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L’autodestruction

Tuesday 9 December 2014 à 15:36

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Jusqu’où faut-il remonter pour trouver une politique publique qui bénéficie aux citoyens ? Sans même se cantonner à la France… Le résultat sociétal des décisions prises par les politiques et le secteur privé est, il faut bien s’y résoudre, pathétique. Les inégalités se creusent inlassablement, les citoyens se tuent à essayer de « gagner » leur vie. Gagner sur un plan financier, bien entendu, même s’il serait plus juste de parler de « survie ». Mais « gagner » sa vie veut aussi dire « réussir », expérimenter une vie qui comble sur un plan philosophique. L’échec des politiques menées jusqu’ici laisse rêveur. Le personnel politique a-t-il autant échoué involontairement ? S’est-il toujours laissé berner par le secteur privé ? L’aveu d’échec d’Emmanuel Macron avec le pacte de responsabilité est-il crédible ? Pensait-il un instant que le Medef allait remplir sa part du contrat ? Peut-on être à ce point naïf à ce niveau de responsabilités ? Qu’est-ce que cela dit sur les hommes politiques ? Peut-on raisonnablement se convaincre qu’en offrant quelques milliards de réductions fiscales aux entreprises, celles-ci allaient créer des emplois ? L’alternative est moins glorieuse et sans doute improbable : les hommes politiques, de droite comme de gauche, tendent vers un ultra-libéralisme qui écrase le Tiers-Etat, pour le plus grand profit du Système.

La situation du Tiers-Etat étant ce qu’elle est, on pourrait imaginer qu’il se rebelle, qu’il tente de s’unir pour faire bouger les lignes.

Paradoxalement, il n’en est rien.

Cette inaction peut être imputable à une stratégie de type « du pain et des jeux » visant à l’endormir. Une sorte de stratégie informelle permettant au Système d’asseoir chaque jour un peu plus son emprise, sa prospérité, sa survie. Si elle n’est sans doute pas théorisée, construite, cette « stratégie » est bien réelle. Elle n’est peut-être que le résultat d’une accumulation d’événements, de situations imprévues, mais qui mis bout à bout, on un effet évident.

Miss France, ce sujet incontournable

Les réseaux sociaux s’enflamment, en 2014, pour l’élection de Miss France alors que les Etats-Unis manifestent contre les meurtres opérés par la police, alors que l’OCDE alerte sur le creusement des inégalités dans une proportion inégalée.

Jamais en 30 ans le fossé entre riches et pauvres n’a été aussi prononcé qu’actuellement dans les économies avancées. Aujourd’hui, dans les 34 pays membres de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE), le revenu des 10 % de la population les plus riches est 9,5 fois plus élevé que celui des 10 % les plus pauvres. Dans les années 1980, ce rapport était de 7 à 1, souligne, dans un document de travail rendu public mardi 9 décembre, l’économiste Federico Cingano – il travaille au sein de la direction de l’emploi de l’OCDE.

Pendant que les tweets badins se succèdent sur telle ou telle Miss, la haine gagne du terrain. Car pour l’instant, c’est la seule réponse qu’à trouvée le Tiers-Etat. La haine de lui-même, des autres, proches, lointains, blancs, noirs, verts, gays, hétéros, transgenres, femmes, hommes, tous sont sujets de haine. Le Tiers-Etat s’autodétruit, ce qui ne peut que ravir le Système, celui-ci évitant ainsi sa propre destruction. Ce qui est son but premier. Perdurer, quelles que soient les conditions de vie qu’il impose au Tiers-Etat. Ce dernier est bien trop occupé à s’auto-combattre,  s’auto-détruire, qu’à en vouloir au Système.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Et si la croissance économique ne servait à rien ?

