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Face à l'épidémie de Coronavirus

Tuesday 17 March 2020 à 19:02

« J’ai été infecté par le Covid19 »

Yves habite l’Essonne en région parisienne. Il a été très probablement atteint par le virus, même s’il n’a pu être testé. Tout juste remis, il raconte la traversé de cette maladie, et les débuts de sa nouvelle vie de confiné en famille.

Le 17 mars 2020, dans Paris confiné, un passant porte un masque - © Reflets

«Mes symptômes ont vraiment commencé le jeudi 5 mars. En fait, j’étais déjà enrhumé le week-end avant. J’ai eu de la température, je ne me sentais pas bien. J’ai pensé à la grippe, pas au Covid. Le lendemain, ça s’est encore dégradé. Là j’ai commencé à penser au coronavirus et j’ai appelé le 15. Un médecin m’a dit: «C’est la grippe saisonnière, prenez du paracétamol et rappelez si ça persiste après le week-end.» J’ai du aller voir mon médecin pour avoir un arrêt de travail. Il m’a examiné et il a diagnostiqué le Covid, car mes bronches étaient très prises. Là, j’ai eu un épisode de 4 ou 5 jours avec 40C de température, puis c’est redescendu. Depuis dimanche, je n’ai plus de fièvre, mais j’ai toujours une toux grasse et mal à la gorge. Je me remets doucement. Au départ, personne n’a dit à ma compagne de se confiner. Finalement, le ministère qui l’emploie lui a demandé de faire du télétravail à partir du 12 mars. Donc elle est en quatorzaine. Elle n’a pas été vraiment malade, juste un peu de toux, pas de fièvre. On ne sait pas si elle a été touchée. Mes deux enfants n’ont eu aucun symptôme. J’ai rappelé le 15 vendredi 13 mars pour savoir quoi faire pour la suite. Le médecin m’a dit: «Vous êtes guéri, pas besoin de quatorzaine. Lavez-vous les mains régulièrement.» De toute façon, nous sommes maintenant tous en télétravail, donc la question ne se pose plus…

J’aurais bien voulu être testé pour savoir si j’ai été contaminé par ce virus avec certitude. Ce qui m’énerve est de voir...

Dans l’Est de la France, l’épidémie de covid19 explose

Monday 16 March 2020 à 19:02

Le professeur de médecine Jean-Philippe Mazzucotelli alerte

Chirurgien à l'hôpital de Strasbourg, il témoigne des conséquences de l'épidémie et alerte sur le manque de moyens en matériel. Il demande aux personnels de santé de profiter du temps qui reste avant l'explosion des cas pour se préparer. Il s'emporte contre la mauvaise communication gouvernementale qui n'a pas permis de prendre la menace au sérieux.

Jean-Philippe+Mazzucotelli

"On va vers une catastrophe sanitaire, alerte le Pr Jean-Philippe Mazzucotelli, chirurgien cardiaque au CHRU de Strasbourg. Notre courbe épidémique suit celle de l’Italie avec quelques jours de retard. L’Italie qui a 5000 lits de réanimation est dépassée. Ca risque d’être pareil chez nous."

La situation la plus grave est à Mulhouse et à Colmar. Dans ces hôpitaux, les services de réanimation sont saturés. «Des cas très graves sont envoyés dans les hôpitaux voisins. A Strasbourg, on a reçu 10 malades de ces hôpitaux dimanche. On a 150 malades Covid19, dont 50 en réanimation. Il nous reste 10 lits de réa de libre.», raconte-t-il.

Le professeur déplore vivement que le matériel manque. «C’est de la folie, on n’a pas la base. Les masques FFP2 (NDLR avec un filtre) sont en nombre très limité et réservés aux personnels au contact direct des patients. On économise les masques au maximum. A Colmar, c’est pire. Dans 48 heures, ils n’ont plus de masques du tout, plus de gel hydroalcoolique. Et aux dernières nouvelles, il n’était pas prévu que l’hôpital soit ravitaillé, mais j’espère que ça va être fait. Et ils manquent de respirateurs pour la réanimation

Parmi ses craintes le manque de personnel et l’épuisement de ceux qui sont en première ligne.

Pour le moment, les internes et les étudiants en médecine ou en soins infirmiers ont été appelés en renfort. «Certains appuient les services de réanimation d’autres le dépistage du virus. Des anesthésistes-réanimateurs et...

La mondialisation heureuse remise en question

Monday 16 March 2020 à 16:56

Pour combien de temps ?

La soudaine prise de conscience de la nécessité d'activités non rentables, des répercussions de la délocalisation à outrance, sera-t-elle oubliée sitôt le virus sorti de notre quotidien ?

L'homme qui a eu une révélation - D.R.

