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MacronLeaks : anatomie d’un fake, ou la réalité alternative de l’extrême-droite

Sunday 7 May 2017 à 20:05

Alors que la presse française garde un silence prudent et nécessaire sur les 9 gigaoctets de documents diffusés à la veille du second tour, de nombreux sites d’extrême droite, notamment à l’étranger, publient ce qu’ils croient être des scoops. Ces textes démontrent comment on peut créer une réalité alternative à grands coups de pseudo révélations, basées sur un bout de document. Les auteurs vrillent des morceaux de documents pour valider ce qu’ils voudraient voir. Et qui n’existe pas.

Un article de gotnews permet de démonter le délire dans lequel vivent ces gens-là.

Première « révélation » de l’article, Emmanuel Macron aurait reçu un mail de « VestiaireGay » et serait donc homosexuel. Un raccourci intéressant. Vu le nombre de spams incroyables que chacun reçoit chaque jour, nous sommes tous probablement échangistes, drogués et très intéressés par le Viagra. Il convient par ailleurs de noter qu’il n’y a pas de contenus de mails d’Emmanuel Macron dans le leak qui agite les gens d’extrême-droite.

« For example, why is Emmanuel Macron on the mailing list of VestiareGay?
Mailing lists like this are opt-in only. This image was found in an e-mail addressed to Emmanuel Macron. »

L’email en question est un évidemment un SPAM, qui plus est envoyé à l’assistant parlementaire d’Alain Tourret, Françis Amorim Machado, pas à Emmanuel Macron lui-même.

« L’article » passe ensuite aux choses sérieuses. L’assistant parlementaire d’Alain Tourret aurait commandé, pour le compte de ce dernier (70 ans au compteur) ou pour son propre compte et à trois reprises, de la drogue sur un site, en payant en Bitcoins.

 

 

Si l’on cherche dans la chaînes de bloc Bitcoins, on trouve en effet trois transactions dont les dates et montants correspondent, ainsi que les adresses Bitcoin de destination des paiements indiqués dans les emails de Buckled. Mais contrairement à ce que prétend Gotnews, rien ne relie les adresses Bitcoin utilisées à Alain Tourret ou à son assistant. L’information ne se vérifie donc que si les emails sont authentiques. Or, on peut légitimement supposer que ces derniers peuvent avoir tout à fait été « forgés ». Il s’agit d’une opération pas très compliquée.

De manière assez amusante, si l’on remonte l’adresse Bitcoin utilisée sur certaines transactions, on tombe selon toutes les apparences sur un pool de minage Bitcoin, pas sur un site de change. L’idée d’un parlementaire français, septuagénaire qui plus est, en train de miner du Bitcoin en fera sans doute sourire plus d’un.

Une commande de « c.. » pour Emmanuel Macron ?

Et la drogue, c’est visiblement un truc qui plait chez Emmanuel Macron puisque nos experts en scoops découvrent, disent-ils, qu’un mail annonce la commande de cocaïne pour Emmanuel Macron lui-même…

« But the drug use comes even closer to the man who wants to be the next President of France in an e-mail from Raphael Colhoun, Director of Finances, to the Vial household shortly before an exclusive party that campaign executives were attending. The email consists of a single line: “don’t forget to buy c. for the boss” »

Dans une photo d’un écran on peut voir, à l’appui des allégations, que Raphael Coulhon, à la direction des affaires finances d’En Marche, écrire à son destinataire « VIAL Domicile » (que Gotnews se représente être la gouvernante ou la femme de ménage d’Emmanuel Macron) d’acheter de la « c.. » pour le « boss ».

Mince…

Seul petit ennui, aucune trace de ce mail dans le leak. Ni aucune « VIAL Domicile ».

On retrouve toutefois une certaine Domitille VIAL, responsable commerciale d’un hôtel Mercure à Lyon. Rien à voir avec la supposée femme de ménage qui pourrait acheter de la cocaïne pour Emmanuel Macron… Et bien entendu, aucune mention d’un achat de « c.. ».