Sunday 7 December 2014 à 11:14

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Le discours général sur la croissance économique tourne en boucle depuis quelques années accentué par les effets de la fameuse « crise » — qui n’en est pas une — ce que les lecteurs de Reflets les plus assidus savent, particulièrement depuis la publication de la suite d’articles les « origines de la crise ». Ce discours général sur l’économie de croissance, simpliste, est basé sur un leitmotiv basique : tout irait mieux s’il y avait de la croissance économique, et nous pourrions même résoudre des problèmes graves et récurrents de la société française, comme le chômage, la pauvreté et la précarité. Ah oui ? Sans blagues ? Mais qui affirme ça ? Cela se vérifie-t-il ailleurs, chez des voisins proches, aux économies similaires à la nôtre ?

L’économiste a dit que…

A 1,5 point d’augmentation de PIB annuel, les économies modernes européennes sont censées créer des emplois. C’est l’économiste — n’importe lequel l’affirmera — appelé au chevet des Etats qui le dit et le répète sans cesse. A partir de 1,5% de croissance du PIB, le chômage devrait donc commencer à baisser. C’est formidable. C’est mathématique, mécanique, c’est comme ça. D’ailleurs, vous diront les ténors-experts de la théorie économique néo-classique, regardez les Anglais, et les Allemands.

Ah, bien. Allons voir en premier les Anglais. Ces braves cousins d’outre-Manche ont aujourd’hui 3% de croissance : whaaaa, les veinards ! Et mécaniquement — vous dit doctement l’économiste de l’école de Chicago — et bien, leur chômage est très bas : à peine 6%. My god, ils sont trop forts ces grands-bretons ! Alors, on fait comme eux ?

Taux de chômage pour les nuls

On peut faire comme chez les sujets de leur majesté, sans problème. Mais il va falloir bien prendre en compte certaines données plutôt sensibles, avant. Le chômage anglais est, disons-le, une vaste escroquerie. Sans compter le fait qu’un chômeur anglais est,  niveau prestation sociale — un peu comme une vache qu’on conduit à l’abattoir, puisque son chômage est plafonné à une misère et qu’il ne peut excéder six mois — il faut savoir que près de 3 million de personnes sont en incapacités en Angleterre, et donc inaptes au travail, mais indemnisées, et ne sont pas comptées dans les statistiques… du chômage. Si l’on y ajoute les 800 000 travailleurs clandestins, plus les fameux contrats zéro heure permettant à un chef d’entreprise d’embaucher quelqu’un sans lui garantir une seule heure de travail (le rendant corvéable à merci et en dépendance totale envers cet employeur et donc, sans garantie de salaire), les bons chiffres du chômage anglais sont une vaste rigolade que tout observateur de la chose économique devrait immédiatement arrêter d’utiliser comme facteur positif — lorsqu’il parle d’économie.

Baisse des dépenses publiques : oui, mais…non

Toute la belle politique économique de réduction des dépenses publiques, orientées vers le fameux discours du « on va baisser la dette et le déficit public aussi » a servi aux dirigeants politiques britanniques pour privatiser  un maximum de secteurs, réduire « l’effort » de l’Etat, casser des services publics, déjà moribonds en Angleterre. Ce sont des politiques que l’idéologie hypercapitaliste souvent nommée néo-libéralisme, adore, puisqu’elles permettent à des grands groupes industriels  et commerciaux de « privatiser la vie », afin de réduire le citoyen en client et pouvoir se goinfrer de profits quand ça décolle tout en se faisant rembourser via l’argent public si ça dérape. Chacun connaît ce principe très répandu depuis une quinzaine d’années en Europe.

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Regardons donc maintenant où en sont la dette publique et le déficit du Royaume-Uni. Ça ne va pas fort. Pas fort du tout. La dette est encore à plus de 90% (Bruxelles demande 60%), le déficit a bondi à près de 6% (Bruxelles exige 3%). Ahlalalala, mais alors, à quoi bon ? On se le demande, malgré quelques explications assez triviales : à force d’obliger les populations les plus défavorisées à bosser pour des cacahuètes, mais en les incitant à s’endetter, on obtient l’effet suivant : la croissance par la consommation est dopée, d’où les 3% de croissance du PIB, mais les recettes de l’Etat baissent parce que les précaires payent peu de cotisations. Et s’ils sont très nombreux, c’est de moins en moins de recettes qui rentrent dans les caisses de l’Etat. Donc, le déficit et la dette continuent d’augmenter, pas pour cause de trop de dépenses, mais pour cause de pas assez de rentrées.

