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Terres de Gandhaäl (2) – Livre 1 : « Fondations »

Sunday 21 June 2015 à 17:39

shubda

Les tambours résonnaient sans cesse, toujours à la limite de couvrir les voix excitées des convives. Leur rythme lent et mécanique emplissait l’esprit et obligeait l’étranger inaccoutumé à ces sons graves et répétitifs, à se concentrer intensément afin de rester à l’écoute des discussions, ou bien même accomplir des gestes simples. Danda avait été convié par le Kendä Ziäd et son conseiller dans l’une des innombrables tavernes souterraines qui cernaient la tour d’ossements où avait eu lieu l’entretien. Une centaine de Golgiens et Golgiennes vêtus de manière ostentatoire — afin, se dit Danda, de marquer leur appartenance à la haute noblesse de la cité des prêtres noirs — buvaient et mangeaient bruyamment. Leurs yeux brillaient de la liqueur hallucinogène ingurgitée qui coulait à flot dans les coupes de cuivre. Les rires étaient appuyés et les gestes amples. Le diplomate d’Anglar, assis à l’extrémité de la longue table d’ébène lisse comme un miroir, n’avait pas encore osé toucher — ne serait-ce que du bout des lèvres — à sa coupe emplie de vin jaune. Il souriait légèrement, hochant la tête aux remarques de ses hôtes, plissant les yeux pour mieux démontrer son attention aux remarques qui étaient proférées, les mains croisées sur le ventre. Quelle était la raison précise de cette soudaine invitation ? Une coutume sympathique ou bien un piège de Ziäd ? Danda n’avait plus beaucoup de choix ; il jouait avec des dés truqués qu’il avait longuement préparés, ne lançant que ceux qui lui étaient nécessaires. Mais la partie était longue et truffée de revirement de règles. Il lui restait encore une passe à jouer, une passe gagnante ou perdante, un « quitte ou double ». Le seul problème était de savoir à quel instant le tenter…

Theleb s’était installé quelques places à gauche de celle du diplomate, son immense chapeau vissé sur le crâne, camouflant à demi ses traits dans l’ombre. Le sorcier ressemblait à une statue de craie. Ses longues mains grisâtres soigneusement posées à plat devant lui n’avaient, ne serait-ce que tressaillis une seule fois en un demi sablier. Le brouhaha général ne semblait pas l’incommoder, comme s’il n’était plus présent dans la salle souterraine. Peut-être s’était-il assoupi ?

A l’extrémité du banquet, une dizaine de fauteuils sur la gauche de Danda, le seigneur de Kaäl-Nezbeth trinquait avec emphase, distribuant compliments et répondant aux questions qui affluaient du groupe de nobles attablé prêt de lui. Danda se dit que le Golgien était une langue véritablement difficile à comprendre. Pas moins de vingt cercles de saisons lui avaient été nécessaires afin de la maîtriser, et aujourd’hui encore, certaines tournures de phrases lui échappaient à moitié. Les doubles sens, accentuations des consonnes nuançant les propos, voire les transformant, étaient la spécialité du langage des buveurs de sang. Particulièrement le haut Golgien, variante nobiliaire du dialecte populaire.

Ces tambours étaient décidément fatigants, leur sonorité excessivement grave endormait l’esprit, il fallait qu’il se détache de cette ambiance, prenne du recul. Il concentra son esprit sur la discussion engagée en face de lui par une jeune femme et trois de ses comparses mâles. Elle aurait pu être belle — pensa-t-il lorsqu’il la dévisagea. Mais une telle maigreur, cette peau cireuse et ces dents effilées…

C’était une discussion politique. Religieuse aussi, il allait de soi. La jeune femme ayant fini d’écouter l’argumentaire de l’un de ses trois interlocuteurs prit délicatement une coupe de vin, la porta à ses lèvres et dit en haussant les sourcils :

— Tu as peut-être raison Shaatïn. Les inspirations du maître de la nuit sont au dessus de tout ce que nous pouvons imaginer et c’est bien normal. Mais nous sommes tout de même en mesure de soupçonner l’orientation qu’il entend prendre en terme humains et politiques car nous sommes ses fils et ses filles. Il est nous, et nous sommes une parcelle de lui-même… La guerre que nous livrons contre Doriän et ses sbires n’est que l’une des facettes du plan divin que nos maîtres ont construit. Shubda sait manipuler les esprits mieux que quiconque. Ne montrer qu’une voie, alors qu’il en trace mille autres dans l’ombre. Ne croyons pas que l’ennemi soit radicalement identifié. Le monde est plus vaste et complexe que ce que nous voulons bien l’entendre, Shaatïn, beaucoup plus que ce que nous voulons bien l’entendre.

