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Démocratie fissurée : chroniques d'un mauvais élève de la République (3)

Tuesday 1 May 2018 à 13:15

Les années noires du néo-libéralisme mondialisé (pour tous)

De Chirac à Jospin puis à Chirac, en passant par le grand show mondial du 11 septembre, tout s'appauvrit, même la musique et le cinéma. A se demander si tout le monde ne rêve pas de vivre dans un grand supermarché à la Disneyland. Il faut dire que la propagande néolibérale bat son plein.

Années 2000 : le début de la fin

>Démocratie fissurée : chroniques d’un mauvais élève de la République (1)

>Démocratie fissurée : chroniques d'un mauvais élève de la République (2)

Juste avant la victoire de Chirac je me rappelle avoir lancé : "Je me casse si ce type devient président". Ça n'a pas loupé : le grand dadet escroc arriviste démonte Jospin à la présidentielle grâce à des slogans creux mais suffisamment orientés sur le terrain du socialiste de pacotille pour brouiller les pistes. La fracture sociale ! Chirac veut résoudre la fracture sociale ! Six mois après son élection, il a déjà oublié et dans les rues résonnent les trompettes de la contestation syndicale et sociale contre la réforme des retraites. Sur les ondes et les écrans de tévé ça explique en parallèle aux gens comment la mondialisation c'est drôlement chouette parce qu'on va "tous en profiter". Niveau musique, ça commence à patiner : les morts du "rock sans avenir" n'ont pas trouvé de remplaçants, et en 3 ou 4 ans apparaissent les premiers petits bourgeois de la chanson française. Leur crédo : chanter leur malaise quotidien de trentenaire affligé par leur vie de merde conformiste. Ça craint franchement : je me casse début 96 à l'autre bout du monde avec mes deux gosses et leur mère, en Afrique de l'Est. J'apprendrai de là-bas quelques trucs vagues sur mon pays d'origine via une radio [prêtée par un voisin], radio que je bidouille en installant un fil de fer de de...

Toi aussi achète une vierge pour un million d'euros !

Tuesday 1 May 2018 à 12:02

L'heureuse élue n'a qu'une hâte : perdre sa virginité avec le vieux et payer ses dettes, comme toute jeune femme qui s'émancipe…

C'est un article de Closer retweeté qui explique qu'une jeune française s'est faite payer une défloration à 1,25 millions d'euros par un vieux monsieur newyorkais.

La jeune femme de 20 ans est aux anges : elle va pouvoir aider sa famille à payer ses crédits et pouvoir réaliser son rêve de voyager en classe affaire partout dans le monde. Youpi. En plus, comme elle l'explique, c'est "à la mode", et ses parents, ses amis, au vu de la somme, la soutiennent inconditionnellement.

Cette jeune femme, comme l'explique le torchon magazine, serait quasiment une militante féministe puisque Closer explique que "Jasmine voit son acte comme une certaine émancipation : "Cela ne devrait pas être tabou pour une femme de faire ce qu'elle veut avec son corps" nous apprend la veinarde millionnaire.

Mais oui ! Grave ! On n'y avait pas pensé : vendre son corps, sa virginité aux 1% par enchères sur un site internet — comme le bétail pour le marché de gros — c'est une émancipation et un droit fondamental de faire keskonveut avec son corps ! Pardi…

Yes ! Ca y est j'ai le million, suffit juste que le vieux m'enfile dix minutes dans son appart de luxe et papa maman vont pouvoir rembourser l'emprunt !
Yes ! Ca y est j'ai le million, suffit juste que le vieux m'enfile dix minutes dans son appart de luxe et papa maman vont pouvoir rembourser l'emprunt !

Bien entendu, tout ça n'a pas été simple, puisqu'il a fallu s'inscrire et être sélectionnée par une plateforme 2.0 disruptive et innovante en diable qui propose ce marché juteux de la vente de corps et de...

Un an de Macron : où donc ce président mène-t-il la France ?

Wednesday 25 April 2018 à 18:38

Décryptage du "projet" macronien en action

Le président jupitérien, ni gauche ni droite et « hors du système » préside la France depuis bientôt un an. Sa volonté de « réformes » est au centre de sa politique « transformatrice » de l’Etat… et de la société. Analyse globale de la « nouvelle France « que créent Macron et ses troupes, au service du PDG de la startup-nation.

