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Le FIC et Avisa Partners : circulez, il n’y a rien à voir

Friday 14 October 2022 à 11:17

Personne ne semble voir de problème à ce que Avisa Partners continue de coorganiser le Forum International de la Cybersécurité.

Interrogés, les exposants et autres « partenaires » du FIC n’ont même pas daigné répondre à nos sollicitations. Seule la CNIL et le Crédit du Nord ont pris la peine de rédiger un petit mail avec une réponse claire : circulez…

Avisa Partners, l'influence pas très éthique

La fin de l’année calendaire a été un peu agitée pour la société Avisa Partners. Cette boite, spécialisée dans l’influence et « l’intelligence » a été épinglée par Fakir, Mediapart, Marianne, Reflets et quelques autres pour ses pratiques éthiquement très discutables. Avisa a été prise la main dans le sac pour une pratique très répandue : la fabrication de faux articles publiés sur de vrais faux sites de presse ou dans les zones de publication libre des journaux officiels, comme les blogs de Mediapart. Outre cette pratique contestable, la société a été surprise par Wikipédia… Elle modifiait subrepticement l’encyclopédie pour le compte de ses clients. Wikipédia a donc décidé de bannir définitivement Avisa et tous ses faux-nez. Une décision rare et cette fois largement médiatisée par Wikipédia qui n’a pas du tout apprécié la blague. En outre, Reflets avait pu établir que les fondateurs d’Avisa évoluaient dans une galaxie de sites et de représentants de l’extrême-droite catholique tradi. Arnaud Dassier, l’un des premiers actionnaires, s’était d’ailleurs engagé aux côtés d’Éric Zemmour pendant la campagne présidentielle. Les pratiques mises au jour par le JDN, puis Fakir et Mediapart, ne sont pas illégales, elles pourraient être en revanche considérées éthiquement et moralement très discutables. Maintenant que tout cela est public, qu’en pensent les exposants du Forum international de la cybersécurité (FIC) ? Se sentent-ils à l’aise dans leur position d’exposants, de «...

Pourquoi Reflets a décidé de continuer de publier son enquête sur Altice

Thursday 13 October 2022 à 09:57

Patrick Drahi ne nous fera pas taire

Le 6 octobre 2022, la rédaction de Reflets a été condamnée à se taire au motif que nous pourrions à l'avenir menacer le secret des affaires. La liberté de l'information est sérieusement remise en cause par la justice. Face à ce jugement incroyable, notre journal est entré en résistance en continuant de publier notre enquête d'intérêt général.

L'information ne doit pas être soumise aux puissances de l'argent

Reflets ne transige pas avec la liberté d'expression. Informer ne peut pas être un délit. C'est pourquoi, après un court débat interne et un vote à l'unanimité, notre journal a fait le choix de continuer de publier son enquête, qui est d'intérêt général.

La décision du tribunal de commerce de Nanterre est du jamais vu : au nom du secret des affaires, il est décidé d’une censure préalable de toutes informations susceptibles d’être publiées sur cette entreprise au nom d'une putative violation du secret des affaires. En somme, nous sommes condamnés avant même d'avoir commis le moindre délit.

Le tribunal exigeait dans son ordonnance que Reflets ne publie plus d'informations, sans même préciser lesquelles.

Nous avons fait appel.

Des juges professionnels (ce que ne sont pas ceux du tribunal de commerce) vont donc se pencher sur ce dossier dans des délais que nous espérons assez raisonnables.

Entre temps, les médias et les journalistes ont vivement réagi face à cette menace qui concerne toute la profession. A ce jour plus de 100 journaux, syndicats, journalistes, ont signé une tribune initiée par le Fonds pour une Presse Libre : « Drahi ne nous fera pas taire ».

Les procès-bâillons visant à épuiser financièrement la presse, initiés par des milliardaires ou des entreprises aux moyens financiers colossaux posent réellement question. Quelle démocratie peut exister sans une presse libre, comment le citoyen peut-il faire des choix sans avoir accès à une...

« Giorgia Meloni doit son succès au fait qu'elle incarne la nouveauté »

Wednesday 12 October 2022 à 18:21

Analyse du succès du parti d'extrême droite Fratelli d'Italia arrivé en tête aux élections législatives italiennes

Ce parti populiste, anti-establishment et méfiant envers l’Europe et qui assume une continuité avec l'héritage de Mussolini est devenu la première formation politique avec 26% des voix. Marc Lazar, spécialiste de l’Italie et professeur émérite d'histoire et de sociologie politique à Sciences Po et Président de la School of government de l'université LUISS à Rome, décrypte sa fulgurante ascension.

Page Facebook de Giorgia Meloni - Copie d'écran

Décrivez nous Fratelli d'Italia. Comment le qualifiez-vous sur l'échiquier politique ?

