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USA : après l'élection présidentielle, le mois de tous les dangers

Wednesday 4 November 2020 à 20:12

Une société clivée par un populiste sans foi ni loi

Il l'avait annoncé, Donald Trump s'est auto-déclaré vainqueur de la présidentielle. Cette annonce risque de polariser encore plus une société déjà au bord du gouffre après quatre année de délires et de politique clivante.

Donald Trump - D.R.

Les votes ne sont pas encore tous dépouillés, mais qu'importe ? Donald Trump a annoncé, comme il l'avait dit auparavant, qu'il était le vainqueur de la présidentielle américaine. Il évoque une « fraude majeure » pour la nation américaine, comme si le camp de Joe Biden tentait de lui voler sa victoire. Donald Trump est un homme acculé. Les affaires judiciaires l'entourent, comme Nicolas Sarkozy en France. Il pourrait même, selon certains observateurs, être le premier ancien président à intégrer une prison. Tente-t-il le tout pour le tout avec ces déclarations qui ne manqueront pas d'inciter quelques fans illuminés à défendre leur idole au prix de quelques vies ? De nombreux Américains prennent acte, dans chaque camp, de la fracture profonde qui est née dans le pays. Une nouvelle guerre civile n'a jamais été aussi proche, préviennent les plus inquiets. D'ailleurs, au delà des milices d'extrême-droites, toujours très armées et qui n'hésitent pas à verser dans la violence, les électeurs de « gauche » ont dévalisé les magasins d'armes en prévision d'un contexte post-scrutin dangereux.

Tweet de Donald Trump - Copie d'écran
Tweet de Donald Trump - Copie d'écran

En annonçant sa victoire avant l'heure, Donald Trump ouvre la voie à une bataille juridique - les deux camps ont engagé une armée d'avocats - et dans ce laps de temps, les deux camps hystérisés pourraient être menés à l'affrontement violent. Les États-Unis où les armes circulent massivement dans la...

Macron invente le confinement « en même temps »

Wednesday 4 November 2020 à 13:06

T'es confiné mais t'es pas confiné

Paniqué à l'idée que l'économie s'effondre alors que l'élection présidentielle pointe le bout de son nez, Emmanuel Macron et le gouvernement se refusent encore à prendre des mesures drastiques. A quel prix ?

Porte Saint-Martin lors du premier confinement - © Reflets

En même temps t'es confiné, en même temps tu travailles, en même temps t'es confiné, en même temps tu vas à l'école. Comme disait une publicité célèbre: ça ressemble au confinement, ça a le goût du confinement mais ça n’est pas un confinement. Dans la rue, la circulation reste importante. Une impression confirmée par les données diffusées par Apple et Google à partir de la géolocalisation de nos portables. Elles montrent que, si la circulation a bien baissé, cela n’a rien à voir avec le premier confinement. Seuls la moitié des trajets ont été suspendus.

Pourtant il y a le télétravail, direz-vous. Il « n’est pas une option » et il doit être appliqué « cinq jours sur cinq » quand c’est possible, martèle le gouvernement. Mais voici ce qui est écrit dans le protocole sanitaire national : «Le télétravail est une solution à privilégier, lorsque cela est possible : il doit être favorisé par les employeurs, sur demande des intéressés et si besoin après échange entre le médecin traitant et le médecin du travail, dans le respect du secret médical. Il doit être favorisé aussi, autant que possible, pour les travailleurs qui, sans être eux-mêmes à risque de formes graves, vivent au domicile d’une personne qui l’est.» Qui apprécie le «lorsque cela est possible» ?

Télétravail : même l’État ne joue pas le jeu

Entre le discours et les actes, il y a un gouffre. Sur les réseaux sociaux, la grogne monte. Des salariés racontent que leur entreprise les oblige à venir dans les...

LREM plus karcher que Nicolas Sarkozy ?

Monday 2 November 2020 à 18:17

Une proposition de loi sur "la sécurité globale"

C'est sans doute parce qu'un projet de loi sur la "sécurité partielle" aurait paru peu pertinent que LREM a choisi ce titre... Et aussi parce que le concours de celui qui sera le plus tapedur est ouvert depuis très longtemps. Au menu, à nouveau, surveillance par drone, interdiction de publier des visages des policiers...

