PROJET AUTOBLOG


Reflets

Site original : Reflets

⇐ retour index

Le dépistage en France au doigt mouillé

Wednesday 15 April 2020 à 13:02

Entre pénuries et annonces, pas facile de s'y retrouver

Avec l'appel de l'OMS mi-mars, on a compris que pour mieux lutter contre la pandémie, il fallait tester massivement. Mais comment faire quand on manque de l'essentiel pour prélever comme on voudrait ? Font défaut les masques toujours, mais aussi les réactifs pour détecter le virus, et les écouvillons pour aller le chercher dans le nez. Malgré tous les efforts de la filière, les objectifs pour la fin du mois restent moitié moindres qu'en Allemagne...

Un centre de dépistage "drive" - INOVIE

"Nous avons un message simple à tous les pays : testez, testez, testez les gens !", a appelé le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à la mi-mars pour faire face à la pandémie du coronavirus. Mais encore faut-il en avoir les moyens, ce qui ne semble pas forcément être le cas de la France. "De 5.000 tests par jour (…), nous sommes passés à 12.000 tests sur une journée comme aujourd'hui. Nous serons à (…) 30.000 tests d'ici à une grosse semaine. Et enfin, nous atteindrons les 50.000 tests par jour par PCR [tests permettant de détecter le virus, NDLR] d'ici la fin du mois d'avril", a donné comme direction Olivier Véran, le ministre de la Santé, deux semaines plus tard. Est-ce bien suffisant ?

A titre simple de comparaison : 50.000 tests par jour, cela correspond à 350.000 tests par semaine, quand l'Allemagne revendique pouvoir déjà en réaliser jusqu'à plus de 700.000 par semaine. Non seulement les dépistages sont plus nombreux, mais ils ont commencé bien plus tôt, dès la mi-janvier, outre-Rhin. C'est d'ailleurs l'un des éléments qui pourrait expliquer que le pays soit si peu affecté aujourd'hui. Officiellement, les décès liés au covid-19 s'élèvent à quelque 3.000 en Allemagne, contre 15.000 en France.

Les chiffres de l'OMS pour l'Europe au 15 avril 2020
Les chiffres de l'OMS pour l'Europe au 15 avril 2020

Pour être précis, où en sommes-nous exactement de nos capacités de tests en ce moment ? "En toute transparence",...

Le FMI prévoit une période très dure pour l'économie mondiale

Wednesday 15 April 2020 à 12:16

Un ralentissement de l'économie de 3% en 2020

Dans son rapport World Economic Outlook d'avril, le Fonds monétaire international prend acte du "grand confinement" et dépeint une crise économique profonde. Il prévoit toutefois un beau rebond en 2021. Mais dans le cas d'un scénario qui est optimiste.

Le rapport (partiel) du FMI

C'est un rendez-vous habituel. Tous les trois mois, le Fonds monétaire international (FMI) publie un rapport dans lequel ses analystes tentent de prédire l'avenir économique de la planète. Cette fois, les experts du Fonds ont été surpris. La pandémie du coronavirus est venue secouer leurs travaux assez violemment. Et cette fois, l'exercice qui tient déjà de la boule de cristal, l'économie n'étant pas une science, encore moins exacte, semble encore plus improbable...

"Un scénario de pandémie avait été évoqué comme une possibilité lors de précédents débats de politique économique, mais aucun d'entre nous n'avait une idée précise de la forme concrète qu'il prendrait et de ses conséquences pour l'économie. Nous faisons maintenant face à une sinistre réalité", indiquent d'emblée les économistes. Si les politiques n'étaient pas prêts à faire face à une pandémie, en dépit de plusieurs alertes des services de renseignement, comme l'indiquait le Canard Enchainé la semaine dernière, les économistes n'avaient visiblement jamais pris la peine de faire tourner des modèles dans lesquels l'activité économique mondiale est mise à l'arrêt...

Ce qui ressort de la lecture du rapport des experts du FMI, c'est qu'ils n'ont aucune certitude sur ce qu'ils avancent, ni sur l'avenir. "Cette crise ne ressemble à aucune autre. Premièrement, le choc est violent. Les pertes de production liées à cette...

L’effet placebo du traçage informatique

Tuesday 14 April 2020 à 18:54

Tracking GSM, GPS ou Bluetooth? Aucun système ne pourra répondre à l'urgence sanitaire

L'urgence de santé publique, ce n'est pas la surveillance massive mais le dépistage de masse !

L'intérieur de la prison Presidio Modelo, à Cuba, construite sur le modèle du panoptique - I, Friman - CC BY-SA 3.0

La pandémie mondiale de coronavirus colporte une idée presque aussi tenace que la prolifération d’agents pathogènes: le miracle technologique. L’état de sidération est tel que le traçage informatique des individus est présenté comme une partie du remède, une solution d’aide à la décision qu’il serait inconcevable de rejeter alors que l’on nage en plein désastre. L’urgence sanitaire nous impose, «pour la bonne cause», de baisser la garde sur l’exploitation de nos données personnelles par le truchement de nos téléphones mobiles.

