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Comment la directive Copyright va tuer les plateformes...

Thursday 13 September 2018 à 13:18

On peut toujours rêver....

L'hégémonie de Google, de Facebook et de Twitter en matière d'hébergement et de "distribution" de contenus est évidente. Le vote de la directive pourrait avoir des effets de bord insoupçonnés, comme la re-décentralisation des contenus. Ou pas...

Plateformes variées - D.R.

Qu'ils soient arrivés sur Internet aux alentours de 2005, ou qu'ils soient des quiches (et souhaitent le rester) sur un plan technique, il y a une grande majorité d'internautes qui pensent que Google, c'est le Web, que le Web, c'est Internet et que le contenu ne peut être partagé que sur Facebook ou Twitter. Ils ne savent pas ce qu'est une URL, ne veulent retenir aucun nom de domaine parce que Internet (comprendre Google) les retrouve pour eux. Cette nouvelle génération succède à celle qui pensait, elle, qu'Internet, c'était le "e" bleu sur le bureau de leur ordinateur. A ceux-là, il est impossible d'expliquer des concepts comme la centralisation des contenus sur des plateformes incontrôlables, qui se nourrissent de leurs données personnelles pour mieux les vendre comme des produits, du "temps de cerveau disponible", comme le disait un dinosaure du siècle dernier. Impossible de leur expliquer que chacun peut construire sa propre plateforme de diffusion sur Internet, ce grand machin initialement décentralisé. Allez leur dire qu'il leur faut payer un hébergement, gérer soi-même ses mails, héberger ses données sur son propre espace disque distant, chiffrer, activer un fil RSS, paramétrer son propre lecteur de fils RSS, on en passe. Pas moyen. Trop compliqué. Et comment rester en contact avec ses amis à l'autre bout du monde sans Facebook ? C'est pas Internet, avec son mail, ses serveurs Web, son IRC qui va...

Apparences, réalité, attention, Facebook et Twitter sont dans un bateau

Tuesday 11 September 2018 à 17:47

On se demande qui tombe à l'eau...

L'époque est aux apparences, qui comptent plus que la réalité. Twitter ou Facebook jouent un rôle prépondérant, comme les agences de presse dans les années 80, et travestissent la réalité tout en faisant perdre de vue à ses utilisateurs les points d'attention nécessaires

Kim Phúc photographiée par Kim Phúc le 6 juin 1972 - Nick U - © AP

Drôle de mélange que celui qui gouverne l'information au XXIème siècle. Les plus vieux se souviennent de la loi de proximité qui contribuait à modifier la perception des événements. Ce qui est proche de nos lecteurs, les touche (intéresse ?) plus que ce qui est loin. Bilan, 10000 morts en Inde, c'est une brève ou un filet, le chien du président français qui se casse une patte, c'est un article de Une, coco. De cette loi, découle la hiérarchie de l'information. Chaque média classe les événements en fonction de leur importance, aux yeux du directeur de la rédaction. Les temps ont changé. Et ce n'est pas forcément mieux.

La course à l'immédiateté a nettement accéléré son rythme avec l'arrivée d'Internet et plus particulièrement des réseaux sociaux. Au siècle dernier, les agences de presse crachaient leurs dépêches sur des téléscripteurs, des gens découpaient à la main ces rouleaux infinis de papier et déposaient les dépêches sur les bureaux des journalistes. Ces derniers validaient l'information si besoin, prenaient des contacts pour les enrichir. Aujourd'hui, les dépêches papier ont laissé la place aux écrans depuis le milieu des années 90 et un tweet peut déclencher toute une série d'articles, sans que personne ne vérifie plus rien. Les canulars ne sont pas une nouveauté de ce siècle, mais leur réussite renforcée intrigue. Ainsi ce tweet annonçant la mort de Costa-Gavras qui a généré toute une tripotée d'articles et de...

Europe : des robocopyrights et des droits voisins pour la presse

Monday 10 September 2018 à 09:15

Les idiots utiles ne sont peut-être pas là où l'on pense

Le 12 septembre, le Parlement européen votera (ou pas) le projet de directive européenne "copyright" qui suscite des débats passionnés.

L'essentiel des débats se cristallise autour de deux articles de la directive « Droit d'auteur dans le marché unique ». L'article 13 entend imposer aux plus grandes plateformes un filtrage automatisé des contenus mis en ligne par les utilisateurs afin de protéger le sacro-saint droit d'auteur. L'article 11, quant à lui, entend mettre en œuvre un droit voisin pour les éditeurs de presse. Jamais avares en matière de paille et de poutre, les ayant-droits de l'industrie culturelle et certains éditeurs de presse, comme cette agence de presse tout à sa neutralité qui n'hésite pas à faire passer sa propagande pour une « actualité » ou à faire dans le pathos, accusent les « GAFA » d'être à l'origine d'un lobbying intense contre le projet de directive. Les arguments des défenseurs des libertés sur Internet et, de façon plus générale, ceux des opposants sont, au mieux, ignorés. Au pire, ils sont assimilés à des idiots utiles des géants de l'Internet, l'artifice réthorique visant à réduire le débats à une oppositions entre méchants GAFA et gentils créateurs et journalistes.

