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Quand la fachosphère s’attaquait au MRAP…

Tuesday 28 July 2015 à 19:22

you_don_t_have_to-smallC’est un tweet de Vanessa Burggraf qui a fait remonter cette vieille histoire à la surface… Elle nous annonçait un plateau en or pour parler de la Turquie et de l’Etat Islamique. Entre autres personnalités, nous allions entendre sur France 24 un certain Alexandre del Valle. Une simple consultation de sa fiche Wikipedia aurait permis à Vanessa Burggraf ou aux petites mains qui composent les plateaux, de se faire une idée du personnage. Excessivement droitier, Alexandre del Valle qui a longtemps trainé avec le courant de la Droite Libre, initiatrice de la fameuse tendance « Droite décomplexée », chère à Nicolas Sarkozy, est aussi un fervent dézingueur des islamistes de tous poils, qu’il voit à peu près partout.

Je faisais donc remarquer à Vanessa Burggraf, qui ne m’a évidemment pas répondu, que le personnage était pour le moins « controversé ».

Ce qui n’a visiblement pas plu au principal intéressé.

Le souvenir de cette vieille affaire du faux rapport sur le MRAP, visant à le discréditer, est remonté à la surface lorsque Alexandre del Valle a répondu à l’un de mes tweets.

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Après la chute de SOS-Racaille, la première fachosphère française, certains membres ont reconstitué des forums d’échange pour y discuter de toutes leurs rancoeurs, de tous leurs ennemis. Or il se trouve que les contenus de ces forums ont échoué, à une certaine époque, entre mes mains. On y découvrait un étrange projet, visant à discréditer le MRAP qui, dans leur langage se traduit par « Mouloud Rentre Au Pays ».

Autre bizarrerie, parmi les « cautions » intellectuelles recherchées par les membres de la fachosphère, un certain Alexandre del Valle.

L’histoire commence donc ainsi, par un post dans un forum:

 La connerie du mrap a été de taper sur tout le monde, ce qui au lieu de nous isoler peut au contraire nous entourer ! Une idée pour passer de ce stade à l’offensive contre eux : Si nous parvenons à utiliser des « cautions », des associations et personnalités « respectables », en faisant créer par d’autres un collectif contre le terrorisme intellectuel, avec juristes, ecrivains, etc.. Ce collectif publierait un rapport sur le mrap, accusant son racisme, son lien avec des mouvements antidémocratiques, ses méthodes de terrorisme intellectuel et les menaces qui s’ensuivent. Conférence de presse, eventuellement poursuites judiciaires….. J’ai quelques contacts qui peuvent m’aider en ce sens…mais il est essentiel que ce collectif n’apparaisse pas comme une emanation de l’extreme droite, et encore moins d’anciens de sosR. En cela le choix des personnalités va etre essentiel : j’avais pensé à Me Golnadel mais il semble qu’il est souvent apparu comme avocat du Betar..et cela n’irait pas comme caution première . Je rencontre Del Valle prochainement à ce sujet, et compte bien le faire revenir sur sa première idée : il est partant pour un rapport sérieux sur le mrap (je lui ai indiqué que des gens de chez nous y travaillaient)..mais semble sceptique sur le soutien de ces « personnalités ». Il est vrai qu’il a été très attaqué, diabolisé, menacé, depuis un moment et semble un peu desespéré, et en veut à la « mouvance » sosR d »y avoir contribué » par provocations successives. Je pense qu’il faut ratisser large, de Dominati au CRIF, pour constituer un collectif « respectable » contre le MRAP. En gros, on se farcit le boulot, on prepare le materiel, on reunit les ingredients par contacts indirects, on allume la meche…et on regarde. Je commence à travailler à ce prérapport, en utilisant tous les travaux de recherche que vous avez fait (notamment Poutine). Les axes auxquels j’ai pensé : liens entre mrap et islamistes par participation à des actions communes (partie dure à prouver …) racisme du mrap par denonciation unilaterale et selective du racisme, et pas le contenu anti juif de son rapport et a l’occasion de certaines de ses apparitions publiques. Liens avec des groupes hostiles aux valeurs democratiques (ultragauche et mouvements aux programmes révolutionnaires pronant parfois l’insurrection armée) méthodes de terrorisme intellectuel, calomnies, amalgames, et denonciations publiques…suivies de menaces sur les personnes dénoncées. Il faut que le rapport soit béton, et surtout, que ces travaux restent confidentiels : l’effet de surprise doit jouer afin que le mrap qui est en phase d’attaque n’ait pas le temps de préparer sa défense. Ensuite, il est très IMPORTANT que nous n’apparaissions pas comme étant à l’initiative de ces travaux, et encore moins du respectable collectif. J’aimerais votre avis ..