De nombreux pays ont d’ores et déjà contraint leur population à accepter la géolocalisation de façon nominative ou anonyme, le plus souvent sans accord préalable. En France, le débat s’est orienté d’emblée sur le terrain éthique et juridique: peut-on l’appliquer sans le consentement des intéressés? Doit-on légiférer? Cela est-il prévu par le RGPD, le règlement européen qui remplace la loi informatique et libertés?

D’ordinaire, lorsque les autorités d’un pays dit «démocratique» cherchent à faire adopter de nouvelles techniques de contrôle des populations «pour leur propre sécurité», leur première préoccupation consiste précisément à faire en sorte que rien ne soit imposé de manière autoritaire… C’est ainsi que l’on parle d’acceptabilité ou d’acceptation sociale. L’enjeu est d’influencer la perception du public pour faciliter son adhésion. Les sociologues de l’innovation ont plusieurs décennies d’expérience en la matière, et chaque brique de la...

Détenus, mais pas confinés

Tuesday 14 April 2020 à 15:27

Le monde carcéral face à la pandémie

Dès le début du confinement, les prisons ont tenté de réduire les risques de contamination, notamment la suspension de tous les parloirs. Mais, à l’intérieur, la surpopulation carcérale et l’absence de mesures sanitaires strictes mettent en danger les détenus et le personnel pénitentiaire. Les prisons françaises se préparent à une crise sanitaire sans précédent.

Promenade dans une prison - OIP

« Rien n’est fait pour protéger les détenus » témoigne Maud*. Son compagnon est incarcéré à la prison de Toulouse pour une longue peine. « Il n’y a pas de masques, pas de gants, pas de gel hydro-alcoolique, les détenus continuent de se voir en promenade, dans les couloirs, et les douches sont toujours collectives » liste-t-elle. « Aucune mesure n’a été prise pour les protéger. Le virus en prison, c’est comme jeter une allumette dans une botte de foin, il se propagera à toute vitesse ».

Et le Covid-19 est déjà entré dans les prisons françaises. D’après les chiffres officiels, 63 détenus ont été testés positifs, ainsi que 145 membres du personnel pénitentiaire. Deux prisonniers et un surveillant en sont déjà décédés. Mais, comme ailleurs, l’absence de tests ne permet pas de prendre la mesure de la contamination. A l’heure actuelle, les gardiens n’ont aucun équipement pour se protéger et protéger les détenus. Dans des cellules de 9 mètres carrés, à deux ou trois, le respect des gestes barrières et la distanciation sociale sont impossibles. Dès l’annonce du confinement, les établissements pénitentiaires ont tenté de prendre des mesures, comme la suppression des parloirs et l’interdiction de tout intervenant extérieur. Désormais, seuls les surveillants entrent dans les prisons. « C’est la grande peur des détenus, que les gardiens fassent entrer le virus en prison » explique Charline Becker, coordinatrice pour la région Sud-Est à l’OIP, l’Observatoire International des prisons....

Profession député chauffeur-livreur

Monday 13 April 2020 à 15:41

Jean-Louis Thiériot, député LR et conseiller départemental de Seine-et-Marne, raconte son quotidien

Livrer des masques, répondre aux inquiétudes des petites entreprises et des indépendants, contacter des banques pour faciliter des prêts, tenter d'y voir clair sur la situation dans son département, voilà son quotidien. Le député dénonce aussi le manque de transparence de l'Agence régionale de santé et son incapacité à gérer efficacement la crise.

Jean-Louis Thiériot, député chauffeur-livreur - D.R.

Comment se passe la vie d’un député en ce moment? Quel est votre état d’esprit?

Je suis en colère, je suis dégoûté. Et pourtant je suis un modéré. Il y a des gens qui meurent, des tragédies humaines… Les soignants ont trop peu de masques pour se protéger, le FFP2 seuls à même de filtrer l’air surtout. Les surblouses manquent cruellement, de même que les surchaussures et les charlottes. C’est lamentable. Je sais que tout n’est pas de la responsabilité du gouvernement. On s’est plantés dans l’anticipation de la crise: ça a commencé sur Sarkozy, ça s’est poursuivi sous Hollande et ça a continué avec Macron. A la clinique Saint-Jean près de chez moi, on demande aux soignants de mettre les masques dans des sacs poubelles pour les réutiliser dans 10 jours en espérant que le virus sera mort. Parce que la direction n’est pas sûre d’être réapprovisionnée. Et quelqu’un m’a dit que c’était la même chose à l’hôpital de Melun, mais je n’ai pas pu le vérifier. En ce moment, c’est surtout ma casquette de conseiller départemental qui est utile. Là, on a des moyens, des services. Le député, il ne peut pas faire grand-chose… Notre département avait commandé des masques FFP2 et 700.000 masques chirurgicaux. Les FFP2 ont été réquisitionnés par l’État. C’est un scandale! 500.000 masques ont été donnés à l’ARS, l’Agence régionale de santé, et 200.000 ont été mis à disposition des conseillers départementaux pour les donner directement aux professionnels qui en manquent.

Donc vous avez distribué...