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#Pollution : aidons un peu Philippe Gougeon grâce à des outils terroristes

Friday 20 March 2015 à 21:11
Quand ils nous enfument...

Quand ils nous enfument…

« Qui gouverne à la région ? La gauche qui gouverne l’état ? La gauche qui est à la tête de la municipalité de Paris ? la gauche ! » s’exclame Philippe Gougeon sur BFMTV, donc la pollution, pour lui c’est forcément la gauche, une gauche qui ne fait rien, une gauche qui devrait investir dans de gros ventilos pour brasser plus de vent sur Paris… Philippe Gougeon est un politicien incroyable. Invité sur BFM TV aujourd’hui pour débattre face à Yves Contassot, Philippe Gougeon a réussi à placer que « Paris était la ville la plus polluée du monde ». Rien que ça ! Bêtise, démagogie, savant mélange des deux ?… D’ailleurs Frédéric Péchenard qui le suivait sur ce plateau décidément assez mal fréquenté le martelait lui aussi « Paris est la ville la plus polluée du monde« . Hey les copains, respirez un grand coup.

Instant fact checking pour faire découvrir à Philippe Gougeon et Frédéric Péchenard de quoi briller au prochain conseil municipal pour faire oublier l’énormité qu’il vient de lâcher sur BFM TV. Et ça tombe bien car le site Aqicn monitore la pollution dans le monde, et en temps réel.

Aujourd’hui, Paris était donc en proie à un pic de pollution. Dans la circonscription de Philippe Gougeon, tout indigné qu’il était, ce pic de champion du monde était mesuré à un indice de 74. Soit un risque « modéré ».

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Selon Philippe Gougeon, on va tous mourir…

Ce pic de pollution catastrophique, c’est bien connu, frappe surtout des villes de gauche. Un peu comme le nuage de Tchernobyl quoi.. c’est vicieux la pollution… Oh wait…

A Troyes c'est une pollution UMP, mais ça va... C'est deux fois celle du 18e... mais c'est de la pollution propre, elle est UMP

A Troyes c’est une pollution UMP, mais ça va… C’est deux fois celle du 18e… mais c’est de la pollution propre, c’est de la pollution UMP.

Et pendant ce temps, dans une charmante petite province chinoise, il fait nuit, les gens dorment, les usines sont arrêtées, et les gens respirent… mais vachement moins bien que nous.

NDLR : C'est une ville chinoise, donc probablement de gauche hein...

NDLR : C’est une ville chinoise, donc probablement de gauche hein…NB : on est toujours au même moment, c’est juste qu’on est déjà samedi en Chine.

Toujours en Chine, dans une petite province bucolique du Xinjiang, il est 2 h du matin… et à deux heures du matin… tout va bien, avec un indice de 585, soit 7 fois plus pollué que dans le 18e  en pleines heures de pointes.

Là il y a un risque sanitaire...

Là il y a un risque sanitaire… un vrai.

Oui mais la Chine, c’est loin tout ça, puis ils font n’importe quoi les tinois… vous avez raison… toujours au même moment voyons ce qu’il se passe en Pologne, à Plock, qui ressemble à ça quand les conditions météo sont pas trop dégueux.

Plock, c'est vachement mignon

Plock, c’est vachement mignon

Sauf qu’au moment où j’écris ces lignes …

Suggérons à monssieur ville "la plus polluée du monde", vo

Suggérons à monsieur Gougeon d’aller se présenter dans une ville qui a vraiment besoin de sa grandiloquence électoraliste totalement à côté de la plaque, envoyons le se présenter dans une ville qui accuse en ce moment même un indice de pollution 12 fois plus élevé que la ville « la plus polluée du monde »

Sérieusement messieurs vous n’avez rien d’autre à servir pour essayer d’exister politiquement que « Paris est la ville la plus polluée du monde » ? Gardez ça pour les réunions tupperware en maisons de retraite pendant un entre deux tours, genre discret… à la TV ça se voit.

