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« Ma mère a été victime de négligence, voire de maltraitance »

Thursday 28 May 2020 à 17:30

Une infirmière dénonce la prise en charge de sa mère dans un Ehpad Korian

Pas de protections adéquates, portes de résidents malades du Covid ouvertes, mauvaise prise en charge de la douleur, la gestion de la crise dans l'Ehpad Korian de Neuilly-Plaisance est mise en cause par la fille d'une résidente décédée du coronavirus. Ces accusations sont réfutées par la direction. Une plainte sera déposée prochainement.

Covid - Reflets

Catherine Caille en est persuadée : « Ma mère a été victime d'un défaut de soin à l’Ehpad Korian de Neuilly-Plaisance. Si je n’étais pas intervenue et si je ne m’étais pas occupée moi-même de la faire transférer à l’hôpital Cochin, elle serait décédée à la maison de retraite dans d’atroces souffrances. » Catherine Caille sait de quoi elle parle : elle est elle-même cadre infirmier à l’hôpital Cochin.

Le 27 mars, les familles ont été prévenues par téléphone par le médecin coordonnateur que deux premiers cas de Covid avaient été confirmés à l’Ehpad Korian Les Lauriers. Le 31 mars, nouveau coup de fil, Catherine Caille est informée que Marcelle, sa maman âgée de 77 ans, est à son tour atteinte du Covid. Elle obtient l’autorisation de venir la voir le lendemain.

« Là, c'est un choc. J’ai découvert une situation hallucinante. Le personnel ne portait pas les protections adéquates, la porte de la chambre d’un résident sur laquelle était inscrite "Précaution gouttelettes", ce qui laissait supposer qu'il était atteint du Covid, était ouverte. Pour un autre résident tombé, le personnel est entré sans protection pour le remettre dans son lit. L’aide-soignant ne portait même pas de masque ! Comme les résidents ne recevaient plus de visite depuis le 7 mars, forcément, on peut se douter que la contamination s’est faite en interne. J’ai pu constater que les règles d’hygiène les plus élémentaires n’étaient pas respectées. Le personnel manquait de tout : pas de...

Tour de vis au Mali

Wednesday 27 May 2020 à 16:11

Alors que le pays s'enfonce dans la crise, le pouvoir choisit la manière forte

Menace islamiste, corruption, pauvreté galopante, des spécialistes parlent d'un possible effondrement du pays. Clément Dembélé, l'emblématique fondateur de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage, tout juste libéré après une quinzaine de jours de détention, dénonce un système gangrené par la corruption et le mensonge.

Signalisation bilingue à l'entrée de Kidal. Sur le côté gauche du rocher, Kidal est transcrit en caractères tifinagh. - Alicroche _ Wikipedia - CC BY-SA 2.0

Le Mali s’enfonce dans la crise alors que le pays a tenu des élections législatives les 29 mars et 19 avril dans un contexte particulièrement tendu. Ces élections auraient du se tenir fin 2018, mais elles avaient été repoussées à plusieurs reprises pour des motifs politiques et sécuritaires. Les élections de 2013 avaient octroyé une majorité confortable au président Ibrahim Boubacar Keïta. Quelques jours avant le scrutin, le 25 mars, le leader de l'opposition, Soumaïla Cissé, a été enlevé par des inconnus armés alors qu'il faisait campagne dans son fief électoral de Niafounké, près de Tombouctou (nord). Il serait aux mains d’un groupe affilié à Al-Qaïda. Le 9 mai, Clément Dembélé, fondateur de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage, a été arrêté par les services de sécurité maliens, avant d’être libéré le 23 mai. Inculpé pour incitation à la violence, mais laissé libre par le procureur, il sera jugé le 1er juillet prochain.

La tentation de l'offre djihadiste

«Le pays est très fragile, analyse Pascal Peyrou, secrétaire général du think tank Groupe Initiative Afrique. Le Mali pourrait même s’effondrer et impacter toute la sous-région.» Le pays a été secoué il y a quelques mois par une campagne anti-française. «Elle était un peu orchestrée par le pouvoir malien qui voulait se dédouaner de certaines critiques, notamment une défaillance de la gouvernance et des revers militaires, explique Pascal Peyrou. Dans beaucoup de régions, la population a l’...

Les Ehpads, miroirs de notre société

Tuesday 26 May 2020 à 11:17

Le Coronavirus nous interroge collectivement sur la place des personnes âgées.

Marie-Thérèse Neuilly, psychosociologue, pose un regard inquiet sur ces établissements, devenus des lieux de relégation, mais aussi symptomatiques des maux de notre temps. A la suite de Michel Foucault, ce questionnement sur la place réservée aux personnes en marge nous rappelle qu'il est au cœur du projet de société et de la politique.

En lute contre le virus - D.R.

