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Le homard est plus dangereux que le LBD

Thursday 18 July 2019 à 10:44

Le mésusage de l'argent public plus fort que les éborgnements

Il aura donc suffi d'une semaine de révélations pour que le n°2 du gouvernement démissionne. A l'inverse, des mois de manifestations réprimées avec la plus grande violence n'auront pas ébranlé le ministre de l'intérieur, le premier ministre ou le président...

Manifestation des gilets jaunes le 26 janvier 2019 - © Reflets

Les révélations de Mediapart sur le rapport à l'argent public de François de Rugy ont eu raison du n2 du gouvernement Philippe. Il n'y a que l'armée de trolls macronistes sur les réseaux sociaux pour qui cette démission est injustifiée. Le peuple Français a de plus en plus de mal à tolérer un mésusage de l'argent public, l'affaire François Fillon et le mouvement des gilets jaunes l'ont largement démontré.

Cette intolérance a visiblement été intégrée par les politiques. Une fois la faute révélée, François de Rugy a préféré démissionner. Il y a bien sûr tout l'enrobage nécessaire. Je n'ai pas commis de faute, je démissionne pour mieux me défendre... La porte-parole du gouvernement, l'inénarrable Sibeth Ndiaye, a oscillé entre clous dans le cercueil et encouragements : "C'est un choix courageux qu'il fait, que je veux saluer, après un engagement de tous les instants au service du gouvernement, du président de la République et du Premier ministre." T'es le meilleur François, mais surtout prends plein de distance... Alors que le premier ministre Edouard Philippe demandait aux troupes quelles étaient les remontées du terrain après les articles de Mediapart, Sibeth Ndiaye a répondu : « J’etais en deplacement dans la Nievre samedi et j’ai eu droit a un comite d’accueil gilets jaunes plus homard », raconte le Canard Enchaîné de ce mercredi.

Indéboulonnable Castaner

Dans le temps, les ministres de l'intérieur avaient...

Grand débat national : une parole fluide mais des doutes sur l'issue

Monday 21 January 2019 à 18:31

Reportage à Villiers-le-bel

Reflets s’est rendu vendredi soir dans cette ville du Val d’Oise. Beaucoup des participants disent jouer le jeu mais douter de la sincérité de Macron

Débat national à Villiers le Bel - © Reflets

Une dame âgée voilée monte péniblement les marches de la mairie de Villiers-le-bel, une commune du Val-d’Oise. Mais elle tenait absolument à participer au débat national. Dans la salle des fêtes, des tables de huit ont été disposées. Les participants s’installent. A 20h, la salle affiche complet avec environ 70 participants.

« J’ai décidé de jouer le jeu en organisant cinq débats dans ma ville, un par quartier, déclare Jean-Louis Marsac, le maire divers gauche. Et pourtant je ne suis pas du tout macroniste. Mais c’est important de donner la parole aux citoyens. Aucun élu ne prendra la parole ce soir. Nous ne voulons pas avoir l’impression de récupérer le débat. Je suis là pour observer, on laisse parler, on observe. » Dans un coin de la salle, un autre observe discrètement avec intérêt : c’est Youssef Elouargui, le responsable local et départemental de la République en marche.

« Nous enverrons toutes les contributions brutes, sans synthèse, au préfet, détaille le maire. Ensuite, je ne sais pas comment ça sera traité. J’espère que ça servira à quelque chose… »

Colette, une responsable d’un conseil de quartier, a été choisie pour lancer et animer le débat. « L’important, c’est de vous écouter. Chacun est libre de s’exprimer, quelques soient ses opinions. Je vous demande de choisir un rapporteur pour qu’il note sur la feuille tout ce qui est proposé pour les quatre thématiques du débat : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté,...

Manifestation des gilets jaunes à Paris le 19 janvier 2019

Saturday 19 January 2019 à 23:20

Reportage photo - Acte X

La présence policière réduite au strict minimum a permis à la manifestation de se dérouler dans le calme. A peu près 10.000 personnes ont parcouru 16 km dans la capitale.

Un casque punk fabriqué avec des projectiles de LBD 40 - © Reflets

Signe d'un changement ? La manifestation déclarée du 19 janvier a été précédée dans sa progression par des cars de police, elle comptait en début de cortège au moins trois policiers en civil, identifiés par un brassard. Le mouvement s'institutionnalise un peu. Dans le service d'ordre, apparu il y a quelques temps mais très présent ce samedi, pas mal de tenues militaires et de bérets de toutes les couleurs. Autre particularité de cet Acte X, la présence dans le début du cortège de membres de groupuscules d'extrême-droite. Les antifa ont d'ailleurs tenté de les éjecter du cortège, avec plus ou moins de succès. Quelques affrontements ont donc eu lieu au sein même du cortège. Tandis que des manifestants portant des banderoles favorables aux migrants se frittaient avec les militants d'extrême-droite, à quelques dizaines de mètres, d'autre manifestants tentaient d'arracher leurs drapeaux à quelques membres de la CGT.