23% de la population sous le seuil de pauvreté… et l’endettement privé qui explose

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Des chouettes chiffres qui devraient inspirer Macron et son chef Valls, comme le grand manitou social-démocrate Hollande : près d’un quart de la population britannique est en dessous du seuil de pauvreté et la dette des ménages s’élève à 170% de ses revenus. Ahahah : amusante économie autant basée sur le secteur tertiaire que la nôtre, avec un volet finance-paradis fiscal au sein de la deuxième plus grosse place boursière du monde — la City — qui repose sur une bulle immobilière et une politique d’expansion monétaire, de rachat de dette par la Banque centrale du coin. Parce qu’en Angleterre, ils n’ont pas l’euro, mais une inflation à 4,5% et aux environs de 15% de la dette de l’Etat rachetée par la Banque centrale. Tout ça n’est pas très glorieux et repose sur des montages un peu bancals, avec des risques très élevés en cas de changement des taux d’intérêts, ce qui — dans le cas d’une bulle immobilière — ne manque jamais de survenir.

Nos amis d’outre-Rhin : précarité et compétitivité à tous les étages

L’Allemagne, cet eldorado dont rêvent tous les patrons français et leurs amis politiciens du PS et de l’UMP… Oui, l’Allemagne a fait des réformes du temps de Schröder (1998-2005).  Ce brave social-démocrate qui s’en est allé bosser pour une multinationale du gaz une fois l’économie de son pays mise au pas. Ces réformes, tout le monde en parle en France, tellement elles ont permis à l’Allemagne d’être compétitive et d’engranger des bénéfices commerciaux extérieurs colossaux. Pensez un peu : 80 milliards par an ! De la croissance économique qui remonte à peine le pays écrasé par la crise financière, un chômage qui descend quand celui de tous les autres pays augmente ! Trop forts ces Allemands. Oui, mais, là aussi, il y a quand même des gros problèmes. Bien plus gros que ceux connus en France. Colossaux les problèmes.

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On envoie les chiffres : 30% des retraités sont en dessous du seuil de pauvreté, 3 millions de gamins au même régime : ils vivent au sein d’une famille qui a moins de 880 € par mois. 7,4 millions de salariés sont payés moins de 450€ par mois grâce aux formidable mini-jobs mis en place par Schröder. Le chômage n’existe quasiment plus tellement il est restrictif. Un calcul a été fait récemment en Allemagne :  en 2030, 5 millions de personnes n’auront pas de retraite ou au maximum une pension de 140€ par mois. À 67 ans, parce que les réformes, c’est travailler plus longtemps pour toucher que dalle niveau retraite. La démographie est en cause, le manque d’investissements publics de l’Etat, la politique de compétitivité basée sur des délocalisations partielles vers les pays de l’Est et un… énorme dumping social. Merkel est en train de réfléchir à revenir à une retraite à 63 ans, le salaire minimum s’instaure, et des conventions collectives nationales inexistantes jusque là vont se mettre en place : sinon, ce pays va imploser, et la classe politique le sait. Etre compétitif peut nuire à sa population.

Conclusion : va falloir trouver autre chose, non ?

