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Le jour d’après… Changez-vous durablement si vous voulez changer le monde

Sunday 11 January 2015 à 23:57

charlie

Après le temps de l’émotion, du sursaut républicain qui montre que nous pouvons tous être juifs, journalistes, musulmans, policiers, ou tout autre chose encore, qu’il y a une chose qui nous unit, notre contrat social, notre constitution, il faut éviter le temps de la haine. Une haine qui pourrait être « naturelle ». La haine de celui qui commet l’incompréhensible et de tout ce qui peut lui ressembler, même de très loin. Ils sont déjà nombreux, ceux qui pensent légitime d’attaquer des lieux de culte musulmans. Dix-sept attaques recensées hier soir. A la grenade, aux abats de porcs, à la carabine, à la bombe de peinture. Ils seraient pourtant bien inspirés d’observer que dans l’attaque du magasin casher, un terroriste noir se disant musulman a tué quatre personnes tandis qu’un héros noir musulman, en a sauvé un grand nombre. Aujourd’hui, la France s’est groupée pour dire son unité. Comme en 98 lorsqu’elle se disait black, blanc, beur. Comme en de nombreuses occasions. Ce qui importe maintenant, c’est le jour d’après. Afin d’éviter d’oublier une fois encore que nous étions unis par ce contrat social. Celui qui devrait nous permettre de vivre dans une société apaisée.

Vu l’énorme rassemblement du jour, nous voulons changer le monde. Commençons par nous changer nous-mêmes. En profondeur. Espérons que demain, revenus au sein de leurs entreprises, les Français cesseront de tenter d’écraser leurs collègues pour mieux survivre en milieu hostile.

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Espérons que demain, les automobilistes ne se grilleront plus les priorités pour gagner une seconde ou deux, pour passer le premier, parce qu’on le vaut bien… Espérons que demain, tous les patrons d’entreprises feront preuve d’empathie pour leurs salariés au lieu de les pressurer délibérément. Espérons que tous les Français se souriront dans la rue au lieu d’éviter de croiser leurs regards. Et même s’ils ne sont pas capable de la même empathie qu’aujourd’hui, pourront-ils au moins être neutres dans leurs rapports aux autres au lieu d’être défiants, inquiets, agressifs ?

Une autre Voie

Ce rapport aux autres est bien entendu le produit de ceux qui le développent. Mais pas seulement. Il est le produit d’un environnement. De la société dans laquelle les individus évoluent. Quelle société voulons-nous construire pour nous, pour ceux qui nous succéderont ? Avec le concours de quels hommes politiques ? Sauront-ils, eux, laisser de côté leurs petits calculs habituels, renvoyer à leur recherche fondamentale leurs spin doctors ?

Saurons-nous imposer aux hommes politiques une voie ? Une voie différente ?

Si ces attentats sont, comme le disent (à tort) certains analystes, le 11 septembre français, saurons-nous leur imposer d’éviter la voie suivie par George Bush ? Celle qui consiste à doter la démocratie les armes de ses ennemis ? La légalisation de la torture, la guerre permanente, la destruction massive et systématique des relations internationales, le piétinement total des traités internationaux fondateurs du vivre ensemble sur une petite planète. Toutes ces armes qui concourent au cycle de la violence.

Saurons-nous leur faire comprendre que leurs réponses ne doivent pas être précipitées, dans l’urgence, surfant sur l’émotion. Si Paris a aujourd’hui été la capitale mondiale de la liberté et de la fraternité, il convient que ce mouvement se prolonge. Mais déjà tous les tenants de la surveillance, du repli sur soi se répandent dans les médias. Il faut, selon eux, revenir aux contrôles aux frontières, à plus de surveillance.

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French Interior Minister Bernard Cazeneuve:  »France has received countless expressions of solidarity from all over the world »

He hosted a meeting on Sunday morning of fellow interior ministers from across Europe, including the UK’s Theresa May, to discuss the threat posed by militants.

