique des développeurs d'Amesys, ici ou ou encore et surtout, ici.

Pour mieux comprendre les ressorts internes des salariés d'Amesys, nous sommes allés leur poser des questions sur leur stand à Milipol, le salon où tout espion ou tout policier peut aller s'acheter sa panoplie.

Vous allez découvrir une première partie qui montre que pour les prospects, Amesys a plein de choses à raconter. Amesys y confirme une bonne partie des informations parues sur Reflets. La deuxième partie montre comment Amesys répond aux journalistes.

Electrohypersensibilité : le Monde bat la campagne

samedi 7 juillet 2018 à 16:30

Après Libé et l'homéopathie, le Monde et l'électrohypersensibilité

Après le désastreux dossier sur l'homéopathie de Libération, c'est au tour du Monde de malmener les sciences, à grand renfort de cautions plus que douteuses.

Signs

Il y a quelques semaines, Libération nous avait fait rire jaune avec son dossier complètement orienté — pour utiliser un doux euphémisme — sur l'homéopathie.

Apparemment vexé par le succès de ses confrères et néanmoins amis, le Monde entend, via un article — pardon, une « enquête », faire découvrir à ses lecteurs un mal méconnu du grand public : l'électrohypersensibilité.

Cet article nous détaille par le menu « le calvaire de l'électrohypersensibilité », ce mal supposé provoquer des troubles physiques chez certaines personnes particulièrement sensibles aux champs et ondes électromagnétiques et dont la « souffrance augmente à mesure que le territoire français est de mieux en mieux couvert en réseau téléphonique ».

Pour les besoins de son enquête, le journaliste est parti en goguette dans la cambrousse (espérons qu'il avait pensé aux vaccins avant de partir) rencontrer « Odile », obligée de vivre « à distance de sa maison, cette grosse bâtisse qu’elle aperçoit au loin, en levant les yeux ». « Portable, Wi-Fi, pile de montre… Tout provoque en elle d’insupportables maux de têtes, nausées, chutes de tension », continue le quotidien. Si même une « pile de montre » est susceptible de provoquer ce genre de réactions, c'est sûr que ça doit pas être facile tous les jours. Et le journaliste de s'interroger :

« Odile se dit même allergique au simple courant électrique de 50 hertz. Elle n’est pas la seule ? Non. Mais qui l’écoute ? Qui les écoute, tous ceux...

Qosmos a-t-elle facturé 4 millions d'euros à la DGSE entre 2011 et 2012 ?

mercredi 4 juillet 2018 à 14:16

C'est en tout cas le montant versé par l’agence comptable des services industriels de l’armement au fabriquant de sondes DPI

Comme l'indique la Cour des comptes, l’agence comptable des services industriels de l’armement est le comptable assignataire de la direction générale de la sécurité extérieure. Or l'ACSIA a versé plus de 4 millions à Qosmos entre 2011 et 2012

Jean-Jacques Urvoas, ancien garde des sceaux des premiers ministres Manuel Valls et Bernard Cazeneuve l'avait juré craché au cours d'une "table ronde sur les libertés et les activités de renseignement" le 13 novembre 2014 : Amesys ? Qosmos ? Connais pas... En tant que président de la commission des lois et président de la Délégation parlementaire du renseignement, cela nous avait un peu étonnés.

Mais réécoutons Jean-Jacques Urvoas :

"Sur Qosmos, Amesys, heu... je..., je..., n'ai jamais rencontré depuis que je suis directeur, enfin président de la délégation parlementaire au renseignement, cette structure, je n'ai jamais entendu qu'elle soit un prestataire de qui que ce soit, en tout cas pas pour les organes qu'il m'arrive de fréquenter".

C'est presque aussi beau qu'un ministre garde des sceaux qui transmettrait des informations confidentielles à un député, concernant une enquête pénale visant ce dernier. Le tout via Telegram, cette "application cryptée" que les terroristes utilisent pour préparer leurs attentats, comme le répètent à l'envi les politiques de tous bords...

Mais revenons à Qosmos et à la DGSE.

Selon des documents consultés par Reflets, il apparait que l’agence comptable des services industriels de l’armement (ACSIA) a versé sur le compte n 30076 02544 103963 002 00 au Crédit du Nord, détenu par la société Qosmos la somme de 4 009 729,92 euros entre 2011 et 2012.

Une paille, pour du...

Franck Perry, le maire de Vittel, condamné

mardi 3 juillet 2018 à 21:26

conseil municipal vittel
conseil municipal vittel

L'affaire avait commencé avec le retrait du maire LR Jean-Jacques Gaultier au profit de son premier adjoint. Jean-Jacques Gaultier voulait devenir député. Dans un premier article, nous évoquions la conception très particulière de Jean-Jacques Gaultier et de certaines proches du bien commun. Mais Franck Perry, le premier adjoint était dans le collimateur de la Justice. Ni une ni deux, il plaide coupable, ce qui lui laisse le temps de devenir maire de la ville. Son nouveau poste n'a pas impressionné les juges. Le tribunal d'Epinal l'a condamné à 8000 euros d'amende dans une affaire de de faux en écriture et sa condamnation sera inscrite sur son casier judiciaire. De là à ce qu'il démissionne... En tout cas, en ces temps de canicule et de vent mauvais judiciaire, il pourra toujours se rafraîchir avec un verre de Vittel bien frais.