Danda avait écouté, captivé par l’emportement contenu dans la voix de la jeune Golgienne, cette espèce de conviction oratoire extraordinaire que peu d’êtres humains possédaient. Cette clarté d’esprit qui jaillissait à travers les mots et qui avait le don d’emporter l’adhésion d’un auditoire même peu enclin à s’accorder aux idées émises. La jeune femme glissa un regard amusé vers lui et l’interpella sans qu’il n’ait le temps de réfléchir plus avant.

— Qu’en pensez-vous diplomate ?

Danda, prit au dépourvu par son interlocutrice avala sa salive et déglutit le plus discrètement possible. Sa connaissance diplomatique n’était pas à même de démêler les intrigues divines… Il se racla la gorge et sans bien savoir où allait le mener sa réponse, lança :

— Vous savez, nous autres peuples du sud ne sommes pas très au fait des stratégies Kendaï…mais disons que d’un point de vue tout à fait neutre et…

Danda suspendit sa phrase comme sous l’effet d’un sortilège. Son visage avait pâli. Un frisson le saisit. Il se propagea du haut du crâne, puis ses chairs se figèrent et ses cheveux se dressèrent sur la tête. Son interlocutrice, un sourire au coin des lèvres se tourna dans la direction où le diplomate venait de clouer son regard. Une silhouette encapuchonnée était apparue au centre de la large porte voûtée qui menait à la salle de banquet. Les gargouilles aux faciès grimaçants qui décoraient son fronton prirent vie instantanément et s’agitèrent avec frénésie en une danse chaotique et vulgaire. La centaine de convives s’était levée, les conversations s’étaient tues. Des cris grotesques jaillirent des petites effigies de pierre qui commençaient à s’accoupler rageusement, toujours agrippées au fronton. La scène était surréaliste. Danda ne savait plus s’il devait s’enfuir, éclater de rire ou bien encore se mettre à genoux. Les membres de l’assemblée avaient levé leurs verres et souriaient tous sans exception. Le vieux diplomate fit de même, troublé. La silhouette fit deux pas en avant. Les tambours cessèrent de battre, la lumière déclina et un froid terrible envahit la pièce. Il n’y avait presque plus de lumière. Le diplomate grelottait, le bras toujours tendu en avant, brandissant sa coupe de vin. Seuls les râles de plaisirs des créatures de pierre emplissait l’espace, indécents. La silhouette fit encore quelques pas pour arriver jusqu’à l’extrémité de la longue table d’ébène. Une lueur pourpre se répandit sur son visage, puis sur l’ensemble de son corps, révélant son apparence. C’était une jeune femme. Splendide — pensa Danda — hypnotisé par les traits remarquables du visage de la créature debout à quelques foulées de lui. L’une des mains de la jeune beauté écarta la capuche puis défit le lacet qui maintenait le manteau de laine. Le vêtement tomba à terre libérant une cascade de cheveux ondulés aux reflets écarlates qui s’épanouirent sur une poitrine ferme et laiteuse, aux larges mamelons sombres. Les yeux de lave de la jeune femme fixaient le vieil homme. Celui-ci ne pouvait détacher son regard du ventre lisse, de la toison bouclée, rouge sang, qui encadrait les lèvres charnues du sexe, des longues jambes musclées, puis de nouveau, les seins d’albâtre. Le silence était pesant. Danda ne sut bientôt plus combien de temps s’était écoulé entre l’instant où la jeune femme était apparue et celui où il la regardait, empli d’un désir brûlant. Les convives étaient toujours debout, immobiles et souriant. La bouche de la jeune femme s’entrouvrit dévoilant deux rangées de dents pointues à la blancheur éclatante, ses lèvres s’animèrent et une voix suave aux accents rocailleux parvint jusqu’à Danda.

— Viens…

Le diplomate sentit son sexe se durcir et l’appel impérieux de la chair qui se propageait en lui. Il posa sa coupe, recula d’un pas, longea la cohorte de nobles et fut devant elle. Elle le dévorait du regard, ses yeux étaient deux puits de lave en fusion. Ses seins généreux, dressés devant lui, exerçaient un fantastique appel. Le vieil homme se mit à gémir. La voix de nouveau parvint à ses oreilles:

— Viens…

Danda s’approcha jusqu’à la toucher. Elle enserra sa taille, ses mains glissaient à travers les vêtements du diplomate comme deux serpents caressants. Ses habits tombèrent à terre sans qu’il ne sache comment ils avaient été retirés. La jeune beauté s’allongea sur la table, au milieu des reliefs du repas, sur le dos, sa chevelure flamboyante créant une mer ensanglantée sur la surface lisse de l’ébène. Ses longues jambes enserrèrent la taille du vieil homme qui, tremblant de désir, la pénétra dans un râle. Sa vision s’était brouillée, une chaleur indicible se propagea dans tout son corps. Sa verge était brûlante, comme prisonnière d’un étui de feu. Les gémissements rauques de la femme parvenaient jusqu’à lui accompagnés de clameurs d’encouragements. Une bourrasque de plaisir commençait à emporter l’émissaire d’Anglar. Il sentit l’orgasme monter en lui et se mit à hurler, des visages inhumains et grimaçants tournaient dans un ballet monstrueux, des flammes dansantes remplirent son esprit…puis un rire masculin recouvrit le tumulte, emplissant tout l’espace. Danda se jeta en arrière, tomba à la renverse. Son crâne heurta le sol dallé, une lumière aveuglante jaillit devant ses yeux. Le diplomate sentit qu’on le saisissait fermement, puis les ténèbres le recouvrirent…

Manuel Valls, l’art de la dichotomie permanente ?