L’EHPAD se donne à vivre comme fait de société, et comme lieu de relégation. Souvent les bienveillants de la personne âgée – on fera une petite incursion vers les malveillants – l’ont « aidée » à vider sa maison et à la vendre : en effet c’est quand même plus rationnel, dans un EHPAD on a « le droit » d’avoir quelques meubles, une commode sur laquelle on pourra poser les photos des aimés, une petite table de nuit et peut-être un bibus pour disposer quelques rangées de livres, à 80 ans on n’a pas besoin de ces grandes étagères pleines d’ouvrages, tu n’auras pas le temps de les relire. Et d’ailleurs, pourquoi relire ? Et puis nous on n’aura pas besoin de ça, on a Internet. Et puis il n’y aura pas grand-chose de tes affaires dont on aura besoin, le genre armoire normande ça ne peut tenir nulle part, et c’est assez moche. Ce serait du Boulle encore. Pour en revenir au propos des bienveillants, c’est la sécurité qu’ils visent en premier, ils ne veulent pas se faire de soucis en imaginent les chutes nocturnes et jusqu'aux agressions. Car ils sont fragiles les vieux. Mais il y a aussi un retour de l’histoire, de leur histoire à eux les adultes. Quand ils étaient ados et qu’ils voulaient prendre leur liberté et qu’au nom de la sécurité ils n’avaient le droit que de ne rien faire. Ce n’est peut- être pas la peine de convoquer Freud et la mort du père, mais …

Sous l’arbre des palabres on apporte le thé, le murmure de l’ancêtre est commenté.

L’acronyme EHPAD - établissement...

L'Union des Etats Soviétiques d'Amérique

Tuesday 19 May 2020 à 11:31

L'URSS a disparue ? Faites place à l'UESA

Encore 123.000 milliards de dollars (à peu près) et la Réserve Fédérale aura acheté tout ce qui est achetable sur les marchés aux Etats-Unis. Une nationalisation de l'économie américaine qui ne dit pas son nom ? Les USA deviendraient-ils communistes ? Pas à une contradiction près, pendant se temps, les marchés s'envolent alors que tous les indicateurs macros sont au rouge.

We rule your Babylon - © Reflets

Mais que se passe-t-il chez l'Oncle Sam ? Le chantre du libéralisme, celui d'où est venu, avec l'école de Chicago, avec les délires des équipes Reagan, le pire du capitalisme, une vision ultra-libérale, le chacun pour soi, la démission de l'État, le marché roi, la marchandisation de tout, la dérégulation... Ce berceau du pire capitalisme est en train de devenir une économie soviétique qui ne dit pas son nom. C'est cocasse...

Comme nous l'avions expliqué dans plusieurs articles publiés dans le dossier Coronavirus, la crise qui secoue la planète est triple. Elle est d'abord sanitaire. C'est l'apparition du virus. Elle est ensuite financière : les marchés ont dévissé lorsque tout le monde a pris la mesure du danger et que le confinement est devenu la solution. Enfin, elle est économique : la mise quasi à l'arrêt de l'économie va avoir des répercussions inconnues. Pour l'instant, tous les indicateurs macro-économiques sont au rouge vif. Paradoxalement, les marchés sont aux anges, les indices sont repartis à la hausse et tout baigne dans l'huile de noix de coco.

Sauf... Sauf que oui, mais non.

Les acteurs sur les marchés sont dopés. Attention à la descente... La Réserve Fédérale, sorte de banque centrale américaine, a annoncé qu'elle rachèterait tout. Y compris de la dette pourrie (junk bonds). Le message était, et reste clair : « amis investisseurs, ne paniquez plus, ne vendez plus frénétiquement pour limiter vos pertes,...

Menace biologique : l’efficacité du coronavirus peut-elle donner des idées ?

Monday 18 May 2020 à 19:15

Un spécialiste des contre-mesures biologiques parle du risque bioterroriste.

Le coronavirus a désorganisé toute la société et mis en lumière notre vulnérabilité à une menace biologique. Patrice Binder, ancien médecin militaire et membre du Conseil national consultatif sur la biosécurité, analyse la crise.

Tenues militaires NRBC - D.R.

Le coronavirus a mis la France et de de nombreux pays quasiment à l’arrêt pendant plusieurs semaines, et ses conséquences continuent de se faire sentir. De quoi faire réfléchir sur l’intérêt des armes biologiques. L’effet du Covid-19 peut-il donner des idées à des États ou à des groupes terroristes ?

Les Etats, comme les groupes terroristes, n’ont pas attendu cet épisode pandémique pour savoir le potentiel des armes biologiques. Plusieurs épisodes qu’ils soient d’origine humaine ou naturelle l’ont déjà largement montré. En 1984, une secte américaine dans l’Oregon a organisé la contamination délibérée de dix restaurants locaux, des bars à salades, avec une bactérie responsable de la salmonellose. Plus de 750 personnes ont été touchées, provoquant une psychose locale très importante. En 2001, la fièvre aphteuse en Grande-Bretagne a entraîné l’abattage préventif de troupeaux. Ça a coûté plusieurs milliards. Toujours en 2001, juste après les attentats du 11 septembre, des enveloppes contaminées au bacille de charbon, le bacillus anthracis, entraînant la maladie du charbon sont envoyées aux Etats-Unis. Une vingtaine de personnes développent des symptômes infectieux et cinq perdront la vie. Ces lettres vont entraîner des perturbations incroyables, avec des lettres suspectes un peu partout qui vont paralyser des administrations, etc. Donc on connaît bien les effets de la menace biologique. Alors dire que cet épisode va donner des idées pour des systèmes d’arme, je n’y crois pas...