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Un nouveau gouvernement au son des casseroles

Monday 23 May 2022 à 12:13

Soupçons de viol, de prise illégale d'intérêts, de corruption, la liste est très longue

Toute la presse s’interroge sur la parité dans le nouveau gouvernement, sur le fait qu’il contient des ouvertures à gauche ou au contraire, qu’il accentue le virage à droite, sur le nombre de reconduits et le nombre d’entrants. Reflets s’est plutôt penché sur les personnalités, sur ce qu’elles disent des choix qui ont été arbitrés par Emmanuel Macron, sur ce que ces choix impliquent comme renoncements et enfin, sur qu’ils disent de l’avenir.

Emmanuel Macron : ce que disent ses choix... - D.R.

Comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande, Emmanuel Macron avait promis en 2017 une république exemplaire. «Dans le principe, un ministre doit quitter le gouvernement s'il est mis en examen», expliquait le président à la télévision.

Le temps à passé, le réel s’est imposé. La liste des ministres démissionnaires, car pris dans la tourmente judiciaire, a été particulièrement longue pendant le quinquennat précédent.

Premier touché, Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, démissionne après des soupçons de prise illégale d’intérêts. Pas grave, il se recase à la présidence de l’Assemblée Nationale. La Justice estime qu’il y a prescription mais l’affaire est toujours en cassation.

Suivent François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard soupçonnés d’abus de confiance pour des emplois fictifs présumés au Parlement européen. François Bayrou, ministre de la Justice devait porter une grande loi sur la moralisation de la vie publique. L’homme de la situation. Il démissionne mais Emmanuel Macron le recase au Plan, un outil pourtant tombé en désuétude.

Pas ministre, mais parfait exemple de la République exemplaire, Alexandre Benalla, sorte de garde du corps d’Emmanuel Macron, frappe des manifestants déguisé en policier, avec l’aval des plus hautes autorités. Le scandale est énorme mais le président définit à cet instant sa politique non écrite en matière d’actes répréhensibles de la part de ses proches: «S'ils veulent un responsable, il est devant vous....

Législatives : les geeks à l’assaut de la rigidité administrative

Friday 20 May 2022 à 16:56

Le Parti Pirate avait rationalisé la procédure…

Pour simplifier la déclaration de candidature de ses futurs députés, le Parti pirate avait créé une application permettant de produire les documents nécessaires. Comme le CERFA original… et en mieux. Ça n’a pas plu à tout le monde.

Quand le PP fabrique ses CERFA... - Parti Pirate

Pour éviter une situation de type Astérix recherchant son laisser-passer A38 dans la maison qui rend fou, les membres du Parti pirate https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_pirate_(France) avaient prévu le coup. Composé en partie de geeks, le PP avait créé une application qui produit les documents nécessaires à la déclaration de candidature pour les législatives, avec toutes les informations sur les candidats, des documents imprimables. Cela devait faciliter le travail des candidats, pas toujours familiers du CERFA 16110 mais aussi celui des employés des préfectures qui n’auraient pas à déchiffrer les éventuelles pattes de mouches écrites à la main. Las… si le ministère de l’intérieur a une interprétation compréhensive des textes et autres directives et souhaite faciliter le processus de dépôt de candidatures, certains fonctionnaires ont parfois donné dans l’arbitraire alors que la fenêtre de tir pour se déclarer candidat était d’une semaine seulement . Les portes seront définitivement closes ce soir à 18h.

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« On aimerait avoir un peu plus de 100 candidats mais cela va être dur. Donc on visait plus de 75, notamment pour bénéficier de la campagne audiovisuelle. On en est à 77. La plupart du temps, ça se passe bien et on est très bien reçus. Mais c’est vrai que dans certains cas, peut-être 10%, les employés des préfectures ont fait du zèle et on sombre parfois dans l’arbitraire, chacun voulant interpréter les directives du ministère à sa manière »,...

Ukraine : les enseignements de trois mois de conflit

Friday 20 May 2022 à 10:49

Les combats se concentrent actuellement dans le Donbass

La situation militaire s’est plutôt figée ces dernières semaines, même si l’armée russe a engrangé quelques gains dans le Donbass. L’armée ukrainienne a pour sa part progressé dans la région de Kharkiv. On semble s’inscrire dans la perspective d’une guerre longue, même si des surprises ne sont pas à exclure. Retour sur près de 90 jours de guerre et perspectives.

Un soldat ukrainien retranché dans l'usine Azovstal à Mariupol le 16 mai. - D.R.

Quand le 24 février l’armée russe passe à l’offensive, certains soldats transportent déjà leur uniforme de parade. Vladimir Poutine, comme la plupart des analystes occidentaux, pensait que Kiyv tomberait en quelques jours. Mais, dès les premières heures, l’opération ne se passe pas comme prévu. Les Russes ne parviennent pas à tenir l’aéroport d’Hostomel qu’ils ont capturé grâce à une audacieuse opération aéroportée. L’aéroport change plusieurs fois de mains et est rendu inutilisable. Il est pourtant une pièce maîtresse pour l’approvisionnement des troupes qui doivent capturer la capitale.