Pour décrire le contexte, à l’époque, le MRAP a publié un rapport traitant justement de la fachosphère et a porté plainte contre plusieurs de ses représentants. Des interpellations ont eu lieu et la tendance est à la guéguerre.

Alexandre del Valle semble en contact fréquent avec l’un des membres du forum qui semble très bien le connaître.

Sa tactique fut, jusque là, d’apparaitre comme expert en geopolitique, spécialiste de l’islam, ce qui lui permettait une audience médiatique très importante . Tactiquement aussi, les médias utilisèrent après le 11 septembre, sa théorie de l’alliance islamisme-USA..pour attaquer non pas l’islamisme mais bien les USA . Et il ne fut pas dupe à ce sujet.   Cette période passée, le lynchage, de Canal + au Monde, jusqu’au rapport du MRAP se déchaîna. Si l’on rajoute les menaces à domicile, les déménagements, les accusations de trahison venant de notre propre camp (« il a trahi en entrant à l’UMP » ou « il s’est dégonflé pour l’interview sur sosR » et d’autres qui me sont parvenues aux oreilles)…on peut davantage comprendre les effets dévastateurs sur la personne. Or, et le MRAP ne s’y est pas trompé en en faisant sa cible privilégiée, c’est un personnage essentiel par ses apports théoriques ,ses facultés intellectuelles , sa capacité de travail, de notre combat. La lecture de son livre Islam Etats Unis, une alliance contre l’Europe fut pour moi une révélation . J’ignore si je serais ici en ce moment sans ce livre. Y réfléchissant depuis quelques temps, et ayant attaqué la rédaction d’un pré-rapport sur le mrap que je lui montrerais le w end prochain…je pense qu’il faudrait tenter de contacter le Generall Gallois (faisable), difficilement attaquable (ex ministre de De Gaulle, Gd résistant, créateur de la théorie de disuasion nucléaire de la France reprise dans le mond eentier, auteur de « le soleil d’Allah aveugle l’occident » …et directeur de la thèse de Del Valle…). Finkelkraut, attaqué, mais en douceur par le MRAP serait aussi un atout essentiel, mais là ça risque d’être compliqué, mais ça en vaut la chandelle. Si l’on parvenait à intenter un procès au MRAP pour racisme par des gens intouchables, ce serait un pas énorme : l’antiracisme sélectif deviendrait reconnu comme un racisme pur et simple (c’est un des axes de mon prérapport).

Le projet, qui semble assez rocambolesque, mais il prend forme peu à peu.

Je suis en train de bosser sur un pré rapport sur le mrap,pour tenter un gros coup…monter un respectable collectif contre le terrorisme intellectuel, avec uniquement des gands noms et des juristes, axé sur le mrap. Je peux t’expédier le début des travaux…les liens entre le mrap et les groupes islamistes palestiniens, les liens entre le mrap et les révisionnistes, les méthodes illégales du mrap, et le racisme du mrap par son antiracisme sélectif. Quelques 300 pages en prévision avec toutes les captures d »écran nécessaires . Ces cons sont discrets sur leur site national…mais pas sur leur site régionaux, notamment celui du nord-pas de calais. Je rencontre Del Valle dimanche pour parler du prérapport (non signé, bien sûr) et la construction du collectif de personnalités. Partie fine, mais si on s’y prend bien on peut les exploser et rendre illégaux, ou au moins ridicules, les termes islamophobie et arabophobie. Rien du prérapport n’est à dévoiler pour l’instant, ni des préparatifs d’attaque A bientôt !

