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Syriza : oligarchic test ON

Monday 26 January 2015 à 12:07

syriza-bayraklar

Ils avaient peur, maintenant ils sont effrayés, c’est une catastrophe ! Les rouges de Syriza ont gagné les élections législatives anticipées en Grèce ! Terrible ! Le séisme anti-europe débute en Grèce, tout va s’écrouler, on est foutus. Imaginez quand même que les gens, là-bas, avec leur bulletin de vote, ont viré les partis à la solde de la Troïka. Ces partis qui pratiquaient depuis 6 ans la même politique libérale commandée depuis Bruxelles et qui a mis à genoux le pays. C’est grave. Très grave. Pourquoi ? Parce que ce sont des gens de la gauche « radicale », Syriza. Et dans gauche radicale, il y a « radicale ». Houlala.

La gauche est radicale quand elle n’est pas à droite

C’est un peu ça qui est drôle dans l’histoire de l’élection de Syriza : ce parti n’est pas considéré comme un parti de gauche, mais comme un parti de gauche radicale. Ce qui voudrait dire que les partis-sociaux démocrates européens, qui poussent en permanence à la politique libérale que veut la droite européenne, seraient à gauche, mais seulement à gauche et « pas radicaux ». Etrange détournement sémantique que de faire de partis de droite déclarés à gauche des partis de gauche, alors qu’ils font la politique des partis de droite. Mais le fond de l’affaire n’est pas là. Ce qui est bien avec la presque majorité (à deux sièges près) de Syriza, c’est que la politique qu’ils comptent mener est quasiment la politique proposée par les partis sociaux-démocrates du type le « Parti socialiste français » ! Mais avant d’être élus. Parce qu’une fois élus, les socialistes français n’étaient plus de « gauche » (radicale ou non) : ils ne voulaient plus de transformation sociale, plus de renégociation du traité sur la convergence (le machin qui détermine l’austérité obligatoire), plus de régulation forte de la finance, etc…

Syriza : un gros test pour l’oligarchie

En réalité, si Syriza tient ses promesses (qui ne sont pas de sortir de l’UE ou de l’euro), c’est la mise en cause des politiques voulues par l’oligarchie européenne, qui se profile. Si le peuple grec, son économie, vont mieux — avec une politique sociale, de redistribution des richesses, une lutte contre la corruption réelle, un arrêt de l’austérité — l’oligarchie sera démasquée. Discréditée. Un petit pays, représentant 2% de l’économie européenne, ayant été écroulé par les politiques droitières, anti-sociales du FMI, de la Commission européenne, de la BCE et des dirigeants des plus grosse économies du continent, pourrait démontrer qu’en pratiquant une politique de gauche, la sortie de crise est possible. Le redressement économique, social,  d’un pays de la zone euro, serait alors une démonstration. De l’escroquerie des actions politiques de réduction budgétaires, des politiques d’austérité, mais aussi des dirigeants qui les ont soutenues. Comment vont-ils faire, nos dirigeants, pour continuer à faire passer la pilule de la rigueur qui n’a aucun effet positif, si la Grèce démontre qu’en faisant l’inverse, ça fonctionne ?

Hollande, tu le sens le virage ?

Flanby est très emmerdé. S’il s’effraye de l’arrivée de Syriza au pouvoir, il fait le jeu de la droite et passe pour un pur escroc. S’il applaudit, il passe pour un imbécile, puisque la politique que veut mener Syriza est celle contre laquelle il lutte. Il doit attendre. Et croiser les doigts pour que ça ne marche pas en Grèce. Que ce soit pire qu’avant. Mais il aura des aides, Hollande, pour faire chuter la Grèce : les marchés financiers, en premier lieu. Et des pressions de la Commission aussi. Pourvu que le virage grec ne soit pas une réussite. Sinon, c’est toute l’oligarchie qui va se retrouver à poil devant les populations. « Eh bé alors, vous nous avez pourtant dit que la seule solution valable c’était l’austérité, et le réformes du marché du travail, des retraites, du chômage, et là, ils font l’inverse, et ça fonctionne mieux, et chez nous c’est pire ? Non, mais ho, hé, ça va mal aller, hein ! C’est quoi ce truc ? Pourquoi que vous nous avez mentis, hein ? » viendra dire le bon peuple, c’est-à-dire nous. Pour la plupart, en tout cas. Enfin, espérons-le.

Bref. Tout ça est amusant. Sauf qu’évidemment, en embuscade, devinez qui est là ? Les « bas du front », qui soutiennent… Syriza ! Le comble. Mais bon, on sait que le rateau est large chez eux désormais. Très large. En France, on n’est de toute façon pas assez mal en point pour avoir envie d’essayer une politique de gauche de type Syriza. Ce serait trop risqué pour nos actions en bourse, nos bien immobiliers, nos cooptations, copinages, avantages, et autres privilèges — bien répartis dans une part non négligeable de la population. A moins que l’exemple grec, suivi d’un exemple espagnol ne réveille quelque chose ici ?

A voir…