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Trois médias indépendants s’associent pour enquêter sur l’empire de Patrick Drahi

Tuesday 20 December 2022 à 08:59

Reflets.info, StreetPress et Blast enquêtent conjointement sur les #DrahiLeaks

Ce mardi à partir de neuf heures, les trois médias publieront un article par heure. Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour être tenus au courant.

Trois médias indépendants pour creuser les DrahiLeaks - © Caroline Varon

Patrick Drahi est un homme puissant. Il est le propriétaire de plusieurs compagnies de télécommunications à travers le monde : SFR en France, Hot en Israël, Portugal Telecom, Altice USA… C’est aussi un magnat des médias, actionnaire majoritaire de BFM, RMC (télé et radio), I24News et, un temps, de L’Express et Libé auxquels il est toujours rattaché. C’est le genre d’homme auquel il est déconseillé de se frotter. Reflets.info en a fait l’amère expérience.

Courant août, le groupe de hackers russes Hive a mis en ligne sur Internet des centaines de milliers de documents piratés à Altice, l’empire tentaculaire de Patrick Drahi, après avoir échoué à faire chanter l’homme d'affaires. Reflets.info s’est, le premier, plongé dans cette mine d’informations. Début septembre il publiait, à partir des ces #DrahiLeaks une série d’enquêtes. La réponse de l’homme d’affaires a été immédiate et brutale.

Ses avocats attaquent le média au titre du secret des affaires afin de contourner le droit de la presse. Une loi mise en place sous Emmanuel Macron pour protéger les petits secrets des ultra-riches et des multinationales. C’est sur la base de ce texte que le tribunal de commerce, saisi par Altice, va censurer de manière préventive Reflets.info. Nous n'avons, en théorie, plus le droit d’enquêter sur la 11e fortune française.

Mais Reflets refuse de céder à la censure. Nous avons fait appel de la décision, nous lançant dans une bataille qui pourrait durer des années. Et désormais ...

Comment la Russie contourne les sanctions internationales

Monday 19 December 2022 à 18:00

Utilisations de banques suisses et émiraties, approvisionnements en Turquie, en Géorgie ou au Kazakhstan, les Russes s'adaptent

La Russie est très inventive pour contourner les sanctions internationales. De nouveaux circuits se sont mis en place pour continuer l'approvisionnement et limiter les effets de l'embargo. Certaines entreprises internationales font aussi le choix de continuer leurs activités. Mais les sanctions ont un impact réel, notamment dans la production de matériel militaire.

L'immeuble du magasin Tsoum à Moscou - NVO - Wikipedia - CC BY-SA 2.5

« Aujourd'hui, à Moscou, on trouve tous les biens grand public étrangers », raconte un expatrié français resté en Russie. « Au début de la guerre, au mois de mars, les rayons étaient vides mais ça n'a pas duré. » Appelons le Martin. Il travaille dans une entreprise de finance et discute avec ses amis et collègues russes des combines qui lui permettent de moins ressentir l'effet des sanctions. Au grand magasin Tsoum, l'équivalent des Galeries Lafayette de la capitale, les étals ont retrouvé les produits de luxe. Dior ou Gucci sont officiellement partis mais des réseaux parallèles d'approvisionnement se sont mis en place. Pourtant, officiellement, les sanctions interdisent l'exportation de produits de luxe d'une valeur de plus de 300 . Alors comment les Russes procèdent-ils ?

« C'est la Turquie qui est devenue la plaque tournante pour contourner les sanctions. Des importateurs locaux revendent à la Russie, et le tour est joué », assure Martin. Il raconte aussi le cas de la marque de produits de cosmétique l'Occitane. Dans un communiqué du 19 mai 2022, le groupe déclarait : « L’Occitane s'oppose fermement à l'invasion injustifiée de l'Ukraine et a décidé de quitter complètement la Russie. Le Groupe l’Occitane cède ses activités dans le pays à l’équipe de direction locale. Une fois cette procédure achevée, ce qui devrait avoir lieu d'ici la fin du mois de mai, le Groupe l’Occitane n'aura...

La faucille et le goupillon : enquête sur la « théologie rouge »

Tuesday 13 December 2022 à 12:20

Dessous Choc #9

Dans ce nouvel épisode de Dessous Choc, Timothée de Rauglaudre nous parle de sa nouvelle enquête : « Les moissonneurs » (éditions de l’escargot) qui lève le voile sur la théologie de la libération. Ce mouvement, peu connu du grand public, a pourtant accompagné de nombreuses luttes sociales, en particulier en Amérique latine, le berceau de sa fondation.

 moissonneurs - Copie d'écran
moissonneurs - Copie d'écran
Pour mieux comprendre les subtilités mais aussi l'héritage de ce que certains de ses détracteurs ont qualifié de « théologie rouge » – elle a longtemps senti le soufre ! –, le journaliste d'investigation , Timothée de Rauglaudre membre du collectif de presse « Extra muros », journaliste et actionnaire de Reflets, s'est rendu de l'autre côté de l'Atlantique, au Brésil et au Mexique.