On pourrait bien sûr se dire que tout cela n’est que le fruit d’un délire entre complotistes d’extrême-droite, issus de SOS-Racaille et que rien de tout cela ne s’est concrétisé. Cependant, un troublant et très éphémère Comité contre tous les racismes (CCTR) a vu le jour. Il a publié un rapport contre le MRAP et ses supposées accointances avec les islamistes. On trouve encore aujourd’hui quelques traces de ce Comité. Ici par exemple. Ou là. Ou encore ici. Votre serviteur avait évoqué ce sujet ici.

Sur le site d’Alexandre del Valle, on retrouvait, jusqu’il y a peu, en liens amis le fameux « Mouvement des magrhébins laïques de France » évoqué sur les sites ayant fait la promotion du rapport.

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Mais aussi, dans les personnalités amies, un certain Jean-Paul Ney.

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Ce dernier, dans l’un des sites où il publiait sa haine de votre serviteur, faisait un lien vers… Le Collectif contre tous les racismes, auteur du fameux rapport réalisé en sous-main par la fachosphère.

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Un bien petit monde…

Accord sur le nucléaire iranien : faites ce que je dis, pas ce que je fais

Tuesday 28 July 2015 à 13:37

usa-aieaC’est une évidence : moins il y aura de pays détenant la bombe nucléaire, mieux le monde se portera. Si l’accord entre l’Iran et le reste du monde sur son développement nucléaire peut enrayer son accès à la bombe, tant mieux. Ceci dit, il est intéressant de voir comment les Etats-Unis se conforment aux enquêtes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIAIE). Un vieux document (août 2005) de l’armée américaine tombé entre les mains de Reflets, va nous y aider.

L’accord sur le nucléaire iranien a été salué par Barack Obama et la presse s’en est fait l’écho :

Barack Obama s’est félicité de cette entente « historique » avec l’Iran qui, si elle aboutit à un accord final d’ici le 30 juin, « l’empêchera d’obtenir l’arme nucléaire ». « L’Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l’histoire des programmes nucléaires », a poursuivi le président américain. Répondant par avance à ses détracteurs, Barack Obama a assuré que l’Iran serait « plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde« . « Si l’Iran triche, le monde le saura », a-t-il lancé.

Quand il parle de régime de transparence avec les inspections les plus approfondies jamais négociées, il sait visiblement de quoi il parle. Son pays a signé un accord du même type en 1977, entré en vigueur en 1980.

National Security Exclusion

Mais les Etats-Unis ont une vision personnelle de la transparence à appliquer lorsque l’AIEA vient inspecter le pays. Un projet d’instruction du ministère de la Défense détaille un aspect de l’accord passé avec l’AIEA permettant d’éviter que les visites de l’agence portent sur certain nombre de lieux. En clair, pas question pour les inspecteurs de s’approcher, même de loin, de :

« Applying the NSE under the U.S.-IAEA Additional Protocol (AP): The Department of Defense shall apply the NSE to exclude IAEA access under reference (c) to all DoD-owned or -leased spaces, structures, facilities, installations, or land as well as all DoD-funded programs, activities, or information associated with military, national security, or homeland defense, including: operations and training; intelligence; materiel production, maintenance, and supply; research, development, test and evaluation; and infrastructure and personnel. The Department of Defense shall also apply the NSE to exclude any other government- or contractor-owned or operated activity, location, or information from U.S. declaration requirements and IAEA complementary access where their proximity to, or association with, a DoD equity could result in IAEA access to that defense equity.« 

Le NSE correspond au « National Security Exclusion », un droit unilatéral des Etats-Unis à exclure un accès de l’AIEA aux activités ayant un importance pour la sécurité nationale, à des lieux ou des informations associés à ces activités. Grosso-modo, n’importe quoi, au bon vouloir des autorités américaines.

