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Tirage au sort & démocratie : allocution dans le parlement Belge

Friday 14 June 2013 à 15:23
J’ai déjà parlé du système communément nommé « démocratique » mais qui est en réalité républicain et totalement à la ramasse, ainsi que des possibles solutions à cela, tout comme avoir insisté sur le fait que les castes dirigeantes ne seront jamais prêts à accepter ces solutions.

Il y a pourtant un député belge, Laurent Louis, qui a posé le doigt où ça fait mal. Son discourt est disponible sur Youtube, mais je vous l’ai retranscrite ici :


La proposition de résolution pour laquelle je demande aujourd’hui l’urgence est une première en politique.

Comme vous le savez, les citoyens ne font plus confiance aux monde politique, ils se sentent ignorés et méprisés par une classe politique qui se considère comme une élite alors qu’elle devrait se comporter comme un serviteur du peuple.

Notre système démocratique démontre son inefficacité. Malgré les élections ce sont toujours les mêmes élus qui siègent dans cette assemblée.
Certains sont ici depuis plus de trente ans. Il faut donc du changement, un vent de fraîcheur sur ce parlement et c’est pour ça que je souhaite demander l’urgence pour cette résolution qui vous propose de remplacer l’élection par le tirage au sort de citoyens volontaires.

Par ignorance, par lâcheté, par insouciance, ou tout simplement par peur de perdre vos privilèges, aucun autre député que moi n’aurait pu proposer une telle proposition tant vous vous accrochez à votre place.

Pourtant les politiciens ne représentent plus la population, le rôle du citoyen est réduit à son stricte minimum : voter, élire un représentant. Attention : pas ceux qu’il a l’habitude de côtoyer chez le boulanger ou sur la place du village, non, il n’a le droit que d’élire une élite qui squattera une parcelle de pouvoir pendant des années.
Des individus qui feront leur plus beau sourire durant la campagne électorale mais qui renieront toutes leur promesses une fois élus.

Les politiciens d’aujourd’hui, au lieu d’être des créateurs de solutions, sont des créateurs de problèmes, des créateurs de crise, des créateurs de misère.
En outre, pour être élu aujourd’hui il faut de l’argent : l’argent c’est le nerf de la guerre. Plus vous en avez, plus vous avez d’élus, car plus vous avez les moyens de toucher les citoyens à grand coup de campagne publicitaires comme allo Flahaut. Une telle démocratie dans laquelle seuls les plus fortunés ont accès au pouvoir n’est pas une démocratie.

La population belge ne décide plus de rien, le résultat des élections n’est même plus respecté puisque dans notre pays un parti comme la NVA qui fait 30% des voix, qui est le plus grand parti du pays se retrouve de facto dans l’opposition.
Un pays où les ministres ne sont même pas choisis en fonction de leur compétences mais en fonction des places disponibles et des personnalités des différents partis qu’il faut caser à droite ou à gauche. Il faut que cela cesse.

Il faut que vous ayez enfin le courage mes chers collègues de reconnaitre votre échec et d’en tirer les conclusion.
Vous vous dites tous être de grand démocrates. Dés lors, pourquoi avez vous confisqué le pouvoir au citoyen ?

Croyez-vous que les gens de la rue sont moins capables que nous de faire notre travail ?
Certainement pas, et je peux même vous dire qu’ils feraient preuve d’un meilleur bon sens. Nous ne sommes pas supérieurs au peuple et je vous le dis en ce qui me concerne : je fais confiance au peuple car lui seul est libre alors que vous tous vous êtes avant tout les petites mains de vos partis et des intérêts économiques et occultes qu’ils défendent ; des intérêts qui sont pourtant loin d’être dans l’intérêt des citoyens ; et en ce sens je suis fier et je suis heureux d’être traité par le président de cette assemblée d’accident de la démocratie. C’est vrai : moi qui souhaite véritablement rendre le pouvoir au peuple au sein d’une assemblé dont ses membres font tout pour conserver leurs privilèges. Je suis un accident de la démocratie, de cette fausse démocratie que vous tous vous avez créé.

Aujourd’hui tout évolue dans le monde. Pourquoi notre système électoral et nos institutions ne pourraient t-il pas évoluer ? Puisque nos modèles reposent sur une base inchangés depuis 200 ans. Il est quand même temps d’évoluer.
Parce que le mot démocratie est usurpé : le pouvoir au peuple ça n’existe plus, surtout dans un pays comme le nôtre qui interdit le référendum.

Comme je l’ai dit, l’argent est prépondérant et in individu même s’il a les meilleures idées et le meilleur programme du monde, il ne parviendra jamais seul à concurrencer un parti politique traditionnel : c’est impossible.

