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Manifestation de policiers : les petits plats dans les grands

Wednesday 19 May 2021 à 22:44

Tout avait été organisé pour bien accueillir les politiques

Venus en masse, les politiques de tous bords n'ont pas été déçus. Les manifestants avaient tout fait pour bien recevoir leurs nouveaux amis. Écrans géants, hauts parleurs dans les arbres, quai privatisé...

L'un des écrans géants, côté Assemblée. - © Reflets

On était loin des merguez de la CGT et du camion rose des gilets jaunes à Répu. La manifestation des policiers ce mercredi 19 mai 2021 en jetait. Les manifestants avaient privatisé le quai d'Orsay entre le pont de la concorde et le pont Alexandre III. Pas dégueu. Pour que tous les politiques venus apporter leur soutien à la police puissent entendre les discours et les chants, des hauts-parleurs avaient été accrochés dans les arbres tout le long du quai. Deux écrans géants retransmettaient les images de cette manifestation monstre d'environ 3000 personnes, 35.000 selon les syndicats... et la police, constituée principalement de policiers. Ils étaient venus de partout. Les bus s'étaient garés avenue du Maréchal Gallieni, aux Invalides où ils étaient sous surveillance de quelques camionnettes de gendarmes. Aucun risque de prendre une prune.

Non, franchement, c'était très bien organisé. A croire que tout le monde y avait mis du sien pour que tout soit au mieux : les syndicats policiers tout d'abord qui ont dû dépenser une véritable fortune en location de matériel. Deux écrans géants et les camions qui vont avec, les hauts-parleurs sur les arbres, la privatisation d'un quai illustre de Paris, face à l'Hôtel de Lassay et à l'Assemblée Nationale, l'électrification de tout le quai, des parapluies pour tous aux couleurs d'Alliance, le syndicat policier... On a les moyens dans la police. Mais la préfecture aussi avait filé un coup de pouce en...

«Les extrêmes se rejoignent et profitent l'un de l'autre»

Tuesday 18 May 2021 à 11:07

Entretien avec Alain Rozenkier, président de La Paix Maintenant

La tension actuelle en Israël et dans la bande de Gaza sert le Hamas et le Likoud. L'Histoire bégaye mais il reste toujours de l'espoir, les populations veulent la paix.

Alain Rozenkier - Copie d'écran

Alors que le bruit médiatique ne fait plus ressortir que ceux qui sont « pour Israël » ou « pour les Palestiniens », alors que la situation dégénère à nouveau dans la région, que les discours sont clivants et polarisés, nous avons souhaité recueillir une parole plus apaisée.

L'association La Paix Maintenant a pour vocation de soutenir et de faire connaître les actions du mouvement israélien Shalom Akhshav (La Paix maintenant). Shalom Akhshav, fondé en 1978 par 348 officiers de réserve et soldats, est devenu le plus important mouvement politique extra-parlementaire en Israël, militant pour la réconciliation avec le monde arabe. Il recherche pour un compromis équitable fondé sur les principes suivants : reconnaissance de l’État palestinien à côté de l’État juif, partage de la terre entre les deux États selon le tracé de la Ligne verte, partage de souveraineté sur Jérusalem, démantèlement des colonies juives de Cisjordanie et de Gaza, retour des réfugiés palestiniens sur le territoire de l’État palestinien. Une voix dissonante dans le chaos actuel. Nous avons longuement échangé avec Alain Rozenkier, sociologue, président de La Paix Maintenant en France et membre fondateur de JCall.

« Il y a des années, une expression avait vu le jour : "Sharafat", un mélange de Sharon et d'Arafat. A nouveau les extrêmes se rejoignent et profitent l'un de l'autre. Cette fois c'est le Hamas et Benyamin Netanyahou », explique Alain Rozenkier.

Les heurts actuels...

Palestine : l'hôpital de Khan Younes sur le pied de guerre

Monday 17 May 2021 à 18:36

Reportage dans la plus grande structure de santé du sud de la bande de Gaza

L'hôpital Al-Nasser a déjà accueilli plus de 200 blessés des bombardements depuis le début du conflit, dont de nombreux enfants. Mais la zone a jusqu'à présent été plutôt épargnée. Tous craignent une escalade militaire et se préparent au pire.

L'hôpital Al-Nasser de Khan Younes - © Islam Idhair

Devant l'hôpital Al-Nasser de Khan Younes, la grande ville du sud de la bande de Gaza, la nervosité est palpable. Les policiers en faction et les soignants en blouse blanche qui font leur pause sur le perron du bâtiment tout juste réhabilité scrutent le ciel. Une tente blanche vient d'être montée devant l'hôpital. Un pré-centre de tri en cas d'afflux de blessés. Mais pour le moment, les bombardements ont frappé durement surtout le nord de la bande de Gaza.

Au service des urgences, un tas de fiches de couleur est posé sur un bureau : vert pour les blessés légers, rouge pour les plus graves, noir pour ceux en urgence absolue. Mais pour le moment les urgences sont calmes. Le nombre de brancard a été doublé ainsi que celui du personnel soignant.