La croissance économique n’est en rien — aujourd’hui — un facteur d’amélioration économique et sociale des populations d’un pays capitaliste, même parmi les plus riches. Le Royaume-Uni ou l’Allemagne le démontrent bien. Afin de diminuer la dette des Etats, la baisse des dépenses publiques est une voie sans issue : partout où une politique de rigueur faite d’austérité s’installe, la dette augmente. Le chômage est une variable d’ajustement des économies dérégulées, un indicateur bidon de l’état des société post-industrielles puisqu’il est en réalité la plupart du temps au double des chiffres établis. Le modèle hypercapitaliste, néo-libéral est en panne en Europe. Une croissance du PIB sur le vieux continent, insufflée par de grands chantiers, pourrait ralentir la casse sociale, permettre de souffler un peu, mais visiblement pas de rétablir une société prospère composée de citoyens apaisés pouvant se projeter dans l’avenir. Cette société capitaliste harmonieuse, où le travail offre un revenu décent à chacun peut-elle encore exister ? Pas certain. En touts cas, certainement pas si elle est basée sur les seuls critères des taux de chômage officiels faibles et  d’une croissance annuelle du PIB forte…

Il faut trouver une autre voie. Le problème est : qui a envie de la chercher et de la mettre en œuvre parmi les décideurs politiques ?

Les forces de l’OTAN utilisent des radios dont le coeur est fabriqué par … la NSA

Thursday 4 December 2014 à 15:56

MBITRC’est sans doute une information connue dans le petit monde du complexe militaro-industriel, mais ce ne l’était pas tout à fait pour nous. L’équipement radio des troupes de l’OTAN, l’AN/PRC-148, a été fabriqué pendant des années par Thales Communications, une filiale du groupe Thales. Une belle réussite française donc. Thales est un pivot du complexe militaro-industriel français, et une très vielle connaissance d’Amesys. Voilà de quoi réjouir des Arnaud Montebourg, ou d’autres chantres du made in France. Petit bémol toutefois, le coeur de cette radio n’est pas tout à fait Français. Il est fabriqué par la NSA, la fameuse agence devenue soudain planétairement célèbre après les révélations d’Edward Snowden.

L’AN/PRC-148 embarque de la cryptographie dans un microcircuit spécifique appelé Hellatite. Qui fabrique ce microcircuit ? Le Special Processing Laboratory (SPL) de la NSA.

Si l’on se réfère à ce qui a été publié dans la foulée de la mise à disposition des documents d’Edward Snowden, mais aussi de cet article récent de The Intercept sur les réseaux GSM et la NSA, on peut raisonnablement imaginer que le SPL a fourni aux autorités américaines les outils pour monitorer tout ce qui passait par ces radios.

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On a retrouvé les divisions du Parti Socialiste !

Tuesday 2 December 2014 à 17:14

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Il y a quelques temps, Reflets vous parlait des adhérents du Parti Socialiste. Plus précisément, de la difficulté à obtenir du PS des chiffres précis. Nous évoquions le nombre d’adhérents figurant dans un listing disponible en 2006 sur le site du PS : 133 831 adhérents. Le 30 novembre 2014, au micro d’Europe 1, Jean-Christophe Cambadelis a lâché le morceau : ils ne sont plus que 60 à 70.000 à jour de cotisation.

Une assez belle hémorragie de 50% depuis 2006. Rassurons-nous, ou pas, l’UMP a probablement connu la même.

Maintenant, la question à 2 cents d’euros de Reflets est la suivante : la base Rosam existe-t-elle encore ? Si oui, l’ensemble des champs de la base est-il conforme aux prescriptions de la CNIL en matière de fichiers de partis politiques. La réponse viendra peut-être rapidement. Qui sait ?

Reflets offre une leçon de SEO à un pro

Tuesday 2 December 2014 à 12:18

LilBoy-est-mortIl parait que le SEO (Search engine optimization) est un métier. Depuis un moment. Il y a des tonnes de bouquins sur ce sujet. Et à notre connaissance, il n’y qu’une seule agence qui fasse cela correctement (full disclosure : c’est un ami qui l’a créée). Il y a mille façons de faire apparaître un lien sur la première page des réponses de Google. La plupart sont contre-productives, en tout cas sur le long terme. Ce qui est intéressant pour la foultitude d’agences qui ont envahi ce terrain, c’est que les responsables des entreprises qui sont leurs clientes, sont totalement ignares dans ce domaine. Cela a permis par exemple à l’agence en charge du référencement de Reflets de s’épanouir et de flirter avec les dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires.