Thursday 18 June 2015 à 14:47

valls

Soit Manuel Valls ne comprend rien au numérique, soit il est fortement clivé. Il faut savoir que le clivage psychologique est une pathologie mentale : il y aurait dans ce cas deux Manuel dans Manuel, des Manuel qui ne communiqueraient pas l’un avec l’autre. Le premier — appelons le Manuel #1 défend la Loi renseignement, avec les boites noires qui capturent les communications Internet, et donc, abolissent toute protection des données personnelles des internautes français — et l’autre, Manuel #2 affirme l’inverse dans le cadre de son projet de loi numérique :

<script src="//platform.twitter.com/widgets.js" async="" charset="utf-8">Mais ce n’est pas fini. Manuel #1 défend un Internet sous surveillance administrative, avec du DPI dedans (sinon personne ne comprend comment il fait pour profiler des terroristes avec ses boites noires), un Internet avec suppression administrative de sites , cassant ainsi toute possibilité de neutralité du net, quand Manuel #2 défend… la neutralité du net :

C’est un homme de gauche, Manuel #2, mais qui applique des lois sécuritaires de droite en tant que Manuel #1. Manuel #2 veut une politique économique de gauche, mais Manuel #1 en applique une libérale, Manuel, qui es-tu Manuel ? Ah, un appel des urgences vient d’arriver : il paraît qu’il ont perdu l’un de leurs patients et qu’il serait caché à Matignon.

Allo ? Oui, oui, vous pouvez aller le récupérer, mais prenez garde quand même, il a tendance à pointer du doigt en roulant des yeux et on ne sait pas jusqu’où il est capable d’aller…

<script src="//platform.twitter.com/widgets.js" async="" charset="utf-8">

Surprise, il y a des imbéciles partout, même chez Podemos

Thursday 18 June 2015 à 11:42

ZapataA peine « arrivé au pouvoir », Podemos en fait l’expérience… La maire de Madrid, Manuela Carmena, en poste depuis cinq jours est déjà aux prises avec la réalité. D’une part, elle déclare que certaines parties de son programme sont en fait des « suggestions » -et ne seront donc pas suivies d’effet, d’autre part, la nouvelle maire est confronté à l’imbécilité d’un de ses conseillers municipaux (prévu à la culture, pourtant). Ce dernier avait fait une série de tweets en 2011 qui sont évidemment remontés à la surface.

Guillermo Zapata a un humour très particulier. Les Juifs et leurs cendres sont visiblement chez lui une fixette. Cela commence par une « blague ». Comment mettre 5 millions de juifs dans une voiture ? Facile…, dans le cendrier. Puis, cela se poursuit par une interrogation. Pourquoi l’Etat d’Israël a-t-il besoin d’autant de place alors que chaque personne occupe un monceau de poussière.

Et comme Guillermo Zapata est un vrai bout-en-train, il a aussi des blagounettes pour Irene Villa qui a perdu ses deux jambes dans un attentat de l’ETA : « ils ont du fermer le cimetière d’Alcásser pour qu’Irene Villa ne vienne pas y chercher des pièces de rechange« . C’est de l’humour, on vous dit.Noir, précise Zapata, mais de l’humour.

Les gens sont de tristes sires. Ils ont protesté contre cette forme d’humour. Guillermo Zapata renonce à son titre (la culture). Mais, et en cela, Podemos prend assez vite le train des autres partis politiques, il ne renonce pas à son poste de conseiller municipal.

Un autre conseiller de l’équipe de Manuel Carmena a de son côté eu une interrogation à propos d’un politique de droite qui démontre la finesse de ses réflexions intérieures : « Moi, je ne peux pas assurer qu’en tuant et en torturant Gallardón toute cette histoire va changer, mais en essayant, on ne perd rien ».

L’inversion du sens, tant prisée par les partis politiques, de gauche comme de droite, où que ce soit dans le monde se confirme avec Podemos dont la direction a salué le renoncement au titre de chargé de la culture par Guillermo Zapata.

« Alors que ceux qui volent et qui mentent depuis des années sont toujours en poste, Guille Zapata assume ses responsabilités. Ils n’arrêteront pas le changement« , a triomphé Pablo Iglesias. Le numéro deux Íñigo Errejón voit dans ce renoncement de Guillermo Zapata « une générosité et une responsabilité hors du commun« . Pas moins.

