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Censure et surveillance administrative : l’essence de la tyrannie

Wednesday 18 March 2015 à 21:22

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La tyrannie est toujours multiforme, et l’histoire ancienne ou plus récente est là pour nous le démontrer. Les récentes révélations du Figaro analysées par Reflets, si elles se révèlent exactes, sont un signal excessivement inquiétant de l’état du système politique et social dans lequel nous sommes désormais entrés. Pour bien comprendre ce que signifierait la mise en place des « boites noires » internet placées chez les FAI — que la majorité socialiste aimerait généraliser pour surveiller des présumés terroristes,  un retour en arrière dans l’histoire des régimes autoritaires, policiers, système totalitaires ou sociétés dictatoriales est nécessaire. Non pas pour faire un amalgame, mais pour bien établir l’impossibilité quasi historique, pour les responsables politiques français, de mettre en place ces outils. Ni plus, ni moins.

La Stasi ?

En Allemagne de l’Est (RDA), s’est constitué au sortir de la seconde guerre mondiale, un Ministère de la sécurité d’Etat. Cette police politique aux ordres de Moscou était un immense service de renseignement ayant pour mission principale la traque des opposants politiques du régime. Les dossiers de la Stasi sont vite devenus immenses : chaque citoyen de la RDA pouvait être un opposant en puissance. Il est très intéressant de regarder comment un service de renseignements, d’espionnage, de contre-espionnage peut devenir tentaculaire et se mettre à ficher chaque individu d’une société, par mesure de précaution, puis par nécessité administrative.

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C’est là que les propositions socialistes actuelles, de surveillance administratives sont excessivement proches des structures de renseignements soviétiques ou de la défunte RDA. Ces propositions se basent sur la crainte d’un ennemi potentiel, menaçant l’existence même de l’Etat, et donnent à une administration, totalement opaque par définition, les moyens de tyranniser l’ensemble de la population. Que ce soit avec le mot terroriste, djihadiste, dissident, opposant ou ennemi de la révolution, si l’Etat décide d’imposer une surveillance sans contrôle judiciaire, de ses propres administrés, la tyrannie est obligatoirement présente. Par essence.

Les dictatures sud américaines ?

Le Chili, l’Argentine, le Brésil ont connu des dictatures militaires, longues et douloureuses au cours des années 60 à 90. La répression des contestataires y était sanglante, et toujours appuyée par des structures de renseignement hypertrophiées. Une dictature craint de se voir mise en cause, qu’un soulèvement populaire ne vienne contester son pouvoir, elle est donc toujours dans l’obligation de réprimer, et pour ce faire, de surveiller. Le principe d’anticipation des mouvements « révolutionnaires » requiert de l’information, beaucoup d’information.

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La censure, en Amérique latine, a été massivement pratiquée dans ces dictatures, pour empêcher l’éducation des masses populaires, particulièrement envers les thèses marxistes ou communistes puisque les systèmes dictatoriaux mis en place étaient soutenus par les Etats-Unis et demandaient avant toute chose une soumission du peuple aux thèses des « Chicago Boys ». Les inventeurs du libéralisme économique — thèses promues par Milton Friedman, prix Nobel d’économie et grand ami-conseiller des dictateurs de cette région, étaient accueillis à bras ouverts par ces dictatures « anti-communistes ».

La République française : compatible ?

Il serait possible de parler de Cuba, de la Tunisie de Ben Ali, de l’Union soviétique, de la Syrie, de la Libye, de toutes les nations dont les systèmes politiques ont été ou sont encore des régimes tyranniques : tous ces régimes surveillent leur population, tous censurent l’information. Tous ces régimes utilisent ces méthodes, parce que tous ces régimes sont naturellement aux abois, et ont l’obligation, par essence de se protéger de la sorte. Comment peut-on entendre, à la suite d’une action violente de 3 individus armés ayant causé 17 morts, qu’un pays comme la France utilise les mêmes méthodes que les régimes tyranniques ? Les dirigeants de ce pays, la France, seraient-ils eux aussi aux abois ? La Constitution française peut-elle autoriser la mise en place d’une administration du renseignement ayant toute latitude pour espionner en toute discrétion, sans contrôle judiciaire ou parlementaire  réel n’importe quel citoyen ? La censure administrative de sites internet est-elle envisageable dans un pays qui — il y a encore deux mois — se vantait d’être le premier défenseurs de la liberté d’expression ?

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Cette censure est exactement la même que celle qu’opérait le « dictateur Ben Ali » (qui n’en était pas un pour les responsables politiques quelques heures encore avant sa fuite du pays) : comment la France peut-elle s’exonérer du passage par un juge et opérer ainsi ?