On ne vous en tiendra cependant pas trop rigueur, car le meilleur réflexe, quand l’air est pollué, c’est de brasser du vent… allez continuez comme ça.

FN : le trésorier de Jeanne mis en examen… c’est ballot.

Friday 20 March 2015 à 18:51

pen-3102062-jpg_2729281_652x284Et ben ouais, c’est sûrement un complot des reptiliens, mais en attendant, le trésorier de « Jeanne », le micro-parti du FN (le FN, ce « super parti qui lave plus blanc ») vient de se voir mis en examen. Aujourd’hui.

Il semble que le financement des campagnes du Front ne soit pas très clair. Enfin bref, Axel Loustau, ce fameux trésorier de « Jeanne », très proche de Marine (Axel, pas Jeanne, mais en fait si quand même), est demandé chez les juges pour « escroqueries » dans l’enquête sur le financement de plusieurs campagnes électorales du Front national.

Après Frédéric Chatillon, lui aussi mis en examen pour fraude, « escroquerie », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux » et « blanchiment d’abus de biens sociaux » dans le cadre du financement des campagnes du « premier parti de France »  (quand personne ne veut plus aller voter ou presque, parce que bon, là ça va bien) — cette nouvelle mise en examen fait un peu désordre. A moins que tout ça ne soit que complot et autres vilainies de la part de juges rouges ? Ou des E.T sur la face cachée de la lune ?

 

 

Camarade banquier…

Friday 20 March 2015 à 11:36

macron-failSi l’on en croit Le Monde, Emmanuel Macron a été grisé par sa première prise de parole devant les militants pour cette campagne des élections départementales. « Jusqu’à donner du « chers camarades » à son public. », précise le quotidien du soir. Camarades… Sans vouloir relancer la lutte des classes de l’époque riante de la guerre froide, on peut tout de même se demander ce qui fait d’un ouvrier habitant de Fresnes, un « camarade » (au sens politique) d’Emmanuel Macron. Le ministre avait par exemple empoché 2,885 millions d’euros en salaires et en participation aux bénéfices en quatre ans passés au sein de la banque Rothschild. Un peu loin du salaire de ses nouveaux « camarades ».

Le cynisme de Jean-Jacques Urvoas

Friday 20 March 2015 à 10:18

Jean-Jacques Urvoas est à la manoeuvre depuis des années pour pousser des textes liberticides donnant plus de pouvoir à l’exécutif et aux services de renseignement. Plus de surveillance, plus de liberté pour agir sans contrôle d’un juge. Loi de programmation militaire, Projet de loi sur le terrorisme et désormais, Projet de loi sur le renseignement : tous ces textes portent sa marque. Le tollé provoqué par ce dernier texte ne l’a pas empêché de lancer sur Twitter :

Une bonne blague de parlementaire sans doute. D’une part, l’avis de la CNIL circulait dans les rédactions et l’essentiel avait été publié, d’autre part, depuis des lustres, les gouvernements s’assoient joyeusement sur les avis de la CNIL.

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Parlons un peu de la sous-démocratie française

Thursday 19 March 2015 à 20:18

laver-cerveauEn France, nous vivons dans une démocratie. Nous vivons dans une démocratie, parce que nos libertés sont garanties, en apparence : celles de déplacement, d’opinion et d’expression, de la presse, de la propriété privée, de la vie privée.

Mais il se trouve, qu’en quelques années, ces « garanties démocratiques », bien qu’établies sur le papier, se sont dégradées. Fortement. Pas pour tout le monde. Pas de la même manière pour tous. Mais le constat est là. Si nous effectuons une photographie des libertés démocratiques françaises en ce mois de mars 2015, il y a de fortes chances qu’elle soit très floue et mène à réviser le jugement précédemment énoncé. Nous vivons en réalité dans une sous-démocratie. Une démocratie qui a le  goût, la couleur, l’apparence, de la démocratie, mais qui n’est plus celle que nous connaissions, il y a quelques années encore. Même si elle était imparfaite et incomplète. Détail de la photo.