Jouer à faire comme les salariés : comme au théâtre, le PDG France s'amuse

Il n’est pas possible de comprendre la présidence Macron en se contentant de zoomer par instants sur ses saillies, ses discours ou chacune de ses réformes successives. En fragmentant cette politique — ce que font les réseaux sociaux de par leur incapacité à maintenir une vision continue de l’histoire — la volonté de «la plus haute autorité de l’Etat» échappe à l’analyse, et surtout, la nouvelle société qu’il tente de créer n’est pas compréhensible et encore moins clairement envisageable. Pourtant, une photographie d’ensemble est possible, et le «projet» bien visible…

La multinationale France

Le concept de «startup nation» élaboré par Macron est central dans sa politique de la transformation de la société. L’idée obsessionnelle du président issu du monde bancaire est de faire basculer la pays dans ses fondements — dont celui du rôle de l’Etat — dans un autre mode : celui de la multinationale.

La société que Macron rêve et a déjà commencé à créer est celle de la modernité par l’automatisation.

Le management présidentiel d’Emmanuel Macron est symptomatique de cette nouvelle voie où les concepts essentiels des services publics, par exemple, deviennent des «services» — rentables — avec des «clients». Le XXIe siècle, pour le «président manager», est celui de la fin des Etats anciens et providentiels du vieux monde, au profit des Etats-entreprises performatifs. La France, pour Macron, n’est rien d’autre qu’une multinationale géante contenant elle-même des multinationales et qui...

Le nouveau (ancien) monde

Tuesday 24 April 2018 à 12:38

Il y a du Pompidou dans ce Macron

Le storytelling d'Emmanuel Macron est bien rodé. Même si le vernis commence à sérieusement craqueler, le président de la République martèle qu'il représente le nouveau monde, en opposition avec l'ancien, moribond. Vraiment ?

Emmanuel Macron sur Fox News - Copie d'écran - CC

En accordant une interview à la chaîne l'organe de propagande Fox News, le président français a redit en d'autres termes qu'il représentait le nouveau monde, celui qui remplacerait un ancien monde symbolisé par ses prédécesseurs, les hommes et femmes politiques d'avant. "Nous avons une relation très spéciale car nous sommes tous les deux anticonformistes. L’élection du président Trump a été une surprise dans votre pays et la mienne sans doute aussi en France.". Répéter une incongruité n'en fait pas une vérité et le storytelling politique du nouveau monde n'est pas plus discret que celui de l'ancien monde. Et même du très ancien monde. Un monde oublié par la plupart des Français. En tout cas par les jeunes.

A l'heure où l'on reparle de Mai 68, cinquantenaire oblige, il n'est pas idiot de comparer les discours de l'époque De Gaulle/Pompidou et celle du jeune président.

Evoquant les étudiants qui occupent les universités, Emmanuel Macron a convoqué Michel Audiard :

"Ce ne sont pas des étudiants mais ce sont des agitateurs professionnels, les professionnels du désordre, dont parlait Michel Audiard, (qui) doivent comprendre que nous sommes dans un Etat d'ordre".

Le 11 mai 1968, Georges Pompidou, alors premier ministre, s'exprime sur l'ORTF

Et que dit-il sur les étudiants qui occupent les facs ?

Image de Mai 68 - CC
Image de Mai 68 - CC

Surprise :

"J'ai décidé que la Sorbonne serait librement ouverte à partir...

Google bas du front, c'est le Souq chez Signal

Thursday 19 April 2018 à 12:53

Google interdit le domain fronting

Décidément, ça bouge dans le monde de messageries sécurisées. Les développeurs de Signal sont contraints de s'adapter aux modifications récentes imposées par Google.

Souk de Tunis - Leandro Neumann Ciuffo - CC BY 2.0

Alors que nous étudions les mesures techniques mises en place par Telegram pour contrer le dispositif de censure, massif, des autorités russes, nous sommes tombés sur une bizarrerie. Pour comprendre le système de découverte d'adresses IP de la messagerie, nous avions en effet écrit un script imitant le comportement de l'application. Deux mécanismes relativement similaires ont été mis en place par les développeurs.

Le premier, qui fonctionne toujours, utilise le domain fronting via google.com pour s'adresser au service dns.google.com. Le second utilise la même terminaison, google.com, mais pour dissimuler cette fois-ci les requêtes à destinations de dns-telegram.appspot.com. Mais impossible de le faire fonctionner. C'est la raison pour laquelle, dans le script, nous utilisons directement dns-telegram.appspot.com. En passant par google.com pour essayer d'atteindre cette seconde adresse le serveur renvoie ainsi le message suivant :

This HTTP request has a Host header that is not covered by the TLS certificate used. Due to an infrastructure change, this request cannot be processed.

Nous avions pensé au départ à un problème de notre côté, mais après plusieurs essais infructueux, il était évident qu'il n'était pas de notre fait. appspot.com étant le nom de domaine fourni par Google dans le cadre de son offre d'hébergement « Google App Engine », il fallait donc en conclure que Google avait interdit le « domain fronting » via google.com vers ...