Reflets recommande à Podemos une petite réflexion participative et citoyenne sur l’humour avec un image, une vidéo et un son.

Enfants à Auschwitz, victimes des  "expérimentations médicales"

Enfants à Auschwitz, victimes des « expérimentations médicales »

 


Karol Pila par vanda-veronne

Karol Pila avait 12 ans lorsqu’il était à Auschwitz

 

A écouter : une émission d’Europe 1 à écouter avec Karol Pila

Terres de Gandhaäl – Livre 1 : « Fondations »

Thursday 18 June 2015 à 11:15

Prologue

Le jardin d’Eden en proie aux ombres maléfiques avait été retiré aux hommes, et la quête pour le retrouver au gré des siècles, s’était épuisée… L’humanité parvint à dominer la matière, l’espace, le temps et certains pensèrent même qu’ils étaient des dieux, car il pouvaient créer la vie…

La nature, dominée, puis broyée par l’appétit insatiable des êtres humains devint une esclave sans saveur, fanée par les mauvais traitements. L’arrogance devint une qualité reconnue, la lutte pour le pouvoir prit une tournure indécente, et les habitants de la terre se mirent à croire qu’ils étaient les maîtres absolus de l’univers connu et inconnu… Le jour du jugement dernier, ainsi appelé par les prophètes de tous les âges, survint sans que quiconque ne sache par qui il était ordonné. Le grand éclair frappa le globe, comme beaucoup l’avaient prédit, annihilant la quasi totalité des espèces vivantes. Les particules projetées dans l’atmosphère par les terribles engins de guerre fabriqués par l’homme voilèrent le soleil et plongèrent ce qu’il restait du monde dans un hiver obscur et presque éternel. La civilisation disparut durant vingt mille ans. Ainsi en avait décidé l’espèce la plus évoluée sur terre de son propre sort…

 illustration

Chapitre I

La lueur dansante des flammes des torches faisaient saillir un peu plus qu’à l’accoutumée les os du visage squelettique de Ziäd. Ses traits contenaient la marque incontestable de l’appartenance au peuple de la nuit, le Ghöl-Amgöth. Mâchoire saillante, arcades sourcilières proéminentes, taille élevée, longs doigts crochus et épaisse chevelure anthracite encadrant un visage cireux, creusé de cernes profondes. Les drogues puissantes qu’il ingérait chaque jour avaient voilé ses yeux injectés de sang, lui conférant une sorte de regard d’aveugle, irréel. Bien qu’enfoncé de manière nonchalante dans un large fauteuil d’ossements aux allures de trône morbide, Ziäd gardait cette allure unique que seuls les individus de longue lignée noble possèdent : une autorité naturelle, sorte d’indéfinissable prestance que n’importe quel visiteur ressentait instantanément à sa vue, sans pouvoir définir d’où elle provenait particulièrement. Un visiteur était justement là. Ziäd passa une langue rouge écarlate sur ses lèvres incolores, de haut en bas, avec une lenteur extrême, sans que ses yeux ne se détachassent du ridicule petit homme tremblant et emmitouflé dans sa cape de pièces de fourrures et de velours qui se tenait devant lui. Il était là depuis un long moment ne sachant apparemment pas comment entamer le dialogue, se balançant imperceptiblement — pour qui savait observer — d’un pied sur l’autre, indécis. Il avait scruté le fauteuil composé d’un savant assemblage de crânes — qu’il avait identifié au premier coup d’œil comme humains —puis celui qui y trônait ; ne sachant peut-être pas si le protocole en vigueur impliquait qu’il prenne l’initiative de l’entretien ou la laisse au dirigeant assis en face de lui. Ziäd se délectait de la situation. Le trouble, l’angoisse que devait sûrement ressentir le visiteur debout devant lui en cet instant étaient des sensations du plus haut intérêt à observer. Il voulait essayer de comprendre à quoi elles pouvaient correspondre, pour lui qui n’était pas en mesure — de par son origine, ses mœurs et sa culture surtout — ne serait-ce que les expérimenter. Il était Golgien. Pas humain, comme cette stupide créature affublée du titre pompeux d’ambassadeur, envoyée par une minable petite nation marchande du continent sud. La question vint à l’esprit de Ziäd avec naturel, alors que son intérêt pour l’anthropologie commençait à faiblir. Comment allait-il le tuer?