Une presse libre et indépendante près de chez votre député
Une presse libre et indépendante près de chez votre député

Des robocopyrights et des idiots utiles

L'article 13 vise donc à imposer aux « plateformes » la mise en place d'outils permettant de filtrer les contenus protégés par un copyright de manière automatique. En théorie, il s'agit de combattre l'évasion des revenus des ayants-droit lorsque leurs...

Effondrement de la civilisation : social, environnement et économie dans le même bateau ?

Wednesday 5 September 2018 à 19:36

Du rapport Meadows au modèle "Human And Nature Dynamical"

Depuis 1972, avec le rapport du Club de Rome commandé à Dennis Meadows du MIT, la fin de la civilisation industrielle est annoncée pour 2020-2030. 46 ans plus tard, le début de la fin a commencé, confirmé par d'autres modèles informatiques. Bienvenue dans un monde finissant.

Copie d'écran du jeu "The Last of us" - Screenshot de Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=wcNvgK-Y4Gc

La collapsologie a été définie en 2015 et si elle n’est pas une science en tant que telle, elle met à contribution de nombreux domaines d’études permettant de vérifier et prédire l’écroulement de la — désormais unique — civilisation humaine basée sur un système économique commun, le « capitalisme mondialisée » ou ultra-libéralisme, néo-libéralisme, économie financiarisée [cochez la case de votre choix]. La démission de Nicolas Hulot n'est pas étrangère aux travaux de modélisation informatique annonçant la fin du monde industriel en cours, le ministre étant très au fait des rapports scientifiques qui circulent sur le sujet.

Mais ce n’est pas la première fois que des chercheurs tentent d’observer l’aspect systémique des sociétés humaines modernes dans leur dimension d’auto-destruction possible. Le célèbre rapport du Club de Rome de 1972 (The Limit to Growth, Dennis Meadowhall, MIT) annonçait déjà une limite au développement humain sur Terre, menant d’après les modèles de l’époque, à un « écroulement général de la civilisation industrielle » dans la première moitié du XXIème siècle. Ce rapport basé sur un modèle informatique, le World3, a été révisé et confirmé dans ses conclusions en 1993 puis en 2004.

Modèle World3
Modèle World3
(infographie : article "1972, le rapport du club de Rome", par Pablo Servigne, plusconscient.net)

A l’époque, les ressources énergétiques — dont le pétrole au premier chef — étaient un facteur important du futur effondrement. Mais la démographie et...

Thierry Coste sans foi ni loi, et sans Hulot

Saturday 1 September 2018 à 15:04

Le lobbyiste des chasseurs aurait précipité le départ du ministre

Il est l’homme par qui le scandale serait arrivé. Thierry Coste, 62 ans, lobbyiste assumé. Sa présence à l’Elysée lors d’une réunion sur la chasse aurait précipité la décision de démission que Nicolas Hulot murissait depuis l’été. Portrait de l’homme qui l’aurait fait basculer...

Thierry Coste - Isabelle Souquet - © Reflets

Dans ce café très chic de l’Esplanade des Invalides – nappes blanches en terrasse, tentures de velours bleu canard, serveurs empressés - il est chez lui. Il appelle les serveurs par leur prénom, demande à ce qu’on lui réserve la petite salle pour l’interview, dès qu’elle sera libérée par la réunion d’une ambassade voisine. Ici, à deux pas de l’Assemblée et de son bureau de la rue de Varenne, il est chez lui, comme le sont beaucoup de députés, chefs d’entreprises et de « cabinets d’affaires publiques » - le nom pudique des lobbyistes - dont c’est un repaire habituel. On en croisera un certain nombre, d’ailleurs, le temps de l’interview. Qu’il ne manquera pas de saluer. C’est un des royaumes de l’entre soi.

Thierry Coste, 62 ans, grand sourire et yeux acier, a la poignée de main ferme et franche. Etre interviewé l’amuse visiblement beaucoup. L’homme ne craint ni la lumière, ni le micro, ni l’appareil photo. Le ton est vite donné, et il est cash. « Je suis un mercenaire et je l’assume. Je défends les intérêts de gens qui me payent pour ça ».

Sur ses méthodes aussi l’homme est assez disert, et tout aussi direct. « Mon métier c’est d’abord de faire beaucoup d’investigation, de renseignements et d’en chercher dans les groupes de pression opposés ». Et d’expliquer qu’une de ses spécialités c’est d’infiltrer les organismes qui peuvent « nuire » à ses clients : associations de consommateurs, O.N.G. environnementales, syndicats, en y faisant, si possible, embaucher undercover des...