Following the meeting, the ministers issued a statement saying that greater internet and borders surveillance was needed to combat terrorist attacks. (Source BBC)

Tous ceux-là oublient bien entendu que les meurtriers étaient des Français, ayant grandi en France, passés par l’école de la république. Quelque chose n’a pas fonctionné quelque part. Au lieu de rechercher ce qui a dysfonctionné, ils nous parlent de frontières… La surveillance ? Peut-on vraiment faire plus que ce que fait la NSA, ce que fait la DGSE sur les zones où sont présents les cerveaux de ces actes barbares ? Là non plus, cela n’a pas permis d’éviter l’attentat de Boston, ni ceux de Paris, Londres, Madrid…

Une société ne peut être parfaite. Elle ne peut être que fraternité. Il y aura toujours des esprits malades. La tolérance zéro de Nicolas Sarkozy était un leurre. Le zéro terrorisme n’a jamais existé et n’existera jamais. L’empilement de lois grignotant chaque jour un peu plus les libertés individuelles ne résoudra jamais ce problème. Il est peut-être temps de se demander si le projet de société qui a été bâti est le bon ? Si ce n’est pas le cas, c’est au coeur de chaque individu que doit se faire la mutation. Car il ne faut ni attendre que le monde change par enchantement, ni que le changement soit initié par les dirigeants de cette planète.

Demain, le jour d’après, la presse saura-t-elle pour sa part couper les micros à ceux qui font commerce de la division ? Les politiques, les pseudos intellectuels, les commentateurs et autres éditocrates rances ? Saura-t-elle mettre de côté son audimat, ses ventes, pour éviter de contribuer à laisser germer dans les esprits la graine de la division, de la haine, du repli et de la défiance ?

Le commerce des outils de surveillance vers la Chine avec l’aide de la France…

Friday 9 January 2015 à 16:47

Tout va bien sur le front de la vente de produits de surveillance, merci pour la filière. On aurait pu croire que l’inscription dans l’arrangement de Wassenaar des outils à double usage bien connus des lecteurs de Reflets, comme ceux d’Amesys ou de Qosmos, allaient mettre un frein à ce petit commerce. C’était sans compter sur l’aide de la France à ses entreprises « innovantes ». Ce matin, Ubifrance, l’Agence française pour le développement international des entreprises, organisait une sympathique conférence Web sur « Le marché des équipements de sécurité » en Chine.

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Ubifrance a identifié les besoins des autorités Chinoises, le ministère de la sécurité publique et la police armée populaire, pour être précis, et précise d’emblée : « l’Etat français n’a pas l’intention de brider vos activités en Chine« . Ouf, on a eu peur.

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Une question dans la salle : peut-on vendre des drones ? Réponse d’Ubrifrance : oui, cela existe déjà. Des entreprises européennes en vendent, mais il faut sans doute qu’ils ne puissent pas emporter d’armes. Par ailleurs, les logiciels de reconnaissance faciale pour mettre dans les gares, les métros ou les aéroports seront fortement appréciés.

Pour les biens à double usage, il suffit de consulter les règles européennes pour ne pas faire d’impair :

regles-chinePlus direct, un participant demande dans la fenêtre de discussion si les autorités chinoises ont des besoins « dans le maintien de l’ordre en matériels et munitions« . Qu’il soit rassuré, ce marché est toujours très dynamique. En Chine comme en France

 

Je suis un lobby

Friday 9 January 2015 à 10:27

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J’étais journaliste. Je croyais en avoir fini avec ça, coupable d’avoir franchi la ligne blanche de la « Communication » et sanctionné donc, en toute connaissance de cause, par un retrait de carte de presse. Il y a bien maintenant dix ans de ça.

Mais depuis hier, voilà que je le redeviens. Non pas pour avoir repris quelque engagement auprès de quelque média que ce soit, mais parce qu’en 24 heures j’ai tout entendu au sujet des journalistes. « Salauds ». « Lobby ». « Désinformation ». « Abruti ou ignorant »… Chacun y va de sa petite leçon moralisatrice sur la façon dont il faut ou non traiter l’info. On se gave de I-télé et on le recrache sur Facebook. On fourre tout le monde dans un grand sac, on prend un grand bâton façon Piñata, et puis on tape dessus.