Et les médias. Les médias manipulent aussi le résultat des élections en influençant les électeurs et il est prouvé qu’il y a un rapport parfait entre le temps de passage à la télévision et le résultat des urnes. Est-ce là la démocratie ? Je ne le crois pas.

Rajoutons le rôle des partis politiques idéologiquement marqués au point que tous les conduit à refuser l’union. Les partis, vos partis, ils divisent au lieu de rassembler. Et comme chez nous notre système privilégie les lâches coalitions, autant dire que voter ne sert strictement à rien, tant le projet gouvernemental est à milles lieux des promesses électorales. Inutile de revenir sur les innombrables exemples de promesses non tenues, demandons cela à notre premier ministre, il saura mieux vous en parler que moi.

Et enfin vous avez créé des politiciens professionnels, qui parfois se refilent les postes de père en fils alors que cette fonction en devrait pas être un métier mais un service.

Bref, il est temps de proposer une alternative et cette alternative c’est cette résolution qui propose un moyen démocratique de sélection des élus par le billet du tirage au sort. un processus qui est la condition sine qua none pour conférer au citoyen belge une égalité politique parfaite et pour atteindre l’incorruptibilité des dirigeants.


(Après ses cinq minutes de temps de parole furent écoulés, on n’entent plus ce qu’il dit, mais on peut noter la brève discussion qui s’en suit : l’argument final de Louis est excellent quand il regrette que les politiciens considèrent la démocratie véritable comme quelque chose d’abusif).

Édit : le résultat : 1 voix pour et 149 voix contre.
Vous vous dites tous être de grand démocrates. Dés lors, pourquoi avez vous confisqué le pouvoir au citoyen ?

(source)

Quand la culpabilité de pirater une œuvre disparaît

Friday 14 June 2013 à 14:08
pirate en légo sur un banc Oui, il m’arrive de télécharger une œuvre protégée sur Internet. De la musique, un film ou autre chose. Mais actuellement, la loi ne peut rien me reprocher. Télécharger une œuvre pour son usage personnel n’est pas illégal.

Il reste quand même quelque chose, et c’est ce pourquoi la HADOPI est là (officiellement) : l’éducation de l’internaute, le faire se sentir coupable et arriver à faire comprendre que télécharger est mal pour ceux qui détiennent les droits d’auteurs, car ça leur fait un manque à gagner.

Et ben tu sais où je le te mets, le sentiment de culpabilité ?

Je me fiche complètement de télécharger un épisode d’une série ou un CD. Je n’en ai plus rien à faire. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas à avoir honte de partager.

Partager l’art ne peut pas lui nuire, c’est impossible.

Acheter un CD n’aidera pas un artiste. La majorité des artistes ne reçoivent rien de toute façon, les associations de majors gardent tout pour eux.

Il faut mieux partager soi-même la musique, et de préférence par une manière qui n’est pas encore fliquée : clé USB, par email, avec Youtube. Partagez son nom, ses clips, construisez une page Wikipédia, créez un blog de fans.
Je pense que ce qui permet à un groupe ou un artiste de vivre et de perdurer c’est la communauté de fans qu’il y a autour : ces derniers sont toujours prêts à acheter un billet de concert, un produit dérivé (du moment que le nom du groupe n’est lui non plus pas pillé par ayants-droit).

Partager une œuvre, la rendre connue, c’est cela qui permet à cette œuvre de vivre, et qui l’a toujours permis depuis des siècles.
Je l’ai déjà expliqué : l’admirateur d’une œuvre n’est pas le problème. Le problème réside avec les intermédiaires, et ça depuis la création de la notion de « droit d’auteur ».

Quand je télécharge une œuvre sous label je ne porte donc pas de préjudice à l’artiste, mais à des rapaces néfastes pour la pérennité de la culture. Rapaces qui n’hésitent pas à faire n’importe quoi pour du fric, y compris demander des royalties sur une chanson telle que Happy Birthday To You, alors qu’ils n’en auraient en réalité pas légitimement le droit ou encore profiter de la disparition des artistes pour faire de la publicité : c’est pour protéger les artistes, ça peut-être ?
Ce n’est pas plus mal, en tant que citoyen, de combattre ces rapaces.

Et pour finir : ce n’est d’ailleurs pas comme si je ne payais rien : en France en 2011, c’est presque 1 milliard d’euros de taxes en tout genre qui sont là pour les majors.
Ces taxes sont là parce que pour eux, nous sommes des voleurs. Quand on achète un CD-vierge, c’est selon eux forcément pour mettre de la musique piratée dessus, donc ils se permettent une taxe sur cette base là. Idem pour votre téléphone, votre ordinateur, votre téléviseur, votre GPS, votre clé USB, votre autoradio ou votre disque-dur externe. Pour un disque dur de 320 Go, c’est 45€ qu’il faut débourser en plus !