Pour être à tout moment, quel que soit l’article, en première position de Google, nous n’hésitons pas, bien entendu, à passer un coup de Baume Référencement sur tous nos papiers avant de les publier. Tout cela pour vous dire que le référencement, on connaît un peu, puisque l’on pratiquait déjà cet art vaudou au milieu des années 90. Alors, lorsque l’on reçoit un mail comminatoire d’un expert en SEO, nous demandant de retirer un lien sur un article de Kitetoa.com, « or else », on a tendance à rigoler. Jaune.

Ce soir, SEOExpert nous a envoyé un mail cryptique et passablement énervant. Au fil de la discussion, le projet est né dans ma tête de troll patenté et d’expert non reconnu du SEO, de lui expliquer comment obtenir un référencement de qualité et durable (une vingtaine d’années si je ne meurs pas avant – et encore…) pour son patronyme et le nom de l’agence dans laquelle il travaille. Mais après avoir discuté avec le responsable de l’agence qui s’est excusé de cette démarche peu maligne, après avoir relu les échanges trois fois, je me suis dit qu’il était idiot de plomber sa carrière alors qu’il est encore si jeune. Nous l’appellerons donc SEOExpert.

Donc, SEOExpert nous adresse un mail cryptique :

Bonjour,

Suite à une pénalisation du site de notre client par Google, je me vois dans l’obligation de vous demander de retirer les liens de votre site pointant vers l’URL suivante : 

www.lurl.com

qui sont positionnés sur les pages suivantes :

www.kitetoa.com/lepapiergentilquicontientlurl.html

Ayant constaté que l’article sur kitetoa.com est particulièrement neutre et même limite bienveillant pour son client, ne comprenant pas grand chose à ce mail et ayant constaté avec l’adresse email de SEOExpert qu’il ne s’agissait pas d’un hoax, je lui réponds en lui demandant des éclaircissements.

Là, je crois que j’ai dépassé les limites.

Bonjour,

Il est tout a fait compréhensible pour le reste de vos collègues auprès de qui je fais la même demande.

Il y a une première fois à tout!

Le site lurl.com a subi une pénalisation pour liens factices de la part de Google. Et comme vous le savez surement, cela vient des campagnes d’acquisition de liens via les annuaires généralistes et autres sites faisant trop de liens sortant ou avec des ancres suroptimisés.

Les liens que vous faites vers le site lurl.com peuvent etre jugés comme toxiques par Google. De ce fait je me permet de vous demander de retirer ces liens afin que Google ne les prennent plus en compte.

Dans le cas contraire, je me verrai obligé de déclarer votre site comme un site spammant or ce n’est pas m’a volonté ni celle du client.

Est-ce assez claire? Si vous avez des questions n’hesitez pas. Je reste à votre disposition.

Voyons voir… Récapitulons. Kitetoa.com a écrit un article au début des années 90, qui évoque, plutôt positivement une entreprise, et à l’époque, avait mis un lien pour que les gens puissent accéder au site Web institutionnel de l’entreprise. Flash forward :  en 2014, SEOExpert, mandaté par l’entreprise en question m’écrit pour se plaindre que Google pénalise le lien vers le site en question, parce -probablement- à un moment ou à un autre, ledit site a fait appel à un magicien vaudou du référencement. SEOExpert m’enjoint donc à retirer dare-dare le lien que j’avais fait dans les années 90 sans quoi… Il me dénoncera (à qui, sous quel prétexte ?) comme site spammant.

J’avoue avoir tremblé comme une feuille. La litanie de lettre recommandées m’enjoignant de retirer tel ou tel article de Kitetoa.com m’est soudain revenue en mémoire. Lettres d’avocats, lettres de particuliers, lettres à mon hébergeur, lettres à mon registrar… Toutes promettant les foudres du ciel. Jamais on ne m’avait menacé de me dénoncer comme spammeur.

Encore moins pour avoir fait un lien simple vers un site.