Comme l’évoque d’ailleurs l’accord, les Etats-Unis peuvent très bien transporter du matériel nucléaire sur un site exclu du champ des visites :

« However, other provisions required adaptation in light of fundamental differences between the terms of the U.S. offer and the obligations of non-nuclear weapon states party to the NPT. These differences reflect several facts: 1) The U.S. offer excludes activities of direct national security significance and does not contain any limitations on use of nuclear material by the United States. (Therefore, the agreement provides that at any time the United States can remove a facility from the list of those eligible for safeguards should the facility become associated with activities of direct national security significance, and the United States can transfer nuclear material from eligible facilities to any location including non-eligible facilities.) 2) The United States has sole authority to decide which U.S. facilities are eligible for safeguards, and the IAEA has sole authority to decide which eligible facilities will be selected for safeguards (although the IAEA is obliged to take into account the requirement that the U.S. Government avoid discriminatory treatment between U.S. commercial firms similarly situated). 3) The United States had made separate commitments to provide to the IAEA, for safeguards purposes, information on imports and exports of nuclear material.« 

La transparence, c’est super, mais il ne faudrait pas abuser.

L’autre blague contenue dans l’accord passé avec l’Iran se trouve en page 142 du document. Sans être aussi explicite que cela, le texte contenu dans cette page évoque une coopération des pays occidentaux, Etats-Unis en tête bien entendu, avec l’Iran pour sécuriser ses lieux liés au nucléaire. En d’autres termes, après avoir très probablement saboté des centrifugeuses avec Stuxnet, les Etats-Unis vont former les Iraniens à la protection des mêmes centrifugeuses. Un détail qui n’a pas échappé aux opposants viscéraux à tout accord avec l’Iran aux Etats-Unis. Pourtant, la blague est drôle et pour un peu on pourrait la qualifier de blague de Geek. C’est dire…

Wassenaar, la pseudo dualité des armes électroniques et l’hypocrisie internationale

Friday 24 July 2015 à 14:39

cyberwarDans la masse de données fuitées suite au piratage de la société italienne Hacking Team, un petit document, d’apparence assez anodin, devrait nous fournir une base de réflexion sur l’immense hypocrisie qui entoure l’exportation d’armes électroniques, considérées en droit international comme des technologies « duales ».

Ce document est une simple lettre à destination des douanes, spécifiant que le produit exporté par Hacking Team, une arme électronique offensive, est faite dans les règles de l’art, conformément aux traités internationaux en vigueur et aux règlements européens. Le produit vendu est son système d’intrusion, le pays, c’est le Kazakhstan.

Document de Hacking Team pour l'exportation d'un Remote Control System au Kazakhstan

Document de Hacking Team pour l’exportation d’un Remote Control System au Kazakhstan

Beaucoup de textes qui au final ne posent aucune restriction, aucune sanction, à l’exportation de ce type de matériels et de logiciels.

Pour une entreprise d’un pays signataire des arrangements de Wassenaar, il suffit donc de mentionner dans sa déclaration que la marchandise ne va pas atterrir en Iran ou en Corée du Nord… enfin ça c’est en théorie.

Signalons au passage qu’exporter des technologie de surveillance du Net en Corée du Nord est en soi une absurdité, attendu que les nords coréens n’accèdent pas à Internet mais à un réseau ultra centralisé où la surveillance a été intégrée « by design », le Kwangmyong.

En pratique, l’entreprise qui exporte cette technologie ira assez naturellement livrer ses outils à un « intégrateur » d’un pays non signataire des arrangements de Wassenaar sur le contrôle des exportations d’armes conventionnelles et de biens et technologies à double usage et dégagé de toute règlementation contraignante ou traité international. Cet intégrateur pourra, lui, commercer avec qui lui chante.