Alors j’ai renfilé ma vieille peau. Et j’ai commencé à répondre à ceux qui associaient les mots « journalistes » et « connards », « média » et « lobby », que j’étais journaliste. « Ah mais toi c’est pas pareil« .

C’est drôle comme ça sonne familier ce genre de phrase. Il y a donc les bons Noirs, les bons Arabes, les bons Juifs, et maintenant, on peut s’offrir un bon Journaliste dans son carnet d’adresses.

La carte d’identité oubliée dans la voiture des tueurs ? Personnellement je ne suis pas à la source de l’info et je n’ai aucun début d’idée sur la valeur de cette information. Mais je la vois qui tourne sur les rezosocios … « ‘on vous l’avait bien dit » « on nous prend pour des cons« … Le GIGN à Reims « ben voyons on peut filmer le GIGN maintenant ? On vous l’avait bien dit, on nous prend pour des cons« . Encore ces lobbies de désinformateurs… On nous cache rien, on nous dit tout…

Bon, je ne vais pas défendre l’ensemble d’une profession où l’on croise quand même quelques sacrés numéro, je ne suis pas avocat. Mais à l’inverse ? Et si personne n’avait rien dit, rien écrit ? J’entends déjà – procès d’intention assumé – les récriminations… « On nous cache tout… on nous dit rien« … On connaît la rengaine.

La morale au bout de tout ça ? Ben… C’est qu’il me semble étrange d’arborer un logo « je suis Charlie » et de dézinguer du journaliste à tout va. Ceux qui sont morts hier en conférence de rédaction étaient, eux aussi, de ces journalistes qu’on pleure autant qu’on les dézingue aujourd’hui, sans nuance. Or, chacun est libre de sélectionner ses lectures, de trouver des sources d’infos fiables, des journalistes crédibles, il y en a. L’inconvénient, sans doute, aussi, c’est que pour lire de la bonne info, il va peut-être falloir se payer un abonnement à un vrai média. « Quoi payer pour de l’info ? « . Ben oui… Etonnant, non ?

Je ne suis pas Charlie Hebdo, mais je suis Charlie Hebdo

Thursday 8 January 2015 à 00:36
http://en.wikipedia.org/wiki/Cabu#mediaviewer/File:Cabu_20080318_Salon_du_livre_3.jpg

Photo : Georges Seguin (Okki)

C’est le type d’article que l’on voudrait ne jamais écrire. Il sera forcément gauche, incomplet. La tuerie dans la rédaction de Charlie Hebdo est inqualifiable. Toutes nos pensées vont aux familles des victimes. Parmi les victimes, Cabu et Bernard Maris étaient des gens que j’avais souvent croisés. Je ne suis pas Charlie Hebdo parce que je n’adhérais pas à sa ligne éditoriale. Mais je suis Charlie Hebdo parce que le meurtre d’un être humain est inexcusable. Peut-être encore plus lorsque le meurtrier veut ainsi lutter contre les arguments de sa victimes. C’est une preuve d’inhumanité. Celui qui ne peut dialoguer autrement que par la violence démontre son incapacité à raisonner, le propre de l’être humain. Pour avoir longuement échangé par le passé avec Bernard Maris, pour avoir plusieurs fois discuté avec Cabu au Canard Enchaîné, ces hommes  étaient des esprits brillants et leurs idées, que leurs meurtriers croient tuer, leur survivront. Depuis ce matin je pense à leurs épouses, à leurs familles, à leurs amis.

Bernard Maris

Bernard Maris

Comme je pense aux familles d’enfants juifs, de militaires, tués par Mohammed Merah et de bien d’autres victimes moins connues, d’attentats par des fanatiques qui croient pouvoir kidnapper un Islam qui leur échappe. Et ce, à la consternation totale des musulmans.

Ce soir, on associe cette tuerie à la liberté de la presse que l’on voudrait assassiner. Mais ce n’est pas que cela. Les meurtriers s’en sont pris à une rédaction comme d’autres avant à des enfants parce que Juifs, aux visiteurs du musée juif de Belgique.

Ce n’est pas tant un attentat contre la presse, c’est un attentat de plus contre le pacte républicain. Celui qui nous permet de vivre ensemble, dans une société apaisée.

