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Ce gouvernement abîme la Démocratie

Wednesday 1 December 2021 à 21:30

Éric Dupond-Moretti adepte des Alternative facts, Marlène Schiappa égale à elle même...

On a beau répéter "pas en notre nom", les membres du gouvernement, dans le sillage d'Emmanuel Macron font honte. Par leurs actes, par leurs paroles. Plus grave, ces actes et ces paroles abîment la démocratie, comme Trump, avant eux, a contribué aux États-Unis à détruire ce qui fait société.

Un salarié de la fameuse "entreprise privée" lacère une tente de migrant à l'aide d'un Opinel à Grande-Synthe, le 29 décembre 2020 - © Louis Witter

C’est une expression inventée aux États-Unis pour justifier des mensonges de la période Trump. Au lieu de concéder que l’on ment lorsque les faits le prouvent, on parle d’alternative facts. Des faits alternatifs. Un peu comme les écoutes « alégales » inventées par les services de renseignement et ressorties ensuite par les politiques, qui pourtant ont fait du droit et savent que quelque chose est légal ou illégal. Il n’y pas pas de milieu. Après le décès de 27 réfugiés qui tentaient de rejoindre la Grande-Bretagne, le garde des Sceaux était interviewé par France5 et s’est offusqué : « Je veux vous dire que le gouvernement, naturellement, n’a aucune posture hostile en ce sens que l’on permettrait impunément -rendez-vous compte!- de lacérer des tentes, et même qu’on l’encouragerait et qu’on ne distribuerait pas de vivres à ces migrants… (…) Je ne veux pas qu’il y ait un seul téléspectateur qui ce soir puisse penser une chose pareille ».

Cela fait pourtant des mois que les associations documentent, photos et vidéos à l’appui, les lacérations de tentes, de réservoirs à eau, la disposition de rochers pour empêcher les associations de déposer des containers d’eau… Louis Witter, photojournaliste a rendu compte de ces exactions permanentes au fil des mois. Checknews avait d'ailleurs rédigé un article sur cette pratique honteuse en décembre dernier. Cela fait des années que cette pratique existe en France.

Et pourtant... Pour le garde des Sceaux, l'affaire est entendue : «...

Entretien avec Maïlys Khider, auteur du livre Médecins cubains : les armées de la paix

Tuesday 30 November 2021 à 11:22

“Les médecins cubains interviennent peu importe la couleur politique du pays”

Ils sont envoyés en mission dans le monde entier pour aider les populations à faire face à des catastrophes ou des épidémies. Depuis les lendemains de la révolution, dans les années 1960, Cuba forme des brigades médicales, vitrine d’un système de santé unique au monde. La journaliste indépendante Maïlys Khider leur consacre un livre, Médecins cubains : les armées de la paix, publié le 25 novembre chez LGM éditions. Entretien.

Médecins cubains : les armées de la paix

Reflets : Pour la première fois en 2020, des médecins cubains sont intervenus en France et en Italie, afin de pallier la pénurie de médecins face au Covid-19. Est-ce ce qui vous a motivée à enquêter sur ces "armées de la paix" ?

Maïlys Khider : Oui, entre autres. Lorsque des médecins cubains arrivent en Italie, j’apprends que c’est la première fois qu’ils interviennent en Europe. En France, la loi "Ma santé 2022" a autorisé des médecins ne provenant pas de l’Union européenne à intervenir dans les territoires ultra-marins français, mais les médecins cubains ne bénéficiaient pas de cette autorisation. Pendant le Covid-19, le problème des déserts médicaux en outre-mer s’aggrave, on manque de respirateurs, de spécialistes, de places de lits d’hôpitaux. Deux sénateurs demandent au gouvernement français d’autoriser les Cubains à intervenir, ce qu'ils obtiennent. Depuis, les élus locaux d’outre mer discutent avec l'ambassadeur cubain pour faire venir de façon pérenne les médecins cubains.

Lors de mes précédents voyages à Cuba, des médecins m’avaient raconté leurs missions à l’étranger. J’avais compris à ce moment-là que Cuba envoyait des médecins un peu partout dans le monde. J’avais l’idée d’écrire ce livre et j’ai commencé à le faire avec le Covid-19, parce qu’ils sont intervenus non seulement en Europe mais dans une trentaine de pays qui n’avaient pas assez de médecins ou ne savaient pas comment faire face à cette pandémie.

Comment fonctionnent...

Haut Karabakh : le jardin noir du Caucase

Wednesday 24 November 2021 à 16:50

Un an après la guerre du Karabakh, un "accrochage" fait 15 morts

A l’automne 2020 il avait suffi de six semaines pour que l’armée azerbaïdjanaise, suréquipée, écrase les forces arméniennes. A la fin des hostilités, les Russes ont installé checkpoints et force d’interposition. Aujourd’hui, les Arméniens reconstituent leur stocks d’armes, et les Azéris continuent de parader. Et d’un coté comme de l’autre, les déplacés, les « réfugiés de l’intérieur », continuent de payer l’habituel tribut des civils à la guerre. Reportage.