Illustrons nos propos par une petite fiction partielle

Le Hezbollah iranien découvre une solution d’Amesys au Liban, une solution financée par les Emirats arabes unis pour lutter contre Daesh. Cet outil permettant de surveiller les communications à l’échelle d’une nation lui plait bien. Il s’adresse donc à un intégrateur libanais (et ça tombe bien parce que niveau bancaire, le Liban, c’est un peu la Suisse du Moyen-Orient), qui passe commande à un consortium d’entreprises réunissant une entreprise qui se voit attribuée la partie logicielle, et une autre la partie matérielle du marché. Ces deux entreprises expédient leur commande à l’intégrateur libanais qui le livre au client final iranien.

C’est aussi simple que ça ?

Oui c’est aussi simple que ça, puisque même si les logiciels et le matériel sont traçables par les fabricants et éditeurs (ne serait-ce que pour les mises à jour), aucun texte, aucun traité n’exige de ces entreprise de fournir les moyens de les tracer à des organismes de contrôle.

Mais devinez quoi ?

Eh bien, il n’existe pas non plus d’organisme de contrôle.

En d’autres termes, Wassenaar ou pas, la vente d’armes électroniques, c’est toujours la fête du slip et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Pire, ces ventes d’armes électroniques se font dans leur immense majorité avec la bénédiction des gouvernements. Et quand une entreprise se fait prendre la main dans le pot de confiture, comme Amesys, l’État du pays concerné organise soigneusement sa fuite pour qu’elle poursuive son activité, de préférence dans un pays non signataire d’un traité international portant sur l’exportation de ces armes numériques.

Pas de contrôle, pas de sanction, des états qui organisent eux-mêmes la fuite des entreprises qui se font prendre pour pérenniser leur business malsain, ce marché très porteur est l’un des plus singuliers de notre temps, assez proche du monde bancaire et financier pour bénéficier de circuits complexes, assez nouveau et technique pour bénéficier d’une indifférence généralisée de l’opinion publique et d’un splendide je-m’en-foutisme de la majorité de la classe politique.

Infiltrer, extraire, surveiller pour réprimer

Ces 4 mots sont la finalité exacte des outils commercialisés par Hacking Team. Pourtant, nul texte ne les définit comme des armes. Très pudiquement, on les qualifie de technologies à usage dual. Mais en quoi les solutions d’Hacking Team sont « duales », en quoi un Eagle (maintenant Cerebro), d’Amesys est « dual »…

Dualité des cibles, mais pas des outils

Qu’il s’agisse d’outils de surveillance et d’interception des communications pour un usage massif ou d’outils d’intrusion ciblée sur un individu ou un groupe d’individus, ces outils sont des armes, elles ne le deviennent pas en fonction de qui ira les manipuler.
Les contrats sont souvent très clairs, on trouve régulièrement une ligne « outils de guerre électronique ».

FIche adhérent d'Amesys au GICAT (Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres)

FIche adhérent d’Amesys au GICAT (Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres)

Un « outil pour faire la guerre », électronique ou pas, c’est le mot pudique qui désigne une arme, ou une arme par destination, une arme cible des individus ou un groupe d’individus, et magie du cyber, on peut aussi cibler toute une population. Il n’est pas question ici d’un simple champ lexical, nous parlons bien d’armes, utilisables dans le cas d’une guerre, une guerre dont il est dramatiquement simple de dissimuler les cibles aux yeux de l’opinion internationale.

Presse, lecteurs, on n’est pas sortis de l’auberge…

Friday 24 July 2015 à 00:01

menaces-presseUn récent sondage commandé par Reporters sans frontières montre que, selon les lecteurs, le principal danger pour la presse, c’est… Le terrorisme. Non, pas les industriels qui la mènent dans le mur, pas les pressions des grandes entreprises qui retirent leurs budgets pub au moindre article jugé désobligeant. Non, la principale menace, selon les lecteurs, ce sont les attaques terroristes. On n’est pas sortis de l’auberge…

Emanuele Levi a un fort attrait pour les armes numériques

Tuesday 21 July 2015 à 18:35
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Source : Societe.com