Il y a rencontré des religieux, prêtres ou laïcs qui continuent de s’inspirer d’une théologie qui dérange l'ordre établi et les puissants – autant dans l'institution ecclésiale que parmi des États conservateurs – car elle fait prendre conscience aux pauvres qu’ils sont les acteurs de leur propre libération et qu’ils peuvent le revendiquer au nom de l’Évangile.

De Sao Paulo jusqu’aux hauteurs de Petrópolis, en passant par les montagnes du Chiapas, il nous embarque dans un road trip passionnant à la rencontre d’une théologie qui croise de manière étonnante l’engagement en faveur de la justice sociale et la foi en un libérateur divin.

Auditeurs de tous pays, bolcho-cathos ou non, écoutez et partagez !

« En tant que chrétien soucieux de la justice sociale et de l’écologie, il me semblait incontournable d’aller puiser chez ceux qui avaient su entendre les “clameurs des moissonneurs”. Si la théologie de la libération, née dans un contexte historique, social et culturel particulier, est difficilement transposable dans une Europe “développée” et en voie de déchristianisation avancée, ses enseignements n'en demeurent pas moins pertinents. », explique Timothée de Rauglaudre.

Recherche : une « belle endormie»... en plein cauchemar

Monday 5 December 2022 à 15:10

Le CINES, fleuron de la recherche française en informatique, a connu de sérieux bugs de management, demain RENATER ?

Les laboratoires de recherche sont des administrations à part avec leurs règles propres. Si l'on entend parler d’eux, c’est souvent pour l’annonce de percées scientifiques exceptionnelles ou de titres décernés à l’un de ses chercheurs. Pour le citoyen lambda cela ne fait pas de doute, la recherche française est à la pointe et elle avance. Les problèmes et les vices sont réservés aux autres services publics moins élitistes

Le supercalculateur Jade installé au CINES (2010) - Penalva - Wikipedia - CC BY-SA 3.0

Sous l’apparence scintillante de ces vitrines du savoir français, la réalité est parfois beaucoup plus terne. Pour ce premier volet d’une enquête sur le service public de la recherche, direction le sud de la France, l’Occitanie et plus précisément Montpellier. Sur scène, le CINES, le Centre Informatique National de l’Enseignement Supérieur. Et pour thème de cette pièce, le choc entre management façon « start-up nation » et les acteurs de cet établissement public. Alors, conte de fée ou tragédie grecque à la sauce française ?

Parmi les établissements placés sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ou MESRI), le CINES a un rôle un peu particulier. Il n’est pas un laboratoire de recherche à proprement parler, mais un moyen informatique mis à disposition par l’État pour l’enseignement et la recherche. La soixantaine d’agents qui y travaillent, composés d’experts, d’ingénieurs et de techniciens, s’occupent à y remplir ses trois missions statutaires et stratégiques. Tout d’abord l’hébergement de plateformes informatiques nationales, avec des salles informatiques à la pointe, accueillant, entre autre, des matériels de RENATER (le réseau haute performance de la recherche et de l’enseignement français), ou de l’INSERM (un institut de recherche sur la santé, la biologie et la médecine). Le CINES a aussi une mission d’archivage pérenne pour les données scientifiques, administratives et pédagogiques. Enfin, il est un...

Altice et les « faits alternatifs »

Monday 5 December 2022 à 09:48

Un milliardaire peut-il modifier la réalité pour qu'elle colle à ses envies ?

En s'attaquant judiciairement à tout (ou presque) ce qui évoque la fuite de données dont a été vitime Altice, Patrick Drahi tente de construire une réalité alternative où ce piratage n'a pas eu lieu. Spoiler : ça ne va pas marcher.

Kellyanne Conway en 2016 - Gage Skidmore - Wikipedia - CC BY-SA 3.0

Les offensives judiciaires de Patrick Drahi et de ses sociétés contre Reflets ou Radio-France commencent à dresser le portrait d'un homme qui utilise tous les arguments possibles et imaginables pour tenter d'écraser la liberté d'expression. D'une part ses avocats assénaient devant la cour d'appel de Versailles mercredi 30 novembre que Reflets évoquait des informations sans intérêt de manière sensationnaliste, de l'autre, il tente par tous les moyens de faire censurer nos écrits. Que peut-il craindre de la publication d'informations n'ayant « aucun intérêt » et qui ne seraient « pas d'intérêt général » ? Et pourquoi demander la censure de tout (ou presque) ce qui parle de ces informations ? Mais au delà de ces contradictions, se pose la question des faits alternatifs qui plombent la démocratie depuis leur « invention » par une conseillère de Donald Trump.

En janvier 2017, Kellyanne Conway, conseillère du président Donald Trump tente d'expliquer à la presse le gros mensonge de Sean Spicer, porte-parole de la présidence américaine. Selon lui, la presse a sous-estimé l'importance de la foule lors de la cérémonie d'investiture du président Trump, il prétend qu'elle a attiré « la plus grande audience à avoir assisté à une investiture, point final. » De fait, c'est totalement faux. Kellyanne Conway vient en renfort quelques jours plus tard et explique à un journaliste : « vous dites que c'est un mensonge […], notre...