Et tant mieux si télécharger justifie cette taxe, c’est en gros la licence globale et je suis pour (même si l’idée d’une licence globale stipule que l’argent soit réparti de façon juste, ce qui n’est pas le cas ici).

Quelques liens :

image de Pasukara76

TF1, FR2, FR3, BFMTV piétinent aussi vos droits d’auteur

Wednesday 12 June 2013 à 14:22
M6 il y a 3 mois, TF1 et les autres maintenant.
La chaîne de TV prend des illustrations sur le net, comme ça, sans aucune mention de crédit, sans demander la permission à l’auteur de la photographie (Florian Si, qui m’a contacté).

La photo originale, en grand est sur Facebook.

Voici ce qu’on pouvait voir sur le site de TF1 :

screen du webplayer de TF1 avec la photo de Katia Veloso volée
Florian est capable de prouver que c’est son image (il a les données EXIF de la photo), mais TF1 lui a répondu que l’image illustrait le reportage et que les journalistes ne pouvaient pas faire le lien avec leur source (ici), donc en gros : TF1 se fiche du droit d’auteur et leur journalistes n’ont pas besoin de faire leur boulot journalistique de remonter à la source de leur infos.

C’est bien TF1, c’est bien. Continue tes conneries, mais ne viendra pas pleurer quand tes œuvres seront dans la nature aussi. Quand on bafoue le droit des autres, faut pas s’étonner après qu’on te manque aussi du respect.

Quant au journaliste qui a fait cette erreur sans savoir ce qu’il faisait : si tu veux des images réutilisables gratuitement et sans risque de te prendre un procès ou des insultes dans la gueule, ben il y a des solutions : suffit de chercher dans Google Images avec l’option de recherche pour les images en Creative Common (une licence permissive). avec les mêmes options. Dans tous les autres cas, il faudra demander la permission à l’auteur avant de partager publiquement, et au minimum mettre la source. C’est trop demander ?

Le nucléaire et pourquoi il n’est pas (encore) envisageable de s’en passer…

Friday 7 June 2013 à 16:42
On va vraiment finir par croire que je suis à la solde des industriels du nucléaire et je vais finir par perdre tout crédibilité, mais je m’en fiche : j’en remets une couche.

Alors ok, l’industrie du nucléaire a divers inconvénients :

Je ne parlerais pas plus des avantages comme le rendement gigantesque, la possibilité d’adapter la production à la demande à chaque instant et l’indépendance de toute variable climatique : personne à part les pro-nucléaires cinglés et payés par les lobbies du nucléaire ne voit ces avantages-là.

Bien. Je crois que tout le monde veut s’en passer.
Qui a des solutions ?

Le renouvelable vous dites ? Voyons voir…

Le solaire photovoltaïque n’est pas possible partout ni tout le temps (météo oblige) et la production de panneaux est loin d’être propre. Il ne faut peut-être que 5 ans pour compléter le bilan énergétique mais pas au niveau des polluants émis, comme les vapeurs d’acides et autres composés aluminés ou soufrés de la production du bore ou de l’arsenic utilisé dans ces cellules, et les quantités importantes de di- et monoxyde de carbone rejetées dans la préparation du silicium et du phosphore seul.
Il reste cependant le solaire thermique pour chauffer de l’eau mais c’est quand on en a le plus besoin qu’il est le moins productif (en hiver).

Les éoliennes ? On me parle dans mon précédent article de l’impact sur le paysage des fils électriques reliant les centrales nucléaires très productives qu’ils pourraient remplacer par plusieurs petites centrales de renouvelables moins éloignées des consommateurs. N’étaient-ce pas les mêmes qui râlaient tout le temps de l’impact d’une éolienne sur le paysage ? Et les mêmes que ceux qui se plaignent du bruit des éoliennes (ces derniers n’ont manifestement jamais vu une éolienne en vrai) ?
Et là encore : quelles zones habitées sont susceptibles de recevoir des champs entiers d’éoliennes qui tourneront toute la journée, tous les jours, de façon régulière ? Même question pour les petites éoliennes individuelles ?

La géothermie ? Excepté l’Islande qui est un exemple magnifique d’exploitation de la géothermie (>90% de l’énergie produite par l’île), les zones comme ça ne sont pas nombreuses. De plus, les zones où la géothermie est réellement exploitable ne sont pas les zones habitables (souvent des zones à forte activité volcanique) donc il faut toujours transporter l’électricité avec des câbles…
Ou alors il faudrait les utiliser pour produire de l’hydrogène (selon moi une énergie d’avenir pour le transport routier et pas assez exploitée, mais ce sont d’autres lobbies cette fois).