L’histoire est désormais connue, la France a montré un intérêt disons, certain, pour les produits de Hacking Team. Ce qui est assez logique, dans une simple optique de veille. La privatisation de la guerre numérique a ceci de particulier, que les Etats sont obligés de se tenir informés des armes produites. S’il est aisé d’avoir une idée de ce que font les sociétés établies dans son propre pays, il faut aller à la rencontre de celles qui ne le sont pas, comme si l’on était un simple prospect. Seul réconfort, la France n’a visiblement pas concrétisé, selon ce que laissent transpirer le documents dévoilés. Elle s’est illustrée dans le soutien à Amesys ou à Qosmos pour la vente d’armes numériques à des dictateurs, mais n’en a pas acheté au mercenaire Hacking Team qui vendait à presque tout le monde pourvu que le deal soit juteux. L’honneur est sauf ?

Reste tout de même une zone d’ombre. Si tout le monde a identifié les interlocuteurs au Ministère de l’Intérieur, au Groupement Interministériel de Contrôle, à la Gendarmerie, à la DGSI, à la DGSE, on en passe…, Emanuele Levi reste une énigme en tant qu’intermédiaire. Comment cet investisseur italien a-t-il noué des contacts avec le ministère de l’intérieur, la DGSI, la DGSE, le GIC ? Sa présence dans le capital d’une société française est peut-être un début d’explication…

Début avril, soutenues par Emanuele Levi, un ancien de Lazard Investment Banking reconverti dans le capital risque (360 Capital Partners), les équipes de Hacking Team rencontrent des représentants du ministère de l’Intérieur. Outre le capital risqueur, un fonctionnaire, Tancrede Lecluse, et deux autres personnes qui ne donnent ni leurs noms, ni leurs cartes de visites sont réunies autour de la table (probablement la DGSI). Visiblement, les interlocuteurs, en plein débat lié au projet de Loi sur le Renseignement, ont très bien réagi ce qui ressemble à la possibilité de s’introduire subrepticement chez un fournisseur d’accès à Internet pour y espionner directement des utilisateurs. Les questions juridiques ont également fusé. La défense a-t-elle déjà contesté les « preuves » récoltées ? Les mails internes de la société Haking Team font l’éloge Emanuele Levi lors de cette réunion.

Read My Lips ! I’m not an investor

Sur Twitter, ce dernier s’est défendu d’avoir jamais eu une quelconque relation avec Hackin Team. « Read my lips.. », comme disait un président américain…

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Pourtant, il est actionnaire de l’entreprise à hauteur de 4%, selon un mail du patron.

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Cette participation lui a été offerte en contrepartie de ses conseils financiers. Soit une valeur d’environ 110.000 euros à l’époque. Ce dont on retrouve d’ailleurs trace dans un très vieil article en italien.

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Comment investit-on aussi bien dans « Le Slip Français » que dans une société qui fait commerce des armes numériques ? L’homme est éclectique. En tout cas, il est vent debout contre tout ce qui pourrait ennuyer les créateurs des start-up. Membre fondateur de l’association France Digitale qui regroupe toutes sortes de start-up et de sociétés du secteur numérique, il était aussi actif dans le mouvement des Geonpi, qui luttaient contre un projet de taxation lors des ventes de start-up.

Visiblement, Hacking Team n’est pas le seul vendeur d’armes numériques qui intéressaient Emanuele Levi. Il était aussi représenté au sein du conseil d’administration de feu Vupen, ce que laisse entendre David Vincenzetti, le patron de Hacking Team dans le mail cité supra. Et ce que confirment les bilans de Vupen.

vupen-ca-emanueleCette fois, il représente le fonds d’investissement 360 Capital Partners. Pour être précis, sa version luxembourgeoise. C’est plus discret.

Vupen a depuis, quitté la France où elle entretenait de très bonnes relations avec les différents services de renseignement.