Honoré

Honoré

La presse, précisément aurait dû, depuis de longues années déjà, s’indigner lorsque des brèches étaient portées au pacte républicain, et au premier chef, celle ignominieusement ouverte par Nicolas Sarkozy avec son cynique et opportuniste débat sur l’identité nationale en octobre 2009.

C’est en effet à cette période qu’une certaine parole s’est libérée, décomplexée. Ce débat a été clivant -un mot cher à Nicolas Sarkozy, pour la société française, la divisant encore plus qu’elle ne l’était jusque là. Plus récemment encore, le temps de parole indécent accordé par la presse et particulièrement la télévision à un Eric Zemmour, pour monter l’audience, a également contribué à briser ce pacte républicain, à radicaliser les positions.

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Charb

Cette tuerie ne fera bien entendu que renforcer ce clivage. On entend déjà pointer les discours qui créent un amalgame entre Islam et terrorisme. Chacun devrait pourtant savoir, l’Histoire aidant, que le terrorisme, l’inhumanité de ses acteurs n’a pas de couleur, pas de religion. Les motivations des auteurs d’attentats sont si diverses et inexcusables que tenter de désigner une communauté comme en étant à l’origine est stupide et à nouveau, un peu plus clivant, menaçant encore plus le pacte républicain.

« Celui qui tue un homme, tue toute l’humanité » (Coran, sourate 5, verset 32)…

Tignous

Tignous

Michel Renaud

Michel Renaud

Tout à cacher

Tuesday 6 January 2015 à 21:24
teckel-mort

Photo : Seth Casteel – http://www.littlefriendsphoto.com

 

Contrairement à ce que le titre de cet article pourrait laisser croire, il ne vise pas à contredire le contenu de l’article de Laurent Chemla paru sur Reflets aujourd’hui. Je n’ai jamais lu un article de Laurent Chemla avec lequel je sois en désaccord. Même pas un petit bout d’article. C’est dire. Au contraire, je pense que ses articles sont trop rares et qu’il devrait en publier bien plus. Non, ce titre vise à vous donner une autre perspective. Celle de quelqu’un qui pense que l’on a tout à cacher. Non pas parce que l’on se laisse aller à des activités que la loi, l’éthique ou la morale réprouvent. Mais parce que dans « vie privée », il y a le mot « privée ». Et que ce qui nous différencie, nous les êtres humains, c’est justement notre vie privée. Nous départir ce cela, c’est renoncer à notre unicité.

J’avais pris il y a trois ans le thème des zoophiles à tendance teckels morts pour parler de « vie privée » à PSES.

Imaginons que vous n’ayez « rien à cacher ».

Premier point, les entreprises se réjouissent que vous n’ayez rien à cacher. Elles n’ont pas pour objet central de vous fournir un bien ou un service. Ni de faire le bonheur de leurs salariés. L’éthique n’est pas une valeur fondatrice pour une entreprise. Son but premier est « de faire des profits ». De là découlent pas mal de comportements qui surfent souvent avec les limites de l’éthique communément partagée. Vos données, même si vous pensez qu’elles sont personnelles, les intéressent énormément. Et dépenser des fortunes pour les protéger, une fois ces données acquises, est le dernier de leurs objectifs. Cela coûte cher et ne rapporte rien (dans les lignes du bilan annuel). En attendant, vous publiez gratuitement, volontairement ou pas, des données que ces entreprises exploitent pour s’enrichir sur votre dos. Une démarche étonnante.

Les Etats s’intéressent à vos données ou à celles de vos contacts. Laurent Chemla vient de l’expliquer sur Reflets avec clarté. Snowden l’a également fait savoir et lorsque l’on se penche sur l’étendue des données qui peuvent intéresser la NSA comme les métadonnées de Angry Birds ou de WoW, on peut être inquiets.

Donc, vous n’avez rien à cacher. Même en sachant tout cela, parce que comme l’explique Jean-Marc Manach, et nous sommes en désaccord sur ce point, la DGSE (ou la NSA) se cogne de savoir ce qui se passe à Romorantin.