L’ambassadeur d’Anglar sourit avec déférence au Kendä de Khaäl-Nezbëth, la cité des prêtres noirs. Il savait combien sa mission avait été difficile et le devenait un peu plus, en cet instant, à la limite de l’impossible. Pourtant il se trouvait au sommet de la tour des « souffrances éternelles »— c’était un titre grotesque se dit-il — gigantesque mirador de pierres volcaniques et d’ossements qui dominait la gigantesque ville golgienne. Il était au seuil de ce dont il avait rêvé au cours des vingt derniers cercles, la consécration d’un travail de tous les instants. Danda relâcha les muscles de sa mâchoire, ce qui eut pour effet immédiat d’éteindre le sourire de convenance qui s’y était figé. Le vieil homme paraissait minuscule dans cette salle aux proportions inhumaines. Le dôme de verre opaque qui recouvrait la tour effilée se perdait bien au delà des limites que la lumière mordorée des torches projetait dans l’espace circulaire. La démesure était une constante dans l’empire du Ghöl-Amgöth, et l’on tentait à chaque instant—pensa le vieux diplomate — de rappeler à tous, quels en étaient les bâtisseurs et maîtres incontestés : les Kendaïs des ténèbres; les hommes-dieux. Où hommes-démons, selon depuis quel point de vue on se situait. Puissance surhumaine, surnaturelle en tout les cas ; dont les pouvoirs à un niveau bassement matériel ne pouvaient qu’être considérés à leur juste valeur : immenses…

Danda n’était pas né de la dernière pluie. Les rides qui sillonnaient le visage parcheminé du diplomate attestaient de son âge avancé ; mais si son apparence portait à croire qu’il devait être à l’orée de sa vie, inoffensif vieillard sans défense; la réalité était toute autre. Ceux de ses ennemis qui s’étaient arrêtés à cette impression en avaient payé de leur vie. En quarante cercles de voyages et de tractations sur les terres de Gandhaäl leur nombre était imposant, mais qui pouvait le soupçonner ? Les petits yeux noirs de l’ambassadeur d’Anglar se baissèrent en une expression de concentration intense, les fins sourcils dessinés au fusain se soulevèrent formant deux accents circonflexes au dessus desquelles une mer de plis de peau apparut. Ses deux mains se rejoignirent, leurs doigts se croisèrent, et la voix chevrotante résonna faiblement dans l’immense salle circulaire.

— Je suis très honoré d’être reçu avec autant d’égards, seigneur Ziäd. Nos peuples ne se connaissent pas bien encore mais ils ont tout à y gagner, j’en suis certain…

Ziäd eut un tressaillement nerveux incontrôlé. La voix ne lui était pas inconnue, presque familière… comment cela pouvait-il être possible ? Il repoussa l’idée à peine émise qu’il mit sur le compte du bleu de Mataï-Shang, fumé quelques minutes auparavant, puis répondit d’un ton désabusé:

— Y gagner ? Un sourire carnassier vit le jour, dévoilant une rangée de dents effilées. « Je ne crois pas qu’il soit possible de comparer nos nations respectives en l’état des choses, ambassadeur. Je représente ici l’Empire sombre du Ghöl-Amgöth, le fléau des terres; le sais-tu ? Je suis le maître des prêtres noirs de Kaäl-Nezbëth, les shems ! Qu’es tu donc, toi ? Un vieillard affaibli envoyé par des tribus d’esclaves que nous dévorons lorsqu’ils se risquent trop près de nous ! Qu’as-tu donc à me proposer en échange de la clémence que nous pourrions accorder à ton peuple d’inférieurs ? Du lait de chèvre et de l’huile d’olive? »

Ziäd éclata d’un rire malsain à l’énoncée de sa propre plaisanterie. Des hurlements de douleur lui firent écho, sinistre mélopée qui s’éteignit sous le claquement sec des coups de fouet. Soudain, la flamme des torches vacilla comme sous l’effet d’un courant d’air spontané. Les ombres des bas reliefs semblèrent s’animer, des formes animales se mouvoir le long des parois du dôme. Danda ne parut pas s’en émouvoir. Les yeux plissés, aucun signe apparent de nervosité sur son visage ridé, le vieil homme ne semblait pas remarquer les changements subtils qui s’opéraient autour de lui. Il reprit la parole sans émotion particulière dans la voix.

— Votre sorcier n’est pas des plus discrets,seigneur Ziäd; mais est-ce là sa principale qualité ? J’en doute fort…

Avant que son interlocuteur n’ait pu réagir, le diplomate Anglarien reprit:

— Montrez-vous donc Theleb, votre présence nous sera sûrement d’un grand secours. Votre présence visible, j’entends.

Une silhouette se dessina lentement à la droite du trône d’ossements. Chapeau à larges bords, ample toge grise, dos voûté, longues mains appuyées sur une canne d’ivoire à la ligne incertaine et aux ciselages chaotiques. Le visage au nez rapace apparut en dernier lieu, presque aussi gris que le vêtement qui enveloppait le reste de son corps, constellé de minuscules trous et de pâles cicatrices. Immédiatement une voix de basse jaillit dans la pièce, légèrement éraillée et pourtant imposante.