Marc Lazar : C’est difficile de trouver un qualificatif unique d’autant que ce parti ne cesse d’évoluer. Il n’est pas fasciste comme l’était celui de Mussolini qui comportait des éléments armés, quand bien même le symbole de la flamme qu’arbore Fratelli d'Italia marque une continuité. C’est un parti populiste, anti-establishment et méfiant envers l’Europe. Giorgia Meloni défend par ailleurs des positions souverainistes nationalistes, identitaires et conservatrices sur les questions sociétales. Elle considère ainsi que le droit national doit primer sur le droit européen, qu’être italien c’est avant tout être chrétien. Qu’il faut promouvoir la famille traditionnelle et la natalité, le droit du sang, combattre l’avortement et le lobby LGBT qui menacerait ces valeurs. Ce qui ne l’empêche pas de changer d’avis sur des points essentiels : par exemple, elle a cessé de prôner la sortie de l’Union européenne et de l’euro quand elle a réalisé que l’opinion italienne, quoique critique, y était attachée.

Comment Fratelli d'Italia est-t-il parvenu à marginaliser la Ligue de Salvini ? Et qu’est-ce qui les différencie ?

La ligue de Salvini s’est effondrée du fait des positions incohérentes de son leader lors de la crise sanitaire et pour avoir participé au gouvernement de Mario Draghi, ce qui la fait apparaître comme un parti de l‘establishment. Conséquence, aux élections législatives,...

Patrick Drahi a-t-il menti sous serment aux sénateurs ?

Tuesday 11 October 2022 à 10:05

Il a affirmé ne jamais avoir eu de société au Panama mais il joue sur les mots

Patrick Drahi est le propriétaire d’Altice. La société n’est pas cotée en bourse. Si des contrats de fiducie ont été conclus par des sociétés de son groupe dans ce pays, peut-on dire alors qu’il s’est arrangé avec les faits ?

Patrick Drahi devant la commission d'enquête des sénateurs sur la concentration des médias - Copie d'écran

Le 2 février 2022, Patrick Drahi, président d’Altice, était auditionné par la commission d’enquête sur la concentration des médias du Sénat. Le sénateur de Paris, David Assouline s'appuie sur un schéma fonctionnel du groupe pour évoquer les participations d’Altice dans toute une série de pays. Une entreprise basée au Panama apparaît dans cet organigramme.

Patrick Drahi prend la parole : « Je n’ai jamais eu de société au Panama. Je sais que je suis en déclaration sous serment. J’ai intenté une démarche que j’ai arrêtée parce que ça ne sert à rien de perdre son temps auprès de France Televisions parce que j’étais l’ennemi public numéro un sur les Panama Papers. Je n’ai jamais eu de société au Panama. On a beau expliquer cela aux journalistes, une fois que le mal est fait, c’est trop tard, c’est publié, tout le monde croit ce qui est publié même si c’est faux... ».

Lorsqu’éclate l’affaire des Panama Papers, plusieurs journaux pointent la société Jenville S.A., située au Panama et qui serait liée à Patrick Drahi. Mais en 2016, Le Monde avait publié un article pour remettre les choses à plat. Jenville S.A. qui figurait dans les Panama Papers était à la tête des activités médias du groupe Altice. Le Monde temporise dans son article : « aucun document n’associe directement Jenville S.A. à Patrick Drahi ». De son côté, en 2015, Le Canard Enchaîné notait toutefois :

« Que l’on se rassure : joints par Le Canard, ses financiers ne contestent pas le schéma élaboré par Benoît...

Patrick Drahi ne nous fera pas taire !

Monday 10 October 2022 à 15:07

Le Fonds pour une Presse Libre initie un appel des médias et organisations de presse en soutien à Reflets

Plus de 100 médias indépendants et organisations de journalistes s’indignent de la décision de justice obtenue par le milliardaire et son groupe Altice contre nous. Au nom du secret des affaires, il est décidé par le tribunal de commerce de Nanterre d’une censure préalable de toute information susceptible d’être publiée sur cette entreprise. Du jamais vu.

Un appel du FPL

Alors que nous faisons face à une attaque du groupe Altice qui a abouti à une décision du tribunal de commerce nous interdisant de publier de nouveaux articles, le Fonds pour une Presse Libre (FPL) a initié un appel des médias. Déjà 7plus de 100 journaux indépendants ont signé ce texte ainsi que plusieurs syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT) et organisations de presse, dont la Fédération européenne des journalistes (EFJ). Reflets et le FPL invitent les journalistes, à titre personnel, les sociétés de journalistes et les médias qui ne seraient pas encore signataires à nous rejoindre en envoyant un mail à cette adresse. Nous faisons appel de l'ordonnance rendue par le tribunal de commerce pour nous-mêmes, mais plus largement, toute la profession. Car c'est tout le travail d'investigation journalistique à venir qui est frappé de plein fouet par cette décision. Il nous semble essentiel que toute la presse s'associe à l'idée que ni les grands groupes, ni quelques milliardaires pourront faire taire les journalistes via la loi sur le secret des affaires.

Nous publions ci-dessous cette tribune.


Pilier de la République, la loi de 1881 sur la liberté de la presse proclame en son article 1 : « L’imprimerie et la librairie sont libres ». C’est ce principe fondamental que le tribunal de commerce de Nanterre vient de violer, saisi en référé par le groupe Altice, basé au Luxembourg et propriété du milliardaire Patrick Drahi.

Dans une décision rendue le 6 octobre...