Un gendarme pilotant son drone le 16 novembre 2019 près de la place d'Italie, lors de l'acte 53 des gilets jaunes - © Reflets

Selon les mots mêmes des auteur du projet de loi, « le budget de la sécurité a augmenté de plus d’un milliard d’euros depuis cette date [le début du quinquennat - NDLR] et le recrutement, sans précédent, de 10 000 policiers et gendarmes a été lancé sur cinq ans". Alors que le pays s'enfonce dans une pandémie que l'exécutif a bien du mal à simplement contenir, que le nombre de lits d'hôpitaux continue d'être réduit, les députés LREM n'ont rien trouvé de mieux que de remettre sur le tapis de vieilles lunes, comme l'interdiction de filmer et de diffuser des images des policiers en opération, ou la légalisation des images de surveillance par drones, déglinguées par le conseil d'État. Si l'on ne peut pas passer par la porte, on passera pas la fenêtre... A chacun ses priorités.

Ils sont une flopée à avoir présenté ce projet le 20 octobre dernier, mais sont mis en avant Jean‑Michel Fauvergue, Alice Thourot, Christophe Castaner, Olivier Becht, Yaël Braun‑Pivet et Pacôme Rupin.

Toutes les vieilles lunes du camp tapedur ultra-libéral se retrouvent dans ce projet et l'exposé des motifs. Les mots-clef sont bien là : « continuum de sécurité, sécurité globale, partenariat des sécurités du quotidien, montée en compétences, nouveaux moyens technologiques, élargissement de leur domaine d’intervention, recours à la sous‑traitance ».

Le chapitre premier du projet de loi porte sur les polices municipales. Les auteurs du texte veulent permettre « à...

La lettre de Jaurès aux instituteurs selon Blanquer

Sunday 1 November 2020 à 16:47

Le ministre a expurgé un passage gênant

Pensait-il vraiment que personne ne lirait l'originale ? Toujours est-il que le ministre a opéré une coupe sauvage dans le texte. On comprend vite pourquoi...

Jean Jaurès en 1914 - Albert Harlingue/Roger-Viollet

Jean-Michel Blanquer, le minstre de l’Éducation Nationale a pris soin d'expurger un passage de la Lettre aux instituteurs de Jean Jaurès. Voilà ce que les élèves n'entendront pas demain :

"J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître."

" C'est sûr que les épreuves communes de contrôle continu, les E3C, prévus dans la réforme du bac de Blanquer correspondent bien à la critique de Jaurès, il ne fallait pas que les élèves et les profs entendent ça, s'amuse une professeure d'histoire géographie qui nous a alerté sur cette censure. On a décidé d'en parler en salle des profs entre nous. Ils ne sont vraiment pas malin aux ministère."

Lettre aux instituteurs et institutrices (selon Blanquer)

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire:...

En marche vers l'arbitraire ?

Saturday 31 October 2020 à 11:45

Pour certains, l'Etat de droit, c'est dépassé

La droite et l'extrême droite se rejoignent dans la surenchère verbale après les attentats. Le concours Lépine des idées sécuritaires est ouvert. Eux ne sont pas au pouvoir. Mais La République en marche dans son projet de loi sur la "sécurité globale" veut rogner un peu plus sur nos libertés et sur l'Etat de droit.

Frontière entre les provinces de Guantanamo et Santiago à Cuba - Paul Keller - Wikipedia - CC BY 2.0

Après les tragiques attentats de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice, la droite et l'extrême droite manipulent la surenchère. Jusqu'à l'outrance. Le concours Lépine des idées sécuritaires est ouvert.

Marine Le Pen vitupère, comme à son habitude, : « Puisque le terrorisme est un acte de guerre, il exige une législation de guerre. »

Mais les Républicains sont aujourd'hui quasiment sur la même ligne. Le maire de Nice Christian Estrosi veut que « la France s'exonère des lois de la paix pour anéantir définitivement l'islamo-facisme ». Pour lui, « on ne peut pas régler « _En tant que maire, je veux avoir la liste des fichés S; et partout où des centres de supervision urbains sont munis de logiciels, pouvoir mettre en place la reconnaissance faciale. Par souci de clarté, j'évite d'être aux côtés de la clique islamo-gauchiste qui fait semblant d'adorer la République le jour, et la nuit encourage ses pires ennemis.Ces gens sont les complices intellectuels des islamo-fascistes! »

Eric Ciotti, toujours dans la mesure, embraye en réclamant un « Guantánamo à la française » pour les terroristes islamistes qui vont sortir, pour les détenus de droit commun qui se sont radicalisés en prison et pour les fichés S, qui seraient 20.000 selon lui, les plus dangereux. Avec combinaison orange et torture au menu ? Et d'ajouter : « Il faut arrêter avec la défense de ces pseudos libertés individuelles. » C'est sûr, la liberté d'expression, la liberté...