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Emmanuel Macron, « profiteur de guerre » ?

Thursday 17 March 2022 à 09:58

Pas de débat, pas de combat, juste un plébiscite par une minorité

Pas de débat, pas de combat, juste un plébiscite par une minorité. Sauf surprise de dernière heure, Emmanuel Macron sera reconduit à son poste pour cinq ans. C'est désolant à dire, mais la guerre aura probablement servi ses projets et il n'hésite pas à l'instrumentaliser en ce sens. Chef de, ou « profiteur de guerre » notre futur président?

Emmanuel Macrenedy : beau, romantique, efficace, pugnace, impliqué... - Instagram @soazigdelamoissonniere

Le terme avait été particulièrement remis au goût du jour pendant la guerre américaine en Irak : « war profeeters ». Le plus emblématique des profiteurs de guerre de cette époque était la société Halliburton. Dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit pas d'engranger des milliards de dollars sur le dos de la guerre russe en Ukraine, mais simplement d'assurer sa réélection. La guerre occupe tout l'espace médiatique et aucune place n'est laissée au débat qui intéresse généralement les Français à ce moment précis de leur vie démocratique. Sur le fond, cela ne change rien. Débat ou pas, la démocratie est généralement confisquée par des égos qui s'affrontent pour le poste suprême et les Français sont la plupart du temps la dernière des préoccupations des candidats. Mais tout de même... La configuration de 2022 est encore plus iconoclaste que celle de 2017.

Souvenirs : en 2017, le PS a épuisé les Français par ses renoncements et son lent mais sûr glissement à droite. Les électeurs sont tétanisés par les révélations concernant les emplois fictifs de la famille Fillon (candidat de droite). Les deux camps sont ravagés et plus personne ne sait en quel gourou candidat croire. Emmanuel Macron s'impose dans ce chaos avec l'aide de la presse qui dresse de lui un portrait d'homme providentiel n'ayant pas de « passé politique », ce qui est complètement faux. Il est élu par une minorité, l'abstention étant très importante et l'alternative,...

OFF Investigation en accès libre sur Reflets : Macron l’Algérien : en marche… vers le cash ?

Wednesday 16 March 2022 à 18:23

Sixième épisode de la série "Emmanuel, un homme d'affaires à l'Elysée"

L'épisode 6 de la série de OFF Investigation sur le président français pose la question suivante : Emmanuel Macron a-t-il offert sa protection à un régime militaire corrompu et discrédité, en échange de soutien politique, voire financier ?

Episode 6 - OFF Investigation

En février 2017, en pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron se rend à Alger. Mais au lieu de rencontrer des représentants de la société civile, il se contente de voir des officiels et, plus discrètement, des affairistes proches du pouvoir. Dès lors, il va constamment soutenir le régime, même au plus fort du “Hirak”, quand treize millions d’algériens défilaient dans toute l’Algérie contre un cinquième mandat du vieux président Abdelaziz Bouteflika. Emmanuel Macron a-t-il offert sa protection à un régime militaire corrompu et discrédité, en échange de soutien politique, voire financier ?

A en croire le témoignage de l’ancien vendeur d’armes français Bernard Cheynel, recoupé par celui d’un responsable algérien proche des services de renseignement, le voyage d’Alger en février 2017 a permis au candidat d’en Marche de s’attacher le soutien de puissants oligarques algériens. En marge des rencontres avec les officiels, Emmanuel Macron aurait en effet discrètement diné avec Issab Rebrab, première fortune d’Algérie. Il aurait également pris le temps de rencontrer secrètement Redha Kouninef, troisième fortune du pays et “bébé” du clan Bouteflika. Quand à Ali Hadad, patron du Forum des chefs d’entreprises (équivalent algérien du MEDEF), il l’a rencontré officiellement le 14 février, mais il l’aurait également vu plus discrètement quelques heures plus tôt. Selon le journaliste Marc Endeweld, le sulfureux intermédiaire franco-algérien Alexandre Djouhri, soupçonné par la...

L'ukraine dans les yeux (de la caméra)

Tuesday 15 March 2022 à 11:02

Ce que nous avons retiré de deux semaines d'observation de caméras connectées

Si les combats et les bombardements ne sont pas visibles au travers des caméras de surveillance connectées à Internet, c'est peut-être aussi parce que lorsqu'ils s'intensifient, lorsque l'électricité est coupée, les caméras disparaissent.

Carte de l'Ukraine - Google Maps

Comme vous avez pu le lire dans nos précédents articles ici et , Reflets a cartographié les caméras connectées en Ukraine. Depuis le début de la guerre, nous auscultons ces flux vidéo en provenance de ce pays. Ce qui frappe, ce ne sont pas les combats, mais une impression d'être plongé dans un film post apocalyptique. Non pas parce que les bâtiments que nous observons seraient détruits, ils ne le sont pas, mais parce qu'il y a bien peu de monde sur ces images. Parfois, une chambre d'enfant est « figée » depuis le début du conflit. Rien n'a bougé, aucun humain ne vient jamais croiser l’œil de la caméra. Les gens ont fui, se terrent.