— Tu as une bonne mémoire, Danda. C’est tout à ton honneur, la vieillesse ne t’a pas retiré ce don précieux, mais tu devrais prendre garde… Tu n’es pas en terrain conquis, ici. Les dieux des ténèbres et leurs représentants ne sont pas de la même teneur que les petits chefs d’Anglar ou ceux des steppes de Woorg. Tu devrais le savoir. Je suis surpris qu’un homme aussi prudent et diplomate que toi, tente de me mettre dans l’embarras. Mais rassure-toi ; il n’en est rien ; je voulais simplement vérifier que l’âge ne t’avait retiré les facultés essentielles à ton activité…

Le vieux shalwath conclu sa phrase par un sourire de biais qui déforma encore un peu plus son faciès aux allures de revenant. Il traça un cercle sur le sol de la pointe de sa canne tordue, toujours immobile, et lança à l’adresse de Ziäd :

— Ne ferions-nous pas mieux d’aller droit au but seigneur Ziäd ? Notre temps à tous est précieux…

Le Golgien se redressa du trône d’ossements, pencha la tête de côté comme sous l’effet d’un torticolis et roula des yeux. Sa langue rouge vif sortit de sa mâchoire carnassière, serpent de chair qui se redressa jusqu’à toucher la pointe du nez de son maître. Ziäd avait envie de tuer le petit homme à la peau foncée. De l’égorger à l’aide de ses dents effilées comme les stylets des spadassins de Mataï-Shang, puis d’en faire un festin arrosé des meilleurs vins de sa cave. Il était sur le point de bondir en avant pour mettre son projet à exécution lorsque la voix de son conseiller surgit dans son cerveau, coupant court à toute velléité en lui :

Non, seigneur, pas encore…! Nous avons besoin de savoir ce qu’il veut exactement. Les peuples du sud seront bientôt pour nous d’un grand secours; il y tant d’esclaves là-bas que vous ne pourriez en dévorer en une vie de mille cercles ! Laissez-moi faire, nous verrons ensuite…

Danda se racla la gorge, mais avant qu’il n’ait pu parler, Ziäd se leva théâtralement et d’un ton mielleux, lança :

— Oui ! Oui ! Mon conseiller a raison, allons à l’essentiel, diplomate, j’ai à faire, et les considérations sur ton peuple misérable ne m’intéressent plus. Alors, que veux-tu ?

C’était bien là un réaction Golgienne se dit Danda en lui-même : tempérament chaotique, feu et glace, jamais d’espace pour ce que les hommes nommaient sérénité ou bien encore raison… Il lui fallait réagir instantanément, ne pas tomber dans le piège de la déstabilisation qu’engendrait inévitablement ce genre de comportements délirants.

— Bien. Je préfère moi aussi que nous sachions tous ce qu’il en est. Votre présence, Theleb-Nüb-Süthek m’y aidera d’ailleurs, car vos fréquents voyages en Anglar pourront attester mes dires.

Aucune réaction des deux interlocuteurs debout en face de Danda.

L’incitation à aller de l’avant était évidente. Le vieux diplomate reprit la parole, un coin de son esprit toujours à prêt à rebondir vers une menace invisible.

— Comme vous ne le savez peut-être pas seigneur Ziäd, les peuples du continent du sud ont beaucoup changé ces dernières années. Evolué aussi. Ce qui n’était qu’un territoire incertain, peuplé de tribus sauvages et incultes est désormais devenu un véritable petit empire. L’empire d’Anglar, du nom du continent qui l’accueille. Des cités y ont été érigées, des navires sillonnent ses côtes et traversent la grande mer intérieure de Dîm-Azäth, des armées parcourent le continent, le commerce y est florissant. Je ne veux en aucun cas faire de comparaison malheureuse avec votre empire aux puissances occultes si terrifiantes pour nous autres, mais simplement avancer un pion sur le grand échiquier qu’est le monde de Jaagleen, que nous nommons désormais…les terres de Gandhaäl…

A l’énoncée du dernier mot le maître de Kaäl-Nezbeth eut un tressaillement nerveux qui souleva un coin de ses lèvres cireuses. Ses mains se crispèrent spontanément, un souffle de haine vint le submerger qu’il contrôla discrètement, toujours à l’écoute d’un signal du shalwath et néanmoins attentif au discours du diplomate Anglarien.

Gandhaäl ! Cet imposteur facétieux, ce suppôt des forces ennemies, insaisissable depuis deux cent cercles, un comble pour un mortel ! Je le hais, je hais ces vermisseaux qui n’ont d’autres préoccupations que leur survie ! Je hais ces terres ensoleillées, ces musiques et ces danses ridicules, ces esclaves sans cervelle !