Bye-bye FrenchTech…

C’est par un tweet rageur que Chaouki Bekrar avait annoncé le 31 mai 2015 la vente en cours de son entreprise Vupen : « On dirait que le logo de Vupen va changer dans un avenir proche et il y a des chances que nous disions un gros allez vous faire foutre et au revoir à la #FrenchTech ».  Vupen n’est pas tout à fait une société comme les autres. Spécialisée dans la recherche de bugs sur les logiciels et dans la fabrication d’ « armes » numérique, elle ne vendait ses trouvailles, disait-elle, qu’à des gouvernements de pays membres de l’OTAN et en priorité au gouvernement français… ou, c’est arrivé, à la NSA… Son patron est quant à lui un personnage pour le moins controversé.  Grande gueule au cœur d’un secteur feutré, celui de la sécurité informatique, il a commencé sa carrière par un passage au tribunal pour mise à disposition de failles informatiques. Son credo aujourd’hui ? Pourquoi rendre publique une faille informatique si l’on peut la vendre au plus offrant ?

Alors que la plupart des hackers rendent publiques les failles qu’ils découvrent afin que chacun puisse se protéger, Vupen, comme d’autres, fait commerce de ses trouvailles. L’entreprise avait refusé de fournir à Google une faille sur son navigateur, préférant la mettre aux enchères.

Vupen « suscite un intérêt majeur pour de grands groupes, notamment américains, et même si nous avons des liens forts avec la patrie nous étudierons toutes les opportunités qui se présentent à nous qu’elles soient françaises ou étrangères », expliquait Chaouki Bekrar à l’époque. Etrangement, le savoir-faire de Vupen n’a visiblement pas intéressé outre-mesure les grandes entreprises françaises du secteur : « Les grand groupes français de défense sont des couilles molles et ne sont malheureusement pas assez ambitieux et visionnaires pour se rendre compte de la valeur stratégique de certaines startups françaises comme VUPEN, ils préfèrent donc se focaliser sur des marchés et technologies du passé en ignorant totalement les enjeux futurs de la cyber-sécurité, une bien mauvaise nouvelle pour le tissu économique français mais une très bonne nouvelle pour les groupes de défense outre-Atlantique », précisait-il.

De fait, aucun groupe français n’a souhaité relever le défi. La société a été dissoute en France et s’est « expatriée ».  A Singapour selon les échanges de mail de Hacking Team, aux Etats-Unis selon d’autres sources. Mystère.

En dépit d’un profil adulé par tous les chantres français de la cyber-guerre, la société de Chaouki Bekrar n’a visiblement pas trouvé preneur parmi les « couilles molles » françaises.

Au sein de Hacking Team, la question d’un rachat de Vupen a été posée. Le patron de la société italienne, interroge par mail Emanuele Levi, actionnaire des deux entreprises, sur le prix demandé par Chaouki Bekrar.

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Quant à ceux qui vantaient l ‘ « éthique et un sens de la Patrie irréprochables » de Vupen dans Les Echos, qui louaient Chaouki Bekrar dans Le Monde, en le présentant comme « un vrai chef d’entreprise, et un patriote, qui travaille au service de son pays », la réalité s’impose à eux : le patriote éthique reste sur sa ligne… le deal appartient au plus offrant…

Le concept même de guerre offensive au cœur des réseaux informatiques pose problème. Comment s’assurer qu’une arme numérique ne vous reviendra pas sur le coin de la figure comme un boomerang ? C’est le cas de n’importe que virus, évidemment. Mais aussi d’outils plus sophistiqués comme Stuxnet, qui avait visé les centrales d’enrichissement iraniennes. Et quand un fournisseur des services de renseignements de son pays, par la magie du marché, passe entre les mains d’un autre pays, comment savoir si tous les petits arrangements ne vont pas être utilisés contre ceux qui ont tant œuvré au développement de l’entreprise ? La migration fantôme des armes numériques est possible lorsqu’un vendeur comme Hacking Team n’est pas regardant sur ses clients, souvent avec l’appui même du pays dans lequel il est localisé, mais aussi lorsque par le grand jeu du capitalisme, quand une société est rachetée et émigre.