Tout a commencé au début du conflit. Nous nous interrogions sur la méthode à suivre pour obtenir des images en provenance d'Ukraine. Comment valider que les images proviennent bien du pays et ne datent pas de plusieurs années ? Il est bien entendu possible d'envoyer un journaliste, mais il ne couvrira pas tout le territoire. Nous avons donc demandé au réseau de nous envoyer un flux en temps réel. Et comme le réseau est poli, il a répondu à nos demandes. En deux jours, nous avons cartographié les caméras de vidéosurveillance diffusant un flux. À peu près 70.000 objets connectés de ce type ont répondu présent. Aujourd'hui, nous disposons d'une base de 2.300 caméras, géo-localisées en Ukraine, dans toutes les régions, diffusant un flux vidéo sans que nous ayons besoin de les pirater.

Pour chaque pays, il existe...

L'analyse d'un Français plongé dans la guerre en Ukraine

Monday 14 March 2022 à 09:33

Dessous Choc #4

Marié à une Ukrainienne, David a été militaire français. Le voilà la tête d'un « bureau du lobbying » pour soutenir la résistance de l'armée et de l'État ukrainiens. Évidemment de parti pris, il apporte toutefois un regard intéressant sur le conflit en cours.

Dans ce nouveau numéro de « Dessous Chocs », nous partons en Ukraine, y rejoindre un militaire expérimenté, le commandant David, un Saint-Cyrien qui a exercé de nombreuses responsabilités dans les domaines de la sécurité, la défense et dans la gestion des risques et la médiation sur divers théâtres d'opérations au plan international.

Fin connaisseur des enjeux géopolitiques, David s’est installé pour des motifs familiaux en Ukraine depuis 2017. C’est sans hésiter qu’il a répondu tout récemment à l’appel du président Zelensky, en s’engageant auprès du peuple ukrainien.

Après avoir participé à la réflexion pour la création de la Légion des volontaires étrangers, il crée actuellement un bureau de lobbying afin de soutenir l’effort de résistance de l’armée et de l'État ukrainien. Il répond aux questions d’Antoine Bellier.

A lire sur ce sujet

S'engager dans une guerre n'est pas un acte anodin. D'autant que comme nous l'avons écrit ici, la communication « glamour » du gouvernement ukrainien pour l'occident n'est pas la même à destination de sa propre population et des Russes. D'un côté on vante les mérites d'une légion internationale qui ressemblerait aux Brigades internationales espagnoles de la guerre d'Espagne, de l'autre on diffuse les vraies images de la guerre, des cadavres éventrés, décapités, brûlés.

The Economist a publié un article à lire avant de s'engager.

Ukraine : des Français prêts à rejoindre la Légion des volontaires étrangers

Saturday 12 March 2022 à 11:18

Le président Zelensky assure que 20.000 étrangers se sont déjà engagés aux côtés de l'armée ukrainienne.

Anciens militaires, jeunes plus ou moins désœuvrés, ils sont nombreux devant l'ambassade d'Ukraine et sur les réseaux sociaux à affirmer vouloir combattre en Ukraine. Si certains profils sont très sérieux, d'autres paraissent bien farfelus. Rencontres...

Devant l'ambassade d'Ukraine, des Français cherchent à partir combattre - © Reflets

Devant l’ambassade d’Ukraine à Paris, des bouquets de fleurs jaunes et bleues, une icône de la Vierge et des bougies. Sur l’allée centrale de cette avenue chic, un groupe d’une quinzaine d’hommes attire mon attention. Ils sont en discussion animée avec le chauffeur d’un minibus ukrainien qui ne parle ni le Français, ni l’Anglais. Une jeune femme ukrainienne assure la traduction. Ils tentent de convaincre le chauffeur de les déposer en Pologne où l’un d’entre eux à un contact. Les volontaires présents sont en majorité très jeunes. Ils portent des petits sacs à dos et aucun ne semble être habillé chaudement.

Théo, 22 ans, arrive de Saône-et-Loire. Ce boucher au chômage a entendu l’appel du président Zelensky et dit vouloir «faire quelque chose d’utile». Il n’a aucune expérience militaire, juste un diplôme de secouriste. Autour de lui d’autres jeunes hommes, paraissant un peu paumés, insistent également pour partir.

Pierre, un ancien militaire, réserviste au 27e bataillon de chasseurs alpins, contemple cette petite troupe avec effroi : «Ça fait peur, me glisse t-il. Ils ne sont absolument pas préparés, ils n’ont aucune idée de ce qui les attend là-bas...»

Franck, un ancien légionnaire parle au groupe: «On n’est pas dans un jeu vidéo, vous comprenez? Sachez que là où vous allez, ça peut être un aller simple!» Pourtant, tous assurent qu’ils veulent se battre.

Joe, un second ex-légionnaire, souhaite également reprendre du service : «Cette guerre est à nos portes, après l’...