En réalité, la comparaison avec la Stasi devient tout à fait possible. Et c’est là que débute la tyrannie. Quoi qu’en pensent les politiques aux abois jouant un jeu très dangereux, qui se retournera contre eux s’ils ne s’en rendent pas compte à temps. Rien ne peut justifier la censure et la surveillance administrative. A moins de déclarer l’état d’urgence, et de rayer d’un coup de crayon la Constitution.

En serions-nous là ?

Une boite noire pour nous surveiller tous, mais une boite noire de gauche…

Wednesday 18 March 2015 à 13:33
©IAN LANGSDON/EPA/MAXPPP

©IAN LANGSDON/EPA/MAXPPP

Le rêve de Mouammar Kadhafi, celui de Bachar el-Assad, est en train de se matérialiser en France. Ce que Reflets dénonce depuis des années comme un vrai cauchemar, se met en place. Cerise sur le gâteau, c’est un gouvernement de gauche qui lui donne vie. Historiquement, ce qui différencie la gauche de la droite, c’est une valeur : l’humanisme. Déjà bien déglinguée, la voilà enterrée définitivement. Le Parti socialiste ne se remettra jamais de cette décision. Car en voulant installer des « boites noires » chez les fournisseurs d’accès afin de surveiller la population, comme le raconte le Figaro aujourd’hui, il pose les germes d’un scandale monumental. Comment ce gouvernement expliquera-t-il sa démarche si par exemple, un jour, on découvrait que la société ayant développé le cœur de ces boites noires est mise en examen pour complicité de torture en Syrie ou en Libye ?

Car comme Reflets l’indiquait dans ses articles hier, il est hautement improbable que les projets de surveillance des terroristes en puissance (jusque-là présumés innocents) hors de tout contrôle démocratique, par le fait du prince, puissent reposer sur autre chose que du deep packet inspection. Nous avons des entreprises leader dans ce domaine, Qosmos, Amesys (Advanced [Middle East] Systems) , EADS, pour ne citer que les plus connues. Les services de renseignement, au travers de l’Etat français, depuis Nicolas Sarkozy, ont tissé des liens extrêmement étroits avec ces sociétés, au point même d’y injecter de l’argent au travers du Fonds stratégique d’investissement (devenu BPIFrance). Il est temps, visiblement de collecter les dividendes. Assiste-t-on à la concrétisation du projet Kairos de Qosmos, ce contrat avec la DGSE ? Quoi qu’il en soit, le gouvernement Valls de François Hollande vient de franchir le Rubicon.

Selon le Figaro,

« Ces mesures permettront de détecter les suspects le plus en amont possible, et de les surveiller ensuite «de manière totale et systématique», confirme une source gouvernementale.

La détection se fera en lien avec les opérateurs télécoms et les fournisseurs de services, appelés par la loi à collaborer. «Les terroristes ont des comportements de grande discrétion sur le Web, mais il existe des marqueurs signifiants», précise-t-on au ministère de l’Intérieur ». […]

« Afin de détecter ces comportements suspects, le gouvernement envisage de faire installer, sur les équipements réseau des intermédiaires techniques, l’équivalent d’une «boîte noire», a-t-il précisé mardi. Elle contiendra des algorithmes, chargés d’extirper des possibles suspects dans la masse des données qui transitent chaque jour sur Internet. Ces codes informatiques seront visés par la nouvelle Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), l’autorité administrative indépendante créée pour contrôler les écoutes.

Les enquêteurs chercheront à avoir une détection la plus fine possible. «Si on voit que cela donne des dizaines de milliers de résultats, on changera les algorithmes», affirme-t-on de même source. »

Toute personne ayant deux ou trois notions techniques peut traduire immédiatement ce jargon bauerien de mage criminologue : « on va mettre en place des outils de DPI permettant de filtrer, classifier et analyser les flux Internet chez les FAI. Des alertes permettront de détecter les personnes intéressées par le djihadisme, les bombes, les armes, etc ». Le souci c’est que ces filtres feront remonter des utilisateurs intéressés par … le djihadisme, comme les chercheurs, les universitaires, les journalistes. Mais aussi ceux qui sont férus de chimie ou les amateurs d’armes de collection. Comment faire le tri et éviter des procédures parfaitement abusives ? Les algorithmes… Ces programmes « intelligents » mais codés par des humains, avec les germes des erreurs humaines codées en dur. Ils feront le tri. Ayez confiance.

