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François, si tu veux parler écologie, commence par t’intéresser à l’agriculture paysanne

Thursday 26 February 2015 à 18:48

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François pense que l’écologie c’est réduire les émissions de CO2. Le problème majeur de la planète se trouverait donc résumé à cet effet de serre causé par ce satané gaz. Et tous les fonds (colossaux), toute l’énergie politique (très grande) vont donc se trouver concentrés dans cette unique préoccupation : réduire les émissions de gaz à effet de serre, de CO2, donc. Bien. Ecoutons ce qu’a dit le président français à Manille :

« Il y a ce que l’on appelle l’agenda des solutions : c’est tout ce que les entreprises, les ONG, les grandes collectivités locales les régions peuvent faire ensemble pour changer un certain nombre de pratiques, modifier les comportements et inventer de nouveaux modes de vie pour nos pays respectifs. Il nous faudra beaucoup de technologies, de recherches scientifiques et d’investissements et pas simplement des taxes qui dissuaderont ou des règles qui empêcheront. Nous avons besoin de créer un flux d’investissement considérable dans les prochaines années« 

Très impressionnant. Il faut investir pour faire moins, mieux, mais toujours plus. Nouvelle déclaration du « président qui fait pleuvoir » :

« Nous venons ici pour parler d’économie, c’est-à-dire aussi de changement climatique car les deux objectifs ne peuvent pas être séparés. Tout ce que nous ferons pour lutter contre le réchauffement climatique nous pourront aussi l’utiliser pour faire plus de croissance plus de développement, plus de richesse« 

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Mais oui, mais oui François. De sacrées opportunités sont en train de survenir, hein ? Il faut dire que ton pays est en pointe côté énergie super propre à base d’atomes radioactifs. Alors réfléchissons un peu. Aujourd’hui, les transports aériens à base de fuel, ont explosé, et ne cessent de se démocratiser. Des hordes de touristes et de business(wo)men sillonnent le ciel de la planète dans des avions qui balancent plein de ces affreux gaz à effet de serre, tout comme les gros camions, qui sillonnent des continents entiers pour achalander les hypermarchés et les millions de véhicules personnels. François est pourtant le promoteur d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, et sait que le moteur même du système économique est dépendant du pétrole, émetteur de CO2. François pense qu’il est possible de réduire tout ça ? Oui. Mais non. Parce ce qu’il ne dit pas, c’est que ça ne va pas se passer sur ces pans là. Point du tout.

Un monde plus propre sans CO2 ?

Le but de l’opération énergético-économique écologique hollandesque, est avant tout d’offrir des solutions pour aller vers l’extinction des centrales à charbon. Chez les concurrents direct du monde industrialisé, les pays émergents, qui en sont fortement équipés pour électrifier leurs contrées exotiques. Pour lui, Hollande 1er, vendre des technos de véhicules électriques, par exemple, c’est écolo, et c’est ce que s’emploie à laisser entendre sa ministre de l’industrie super propre l’écologie.

centrale-nucléaire

Il faudra donc conserver nos réacteurs nucléaires, que l’on a beaucoup de mal à arrêter, ou qu’on remplace quand il sont trop vieux, parce que quoi qu’on en dise, en France, le nucléaire, on aime. Recharger des millions de poubelles électriques à 4 roues, ça va pomper sec, quand même. Toute l’écologie du spécialiste en environnement Hollande, va donc se focaliser sur cette affaire de 2°C qu’il ne faut pas dépasser avant… la fin du siècle, ou qu’il ne faut pas dépasser tout court, ce n’est jamais très clair. D’où vient ce chiffre ? De nulle part. Il n’est pas scientifique ce chiffre, comme celui des 3% de déficit du traité de Maastricht. C’est politique.

Etienne Klein a reçu il y a quelques jours dans son émission « La conversation scientifique » sur France Culture, une climatologue carbo-centrée qui explique ce choix politique des 2° C dans les années 90, et c’est elle qui donne l’exemple de Maastricht.

Extrait :

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Comment savoir s’il est possible d’éviter le dépassement de ce chiffre en abaissant les émissions de CO2 ? Heu… rien ne permet de le savoir. Mais s’y employer est carrément… vital. Et puis on s’en fout. 2° C, ça se retient bien. N’importe quel journaliste peut le répéter comme un perroquet. Ca rentre bien dans les crânes.