Rupture des contrats

Une démocratie, même représentative, a vocation à maintenir un contrat entre ceux qui demandent la confiance du « peuple » (les électeurs) et ce même peuple. Le plus connu est le contrat social et nous en avons déjà parlé dans les colonnes numériques de Reflets. Celui-ci est largement entaillé, avec un gros canif. Mais au delà du contrat social, il y a d’autres contrats qui ne peuvent pas normalement être rompus, dans une démocratie. Celui de la séparation de l’exécutif politique et de la justice, ce qu’on appelle « l’indépendance de la Justice ». Les contrats d’une démocratie comme la démocratie française sont donc nombreux, et l’on peut, en vrac, citer l’égalité de droit, devant la justice, la non-discrimination, l’accès aux services publics, la liberté d’expression, la propriété privée, la liberté de circulation, la protection de la vie privée. Le problème est que ces quelques exemples de contrats de « droits et de libertés » sont tous, aujourd’hui, quasi intégralement, rompus.

736965401_smallL’égalité devant la justice n’est plus qu’une vaste fumisterie, il suffit de s’intéresser aux verdicts énoncés à l’encontre de personnalités influentes, du monde économique ou politique comparés à ceux énoncés pour le vulgaire citoyen pour s’en rendre compte. Si vous n’êtes pas noir ou arabe, vous devriez faire l’expérience de vous promener dans une grande ville comme Paris en tant que tel (dans la peau de…) : les contrôles pour cette partie de la population sont permanents, les vexations policières généralisées. La discrimination est institutionnalisée au sein des forces de l’ordre. Faire l’expérience de vivre un temps dans une banlieue pourrie d’une grande ville permet aussi de comprendre que l’accès aux services publics n’est plus du tout un droit, mais un parcours du combattant. Comme dans certaines campagnes, mais d’une autre manière. La liberté d’expression a été depuis peu largement réduite : le législateur a fait basculer des propos contestables, du délit de presse vers le pénal, et il suffit, sur Internet, de ne pas soutenir la thèse gouvernementale sur les événements du Moyen-orient pour risquer une censure administrative, sans juge, et donc totalement politique.

controle-faciesLa possibilité de mettre « sur écoute » votre logement sans qu’un juge ne puisse examiner votre cas, laisse entendre que n’importe quels barbouzes un peu zélés sont désormais protégés juridiquement pour surveiller qui ils veulent, avec toute l’approximation et la subjectivité [parfois motivée par des convictions idéologiques ?] desdits barbouzes. Qu’ils fassent un métier difficile, ces personnels du renseignement, n’est pas une raison pour leur donner tous les droits, sans contrôle. En tout cas, dans une démocratie normale, bien qu’imparfaite. C’est donc dans une sous-démocratie que cela est possible.

Circuler en France est devenu une gageure, entre les robots contrôleurs de vitesse, la fouille des coffres des véhicules, les placements en garde à vue des automobilistes qui contestent l’attitude parfois provocatrice des forces de l’ordre, les règles incompréhensibles et le racket organisé des municipalités sur les stationnements, qui peut encore croire que la liberté de circuler est garantie [correctement] dans ce pays ?

Quant à la vie privée, sachant qu’elle passe énormément par Internet et qu’Internet est désormais déclaré ennemi national, que l’Etat peut aller fouiller les données de chaque citoyen sans qu’aucune autorité judiciaire ne puisse autoriser ou non cette surveillance, il est bien clair qu’elle n’existe plus.

Terroriser la population, c’est démocratique ?