Non, justement. Nous n’avons pas confiance. Nous sommes même de plus en plus méfiants, de plus en plus ulcérés par les décisions de ce gouvernement. Le piétinement permanent des libertés individuelles, l’instauration d’une suspicion généralisée, le fait de décréter que tout citoyen est un terroriste en puissance, ce ne sont pas nos valeurs. Non, François Hollande, non Manuel Valls, nous ne sommes ni la Syrie, ni la Libye, ni l’Arabie saoudite, ni le Qatar, ni les Emirats arabes unis… Les Français ne veulent pas de votre DPI généralisé. Remettez les enquêteurs des services de renseignement sur le terrain. Rangez vos precogs votre DPI qui servira à Marine Le Pen, que vous voyez déjà au pouvoir en 2017, pour pourchasser ses opposants politiques, dont vous. Et oui, avec vos outils, elle pourra, simplement en modifiant les « paterns », comme vous dites (sans comprendre ce dont vous parlez), connaître vos plus inavouables secrets et … vous détruire.

La boite noire gouvernementale chez les FAI

Wednesday 18 March 2015 à 12:35
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Le GLINT, une boite noire traqueuse de barbus terroristes idéale pour les FAI, développé par la France pour la Libye de Kadhafi

Ils sont devenus fous. Aujourd’hui le Figaro évoque un projet gouvernemental de « boite noire » chez les fournisseurs d’accès.
Sans même parler de solution technique, on sent tout de suite que nous sommes en train de franchir la ligne rouge. Détection comportementale sur le Net : il s’agit toujours de faire la traque aux cyberbarbus, c’est pour notre bien. Et comment on les détecte les comportements ? C’est assez simple, comme le disait le député Myard « il suffit de mettre de gros ordinateurs, les chinois l’ont bien fait » . Ces gros ordinateurs vont probablement opérer sur plusieurs niveaux. Tout commencera par des sondes capables de détecter sur les millions de connexions les connexions « suspectes »…peut être par dictionnaire, ou par des règles bien plus précises, on n’en sait rien, c’est ça le concept de la boite noire, vous n’en saurez rien et un comité Théodule assurera « sa bonne utilisation ». Une fois suspectées, on pourra s’attaquer au layer 7, un peu trop gourmand pour du systématique sur l’ensemble de la population… ces connexions seront interceptées, dans l’intégralité de leur flux. Pas un clic n’échappera à la « boite noire », l’intelligence des machines au service de la misère démocratique, vous en avez rèvé ? la voilà… La détection comportementale implique que nous sommes 66 millions de suspects. Et ce n’est pas comme si des projets de recherche européens n’existaient pas.

Faible consolation, Internet en France est bâti sur un enchevêtrement chaotique de réseaux qui limitera sans doute les belles idées du gouvernement. Mais l’article du Figaro n’en reste pas moins effrayant. «Les terroristes ont des comportements de grande discrétion sur le Web, mais il existe des marqueurs signifiants» précise la source. Puis ces marqueurs seront utilisés pour déclencher une surveillance «de manière totale et systématique» confie t-elle. Oui, c’est bien de ça qu’on vous parle depuis des années maintenant sur Reflets. C’est vraiment trop injuste, ces belles boites noires que nous avons fabriqué pour Kadhafi, Bachar et d’autres malades mentaux qui éprouvent le besoin de placer sous surveillance toute leur population, pourquoi nous n’aurions pas le droit de les utiliser nous ?

Le plus pathétique, c’est que c’est typiquement le genre de mesure qui passera sur décret, pas devant le Parlement, dès fois que certains parlementaires poseraient trop de questions sur un projet en cours depuis des années, dans lequel le fond stratégique d’investissement a allègrement placé des billes depuis des années, et qui ne demande qu’à être activé ?

Une boite noire chez les FAI… et pourquoi pas un gros bouton rouge chez les électeurs pour faire sauter un gouvernement ?

Censure administrative du Net… pour parfaire le décor

Wednesday 18 March 2015 à 00:11

omwf31Il y a maintenant bientôt 5 ans, on pressentait déjà un mauvais coup se tramer dans l’ombre de l’ARJEL, l’autorité de régulation des jeux en ligne, qui s’était vue octroyer sur décret la première forme de censure d’état. Assez « finement », dans la plus pure tradition républicaine, ce décret était passé sous les radars, publié un 30 décembre, entre deux réveillons, pendant que les geeks geekaient comme tous les ans chez les copains du CCC.