Déjà, Danda ayant reprit son souffle, continuait sur sa lancée :

— Ce pion qu’est notre empire marchand, bien qu’insignifiant ou presque, face aux empires Kendaïs, je l’avance sereinement, en toute connaissance de cause. Dans l’intérêt d’Anglar, mais aussi bien sûr dans le vôtre. Laissez-moi vous exprimer mon point de vue. Vous serez libre ensuite de le contredire… et de m’exécuter, si cela vous chante… ce dont je doute fort lorsque vous m’aurez entendu. Ghöl-Amgöth est l’empire le plus important à nos yeux. Tant d’un point de vue militaire, religieux ou bien économique. Mais l’empire sombre est affaibli par les guerres sans fins qu’il mène contre son ennemi héréditaire, le Dorianor. Sa puissance n’est pas ce qu’elle devrait être. L’empire des conquérants de Morglang s’affirme, et ce pourrait être lui le grand gagnant de cette affaire… C’est là, que nous autres, Anglariens, voulons jouer notre pièce : nous sommes une jeune nation, humaine certes, mais dont le poids d’un point de vue bassement marchand et militaire ne va qu’aller grandissant. Nous aussi avons des esclaves, marchandise que vous chérissez et dont le besoin ne pourra que croître ; nous aussi avons des armes en acier, des navires, du blé, des élevages, du bois et des métaux précieux, des tissus, des bâtisseurs… Aucune guerre ne nous ralentit, nous passons des accords avec de lointaines nations encore plus au sud, et nos shalwaths pourraient peut-être bien rivaliser un jour prochain avec ceux de votre empire ! Les trois pères fondateurs de Ghöl-Amgöth, les hommes-dieux eux-mêmes l’ont compris et pourront vous le confirmer puisque des émissaires de la cité-mère Shaaï-Nalfesh sont déjà venus palabrer à Shaleenmär… Ne voyez-vous pas les temps changer ?

Ziäd, pétrifié de stupeur, la mâchoire pendante et les yeux ronds regardait le vieux diplomate comme un chat l’aurait fait devant une souris métamorphosée en éléphant. A ses côtés, Theleb, impassible, souriait légèrement, les doigts tenant la crosse de sa canne jouant un rythme secret et régulier sur celle-ci. Le vieux Danda releva les yeux qu’il avait rivés au sol lorsqu’il déclamait les vers de la prophétie. Son regard n’était plus le même, perçant, vif. Il en émanait une incroyable détermination, une force étrange, aussi. Cela n’avait pas échappé au conseiller du prince de Kaäl-Nezbeth qui prit la parole immédiatement, prudent.

— Tu es parfait, Danda, parfait pour nous exaspérer et nous donner l’envie à tous de mettre un terme à ton existence par trop dérangeante.

Un temps mort, le silence épais de la salle de pierre. Puis Theleb reprit :

— Il n’en sera rien, rassure-toi — ses pensées toutes tournées vers Ziäd retenaient celui-ci de se jeter sur Danda—ta démonstration était très convaincante ; mais…il y a un…mais …

— Oui ? Lequel, Theleb ? dit Danda dans un murmure.

Nous irons ensembles rencontrer le maître absolu de cette cité, afin de vérifier sa complaisance à ton égard, ainsi qu’à tes propos. Sais-tu au moins qui il est ?

Un rictus glacial conclut sa phrase.

Le diplomate d’Anglar plissa les yeux et hocha la tête à trois reprises.

— Le Kendaï Shubda, grand régent de la nuit et des démons, maître des souffrances éternelles et de la luxure… oui, je sais qui il est. J’irai le rencontrer si tel est votre désir.

Ziäd ne put retenir un ricanement sonore qui se gonfla en un rire diabolique, ses dents pointues scintillant sous l’éclat des flammes des torches. Il ouvrit les bras et annonça d’une voix vibrante, comme si une assemblée imaginaire était pendue à ses lèvres :

— Alors qu’il en soit ainsi, et allons manger !

*  *
*

Contrat social connecté (2) : de la surveillance généralisée à la régulation étatique d’Internet

Wednesday 17 June 2015 à 18:00

Un nouveau contrat social a-t-il émergé en France, de façon informelle, et sans que personne ne l’ait signé ? Les changements technologiques sont-ils au cœur de cette possibilité ? Quelles sont les conséquences de cet état de fait s’il se révélait exact ?

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2005 est une date charnière pour aborder la question du nouveau « contrat connecté » qui semble s’être mis en place. Comme 2007, 2008, 2011, 2013, et 2015. En 2005, le référendum pour le traité constitutionnel européen permet à une part très importante de la population de débattre durant des mois sur le sujet. Le « Non » l’emporte, alors que les médias dominants, dans leur ensemble, militent en faveur du « Oui ».

Stupéfaction de la classe dirigeante, des élites éditocratiques : les Français ont rejeté une Europe libérale et anti-sociale, et aspire à une « autre Europe », dans leur grande majorité. Ce n’est que deux ans plus tard que FaceBook s’installera véritablement dans l’Hexagone, que l’Iphone apparaîtra dans les boutiques des opérateurs de téléphonie. Puis le Traité européen reviendra, sera signé sans l’avis des citoyens, balayant le choix de 2005 et affirmant la domination autoritaire des « élites » sur les populations. Mais reprenons pas-à-pas l’étonnante progression de ce nouveau monde en cours de création.