En fin de manifestation, quelques heurts avec les forces de police ont eu lieu derrière les invalides, et même si certains blessés par LBD sont à déplorer, l'usage de ce dernier était en diminution dans une proportion monumentale.

La multiplication des articles sur les blessés par tirs de LBD et des reportages TV sur ce sujets, la timeline de David Dufresne, ont probablement poussé les autorités à demander à leurs troupes de mettre un peu le holà à l'usage de cette arme qui a éborgné tant de manifestants.

Avant le départ, aux Invalides, le message du jour est clair : protester contre les violences policières - © Reflets
Avant le départ, aux...

Un petit pas vers la femme, un grand pas pour l'humanité

Friday 18 January 2019 à 14:29

Libérer la moitié de l'humanité pour nous sauver tous.

Depuis début janvier, les femmes ont fait un pas en avant dans le mouvement des gilets jaunes. Après avoir participé à l'acte VIII, elles ont remis le couvert et sont descendues de nouveau dans la rue le lendemain pour mettre en avant une image "inédite" du mouvement. Une image plus pacifique pour contrer la sur-médiatisation de la violence. Pour ramener le débat sur le fond.

Le Witch Bloc : militantes, écoféministes, émeutières - Le Journal Des Femmes

Mais l'engagement des femmes dans cette révolte n'est pas nouveau. Les premières études sociologiques sérieuses du mouvement témoignent d'une proportion de 45% de femmes, une donnée relativement classique pour les mouvements sociaux. Mais certaines choses ont changé. Elles sont souvent à l'initiative et se retrouvent plus souvent aux postes de représentation, un fait relativement nouveau, surtout pour les campagnes. Elles peuvent être retraitées ou venir de milieux populaires. Ce sont celles qui ont souvent du mal à finir les fins de mois. Elle peuvent être célibataires ou soutiennent seule leur famille. Elles sont souvent employées et sont, pour nombre d'entre elles, dédiées au "care" ou "prendre soin des autres". Une catégorie socio-professionnelle appelée aussi "cols roses", et rassemblant les infirmières, les aides à domiciles, les femmes de ménages, les professeurs, les animatrices et bien d'autres.

C'est une très bonne nouvelle. Non pas parce qu'elles pourraient amener une image différente au mouvement. Non pas parce que les CRS auraient plus de mal à tirer sur des femmes. Mais parce que la véritable révolution viendra d'elles.

Voyages dans une vision alternative et radicale du féminisme et de la lutte contre le capitalisme mondialisé.

Sans commentaires - Hans Lucas
Sans commentaires - Hans Lucas

Le laboratoire islandais

Octobre 2008, l'Islande s'enfonce dans la crise financière.

En l'espace de trois jours, 85%...

Manifestation des gilets jaunes à Paris le 12 janvier 2019

Sunday 13 January 2019 à 00:23

Reportage photo

La mobilisation ne faiblit pas en ce début d'année. Un long cortège s'est formé entre le boulevard Sébastopol et la place de l’Étoile ce samedi 12 janvier. Une fois arrivés à l’Étoile, les manifestants ont été encerclés par la police et les affrontements ont débuté. Les tirs de LBD 40 dans la tête ont été nombreux.

Sur le parcours - © Reflets

Les semaines passent et les manifestations se ressemblent. Un très long cortège s'est formé depuis le boulevard Sébastopol et s'est dirigé vers la place de l’Étoile. Difficile d'estimer avec précision le nombre de participants, mais il est probable que le chiffre de 8000 annoncé par le ministère de l'Intérieur soit à nouveau en deçà de la réalité.

Le défilé de gilets jaunes s'est déroulé sans incidents entre Bercy et la place de l’Étoile. Les forces de l'ordre restant hors de vue pendant tout le parcours.

En revanche, à peine arrivés sur la place, les manifestants ont été encerclés. Les camions de police, les canons à eau, les blindés sont sont immédiatement positionnés de manière à fermer toutes les avenues donnant sur l’Étoile.

Certains manifestants se sont, comme chaque samedi rapprochés des forces de l'ordre qui ont très rapidement fait usage de gaz lacrymogènes de manière assez massive. La tension est évidemment montée. Quelques projectiles ont volé en direction des forces de l'ordre. Au lieu de continuer de répondre avec les gaz lacrymogènes qui fonctionnent parfaitement pour disperser la foule, les policiers ont riposté avec des LBD 40. De nombreux manifestants ont été touchés à la tête. Selon un "medic" croisé en fin de manif, sans doute une dizaine.

Selon un policier, ce dispositif sert à enfermer pour ensuite laisser passer au compte goutte ceux qui veulent bien se disperser lorsque le moment de la fin de manif est...