L’extrême-droite, la réalité et le Canard Enchaîné

Sunday 7 May 2017 à 16:03

C’est toujours intriguant d’observer les gens d’extrême-droite. Sont-ils idiots, sont-ils dingues ? Vivent-ils dans une réalité alternative, l’ont-ils forgée eux-mêmes ? Se laissent-ils tous embarquer dans cette réalité alternative parce qu’elle colle au monde tel qu’ils aimeraient qu’il soit ? Mystère. Toujours est-il que depuis quelques heures, circule un pseudo tweet du Canard Enchaîné que voici :

Votre serviteur est assez bien placé pour savoir que ce tweet n’existe pas. Voici une copie d’écran du fil du @canardenchaine :

 

Salauds d’abstentionnistes…

Tuesday 2 May 2017 à 23:15

Il est aisé d’entendre les appels à voter Emmanuel Macron, tout comme ma génération avait été contrainte de voter Jacques Chirac, la mort dans l’âme. Bien entendu, personne de sensé ne veut de Marine Le Pen à la présidence de la République. Où, comme le rappelle le Canard Enchaîné de demain, elle aurait parfaitement le pouvoir de changer tant de choses que nous serions tous une cible dans une dictature molle ou dure. Edwy Plenel a résumé dans un article très pertinent les raisons d’un vote pour Emmanuel Macron. Mais au delà, doit-on vouer aux gémonies ceux qui refuseront de glisser un bulletin Emmanuel Macron dans l’urne, au risque d’augmenter un peu les chances de Marine Le Pen ?

Il ne faudrait pas oublier que le vote n’est pas obligatoire. S’abstenir ou voter blanc est une option que la démocratie nous offre. La saisir n’est pas pour autant un acte anti-démocratique ou pro-Le Pen.

En outre, le vote pour une personne est une adhésion à un programme politique. Voter pour quelqu’un dont on ne soutient pas le programme est une démarche complexe, pour ne pas dire autre chose.

Les politiques et les éditorialistes nous abreuvent de discours culpabilisants, au cas où nombre d’entre nous refuseraient de soutenir le dernier rempart contre Marine Le Pen, c’est à dire Emmanuel Macron. Soit. Mais peut-on, l’espace d’un instant, poser la question : qui est responsable de cette percée de Marine Le Pen ? Les abstentionnistes ? Ceux qui votent blanc ? Ceux qui ont voté Jean Lassalle ?

Bien entendu, les premier responsables sont ceux qui ont été assez décérébrés pour lui donner leur voix. Ceux-là mêmes qui plébiscitent le nationalisme, le repli sur soi alors qu’ils se sont laissés entraîner dans une société où l’acte de consommation devient la seule perspective ayant un sens. Cette consommation d’objets inutiles et toujours provenant, justement, de l’étranger. Chez ces gens-là, Monsieur, on n’est pas à une contradiction près.

Mais ils ne sont sans doute pas seuls en cause. Et leur choix n’est probablement pas un choix défini sans aide extérieure.

On peut sans aucun doute blâmer les partis politiques qui se sont illustrés au fil des ans, en se mettant au centre d’affaires financières au point de devoir changer de nom régulièrement (RPR, UMP, Les Républicains), sans jamais parvenir pourtant à assainir leurs pratiques illégales et au détriment de l’intérêt général. Leurs leaders politiques se sont illustrés : Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Fillon, Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, on en passe.

Sur un plan purement politique, les choix de société proposés par un Nicolas Sarkozy peuvent également expliquer bien des choses : un monde du chacun pour soi et du moi d’abord, un monde où la loi du plus fort prime, un monde où les magistrats sont traités par le président de la république de « petits pois ». Un monde où le président décrète l’utilité d’un infâme débat puant sur l’identité nationalelibère de la parole raciste, tout cela a abouti à une fracturation de la société qui n’a plus de but commun, et sans doute même plus celui de faire barrage au Front National comme en 2002. La chasse aux électeurs de Marine Le Pen opérée par Nicolas Sarkozy sur les conseils de Patrick Buisson ont également contribué à banaliser les idées du Front National puisque diffusées par un membre de la frange « républicaine » du spectre politique français.

Plus récemment les renoncements, les promesses non tenues, le virage à droite ou à tout le moins vers une société à forte composante sécuritaire de François Hollande ont probablement contribué à essorer ceux qui avaient encore une once de sentiment d’appartenance à un groupe, ceux qui pensaient encore qu’un bulletin dans une urne pouvait contribuer à changer le monde.