Je réponds donc sur le même ton à SEOExpert :

re-bonjour SEOExpert,

Je crois que vous engagez sur une pente savonneuse qui risque de produire l’effet inverse à celui que votre société et votre client recherchez.

Je ne suis en rien responsable des liens « factices » que vous évoquez.

Essayez de vous documenter un peu sur la jurisprudence liée aux liens opérés par des sites vers d’autres sites, dans le cadre d’articles de presse.

C’est un premier point.

Deuxièmement, je vous recommande de vous documenter sur le site auquel vous demandez de retirer un lien dans un article et sur son auteur.

En troisième lieu, vous devriez prendre quelques instants pour vous documenter sur l’effet Streisand.

Enfin, vous devriez prendre en compte le fait que lorsque l’on demande un service à quelqu’un, il est préférable de dire « s’il vous plaît » plutôt que d’employer un ton comminatoire.

Bien à vous,

Ce sur quoi SEOExpert me répond grosso-modo que ma qualité de journaliste ne m’autorise pas plus qu’un autre Webmaster à faire des liens hypertexte :

Monsieur,

Nous n’avons rien à caché donc aucunes craintes que quelque chose soit diffuser.

Vous etes malgré vous responsables des liens en provenance de vos domaines. Maintenant ce n’est pas une question de jurisprudence ou meme de justice. Je vous parle d’un cas particulier qui concerne exclusivement le moteur de recherche Google.

Maintenant si le fait d’avoir collaborer sur des médias d’envergure nationale vous donne plus de droits qu’un autre webmaster. Que voulez vous que je vous dise?

Je pense avoir été courtois avec vous que ce soit dans mon premier mail ou dans le second dans mon explication.

Bon courage pour la suite,

Bon courage ? Mon cher SEOExpert, c’est à vous qu’il faudrait beaucoup de courage pour l’avenir s’il m’avait pris l’idée d’énoncer votre patronyme ici ou ailleurs. Vous auriez enfin compris comment fonctionne le SEO et plus particulièrement, le référencement naturel qui repose sur deux pilier, dont l’un semble vous aveugler : les liens hypertexte et la qualité des contenus mis en ligne.

Pour un bon référencement magique, il faut à la fois des liens vers le site que vous voulez propulser sur la première page des réponses de Google, mais aussi et surtout, un contenu de qualité, c’est à dire informatif. C’est sur ces deux points que se plantent lamentablement toutes les agences qui font commerce dans ce secteur.

Elles ajoutent des liens n’importe où, ce qui déplaît au Dieu Google.

Backlinks

Mais surtout, elles créent du contenu marketing. Peu importe que Google soit un junkie du marketing dont il est par ailleurs un Michel-Ange. Il n’aime pas que l’on vienne titiller ou tenter de contourner son algorithme avec du marketing.

Parvenir à placer un lien sur la première page des réponses de Google (si tant est que cela ait un sens), est finalement assez trivial. Le faire rester là pendant dix ou vingt ans, est une autre paire de manches. Et ça, il est probable qu’aucune agence n’y parvienne.

D’une part les actions de ces agences sont ponctuelles, elles ne s’inscrivent pas sur une telle durée, d’autre part, les contenus créés ne restent pas. Purement marketing, ils sont hébergés sur des plates-formes qui disparaissent du Web.

Même les ministères sont coutumiers du fait. Ils ouvrent des sites qui meurent au premier renouvellement du nom de domaine. Adieu contenu, adieu SEO.

En revanche, cher SEOExpert, ce qu’il y a de bien avec des vieux dinosaures comme nous, c’est que les sites sont là depuis 1997, que jamais un seul contenu n’a été retiré, quels que soient les courriers reçus, et que les textes seront encore là dans dix ou vingt ans. Du coup Google aime bien. D’autant que le nombre de liens pointant vers nos contenus augmente au fil des ans, rendant nos contenus toujours plus « populaires » pour l’algorithme du moteur de recherche.


In memoriam Lilboy, notre maître à tous en SEO