Safiqa Rustamova et son fils Arzu avec le portrait de l'ainé, disparu pendant la première guerre du Karabakh © Isabelle Souquet - © Reflets

Pour se rendre dans le Haut Karabakh, mieux vaut passer par l’Arménie. Venant de France, - terre d’accueil d’une grande partie de la diaspora - et en tant que journaliste, on y est plutôt bien accueilli. Coté azerbaïdjanais, l’hospitalité est sensiblement différente. Il faut accepter d’être pieds et poings liés, cornaqués en permanence par des agents du gouvernement. Mais parfois, pour pouvoir faire un reportage il faut accepter d’être « embedded » littéralement « au lit » avec la puissance invitante. Des confrères l’ont fait avec l’armée américaine en Irak, d’autres pour pouvoir aller passer une tête en Corée du Nord. L’Azerbaïdjan n’est pas inaccessible, mais il reste impossible d’y travailler ouvertement comme journaliste sans être dûment accrédité, et à Bakou, accréditation égale « embeddment ».

J’ai tenté l’expérience. Après tout, je suis une journaliste indépendante, je n’ai de compte à rendre à personne si je ne « ramène » rien comme reportage, j’en serai alors juste un peu de ma poche. Et puis, aller voir ce qui se passe – même sur invitation - permet de raconter éventuellement que l’on ne vous laisse rien voir, quand c’est le cas. Ou de dire que l’on n’est jamais forcé d’accepter la relecture d’un papier avant publication. Et, finalement, qu’il y a toujours quelque chose à sentir, quelque chose qui filtre, même en dictature.

La toute première image qui frappe en arrivant à l’aéroport Heydar Aliyev de Bakou – du nom de feu le président azerbaïdjanais - c’est la...

Greenfucking

Tuesday 23 November 2021 à 10:02

Après le bilan décevant de la Cop 26, il faut inventer un nouveau mot

Le cynisme politique atteint des sommets tels, que les mots existants ne suffisent plus pour le décrire

6 novembre 2021 - COP26 Global Day of Action - Photo Roo Pitt - Wikipedia - CC BY 2.0

Du «bla bla bla», c’est ainsi que Greta Thunberg qualifiait le bilan de la Cop 26. Clairement, la bouteille du «Pacte de Glasgow» adopté le 13 novembre est plus vide que pleine. Alok Sharma, le président britannique de la conférence mondiale pour le climat, avait les larmes aux yeux en commentant l’accord et il s’est dit «profondément désolé».

Limiter le réchauffement climatique à 1,5C prévu dans les accords de Paris: pas garanti.

Aider les pays pauvres déjà victimes du réchauffement climatique: refusé. Les pays riches s’étaient déjà engagés à soutenir les pays pauvres au travers d’une aide climat de 100 milliards par an à compter de 2020. Ils n’ont pas tenu leurs promesses et parlent désormais d’une aide à partir de 2023.

«Élimination progressive» du charbon: refusé. L’Inde a exigé que l’on parle d’une «réduction progressive». Il faut dire aussi que 503 lobbyistes du charbon, du pétrole ou du gaz hantaient les couloirs et représentaient en taille la première délégation internationale!

Relever les engagements de réductions des émissions de gaz à effet de serre plus régulièrement que prévu dans l'accord de Paris: oui, mais il peut y avoir des aménagements pour «circonstances nationales particulières». Autant dire que les États ne vont pas manquer d’inventivité pour ne pas remplir leurs obligations.

Le terme «greenwashing» a été inventé pour désigner cette technique abondamment utilisées par les entreprises et les gouvernements qui consiste à parler en utilisant...

Le géant de la biométrie Idemia tisse sa toile

Saturday 20 November 2021 à 13:51

Son pouvoir augmente à mesure qu'il engrange vos données personnelles.

Si la pandémie a freiné l’économie, elle a révélé des opportunités dans le domaine de la biométrie. Au fil des contrats que l’entreprise Idemia décroche partout sur la planète, parfois de manière douteuse, son pouvoir se concentre inexorablement. Mais, au-delà de cette réussite commerciale, l'industrie du contrôle et de la surveillance pose la légitime question de la sécurité du dispositif, et donc de la protection des données personnelles collectées... au nom de la sécurité.

La biométrie est à la mode... - Image Pixabay

Une nouvelle société du tout-numérique se dessine chaque jour plus distinctement. Au sein du marché de la biométrie, le leader autoproclamé de « l'identité augmentée » Idemia, enchaîne les contrats parmi une multitude d’autres acteurs. Derniers en date: la carte eSIM nouvelle génération compatible avec les réseaux 5G pour l’automobile connectée; des cartes SIM 5G pour le principal opérateur de télécommunications de Singapour, M1 Limited, ou sa technologie de reconnaissance faciale MFACE pour contrôler l’identité des voyageurs en partance depuis l’aéroport d’Oakland en Californie. Mais ces récents contrats ne sont qu’une infime partie de l’œuvre tentaculaire du géant de la biométrie. D’après Mathieu Rigouste, chercheur indépendant auprès de la plateforme enquetecritique.org, «Idemia profite du développement continu du business des frontières, des catastrophes et des grands événements.» Son pouvoir se concentre à mesure qu’il tisse sa toile sur la planète et que ses baies de stockage engrangent vos données personnelles.

Les solutions numériques sont là pour nous protéger. Idemia ne cesse de le marteler. Son vice-président chargé de l’Afrique, Olivier Charlanes ne déclarait-il pas lors d’un entretien accordé à Jeune Afrique en 2018: «Notre société vend de la sécurité, donc de la confiance». Mathieu Rigouste rappelle qu’«Idemia était l'un des principaux sponsors du Milipol 2021, salon mondial des industries militaro-sécuritaires françaises organisé par le ministère de...