« Le populisme, c’est aussi se foutre du « peuple » en prétendant parler en son nom« , conclut Eric Emptaz dans son éditorial du Canard Enchaîné de demain. En effet. Mais si l’on décidait d’examiner le degré de populisme de chaque homme politique Français, on aurait sans doute des surprises. Et l’on comprendrait sans doute mieux le résultat des élections récentes. Le nombre de personnes comprenant le sens du mot populisme de cette manière et désignant les politiques comme tels est sans doute en croissance permanente. Leur réponse à cette prise de conscience explique aussi, au moins sans doute en partie, les résultats de Marine Le Pen. Mauvaise réponse à une situation, mais réponse avec laquelle il faut compter.

La presse à le front bas…

Dans cette montée en puissance de Marine Le Pen, il ne faudrait pas oublier le rôle de la presse. Les multitudes de Unes des hebdos sur le « péril » que représenterait l’Islam n’a sans doute pas manqué de contribuer à ancrer cette peur d’un hypothétique envahisseur, cet « autre » qui trouble tant le français de souche, celui qui oublie que la République est un ensemble composé de branches qui poussent au fil du temps sur le même arbre. Mais la France a du mal à se défaire de son antisémitisme historique et de son islamophobie plus récente. La peur du « cosmopolitisme » supposé n’est pas nouvelle. Il suffit de souffler sur les braises pour que la flamme se ravive.

La presse encore qui a invité ces dernières années à demeure les tenants de ces délires hystériques qui travestissent la réalité pour instiller la peur, ce moteur de haine qui sert tellement bien Marine Le Pen. Eric Zemmour qui s’illustre depuis des années au Figaro, sur RTL, France 2, Paris Première, i-Télé, Canal +, la chaîne Histoire, M6… n’aurait jamais eu la visibilité qui est la sienne si les responsables de ces médias avaient décidé en conscience de lui couper le micro. Que dire de Yvan Rioufol (Le Figaro, i-Télé, RTL), Catherine Nay, Eric Brunet, Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Bernard Henry-Levy, André Bercoff, on en passe… Tous invités, ré-invités, à demeure. Tout comme les nouvelles têtes du Front National qui sont les vedettes incontestées des chaînes d’information en continu, tel Florian Philippot. Aurait-il pu dérouler sa « dédiabolisation » supposée du Front National s’il n’avait pas été autant présent sur tous les plateaux télé ?

Et la Démocratie dans tout ça ?

Mais pourquoi ce parti dont des branches ont pourtant été dissoutes par l’État a-t-il toujours pignon sur rue ? Pourquoi la Démocratie tolère-t-elle un parti qui s’est juré de la mettre à bas ? Revoici donc la question de première année de philosophie du Droit (nous invoquons ici Maître Eolas) : jusqu’où la Démocratie peut-elle aller dans sa lutte contre ceux qui veulent sa mort ?

On peut faire un petit détour à ce stade vers les réponses que les démocraties ont apporté au terrorisme. En adoptant les méthodes de ses ennemis, la Démocratie se renie elle-même et bascule dans « autre chose ». Elle pave le chemin de ses contradicteurs comme le Front National. Ce dernier trouverait par exemple, s’il parvenait au pouvoir, tous les outils nécessaires et mis en place depuis que sévit Nicolas Sarkozy, puis François Hollande, pour écraser toute contestation.

Blâmer les abstentionnistes ou ceux qui voteront nul est une réaction épidermique. C’est planquer sous le tapis en urgence la poussière accumulée depuis des années dans les armoires. Par les partis politiques et leurs leaders, certes. Mais aussi par la presse.

Médecine : comment éviter la macronite aigüe sans risquer la lepénisation cérébrale ?

Friday 28 April 2017 à 18:13

Bonjour, foule d’électeurs en délire, super militants de la dernière heure, zombis démocrates des tréfonds de Facebouc et de Touiteure ! Alors, aujourd’hui, le docteur Menkevick vous la fait courte, mais sans prendre de pincettes. L’heure est grave, il faut bien le dire, puisqu’une épidémie de macronite aigüe est en train de décimer le pays. Mais qu’est-ce au juste ? Et surtout : en se prémunissant de cette infection très contagieuse, ne risque-t-on pas d’attraper une lepénite chronique, comme certains médecins l’expliquent à la tévé ? Mais nan, allez, courage, tu vas voir, c’est pas si douloureux de se vacciner, et en plus ça aide la sécu. Enfin, presque. Parce que c’est pas gagné…