L’hydraulique ? Les barrages ? Encore une fois : les écologistes — premiers à prôner l’usage du renouvelable — sont aussi les premiers à râler contre les barrages et leur impact sur la nature (blocage des rivières, zones à inonder, etc.). Faudrait savoir ce que l’on veut.
Sans compter les quantités énormes de béton utilisées pour construire ces barrages (la production de béton libère dans le monde 4 à 5 fois plus de CO2 que l’aviation civile, chaque année). Mais ça tout le monde s’en fout : c’est re-nou-ve-lable et tu peux pas test !


L’un dans l’autre ça donne à mon avis quelques sujets de réflexions : ok le nucléaire cay-le-mal, mais aucune des formes d’énergie renouvelable n’est propre non plus à la construction (hydraulique, photovoltaïque), ni sans impact physique sur l’environnement (barrages hydrauliques, centrales hydrauliques marémotrices), ni toujours envisageable à proximité des zones habitées (toutes) et possibles tout le temps de façon indépendante de la météo (toutes sauf les centrales hydrauliques marémotrices et la géothermie).
Et ne me parlez pas de stocker l’électricité dans des batteries : c’est encore plus polluant que n’importe quoi d’autre.

Alors quoi faire ?
Couper le courant partout et se passer d’électricité totalement ? Se tourner vers le charbon ? Vous n’êtes pas sérieux j’espère ?

Non, je pense que le nucléaire est, à défaut d’avoir autre chose de crédible, une solution d’avenir à condition de trouver d’autres méthodes comme la technologie au Thorium, qui reste du nucléaire mais beaucoup moins polluante. Les réacteurs à fusion sont encore à étudier. Et la recherche sur le traitement des déchets n’est pas fermée non plus, je présume.

Fukushima, deux ans après.

Thursday 6 June 2013 à 13:59
Fukushima, deux ans après et réflexion sur le nucléaire
Beaucoup sont devenus complètement fous contre le nucléaire depuis l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi, parlant d’une contamination mondiale, de malades, de cancers pour tout le monde.

Cet article remet les pendules à l’heure
 : nous voilà deux ans après la catastrophe.
Y a-t-il eu des morts liés à la radioactivité ? Non, aucun.
Va-t-il y avoir des morts liés à la radioactivité ? Probablement aucun. Les mesures appropriées ont été prises à temps pour les civils, et aucun des travailleurs n’a été exposé à plus de la dose cancérigène.

Ce n’est pas rien, ok. Mais ce n’est certainement pas la catastrophe écologique ou sanitaire dont tout le monde parle.

À noter aussi que ce qui s’est déroulé était voué à produire une catastrophe :
Fukushima a été frappée par le 5e plus puissant séisme depuis l’année 1900, un tsunami deux fois plus haut que ce que la centrale devait pouvoir résister, et des séismes secondaires d’une magnitude de 7,1 et de 6,3 […].
La centrale vieille de 50 ans a été frappé par une « tempête parfaite » et personne n’est mort.


Je vous l’avais dit : le Japon en 2011 est autrement plus évolué que l’Ukraine des années 80. Les mesures de protection et des évacuations ont été prises à temps.
Notons aussi que l’article parle des émissions radioactives d’iode 131 (principale cause du cancer de thyroïde) : en un mois, 94% de l’iode radioactive a déjà disparu. Et le mois suivant, c’est donc 94% des 6% qui restent. Et nous sommes plus de deux ans après.

Enfin, et l’article en parle et je pense qu’ils ont raison de le faire : certes, le nucléaire fait très peur. Mais c’est sans oublier que l’extraction du charbon minier tue près de 6000 personnes par an, et que les régions voisines de ces mines ont un taux de mortalité 10% plus élevé que partout ailleurs. Sans compter l’effet de serre.

Bref, le nucléaire n’est pas tout propre, mais c’est loin d’être la pire des sources d’énergie, il faut arrêter de raconter n’importe quoi, donc.
On parle du stockage des déchets, mais on continue de balancer 30 milliards de tonnes de déchets de la combustion du pétrole dans l’atmosphère chaque année. Et ces déchets y restent eux aussi durant des milliers d’années. En quoi est-ce mieux que le nucléaire ? Le fait que c’est invisible et que personne n’en parle, sûrement…

(source du lien : https://links.gatitac.eu/?V1x1QQ)

image de Julius Dillier