La tente dressée en cas d'afflux de victimes - © Islam Idhair
La tente dressée en cas d'afflux de victimes - Islam Idhair

«Nous sommes dans une zone de conflit permanent, soupire, Farès Weam, le directeur des relations publiques de l'hôpital,_ donc nous avons l'habitude des plans d'urgence. Actuellement, nous faisons face à deux fronts : celui du Covid et la guerre avec Israël.» Dans son malheur, Gaza a eu de la chance ; l'augmentation du nombre de cas avait conduit les autorités à imposer un couvre-feu et interdire les grands rassemblements des dernières semaines. Le nombre de cas de Covid est donc bas. « Et avec la guerre, les gens sortent moins de chez eux, donc ça va freiner la reprise de l'épidémie_ », espère Farès Weam.

Depuis le débuts des frappes...

A Gaza, « on voit la peur dans les yeux des enfants »

Sunday 16 May 2021 à 12:26

Les bombardements israéliens ont fait jusqu'à présent 144 morts et 1200 blessés.

Dans cette nouvelle guerre entre Israël et les Palestiniens, nul ne sait quel sera le dénouement. Islam Idhair, un Palestinien de la bande de Gaza qui a travaillé pour de nombreux médias, témoigne pour Reflets de la situation dans l'enclave palestinienne sous les bombes.

L'immeuble qui accueillait la presse à Gaza, bombardé par l'armée - © Islam Idhair

«C'est fou ce qui se passe ici en ce moment, raconte Islam Idhair. C'est la cinquième tour de Gaza qui a été détruite hier. J'étais près de cet immeuble qui abrite les bureaux de l'agence Associated Press et de la télé Al-JAzira. Le propriétaire a reçu un coup de téléphone de l'armée israélienne : vous avez une heure pour évacuer avant que nous le bombardions. Au bout d'une heure, il y a eu une première frappe de drone contre l'immeuble pour faire fuir les gens. Et puis 10 minutes après trois bombes ont touché le bâtiment. Il n'y a pas eu de morts, juste quelques blessés plus loin blessé par des éclats.»

Al Jazeera a publié sur son compte twitter une vidéo de ses journalistes récupérant du matériel juste avant le bombardement, après avoir été prévenus :

Islam Idhair qui a travaillé pour plusieurs médias comme « fixeur », une personne chargée dans le jargon journalistique de préparer les reportages et de traduire les conversations, dénonce une volonté d'Israël de menacer les médias. « Les Israéliens interdisent aux journalistes étrangers d'entrer dans la bande de Gaza. Ils cherchent à aveugler la vérité, à ce que les images ne sortent pas d'ici. »

L'immeuble des médias après le bombardement - © Islam Idhair
L'immeuble des médias après le bombardement - Islam Idhair

Autre vue de l'immeuble après le bombardement - © Islam Idhair
Autre vue de l'immeuble après le bombardement - Islam Idhair

Guerre de l'information sur Twitter
Guerre de l'information sur Twitter

Islam Idhair décrit la tension qui règne dans l'enclave : « Souvent les bombardements commencent après minuit....

Manifestation de soutien aux Palestiniens le 15 mai 2021 à Paris

Saturday 15 May 2021 à 23:46

Quelques centaines de manifestants, des milliers de policiers...

Le dispositif était totalement surdimensionné. Quel but recherchait l'exécutif ?

Métro Barbès, le lieu de rendez-vous où rien ne se passera faute de pouvoir créer un cortège - © Reflets

Sans doute moins de 1000 personnes ont défilé dans les rues de Paris, en dépit de l'interdiction décidée par le préfet, pour soutenir les Palestiniens. Un nombre démesuré de forces de l'ordre (4.200 selon Gerald Darmanin) a scindé les manifestants avant même qu'un cortège ne se forme. Quelques groupes de 10 à un peu plus d'une centaine de personnes se sont déplacés dans le quartier de Barbès sans pouvoir à aucun moment former une manifestation. Les gaz et les canons à eau ont dispersé tout le monde pendant quelques heures, les BRAV-M venues en renfort ont soudain "interpelé" des gamins alors qu'il n'y avait pas de troubles particuliers. Ces interpellations seront sans doute mises sur le compte de l'interdiction de manifester.

Il n'y avait probablement pas eu autant de forces de l'ordre dans les rues de Paris depuis la manifestation qui avait suivi les dégradations de l'Arc de triomphe pendant la période gilets jaunes. Il ne manquait que les blindés de la gendarmeries sortis à l'époque pour impressionner les foules.

L'exécutif a visiblement souhaité instrumentaliser la peur. Valeurs Actuelles qui tweetait depuis Barbès, a vu des "pro-palestiniens" qui défilaient "dans les rues de #Paris aux cris de "Allah akbar"". Daesh à nos portes en quelque sorte ? Gerald Darmanin avait donné le ton la veille en annonçant qu'il refusait - avant que quoi que soit se soit passé façon Minotity...