Que l’on pense ou non que l’augmentation de la température du globe par la chimie de l’atmosphère perturbée par les 400 ppm de CO2 actuelles existe ou non, — la réalité des orientations politiques et économiques prises à cause de cette croyance — n’est pas discutable. Nous allons vers un monde énergétiquement totalitaire. Avec des choix unilatéraux, des contraintes sans pareilles — uniquement pour abaisser le montant de CO2 que nous rejetons. Pas pour créer un monde moins pollué, plus respectueux de l’environnement naturel, plus respectueux des animaux, des végétaux. Non : il faut juste abaisser le CO2. Il faut un monde décarbonné. Point.

emissions-CO2-monde-2012

Les émissions de CO2 de la France représentent 1% du CO2 mondial émis par l’humanité

 

La France, devra peut-être passer d’à peine 1% de rejet de CO2 sur l’ensemble des rejets humains de la planète du dit gaz (c’est le cas aujourd’hui, à 343 millions de tonnes en France pour 36 milliards de tonnes au total) à 0,7% ? Une réduction de 30%, tout de même ! Et entre 1% et 0,7%, il y a un gouffre, que le climat saura apprécier, c’est évident.

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Bon, nous serons toujours à plus de 70% de parts du nucléaire dans la production d’électricité dans l’Hexagone (voire plus), mais si c’est pour sauver la planète…hein… Gageons que ceux qui devront bouffer des capsules d’iode en cas d’incident nucléaire apprécieront cette petite pilule politique.

Pour Hollande, l’écologie, c’est surtout pas la paysannerie

Quand le Hollande écolo vient faire sa grande leçon (avec ses girls) sur les enjeux planétaires, il oublie un pan du sujet fortement central dans le monde actuel : l’agriculture. L’agro-écologie est bien en panne et la place de l’agro-industriel est telle, que les années à venir ne peuvent qu’inquiéter. Les sols sont épuisés, pollués par les engrais ou pesticides. En France, la plupart des nappes phréatiques contiennent de l’eau impropre à la consommation, et la monoculture dévore des pans entiers de territoire.

monoculture

Sur le reste de la planète, les problèmes autour de l’eau, des sols, de la pollution agricole, industrielle sont énormes. Mais s’ils ne concernent pas l’émission de CO2 dans l’atmosphère, on s’en fout. L’élevage industriel est en plein essor, la ferme des 1000 vaches (soutenue par Hollande) n’est qu’un exemple d’un système bien en place aux Etats-Unis, où l’animal est une machine à produire, bourré de médicaments. La paysannerie a quasiment disparu, et Hollande continue de parader, comme si de rien n’était. Il va participer à sauver la planète en « investissant » pour ne pas dépasser les fameux 2°C. Pendant ce temps, un monde terrifiant et mécanisé, polluant les sols et les êtres vivants se met en place, certainement basé sur des véhicules dépendant de l’énergie nucléaire. Sans aucun problème.

Se croire sauveur de planète, quand on la détruit

Soyons bien clairs : les énergies renouvelables sont l’avenir, pour de nombreuses raisons. Production énergétique non polluante, gratuité de l’énergie solaire ou éolienne, possibilité de décentralisation de la production, possibilité d’accès à l’autonomie énergétique, etc… Sachant que le problème majeur pour l’humanité, vérifié, en accélération constante, non traité — n’est pas celui d’un hypothétique réchauffement massif du globe…

INDUSTRIE ALIMENTAIRE

Le problème est celui de la pollution de l’eau, des sols, de l’air que l’on respire, de l’industrialisation globale de l’agriculture, des plantes génétiquement modifiés brevetées par des multinationales, des déchets polluants toujours plus importants que l’humanité rejette dans les rivières, les océans, les sols. Quels montants sont consacrés pour stopper ces pollutions, soutenir la paysannerie et l’agro-écologie ?

pollution-dechets

Très peu. Combien est dépensé pour « lutter contre le réchauffement-changement-dérèglement climatique » ? Des milliards. Pour des études du GIEC, organisme créé par l’ONU, toujours plus absconses, de nouvelles anticipations grâce à des modèles climatiques toujours plus performants — selon leurs promoteurs. Alors que leurs prévisions sont « sûres à 95% » ? A quoi bon continuer d’arroser de dollars tout ce beau monde de la « communauté scientifique », si depuis des années l’affaire est entendue, le réchauffement est là, et qu’il va augmenter de façon certaine ? Il reste des fonds verts pour le climat, d’aide aux pays émergents, d’adaptation, avec un coût global d’adaptation estimé à 100 milliards de dollars par an… Pas mal. Avec ça on pourrait sacrément dépolluer, transformer nos modèles agricoles et sortir une bonne part de l’humanité du sous-développement.

Mais non, pendant que la planète est taillée en pièces, polluée comme jamais, l’urgence reste de payer des billets d’avions à des actrices qui lisent des textes aux Philippins pour aider François Hollande à expliquer que « lutter contre le réchauffement climatique permettra de faire plus de croissance plus de développement, plus de richesse » ? On croit rêver. Enfin, cauchemarder, plutôt.