«L’armée russe a échoué dans sa première phase de guerre éclair visant à décapiter le pouvoir ukrainien, analyse Cédric Mas, historien militaire et président de l’Institut Action résilience. Ils avaient parié sur un pouvoir fragile, un faible sentiment national et une armée qui s’effondrerait. Ils ont perdu. Et ensuite, ils ont mis plusieurs semaines à se sortir de ce bourbier et annoncer se recentrer sur le Donbass. Le revers initial enregistré s’explique aussi par la surestimation du nombre de soldats engagés initialement le 24 février. On parlait de 190-200.000 hommes, mais ils n’étaient peut-être que 120-150.000. Ils ont peut-être manqué de troupes et la logistique a aussi été défaillante.»

L'Osint change le suivi d'une guerre

Il n’est pas toujours simple dévaluer l’évolution des combats entre les armées russe et Ukrainienne, car ce qu’on appelle le brouillard de la guerre est...

Mise en examen de Lafarge pour complicité de crimes contre l'humanité en Syrie

Wednesday 18 May 2022 à 18:26

La cour d'appel confirme

La mise en examen d’une entreprise pour complicité de crimes contre l'humanité est une première mondiale. Nous republions aujourd'hui notre enquête de novembre 2017 qui racontait tous les détails des arrangements de Lafarge avec l'État islamique et la mise en danger de ses salariés.

Lafarge, en pleine activité à l'Assemblée Nationale fin 2017 - D.R.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a confirmé aujourd’hui la mise en examen de Lafarge pour complicité de crimes contre l'humanité. La multinationale, par le biais de sa filiale syrienne, aurait versé jusqu’à 13 millions d’euros à divers groupes armés, dont l’État islamique, afin de maintenir en activité sa cimenterie en Syrie. ECCHR et Sherpa, les associations à l’origine de la plainte, se félicitent de cet arrêt qui confirme qu'une entreprise suspectée d'avoir sciemment versé plusieurs millions de d’euros à une organisation criminelle peut être mise en examen pour complicité de crimes contre l’humanité.

Les juges ont également maintenu la mise en examen de Lafarge pour mise en danger de la vie des employés syriens.

A cette occasion, Reflets republie son enquête du 20 novembre 2017 qui vous aidera à mieux comprendre les enjeux de ce procès de longue haleine, visant à rechercher la responsabilité des entreprises lorsqu'elles placeraient leurs profits au dessus de la sécurité de leurs employés ou qu'elles contribueraient à des crimes sur des terrains de guerre par leur activité commerciale ou par leurs interactions avec les auteurs de ces crimes.


L’affaire remonte loin dans le temps et les documents auxquels Reflets.info a pu avoir accès montrent une entreprise complètement déconnectée des préoccupations éthiques et morales. La peur de perdre l’investissement réalisé dans l’usine de Jalabiya dans le Nord de la Syrie (650...

Ukraine : dans les territoires occupés, vivre sous le joug russe

Wednesday 18 May 2022 à 09:31

Les habitants racontent la surveillance et les exactions. Mais certains osent résister.

Du sud de l'Ukraine jusqu'aux banlieues occupées de Kyiv, les témoignages se ressemblent : les soldats de l'armée russe font vivre un enfer aux habitants. Ils subissent arrestations, assassinats et pillages. Toutes les personnes ayant une autorité politique ou morale sont dans le collimateur. Malgré cela, une résistance multiforme émerge et s'organise.

Sur le visage des déplacés se lit parfois l'horreur de ce qu'ils ont vécu. - Denis Meyer

Les zones occupées par l’armée Russe en Ukraine sont devenues un trou noir : il est difficile d’avoir des informations sur ce qui s’y passe. Reflets a pu recueillir des témoignages exceptionnels sur la vie sous le joug de l’occupant.

Une vie faite de privations, de pillages, d'arbitraire et d'exactions.

L’accès à la nourriture et aux médicaments est particulièrement difficile. Les prix des produits de première nécessité ont été multipliés par trois ou quatre. «Il est difficile de faire passer de l’aide humanitaire à cause du danger, explique Roman Rakhuba, directeur de l’association des églises mennonites d’Ukraine. Les soldats russes peuvent vous arrêter ou voler ce que vous transportez. Les combats sur la ligne de front sont fréquents.» Une menace plane tout spécialement sur les hommes : ils peuvent aussi être raflés à tout moment, car l’armée russe entend les mobiliser de force pour combattre l’armée ukrainienne.

Certains prennent tous les risques pour faire parvenir de l’aide humanitaire et évacuer des civils, quitte parfois à conclure un accord sordide avec l’occupant. «Un pasteur avait passé un marché avec les Russes: ils acceptaient qu’il amène de l’aide humanitaire et transporte des femmes et des enfants vers les zones tenues par l’armée ukrainienne en échange qu’il ramène des cadavre de soldats russes, raconte Roman Rakhuba. Il a pu ainsi faire sortir une centaine de personnes. Mais fin avril, quelque chose s’est mal passé, il a été arrêté à un barrage et...