Ferme les yeux, bouche tes oreilles et pense à Brigitte

La macronite se traduit par plusieurs symptômes. Le premier est de rêver [presque] tout éveillé en se disant qu’il y a un « proooooojet » qui arrive et que la France va devenir un paradis économique et social grâce à… et là, paf tu te réveilles en sueur, tu cherches, mais en vain : c’est quoi le projet, bordayle ? Mais bon, tu te rendors, et la macronite te réveille une fois de plus, deux heures plus tard : « c’est notre proooooojet ». A force tu te dis qu’il faut aller voter. Pour que ça cesse, surtout. Mais est-ce que ça va marcher ? (Marcher -> En marche…)

Le deuxième symptôme de la macronite est une cascade de crises d’angoisses à base de défilés nazis et de bannières à la gloire de Florian Philippot qui surgissent à tout moment. Hallucinations ? Possible. Toujours est-il que ces crises te poussent à aller consulter. Les médecins sont connus : Dr Barbier, Dr Joffrin, Dr Salamé, Dr Seux, et même le bon Dr Valls.  Rien à faire, les crises ne passent pas. Prescription sur ordonnance : aller voter. Macron. Sinon, c’est la lepénisation cérébrale qui te guette, on te l’a expliqué, c’est clair. Et Brigitte dans tout ça ? Tu penses très fort à elle quand tu vas aller pousser ta petite enveloppe dans l’urne. Imagine là en petite tenue, c’est mieux. Ca aide. Si tu es une femme, pense à Emmanuel dans son petit costard, mais sans le bas, en caleçon avec la cravate un peu de travers et les yeux brillants.

La lepénite chronique c’est quoi ?

C’est assez simple. C’est une maladie qui sévit depuis en gros 1986, et qui contamine la population française par vagues. D’un seul coup les gens se disent : « Ouais y en a marre, tous des cons, des corrompus, si on essayait les autres jobards ?« . Et puis ça redescend, ça remonte. Mais à chaque fois, tout le truc c’est que personne n’y croit vraiment. Parce que ce sont vraiment des jobards. Le comptage des contaminés a été fait : ils sont aux alentours de 8 ou 9 millions, et en période de crise, ils peuvent monter à 12 ou 13 millions, grand maximum. De toute manière, les cerveaux sont déjà contaminés depuis belle lurette. Et en plus, certains disent même que la macronite est en réalité une résultante du virus de lepénisation cérébrale. En fait les deux sont liés. Donc, quand tu vas te soigner de tes peurs générées par la macronite, tu contamines plein de gens en les lepénisant du cerveau. C’est un truc de vases communiquants, et chronique en plus, la lepénisation cérébrale.

Mais que va-t-on devenir ?

On va devenir rien de plus ou de moins que ce qu’on est déjà : un pays remplis de gens bien contaminés qui se réveillent avec de la fièvre tous les 5 ans. Et que font-ils au lieu de se reposer, de prendre du repos pour essayer — peut-être — de tenter de se soigner ? Ils s’agitent encore plus et excitent les virus, accentuent l’état général déplorable du pays. Et alors la lepénisation cérébrale grandit, encore et encore. Et c’est là que c’est intéressant. Parce que quand la lepénisation cérébrale sera arrivée à son point culminant, plus rien ne pourra l’arrêter. Et ce sera une contamination massive. Les médecins les plus éminents (Barbier, Joffrin, etc…) pourront alors toujours prescrire des doses massives de vaccins à ceux qui auront résisté, ça ne servira plus à rien.

C’est ballot, hein ?

Vittel : le premier adjoint du maire renvoyé devant le tribunal correctionnel

Friday 28 April 2017 à 16:42

Nous vous parlions ici de l’ambiance à l’hôtel de Vittel il y a quelques jours. Franck Perry, premier adjoint du maire, en charge notamment des finances et de l’économie, était convoqué le 26 avril pour une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Selon nos informations, le magistrat qui a reçu Franck Perry n’a pas souhaité homologuer cette procédure et a renvoyé Franck Perry devant le tribunal correctionnel le 6 juin à 13h30. Peut-être le magistrat a-t-il jugé que les faits (usage de faux en écriture et escroquerie) relevaient plus du tribunal que d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ?