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Confirmation : "la grande muette" est bien muette

Wednesday 30 September 2020 à 12:07

Ou presque...

Poser des questions aux ministères est devenu un pensum pour les journalistes. Les services de communication ne répondent plus, ou à côté. Et pourtant, nous sommes obligés de le faire.

Florence Parly - Reflets - CC

A quoi cela sert-il d'interroger une personne faisant l'objet d'un article lorsque l'enquête démontre par A plus B ce que le journaliste écrit ? En d'autres termes, pourquoi donner, par exemple, la parole à Jérôme Cahuzac lorsque les articles prouvent qu'il a bien un compte en banque caché à l'étranger ? Simplement, à ne pas perdre un procès. Car le juge ne manquera pas de demander : « avez-vous donné la parole à toutes les parties ? »

Ainsi, même lorsque nous sommes sûrs à 100% de ce que nous écrivons, nous devons donner la parole à tout le monde. C'est souvent totalement inutile. Pourquoi ? Parce que les entreprises, ministres, particuliers, mis en cause dans une enquête journalistiques vont soit refuser de répondre, soit faire trainer, soit répondre à côté de la plaque, soit répondre par des mensonges évidents. Illustration avec deux questions posées au ministère des armées et les réponses apportées par la Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense (DICoD).

Depuis quelques années, il est devenu quasiment impossible pour un journaliste n'ayant pas ses entrées (dans le jargon on dit « un carnet d'adresse » dans le secteur concerné) d'avoir quelqu'un au téléphone dans un ministère pour discuter d'un sujet. Le service de la communication se placera en « intermédiaire». Dans le cas improbable où l'on obtiendrait une réponse, relancer sur une réponse devient improbable puisqu'il faudra attendre...

Covid 19 : "le gouvernement doit assumer publiquement ses erreurs"

Sunday 27 September 2020 à 20:43

L'épidémiologiste Catherine Hill dénonce les défaillances dans la lutte contre l'épidémie

Le virus circule aujourd'hui dans toute la France. L'épidémiologiste alerte : début novembre, il devrait y avoir le même nombre d'admissions en réanimation qu'en avril, au pic de l'épidémie. Les mesures prises par les autorités et la stratégie de test de la population ne sont pas adaptées. Pourtant des solutions existent.

Coronavirus - Nostromo

Peut-on parler de seconde vague de Covid ?

Oui, mais il faut préciser sur quels indicateurs on se base. Le nombre de cas connus et ses dérivés : le taux d'incidence (nombre de cas connus divisé par la population française), et le R effectif (le nombre de personnes qu'un cas va contaminer au temps t ou nombre de reproduction effectif), dépendent tous les trois de qui on a testé. Comme on ne sait pas qui vient se faire tester, ces indicateurs-là ne sont pas bons. Il faut faire des heures de queue pour être testé, donc on teste plus de jeunes en bonne santé que de vieux en mauvaise santé. Finalement le nombre de cas connus n'a rien à voir avec le nombre de cas réels, car beaucoup de cas ne sont pas testés. Une étude de l'Inserm a estimé le nombre de personnes devenues symptomatiques entre le 13 mai et le 28 juin et a comparé ce nombre aux nombre de cas détectés par les tests virologiques ; la conclusion a été qu'il fallait multiplier le nombre de cas trouvés par dix pour avoir le nombre de cas réels. Tout ce que l'on nous raconte est donc largement sous-dimensionné, c'est la partie émergée d'un iceberg. Mais on voit tout de même augmenter le taux de positivité des tests à tous les âges, y compris chez les personnes âgées. Ce n’est pas bon du tout.

Alors il faut se baser sur quels indicateurs pour suivre l'épidémie ?

Je regarde le nombre de personnes arrivant à l'hôpital chaque jour et le nombre de personnes admises en réanimation chaque...

Antoine Darodes, futur président de l'Arcep ?

Friday 25 September 2020 à 19:24

L'actuel directeur de cabinet de Cédric O serait pressenti

Selon nos informations, l'actuel directeur de cabinet du secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique et des communications électroniques, Cédric O, se serait vu proposer de succéder à Sébastien Soriano en janvier prochain lorsque le mandat de ce dernier arrivera a échéance.

Antoine Darodes - D.R.

Sur le papier, Antoine Darodes coche les cases : ancien de l’Ecole normale supérieure (ENS) de Cachan, professeur agrégé d’économie-gestion, titulaire d'un DEA de droit, c'est un ancien de l'Arcep où il a occupé plusieurs postes. De juillet 2015 à octobre 2018, il a assuré la direction de l’Agence du numérique. Auparavant, il avait piloté le Plan France Très Haut Débit au sein de la Mission Très Haut Débit du gouvernement. Tout cela fait-il de lui l'homme de la situation pour ce poste ? Certains, même parmi ses plus proches, en doutent.

Le poste de président de l'Arcep aurait été proposé à Antoine Darodes par Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, qui lui aurait demandé de lui faire connaître sa décision très rapidement.

Contacté à ce sujet, Antoine Darodes explique qu'il est concentré à 100% sur son travail actuel au ministère et que ce poste n'est pas « proposé » en tant que tel, c'est un choix qui est fait par le président de la République. De fait, « _le Président de l'Autorité est nommé par le Président de la République, sur proposition du Premier ministre. Depuis la loi du 5 mars 2007 relative à la télévision du futur, cette nomination intervient après avis des commissions parlementaires compétentes : Commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire pour l'Assemblée nationale et Commission des affaires économiques pour le Sénat », peut-on lire sur le site de l'Arcep.

Mais Antoine...

La nourriture du futur en régime intégral

Friday 25 September 2020 à 13:12

On a testé le degré zéro de la nourriture...

Peut-on survivre en mangeant des poudres à diluer qui contiendraient tous les éléments nécessaires ? La fin des courses, de la cuisine, de la vaisselle, des emballages superflus ?

Repas... - www.freeimageslive.co.uk - CC BY 3.0

« Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger » recommandait le philosophe Socrate. De cette maxime, des entrepreneurs des deux côtés de l’Atlantique tentent de faire un business en réduisant l’alimentation à sa stricte fonction utilitaire. Leur idée ? Vendre une poudre à diluer dans l’eau qui contient tous les nutriments dont le corps a besoin pour demeurer en bonne santé. Ainsi pourra t-on disposer de repas sains, complets, pas cher qui se consomment en dix minutes et dispensent de faire les courses, la cuisine et la vaisselle. Le décollage fulgurant du Californien Soylent qui a créé ce marché fait des émules de ce côté-ci de l’Atlantique, essentiellement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Comme par hasard, deux pays dont le fast-food, la junk-food et le snacking ont mis à mal les traditions culinaires nationales. Pour Reflets, j’ai testé ce degré zéro de la nourriture.

J-8

Je surfe sur le site de la marque néerlandaise Jimmy Joy pour y passer commande. Dans la catégorie des poudres à diluer, six arômes me sont proposés: chocolat, fraise, vanille, fraise, mangue et café. Le choix est tout de même plus large que dans le film Soleil Vert (Soylent Green), dont le titre inspire clairement la marque américaine Soylent. Dans ce récit d’anticipation, Charlton Heston enquête sur la composition des tablettes Soylent Blue, Soylent Yellow et Soylent Green, devenues en 2024 la nourriture exclusive des New-Yorkais ordinaires. A la fin du film, il découvre qu’elles sont...

Données personnelles : ça fuite sérieusement sur le site des clients de la Maif

Wednesday 23 September 2020 à 16:08

Plus de 10 sites tiers pour la connexion à l'espace personnel

La tendance est à la commercialisation des données personnelles, au recours aux sociétés de marketing permettant de transformer des "leads". Le perlimpinpin du "digital" a des conséquences réelles pour les clients dont les données marketing sont malmenés.

Données personnelles : un combat permanent - Image par Gerd Altmann de Pixabay

Qu'est-ce qui peut bien se passer dans la tête des gens du marketing d'une mutuelle comme la Maif pour qu'ils décident de placer 12 appels à des sites tiers dans la page de connexion à l'espace personnel de ses clients ? Ces appels, ces « tags », ces « trackers » sont du code informatique qui va à la fois demander du contenu à des sites extérieurs à celui de la Maif et leur fournir des données personnelles sur les visiteurs du site Maif. Et pour la très grande majorité des utilisateurs des sites, celui de la Maif ou des sites de presse (les pires), il n'y a aucun moyen de s'opposer à cette fuite de leurs données. Les utilisateurs ne s'en rendent même pas compte. Sur les pop-ups qui nous demandent de régler le niveau de "privacy" souhaité, on accepte en fait, ou non, des cookies. Pas le fait que des prestataires extérieurs vont récolter des tonnes de données nous concernant et les traiter avec plus ou moins de délicatesse...

Sur le site de la Maif, la charger la page de connexion à l'espace personnel, c'est adresser l'information suivante : « mon adresse IP qui est la suivante a l'intention de se connecter à l'espace personnel de la Maif » à 12 entreprises qui n'ont rien à voir avec la Maif.

Page de connexion à l'espace personnel de la Maif - Copie d'écran
Page de connexion à l'espace personnel de la Maif - Copie d'écran

Ainsi, le client Maif envoie de l'information à Realytics, une société qui, sur le papier, permet de lier les passages TV de la marque à la...