Vous êtes un être humain, et donc, vous m’êtes semblable. Nous sommes fabriqués avec les mêmes « matériaux ». Même chair, mêmes os… Nos squelettes sont tous « blancs », que nous soyons blancs ou de couleur. Les mêmes… Sauf… en ce qui concerne notre vie privée. Notre vie intime, nos pensées, nos données personnelles forment notre unicité. Les rendre publiques, nous en départir, volontairement ou pas, c’est se déposséder de ce qui nous distingue les uns des autres. Nous rendre tous « semblables ».

Quand bien même ! Vous n’avez toujours rien à cacher.

Pourquoi pas ? Mais réfléchissons un peu tout de même. Est-ce qu’il y a une limite à ce que vous seriez d’accord pour dévoiler publiquement ?

Le sexe par exemple. C’est perso ou pas ?

En 2012, les identifiants et les mots de passe d’utilisateurs de Youporn ont été diffusés sur Pastebin.

youpornDu coup, tout le monde peut découvrir si vous êtes fans de zoophilie, tendance teckels morts.

Bien entendu, chacun fait ce qu’il veut sous la couette, mais certains ne sont pas tolérants sur ce sujet en particulier. Une hypothétique ligue de défense des animaux morts pourrait s’offusquer.

« Je m’en fiche », nous direz-vous, « je n’ai pas de compte Youporn ! ».

Tu as vu mon gros sextoy ?

Prenons un exemple moins rare. Vous n’avez pas de compte Youporn, vous n’êtes pas fan de zoophilie, tendance teckels morts. Mais…

Il quelques années, alors que la vente de sextoys par Internet devenait très à la mode au point de déclencher (merci les attaché(e)s de presse) des articles dans toute la presse féminine, votre serviteur et l’un de ses amis co-journaliste à Transfert, avions regardé comment les sites de vente à distance de sextoys protégeaient les données personnelles de leurs clients.

Bingo, en cliquant sur « http://www.le-sex-shop-qui-va-mal.fr/mail.txt », vous pouviez accéder à la liste des clients, avec leurs noms, prénoms, e-mails.

Google étant déjà à l’époque notre ami, il suffisait de trois clics pour identifier les clients en question. Encore une fois, chacun fait ce qu’il veut sous la couette. Mais chacun a le droit de garder pour lui le fait qu’il achète (ou pas) des sextoys sur http://www.le-sex-shop-qui-va-mal.fr/.

Surtout si « chacun » a utilisé son mail professionnel pour passer commande…

lesexshopquivamal

Bien entendu, il y en a parmi nous, les êtres humains, qui ne se sentent concernés ni par le premier, ni par le deuxième exemple.

Mais parmi ceux-là, combien répondent à des offres d’emploi ou postulent spontanément, combien utilisent des dizaines d’applications kikoulol qui parlent en leur nom? Combien achètent et vendent par Internet ? Combien utilisent des « services en ligne 2.0″ qui permettent de disposer d’une projection digitale de leurs êtres ? Et croyez-nous sur parole, nous les vieux dinosaures, ces projections digitale s’expriment, avec ou sans l’accord de leurs propriétaires. Enfin, ces projections ne sont pas le reflet des êtres réels. Loin de là. Elles peuvent même donner une vision biaisée de leurs propriétaires.

Qui es-tu pour prendre mon unicité ?

Une fois acquise l’idée que les entreprises ou les Etats ont une fâcheuse tendance à s’approprier nos données sous couvert de « promesse produit », de « marketing ciblé », de « lutte contre le terrorisme », on en passe, il convient de se demander si cette razzia est légitime.

Sommes-nous uniquement des portefeuilles à qui il faut vendre n’importe-quoi à tout prix, y compris celui de nos données personnelles ? Somme-nous tous des terroristes ? Les entreprises et les Etats sont-il légitimes lorsqu’ils nous dépossèdent de ce qui fait notre unicité ?

D’une part la Déclaration universelle des Droits de l’Homme pense que non (article 12) et d’autre part, nous ne sommes des terroristes que si une enquête judiciaire et un procès contradictoire viennent le prouver. Le tout sans se baser sur des écoutes partielles, pour la plupart illégales, ne reflétant qu’une vision partiale de notre personnalité.