Voilà maintenant 4 ans que des sites de jeu en ligne n’ayant pas obtenu de licence se voient « bloqués » et que ceci n’émeut pas grand monde, d’ailleurs, toute la presse semble l’avoir totalement oublié, en dehors quelques médias spécialisés. Aujourd’hui, changement de casting, ce n’est pas une « Autorité Indépendante » qui fait ses petites listes noires à transmettre aux fournisseurs d’accès pour blocage, c’est le gouvernement lui même, le ministère de l’intérieur. Les critères permettant d’affirmer que tel ou tel site est un site « terroriste » ne sont pas connus, probablement un savant mélange de doigt mouillé, de Google Translate à l’arrache, et d’arbitraire. Oui quand on se passe d’un juge, on est bien dans l’arbitraire.

Appliquer des mesures de blocage et de déréférencement que l’on applique depuis 4 ans pour des sites de jeu en ligne contre des sites web qui font l’apologie du terrorisme… quelle idée révolutionnaire.

On ne va pas critiquer plus avant l’efficacité des mesures de blocage, on sait que ça ne fonctionne pas, voici un petit dessin que NextInpact avait à l’époque publié qui nous le rappelle.

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… mais là n’est pas le problème, et oui il faut s’en indigner, même avec 4 ans de retard.

Dans cette lente et léthargique entreprise de civilisation destruction du Net, tous les gouvernements qui se sont succédés se sont accordés sur la question de la censure administrative et de la surveillance, en conchiant au passage le principe de séparation des pouvoirs. Nul doute que si un Front National accède un jour au pouvoir, il sera bien content de trouver tous les jouets « légaux » que l’on aura préalablement mis à sa disposition. Plus besoin de s’embarrasser d’un juge, une simple incantation de type :

« site web, je te level up officiellement site terroriste »

… et paff le tour est joué, pas besoin de rendre de comptes à qui que ce soit.

Et nous pourrions aller bien plus loin. Imaginons maintenant que pour s’assurer que la censure qui ne peut pas fonctionner fonctionne, le législateur émette l’idée novatrice d’installer sur tous les ordinateurs un « contre-logiciel » qui vous permettrait, en cas de fichage « accidentel » de votre adresse IP dans le listing des terroristes présumé… puisqu’on vous dit que c’est de la prévention
Oh wait ! … Ça ne vous rappelle rien ? Remettons nous au travail.

Des lois parfois d’aspect un peu anodines, qui font régulièrement consensus à propos Internet, c’est devenu une tradition. Sarkozy les a pensé, Valls leur trouve aujourd’hui une utilité : une DADVSI, une LOPPSI, une HADOPI, une ARJEL et paff un blocage blocage DNS des barbus terroristes et l’extension de mesures d’exceptions à l’ensemble de la population, des mesures d’exception qui deviennent loi après loi, sur Internet, la norme.

Attention, ce qui est sur Internet finit toujours, un jour où l’autre par en sortir. Si nous voulons conserver une République qui fonctionne, ses grands principes comme celui de la séparation des pouvoirs, ne doivent pas être remis en cause à la seule évocation du mot Internet… Une République, ça peut vite se dissoudre en une ou deux cyber mesures d’exception, suivi d’un malentendu électoral.

Deuxième mutation de la démocratie en vue

Tuesday 17 March 2015 à 18:26

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L’horreur des attentats de 2001 aux Etats-Unis avait déclenché un mouvement de balancier très perturbant (pour une minorité de personnes). Les Américains mauvais patriotes et suspects de toutes sortes de choses qui ne validaient pas les décisions de l’Administration Bush se retrouvaient au coeur de problèmes assez conséquents. Les étrangers qui refusaient les dérives de George Bush étaient classés dans le camps du Mal, probablement suspects de soutenir Al-Qaïda. Pourtant, la légalisation de la torture (article de 2006), entre autres exemples, permettait de comprendre que la Démocratie avait muté aux Etats-Unis. La mise en place de fichiers aberrants comme TALON prouvaient que très vite, l’Administration décidait de surveiller toute la population. Si l’infrastructure qu’Edward Snowden a révélée n’était pas encore en place, on pouvait déjà compter sur les « citoyens impliqués » pour dénoncer tout et n’importe quoi à n’importe qui afin que tout soit consigné. En quoi la Démocratie mutait-elle ? Elle commençait à utiliser très ouvertement les armes de ses ennemis pour combattre ces derniers. Si l’on peut comprendre qu’une démocratie veuille se défendre contre ceux qui veulent la renverser, souvent au profit de groupes voulant instaurer des systèmes bien plus coercitifs, on ne peut que déplorer l’usage pour ce faire, de méthodes anti-démocratiques. Cette voie n’a qu’une issue. La transformation de la Démocratie en autre chose. Quelque chose de proche de ce qu’elle n’est pas. Un Etat policier, une dictature ? La présentation en conseil des ministres demain d’un énième projet de loi visant à lutter contre le terrorisme est la concrétisation dans les textes de la deuxième mutation de la Démocratie.