Avant, les gens étaient loin de la politique

En très peu d’années, depuis le fameux « Non » au référendum sur le traité constitutionnel, la façon dont une majorité de la population s’empare de l’information, la partage, réagit, a profondément changé. Les outils numériques en ligne ont muté, se sont rendus mobiles grâce à la miniaturisation, et permettent à des masses de personnes —phénomène auparavant inimaginables — de débattre, critiquer, faire circuler , qui des rumeurs, qui des thèses politiques, qui des articles, ou autres contestations. Cette nouvelle façon de faire du lien social et de la politique, est à doubles tranchant : si elle aide à faire circuler la parole horizontalement, elle est aussi un outil de propagande et de dilution des idées sans commune mesure. Tout ça réside sur l’apparition des smartphones et des réseaux sociaux, des plateformes web dites « collaboratives » ou « participatives ».

Aujourd’hui, ils sont surinformés

Ce qui a profondément changé est la capacité de la population à s’emparer des sujets qui autrefois étaient réservés aux politiques et autres experts. Documentaires, conférences sur Youtube, sites d’informations, blogs, partages de liens, de documents sur les réseaux sociaux : une nouvelle forme de citoyens contestataires, « agitateurs surinformés », est apparue. Le Fact checking aidé de la mémoire d’Internet permet de dévoiler très vite et très facilement les reniements, mensonges, dénis des politiques. Une part importante de la population utilise quotidiennement les outils numériques connectés pour vérifier, contester, faire savoir sa rage face à un système politique en pleine crise et de plus en plus mis à nu.

L’accès à toutes les informations (ou presque) est une modification radicale de la société et du contrat social qui en découle. Des représentants politiques, tant qu’ils sont en mesure de faire croire que leurs analyses et leurs décisions sont éclairées et en accord avec le mandat que le peuple leur a donné, peuvent continuer à diriger. Mais lorsque ceux qui élisent les représentants sont conscients des mensonges de ces mêmes représentants, sont autant informés qu’eux et surtout en capacité de leur faire savoir ?

La réponse du politique

La volonté de freiner l’élan populaire contestataire, de la part du politique, est aujourd’hui évidente. Les promesses creuses de jours meilleurs ont fait long feu, il est donc devenu urgent [pour le politique] de tenter de contraindre les administrés — potentiellement en mesure de les évincer — à se calmer. La surveillance des communications afin d’assoir un système panoptique d’auto-censure est une première étape qui vient d’être franchie. La seconde sera la « régulation » d’Internet, dernier territoire que l’élite politique ne contrôle pas. Le principe a déjà été lancé par des parlementaires, et il est simple : l’internaute va se voir potentiellement puni sous le coup de lois axées sur la diffamation (propos considérés comme répréhensibles à l’encontre des élus ou des membres du gouvernement, d’entreprises), et donc mis en demeure de contrôler ses contestations en ligne. L’élargissement des fermetures administratives au delà du simple « appel à des actions terroristes » viendra rapidement, il a déjà été évoqué…

Le contrat social sans contrat… et sans société ?

Le TAFTA/TTIP négocié sans aucune concertation démocratique est là pour rappeler aux populations qu’elles ne sont pas en mesure de contester, même lorsqu’elles y sont majoritairement opposées, les décisions des élites économiques et politiques. Ces populations sont pourtant très autonomes par leur capacité à savoir, faire savoir, échanger, mais réalisent dans le même temps que ceux qui agissent sur la société dans laquelle ils vivent, les politiques, sont entièrement déconnectés des populations qu’ils administrent. Le résultat est étonnant, surréaliste, mais parvient à « fonctionner » malgré tout : les gens hurlent dans les tuyaux d’Internet, les politiques hurlent à l’Assemblée ou dans les médias, tout en agissant à l’inverse des demandes populaires, et l’ensemble avance… sans se rencontrer.

Plus les gens peuvent s’autonomiser plus les politiques tentent d’enlever de l’autonomie aux gens, plus les gens contestent, plus les politiques restent sourds aux contestations et installent des régulations anti-contestataires. Il est possible d’envisager une société future où les individus la constituant seront tellement experts et capables de faire par eux-mêmes, les politiques tellement sûrs de leur capacité à contenir l’ensemble, que l’Etat ne sera plus qu’une somme de contraintes et de normes répressives se confrontant quotidiennement à sa population. Ni plus, ni moins.

Le nouveau contrat social connecté est déjà en place. Le cirque étrange qu’il engendre peut-il continuer encore longtemps ? Là est la question.

Dans quelle mesure le nouveau contrat social [connecté] est-il supportable (1) ?