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Reflets dévoile la proposition technique et commerciale du projet Popcorn

Tuesday 29 June 2021 à 16:05

La solution d'Amesys, devenue Nexa Technologies a bien été vendue au Maroc

En mai 2015, nos révélations sur le projet Popcorn au Maroc avait déclenché une enquête de la part du ministère de l'Intérieur qui niait la relation commerciale avec Amesys/Nexa. Le document que nous publions aujourd'hui devrait définitivement lever les doutes.

Nexa et Advanced Middle East Systems, producteurs de popcorn - © Reflets

Le Maroc, ses riads prisés de certains « people » parisiens comme BHL ou Dominique Strauss-Kahn, La place Jemaa el-Fna et ses charmeurs de serpents… Mais aussi… Le Maroc régulièrement pointé du doigt par les ONG pour son piètre respect des droits de l’Homme. Tout cela bien entendu n’est qu’une question de point de vue. Il est fort probable que les « people » parisiens ne voient rien à redire dans ce domaine, tandis que les journalistes locaux comme Omar Radi ou les opposants politiques trouveront que les prisons du Roi sont très inconfortables. On parle même de torture. Amnesty International et Human Rights Watch, ont dénoncé une « campagne de répression » des autorités marocaines contre les opinions critiques exprimées sur les réseaux sociaux. Plusieurs opposants ou journalistes ont évoqué publiquement le fait d’avoir été l’objet de surveillance numérique. Le Maroc était le troisième client de Hacking Team, une société vendant des produits permettant de pirater ordinateurs et téléphones. Ses produits étaient très prisés des pires dictatures où ils étaient utilisés pour s'introduire dans les téléphones d'opposants et de journalistes.

Il y a donc matière à s’alarmer gravement lorsque l’on sait que le Maroc s’est doté d’une bombe atomique en matière de surveillance desdits réseaux sociaux et d’Internet en général. Dès 2010, le Maroc achetait un système d’interception du trafic Internet à l’échelle du pays à Amesys. Le même que celui qui avait été déployé en Libye....

Surprise : la Commission européenne cliente de Nexa Technologies en 2015

Friday 25 June 2021 à 11:39

L'entreprise (ex-Amesys) était pourtant déjà visée par une enquête pour complicité de torture

La Commission européenne, qui prônait plus de démocratie en réaction au Printemps arabe, a retenu Nexa Technologies sur un appel d'offres en 2015. Date à laquelle la société faisait déjà l'objet d'une information judiciaire devant le pôle spécialisé dans les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au tribunal à Paris.

Amesys version 1... - CC

Personne après le 30 août 2011 ne pouvait dire « je ne savais pas ». L'histoire avait fait le tour du monde, en particulier celui de toutes les chancelleries, de tout l'écosystème de la sécurité informatique, fournisseurs et acheteurs compris. L'affaire Amesys révélée par Reflets et par Owni avait en effet été portée à la connaissance de la planète entière après la visite d'une journaliste du Wall Street Journal dans l'un des centres d'interception déployés par Amesys à Tripoli.

Il est important de se souvenir qu'Amesys et Nexa Technologie sont en fait la même entité, dont le nom a changé au fil des années pour tenter d'effacer l'image désastreuse de l'affaire libyenne. En 2015, six victimes syriennes, qui s’étaient constituées parties civiles dans cette affaire Amesys, avaient été entendues (entre 2013 et 2015) par les juges français. C'est ainsi qu'en toute connaissance de cause la Commission européenne a retenu, cette même année, la société Nexa Technologies sur un simple appel d'offres.

En 2017, Reflets qui a déjà révélé de nombreux clients d'Amesys - notamment le Maroc - au fil des ans depuis 2011, publie une série d'articles basés sur des documents internes de Nexa Technologies. La liste des clients s'allonge, écrivions-nous.

Nous publions alors une copie d'écran de la liste des clients.

Au milieu de noms déjà connus et largement documentés sur Reflets, apparaît la Commission européenne (CE). A...

Ennemis de la République...

Thursday 24 June 2021 à 23:50

Ces régionales ont ouvert la course aux présidentielles. La campagne devrait être particulièrement éprouvante pour les Français.

Cette échéance a permis de donner une idée du paysage politique de la France en cette dernière année du mandat d'Emmanuel Macron. Le parti présidentiel a pris une baffe mémorable avec une moyenne nationale de 10,6%. La grande gagnante est l'abstention qui représente 66,1% des votants, du jamais vu sous la 5ᵉ République. Et le second tour, sans grands défis, ne devrait pas apporter un surcroit de mobilisation.