Même Emmanuel Macron, champion de la mondialisation heureuse, de la casse du service public et des acquis sociaux s'y est mis dans son premier discours sur l'impact en France du Coronavirus. « Ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenus, de parcours ou de profession, notre État providence, ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe ». Il y a là comme un aveu ou sorte de prise de conscience, la santé n'est pas un coût.

Un coût... Le mot est important. Depuis le mitan des années 80, tout est considéré, par principe comme un coût. Dans tous les domaines d'activités, tout est regardé comme un coût... à réduire bien entendu.

De ce changement de paradigme, est née une horde de cost-killers, des gens chargés de réduire les coûts. Les coûts humains, les coûts de production, tous les coûts. Armés de fichiers Excel, ils ont contribué à détruire allègrement des savoir-faire, des vies, une infrastructure. N'est-il pas plus « rationnel » de remplacer les correcteurs dans la presse par le correcteur orthographique de Word ? Plus « rationnel » d'envoyer les journalistes chercher de la doc sur Internet plutôt que de conserver un service de documentation ? Plus « rationnel » de délocaliser la production de tous les biens possibles et imaginables dans des pays où le droit du travail est tellement plus coulant que le coût de la main...

Coronavirus : une crise en deux temps ?

Sunday 15 March 2020 à 23:51

Sanitaire, puis financière...

C'est logique, tous les regards sont actuellement tournés vers la crise sanitaire à laquelle le monde doit faire face. Mais lorsque celle-ci sera derrière nous, il faudra faire face aux effets de la crise financière qui s'annonce.

Le Dow Jones sur 5 jours. - Copie d'écran

Seule certitude à ce stade, les marchés financiers dans leur ensemble se sont écroulés. Pas un peu. Beaucoup. Vont-ils repartir à la hausse dès que le nombre de malades baissera ? Peut-être. Rattraperont-ils leurs pertes ? Qui sait ? L'incertitude est la seule certitude. Vous pouvez aligner toutes les intelligences artificielles, tous les réseaux de neurones, faire tourner tous les modèles que vous voulez, il va être très difficile, et sans doute impossible de prévoir la profondeur de la crise qui s'annonce. Bien malin qui pourrait savoir quelle sera la baisse de chiffre d'affaires des entreprises à l'échelle de la planète alors que les économies de plusieurs pays à fort PIB se mettent à l'arrêt un domino après l'autre. Combien d'entreprises passeront le cap ? Combien de particuliers seront encore plus précarisés ? Cesseront de consommer pour une période plus ou moins longue après la remise en route du système, par manque de ressources ? Bref, une récession est quasi certaine. De quelle ampleur ? Mystère.

Et tout ça à cause d'un virus ? Pas uniquement. Les marchés actions et obligataires sont surévalués depuis des années. En inondant le secteur de la finance d'argent gratuit pour le sauver d'une catastrophe qu'il avait lui-même produite, les banques centrales ont créé une nouvelle bulle. Et les bulles finissent toujours par exploser. Souvent parce qu'un acteur verbalise ce que tout le monde sait mais garde pour soi : "la...

Confierait-on la supervision d'une thèse de médecine à un boulanger ?

Sunday 15 March 2020 à 10:52

Dans le numérique, tout est possible

Mais où vont-ils chercher tout ça ? La rafale d'inepties débitées dans la foulée du zizigate laisse rêveur. C'est donc à ces ignares en technologies que l'on confie la préparation de l'avenir technologique du pays ou de l'Europe. Il y a de quoi avoir peur.

Le monde est une start-up

Consolons-nous, ce n'est pas nouveau. Les politiques sont rarement des spécialistes du sujet concernant le poste auquel ils sont élus. Et en matière de numérique, la liste des plantages des politiques au fil des ans est quasiment infinie. La BPI qui finance Amesys et Qosmos, le Minitel que France Telecom voulait protéger en empêchant Internet de se déployer en France, le Bibop lancé en même temps que les GSM...L'inventivité de nos politiques et de nos grands patrons dans le secteur du numérique est sidérantes. Mais on comprend mieux ces erreurs stratégiques lorsqu'on ausculte leur analyse d'un problème touchant de près ou de très loin à Internet. Le zizigate en est une illustration frappante.

Le point le plus atterrant est sans doute l'attaque en règle et en meute contre "l'anonymat" qui permettrait toutes les horreurs.

Il faut « réguler les torrents de boue qui se déversent sur les réseaux sociaux », a expliqué pépère le président LR du Sénat, Gérard Larcher. Pour le député LREM du Rhône Bruno Bonnell, il faut lutter contre les « déviances que l’anonymat cautionne, comme la calomnie ou la diffamation ». « On doit aller vers une levée progressive de toute forme d’anonymat », avait pour sa part expliqué Emmanuel Macron en 2019.

Passons sur le mélange des genres entre anonymat et pseudonymat... Si l'on reprend l'histoire du piratage informatique depuis l'arrivée du Net, on se rend vite compte, sans même avoir de notions...