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Covid : « La situation n'est pas bonne mais on ne sait pas ce qui va se passer »

Friday 21 May 2021 à 11:28

L'épidémiologiste Catherine Hill fait un point sur l'épidémie

Le niveau de circulation du virus reste élevé, même si les indicateurs sont à la baisse. Catherine Hill s'inquiète que les leçons du fiasco de la stratégie de dépistage n'aient pas été tirées.

Terrasse parisienne, vendredi 21 mai 2021 - © Reflets

Alors, ce déconfinement, vous êtes allée en terrasse ?

Catherine Hill (rire) Non, la météo n'était pas très favorable... J'ai vu les images de ces regroupement. Les indicateurs continuent de descendre, mais le niveau de circulation du virus reste élevé. La question est : est ce que ça va tenir ou est-ce que la tendance va repartir à la hausse ?

Et votre avis pour cet été ?

On a actuellement 38 millions de personnes protégées sur 67 millions de Français : 12 millions ont eu le Covid, à la date du 18 mai 9,9 millions sont complètement vaccinés et 16,5 millions ont reçu leur première dose depuis 14 jours, donc sont partiellement immunisés.

Il reste donc 29 millions de personnes à risque, ce qui n'est pas rien. Sachant qu'on à toujours 24% des plus de 80 ans environ 20 % des plus de 75 ans et 48 % des 50-64 ans qui ne sont pas vaccinés, ça laisse pas mal de personnes non protégées.

Le nombre de personnes en réanimation reste aussi très élevé, avec 3844 personne au 19 mai. Mais il est difficile de savoir ce qui va se passer. Je me méfie des modèles qui proposent des prédictions car il y a de très nombreuses hypothèses à prendre en compte. La philosophie des modèles est utile, mais ça s'arrête là.

Ce qui est clair est qu'on continue de prendre les mauvais indicateurs pour gérer l'épidémie, en premier lieu le nombre de malades qu'on trouve. Ce n'est pas sérieux car le chiffre dépend de combien on teste de personnes.

Période où l'on peut contaminer - Catherine Hill
Période où l'on peut...

A Gaza, les déplacés s'entassent dans les écoles des Nations Unies

Thursday 20 May 2021 à 10:26

L'aide de l'organisation internationale et des ONG se fait attendre

Des milliers de personnes sont en quête d'une sécurité toute relative dans les écoles de l'UNRWA. La vie s'organise tant bien de mal, entre crainte des bombes et du Covid. Reportage.

École de l'UNRWA à Gaza City

Une petite heure est normalement nécessaire pour se rendre de Rafah, la grande ville du Sud de Gaza, ma ville de résidence, à Gaza city. Mais là, très peu de trafic et encore moins d'embouteillages ; en moins d'une demi-heure la destination est atteinte. Depuis le début du conflits les habitants s'éloignent peu de chez eux.

Les bombardements ont poussé 52.000 Palestiniens hors de chez eux, selon les Nations Unies : des habitants de maisons toutes proches de la frontière et à portée de canon des chars israéliens, d'autres dont l'habitation a été endommagée ou détruite, et enfin certains simplement saisi par la peur. Beaucoup ont trouvé refuge dans les écoles de d'UNRWA, la mission des Nations Unies pour la Palestine, qui a ouvert ses établissements dès début des frappes aériennes. Comme à chaque guerre.

L'école primaire A du quartier El Mansar de Gaza est un grand bâtiment où prédominent le bleu et le blanc, couleurs du drapeau des Nations Unies. En quelques jours, 230 familles s'y sont précipitées, souvent en catastrophe. quelque 1250 personnes espérant échapper aux bombes. Mais le bleu de l'organisation internationale est une protection illusoire. En juillet 2014, une école similaire avait été frappée par les obus d'un char israélien provoquant la mort de 16 personnes.

Parmi eux, Qassem Brahim venu avec sa femme et ses quatre enfants du nord de la bande de Gaza. « Des combats non loin de chez moi ont éclaté, alors nous sommes...

Manifestation de policiers : les petits plats dans les grands

Wednesday 19 May 2021 à 22:44

Tout avait été organisé pour bien accueillir les politiques

Venus en masse, les politiques de tous bords n'ont pas été déçus. Les manifestants avaient tout fait pour bien recevoir leurs nouveaux amis. Écrans géants, hauts parleurs dans les arbres, quai privatisé...

L'un des écrans géants, côté Assemblée. - © Reflets

On était loin des merguez de la CGT et du camion rose des gilets jaunes à Répu. La manifestation des policiers ce mercredi 19 mai 2021 en jetait. Les manifestants avaient privatisé le quai d'Orsay entre le pont de la concorde et le pont Alexandre III. Pas dégueu. Pour que tous les politiques venus apporter leur soutien à la police puissent entendre les discours et les chants, des hauts-parleurs avaient été accrochés dans les arbres tout le long du quai. Deux écrans géants retransmettaient les images de cette manifestation monstre d'environ 3000 personnes, 35.000 selon les syndicats... et la police, constituée principalement de policiers. Ils étaient venus de partout. Les bus s'étaient garés avenue du Maréchal Gallieni, aux Invalides où ils étaient sous surveillance de quelques camionnettes de gendarmes. Aucun risque de prendre une prune.

