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Du cyber contre la kalach ?

Thursday 19 November 2015 à 01:21

online-loveTout comme en janvier dernier après la tragédie qui a frappé Charlie Hebdo et avec lui toute la France, des hacktivistes souhaitent donner une réponse cyber à l’horreur du terrorisme. Comment réagir quand, sidéré, devant la TV on assiste à un tel déferlement de violence et de haine ? Agir ? Oui ? Mais comment ?

Daesh utilise les réseaux sociaux pour diffuser sa propagande. Cette propagande fonctionne sur certains esprits faibles. Ce ne sont pas tous des terroristes en puissance, certains sont seulement faibles, ils ont la faiblesse de se laisser endoctriner et rediffusent à leur tour cette propagande. Ils échangent sur Twitter, Facebook, Telegram, sur des réseaux où les frontières entre le public et le privé leur apparaissent souvent un peu floues.

L’exploitation de sources ouvertes est souvent pour les enquêteurs, avec le renseignement d’origine humaine, le premier fil que tirent les enquêteurs. Toute action visant à essayer de venir à bout de l’océan de propagande que déverse Daesh sur ces réseaux peut avoir pour effet de priver les enquêteurs de ces informations.

Le mythe du loup solitaire rompu à l’anonymat et aux communications chiffrées en a pourtant pris des coups… plus d’une fois. Mohammed Merah s’est fait loger après une annonce sur leboncoin, et aujourd’hui, on apprend que c’est un SMS en clair qui a permis de remonter à la cache de Saint-Denis. Si certains utilisent  des moyens de communications sécurisés, il y a fort à parier que leur entourage plus ou moins proche ne s’embarrasse pas de techniques d’anonymisation élaborées. Et c’est en travaillant sur cet entourage que les enquêtes font parfois des avancées significatives. Torpiller le compte d’un maillon faible de cette chaîne n’est donc pas forcément une bonne idée.

On peut-être convaincu des intentions louables d’Anonymous quand il lutte de manière massive pour reporter des comptes et les faire fermer, mais dans les faits, ceci peut dans certains cas être préjudiciable au travail des enquêteurs qui doivent s’embarrasser d’une procédure supplémentaire pour accéder aux données d’un compte… une procédure pour laquelle des sites comme Twitter ne se sont pas toujours montrés des plus coopératifs.

Internet est un réseau de paix, ce n’est pas un champs de bataille, nous ne pouvons pas le brandir comme une réponse à des kalachnikovs. Au mieux, nous pouvons l’utiliser pour rétablir un lien avec cette jeunesse perdue qui est en position de faiblesse, de détresse, et qui se trouve à un moment de sa vie, sensible aux thèses de la haine. Dans ces moments plus que jamais, le cyber hacktiviste doit avoir en tête ce qu’est fondamentalement Internet et l’opposer à cette barbarie.

N’oubliez pas que les autorités françaises ont mis à disposition PHAROS, une plate-forme de signalement et qu’en des circonstances aussi graves, nous devrions commencer par la préférer à Pastebin.