Il faudra sans doute attendre quelques jours pour avoir accès au texte définitif, mais le projet de loi sur le renseignement dont les grandes lignes sont dévoilées par le Figaro laisse entrevoir un avenir bien sombre pour la démocratie.

Après le fichage des enfants dès trois ans par Nicolas Sarkozy, le projet de tests ADN pour le regroupement familial par le même, le projet de suppression des juges d’instruction par… toujours le même, mais aussi après le texte autorisant la censure sans contrôle d’un juge et en toute opacité, de sites faisant la promotion du terrorisme (qu’est-ce que le terrorisme, qui l’est, qu’est-ce qu’en faire la promotion, autant de débats démocratiques éclipsés), ce nouveau texte va officialiser la fin du secret des correspondances.

Recueil immédiat…

Selon l’article du Figaro :

« Dans son article 3, le texte permet aux enquêteurs d’obtenir un «recueil immédiat, sur les réseaux des opérateurs» des données de connexion des suspects. De même, il veut contraindre les intermédiaires à «détecter, par un traitement automatique, une succession suspecte de données de connexion». Les fournisseurs d’accès à Internet, mais aussi aux plates-formes comme Google, Facebook, Apple ou Twitter, pourraient devoir déceler eux-mêmes des comportements suspects, en fonction d’instructions qu’ils auront reçues, et transmettre ces résultats aux enquêteurs. […]

Le projet de loi renseignement aborde aussi sur les obligations à la charge des opérateurs et des plates-formes «en matière de déchiffrement des données». Plus que jamais, la France veut disposer des clés permettant de lire des conversations interceptées« 

Comment un opérateur peut-il détecter une succession de connections suspectes ? Chez Reflets, on a bien une idée, mais le conseiller com’ de Fleur Pellerin va encore nous traiter de troll. Le Deep Packet Inspection, cette technologie qui a poussé les gouvernements de droite comme de gauche à soutenir financièrement et commercialement les entreprises françaises pionnières en ce domaine, est une solution optimale.

Qu’est-ce qu’une connexion suspecte ? Est-ce que le fait de contourner la censure du gouvernement (l’exécutif omnipotent en ce cas) par des moyens aussi simples que The Internet Archive, est une connexion suspecte ? Comment l’opérateur peut-il savoir qu’un de ses abonnés se connecte (et charge) un contenu « suspect » sans inspecter en profondeur ce qui circule sur son réseau ? Ceci signerait la fin du droit à la vie privée et du secret des correspondances. De même que l’obtention des clefs de chiffrement auprès des géants du Net. Dans une Démocratie, c’est à la justice de prouver que vous êtes coupable d’un crime ou d’un délit. Il n’est pas tolérable qu’une Démocratie présuppose, comme le faisait Nicolas Sarkozy et comme le fait actuellement le gouvernement Valls de François Hollande, que chaque citoyen est un délinquant en puissance, raison pour laquelle tous ses échanges, ses lectures, doivent être archivées, scrutées, … au cas où.

Cette deuxième mutation, déjà bien entamée, mais qui est actuellement en train de se concrétiser dans les textes est un vrai danger. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas lorsqu’il sera trop tard. Ou lorsqu’un gouvernement composé de personnes aux idées anti-démocratiques trouveront tous ces outils à leur disposition.

Argent, philosophie…

C’est l’histoire d’un mec, Kenneth McVay, il constate -il y a très longtemps- sur Internet la présence de textes révisionnistes et antisémites. Au lieu de demander à grands cris à son gouvernement de les censurer, il décide de publier. Publier tout ce qu’il peut sur Internet pour contrer la propagande des révisionnistes et autres antisémites. Histoire à la fois de permettre aux gens de trouver des textes fiables donnant une opinion contraire à celle qu’il juge à raison nauséabonde, mais aussi de la noyer.

Pour qui est l’heureux détenteur d’au moins deux neurones, cette démarche semble un tantinet plus logique que celle qui consiste à censurer (sans efficacité), à surveiller et à classer comme terroriste potentiel toute personne consultant des textes à la gloire des tarés de Daesh.

En outre, en ces temps de disette budgétaire, il semble incongru de voir le gouvernement français dépenser de l’argent pour des mesures notoirement inefficaces…