Non, franchement, c'était très bien organisé. A croire que tout le monde y avait mis du sien pour que tout soit au mieux : les syndicats policiers tout d'abord qui ont dû dépenser une véritable fortune en location de matériel. Deux écrans géants et les camions qui vont avec, les hauts-parleurs sur les arbres, la privatisation d'un quai illustre de Paris, face à l'Hôtel de Lassay et à l'Assemblée Nationale, l'électrification de tout le quai, des parapluies pour tous aux couleurs d'Alliance, le syndicat policier... On a les moyens dans la police. Mais la préfecture aussi avait filé un coup de pouce en...

«Les extrêmes se rejoignent et profitent l'un de l'autre»

Tuesday 18 May 2021 à 11:07

Entretien avec Alain Rozenkier, président de La Paix Maintenant

La tension actuelle en Israël et dans la bande de Gaza sert le Hamas et le Likoud. L'Histoire bégaye mais il reste toujours de l'espoir, les populations veulent la paix.

Alain Rozenkier - Copie d'écran

Alors que le bruit médiatique ne fait plus ressortir que ceux qui sont « pour Israël » ou « pour les Palestiniens », alors que la situation dégénère à nouveau dans la région, que les discours sont clivants et polarisés, nous avons souhaité recueillir une parole plus apaisée.

L'association La Paix Maintenant a pour vocation de soutenir et de faire connaître les actions du mouvement israélien Shalom Akhshav (La Paix maintenant). Shalom Akhshav, fondé en 1978 par 348 officiers de réserve et soldats, est devenu le plus important mouvement politique extra-parlementaire en Israël, militant pour la réconciliation avec le monde arabe. Il recherche pour un compromis équitable fondé sur les principes suivants : reconnaissance de l’État palestinien à côté de l’État juif, partage de la terre entre les deux États selon le tracé de la Ligne verte, partage de souveraineté sur Jérusalem, démantèlement des colonies juives de Cisjordanie et de Gaza, retour des réfugiés palestiniens sur le territoire de l’État palestinien. Une voix dissonante dans le chaos actuel. Nous avons longuement échangé avec Alain Rozenkier, sociologue, président de La Paix Maintenant en France et membre fondateur de JCall.

« Il y a des années, une expression avait vu le jour : "Sharafat", un mélange de Sharon et d'Arafat. A nouveau les extrêmes se rejoignent et profitent l'un de l'autre. Cette fois c'est le Hamas et Benyamin Netanyahou », explique Alain Rozenkier.

Les heurts actuels...

Palestine : l'hôpital de Khan Younes sur le pied de guerre

Monday 17 May 2021 à 18:36

Reportage dans la plus grande structure de santé du sud de la bande de Gaza

L'hôpital Al-Nasser a déjà accueilli plus de 200 blessés des bombardements depuis le début du conflit, dont de nombreux enfants. Mais la zone a jusqu'à présent été plutôt épargnée. Tous craignent une escalade militaire et se préparent au pire.

L'hôpital Al-Nasser de Khan Younes - © Islam Idhair

Devant l'hôpital Al-Nasser de Khan Younes, la grande ville du sud de la bande de Gaza, la nervosité est palpable. Les policiers en faction et les soignants en blouse blanche qui font leur pause sur le perron du bâtiment tout juste réhabilité scrutent le ciel. Une tente blanche vient d'être montée devant l'hôpital. Un pré-centre de tri en cas d'afflux de blessés. Mais pour le moment, les bombardements ont frappé durement surtout le nord de la bande de Gaza.

Au service des urgences, un tas de fiches de couleur est posé sur un bureau : vert pour les blessés légers, rouge pour les plus graves, noir pour ceux en urgence absolue. Mais pour le moment les urgences sont calmes. Le nombre de brancard a été doublé ainsi que celui du personnel soignant.

La tente dressée en cas d'afflux de victimes - © Islam Idhair
La tente dressée en cas d'afflux de victimes - Islam Idhair

«Nous sommes dans une zone de conflit permanent, soupire, Farès Weam, le directeur des relations publiques de l'hôpital,_ donc nous avons l'habitude des plans d'urgence. Actuellement, nous faisons face à deux fronts : celui du Covid et la guerre avec Israël.» Dans son malheur, Gaza a eu de la chance ; l'augmentation du nombre de cas avait conduit les autorités à imposer un couvre-feu et interdire les grands rassemblements des dernières semaines. Le nombre de cas de Covid est donc bas. « Et avec la guerre, les gens sortent moins de chez eux, donc ça va freiner la reprise de l'épidémie_ », espère Farès Weam.

Depuis le débuts des frappes...