Manuel Valls est venu expliquer il y a peu à des lycéens qu’il fallait « qu’ils s’habituent à vivre avec le danger [du terrorisme] ». Mais Manuel Valls a aussi peur du Front national, pour la France. La meilleure réponse politique a un problème — qui est pour l’heure ponctuel, celui de trois candidats au djihad qui massacrent des journalistes et des clients d’un supermarché —  est-elle d’utiliser les mêmes armes que ceux que l’on veut combattre ? Terroriser les terroristes ? Et la population avec ? Une démocratie digne de ce nom n’est normalement pas aussi faible qu’elle en viendrait à utiliser les mêmes méthodes que ceux qui aimeraient la faire tomber. Normalement. Mais une sous-démocratie, elle, est prête à toutes les bassesses pour maintenir le système qu’elle a pourtant dégradé au point qu’il n’est plus qu’une pâle copie de l’original. Et c’est bien là que le bât blesse, et que la population commence à sentir que quelque chose cloche, ne tourne plus rond.

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« Jeunes gens, ayez la trouille, et habituez-vous à ça… »

Si ceux qui sont au pouvoir ont peur, d’un parti politique, par exemple, pour lequel une part plus ou moins grandissante de la population vote, cette population doit penser en retour, qu’en réalité, le pouvoir politique a peur d’elle. Et un pouvoir qui a peur de sa propre population — au point de la mettre sur écoute administrative — par exemple, n’est pas démocratique, et est très inquiétant. Chacun est capable de le comprendre. Rassurer avec des instances « indépendantes », des commissions et autres comités ne change rien à l’affaire, puisque toutes ces structures ont démontré par le passé qu’elles ne servaient à pas grand chose, étant bien trop lourdes et peu dotées pour garantir quoi que ce soit.

Changer (au moins) de République

Il reste à discuter des solutions pour redresser la barre et régénérer cette sous-démocratie, la remettre sur pieds. Pour en faire de nouveau une démocratie complète ? François Hollande s’est fait élire sur de nombreuses promesses de « régénération démocratique », et le coup du  « moi président » n’est pas pour rien dans son élection.  « Lui président » ? C’est une dégradation de la démocratie encore plus importante que son prédécesseur. D’où la désertion des urnes d’une part importante de la population. Le FN n’est pas en train de grossir en termes de nombre de voix, puisque en réalité il est au même niveau qu’il y a 13 ans : autour de 5 millions d’électeurs. C’est simplement l’effet mécanique de l’abstention qui le mène en tête des suffrages.

premier-partiMais c’est dans une sous-démocratie, peuplée de citoyens épuisés, écœurés, apeurés, qu’un parti normalement minoritaire peut devenir majoritaire. Au fond, si c’est la peur qui guide l’ensemble, que ce soit ceux qui ont peur des étrangers, des terroristes, de perdre leur identités ou ceux qui ont peur de l’extrême droite, de l’abstention, de l’Europe, du manque d’Europe, de l’euro, de la sortie de l’euro, des minorités, de l’exclusion, il n’y a pas d’issue favorable en vue. La seule issue est — pour ceux qui ont encore le pouvoir de se faire entendre, les ténors du système politique — de proposer un changement de système politique. Une majorité d’observateurs et de responsables politiques a établi que celui-ci était à bout de souffle, qu’il ne correspondait plus aux attentes citoyennes, qu’il n’était plus adapté à l’époque actuelle ? Ils n’ont qu’à proposer de créer une nouvelle République à minima, avec une nouvelle Constitution, aidée par les citoyens, grâce à la création d’Assemblées constituantes.

Parce que si cette sous-démocratie actuelle n’est pas rapidement dissoute au profit d’une nouvelle qui déterminera les fondamentaux d’une démocratie telle qu’on peut l’envisager au XXIème siècle, la suite des événements risque d’être excessivement pénible. Violente aussi, par force. Pour une partie de la société, qui déjà, en bave un peu trop. C’est un choix. Hollande peut faire l’histoire, en fin de compte. Ou au contraire, devenir le fossoyeur de ce qu’il restait d’encore un peu enviable au pays des Lumières. Moi président a intérêt à bien réfléchir à tout ça. Vraiment.