Image initialement twittée par Julien Bayou, très vite reprise par les détracteurs de l'alliance de gauche en Île-de-France

Une région néanmoins semble attire les regards. En Île-de-France, les candidats de gauche, Clémentine Autain soutenue par la France Insoumise (10,23%) et Audrey Pulvar soutenue par le PS (11,07%) se sont ralliés derrière la candidature de Julien Bayou (12,97%). Cette alliance pourrait devenir un modèle pour une gauche déboussolée en quête d'une voie pour 2022. Une alliance très à gauche, avec une Audrey Pulvar en froid avec son parti, notamment pour ses positions sur les réunions non mixtes et une Clémentine Autain plébiscitée par une bonne partie de l'électorat insoumis et plus généralement de gauche. Pour EELV, un retour au réel avec l'absence de ces voix que le résultat des élections européennes semblait leur promettre.

Et à en croire les réactions de leurs adversaires politiques, cette alliance est le mal à abattre.

Sur France Inter, Valerie Pécresse a dénoncé une "gauche sectaire et radicale" et a appelé à : "tout faire pour faire barrage à cette alliance qui a perdu sa boussole républicaine".

"La FI a dépassé le pacte républicain" "Ils défendent les réunions racisées, n'ont pas voté la charte de la laïcité, refusent l’interdiction du burkini, défendent une écologie punitive" "Ils provoqueraient une faillite économique et républicaine dans la région."

Jean Paul Huchon, ancien ministre socialiste et ancien président de la région a appelé à combattre cette alliance et annoncé qu'il votera "...

Une antisèche sur la garde-à-vue pour le patron du JDD

Wednesday 23 June 2021 à 14:08

La rédaction du Journal du Dimanche aurait-elle de l'humour ou voudrait-elle coacher son patron Hervé Gattegno ? Alors que le directeur des rédactions de Paris-Match et du Journal du Dimanche est englué dans l'affaire Sarkozy - Takieddine - Mimi Marchand, dans sa newsletter quotidienne Le Journal de Demain datée du 17 juin, la rubrique "L'antisèche" est titrée : "Au fait, qu'est-ce qu'une garde-à-vue ?"

Hervé Gattegno ferait effectivement bien de réviser... Cet ardent défenseur de Sarkozy avait envoyé un journaliste de Paris-Match recueillir le revirement de Takieddine concernant le versement d'argent par Kadhafi à Nicolas Sarkozy. Mais la Justice soupçonne que ce changement de version aurait été obtenu contre argent sonnant et trébuchant et que tout cela serait une opération de com. En langage judiciaire, on parle de subornation de témoin.

Ce coup fourré présumé vaut à cinq personnes d'être mises en examen et à Mimi Marchand de dormir en prison pour avoir enfreint son contrôle judiciaire. Un contrôle judiciaire qui leur interdit entre autres de rencontrer... Hervé Gattegno. Pour l'instant, ce dernier n'a pas été inquiété. Mais une antisèche sur la garde à vue semble effectivement bienvenue.

Une antisèche bien pratique qui tombe à point
Une antisèche bien pratique qui tombe à point

Le numérique serait un puissant antivirus : la piqûre du Sénat qui fait très mal

Tuesday 22 June 2021 à 10:52

Un rapport qui manie très bien la désinformation et le solutionnisme technologique

La délégation sénatoriale à la prospective a pour mission d'éclairer les consciences sur les transformations de la société et de l'économie. L'un des derniers rapports présenté vient d'élever le numérique au rang de solution vaccinale. Décryptage d'une vision très décomplexée de la pandémie…

Les spécialistes en apprennent tous les jours sur la maladie, mais là, c'est gonflé ! - © Reflets

Recours aux outils numériques dans la prévention et la gestion des pandémies, le titre de l'étude initiale ne laissait planer aucun doute sur l'angle choisi ou la teneur du débat. Un singulier avant-propos en précisait même les contours: « Le recours à des techniques plus intrusives (…) serait la contrepartie d'une liberté retrouvée plus vite ».

V1: une première version sans fard pour la conférence de presse - Capture écran
V1: une première version sans fard pour la conférence de presse - Capture écran

Sitôt présentée à la presse, sitôt revue et corrigée, cette version V1 fut remplacée par une V2 grand public, à peine moins agressive. Les sénateurs ayant sans doute jugé utile d'ajouter un peu d'eau dans leur vin pour éviter d'enflammer les réseaux sociaux. L'intitulé du rapport s'est adouci de vertus libertaires : Crises sanitaires et outils numériques, répondre avec efficacité pour retrouver nos libertés. Et chacun s'empressa de rappeler que si la délégation à la prospective prospectait, les prospectives n'avaient aucune portée législative.

V2: la seconde version un tantinet moins agressive - Capture écran
V2: la seconde version un tantinet moins agressive - Capture écran

Conscients des limites de l'exercice, les trois rapporteurs, Véronique Guillotin, Christine Lavarde et René-Paul Savary, ont malgré tout souhaité frapper haut et fort: « Nous avons fait le choix d’une proposition volontairement provocatrice ». Reste que quelques esprits chagrins de la presse n'ont pas compris de quoi il retournait vraiment. Mais enfin, comment fallait-il leur expliquer à tous ces...