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Sablage d'un plancher : comment éviter la poussière ?

dimanche 11 septembre 2016 à 11:10
Dans tous les travaux de rénovation, le sablage d'un plancher, par exemple, le casse-tête numéro 1 est bel et bien la poussière !
Cette poussière qui s'incruste et se glisse de partout, il y a pourtant moyen de l'éviter, d'en limiter les dégâts.Se lancer dans des travaux de rénovation est une chose, passer, voire perdre inutilement du temps à tout devoir nettoyer ensuite, à éliminer toutes les poussières, par exemple, en est une autre ...
Une perte de temps dont on se passerait bien, notamment lorsque l'on veut sabler un plancher, pour lui donner une seconde jeunesse, un nouvel aspect. Mais comment faire alors ?

Le sablage d'un plancher.

Le sablage d'un plancher, le plus souvent en " bois franc " est une opération de rénovation d'un sol qui peut donner des résultats plus que surprenants, transformant ainsi totalement son aspect, redonnant à la pièce une nouvelle jeunesse, un aspect clair, net, propre et contemporain, voire même ' design '.
L'on y gagne également, en plus, au niveau de la durée de vie du plancher qui aura été sablé, rénové et ' reparti ' pour bien des années.
Mais pour parvenir à vraiment redonner un réel éclat au plancher, les choses ne sont pas aussi simples que cela ...
Cette ' opération ' peut être pratiquée par des professionnels, mais également par tout particulier, consciencieux, soigneux, voire même pointilleux et, surtout, bien équipé.
Elle nécessite un minimum d'outils, tels qu'une ponceuse, du 'papier' abrasif, ou sablé, un ( très ) bon aspirateur ( pour le nettoyage, avant et après ! ), du produit destiné à recouvrir et protéger le plancher, quelques rouleaux à peinture.

Comment sabler votre plancher en 5 étapes ?

1 - La préparation : le plancher doit être sain et propre: le minimum de poussière ou de saleté dès le départ, supprimez toutes les échardes ou autres clous et vis qui dépassent; si des planches sont abimées, prenez le temps de les changer ... avant.
rénovation du plancher
rénovation du plancher : supprimer tous les défauts .
2 - Le sablage : il faudra louer une bonne ponceuse, comme les ' PROS ', soit à tambour, à ruban ou à feuilles et vous équiper de papier sablé de différents degré, pour commencer par le grain le plus gros afin d'aller vers le plus fin. Pensez également à sabler votre plancher dans le sens du grain du bois.
3 - Nettoyage ( encore ! ) : aspirez, frottez, lavez, aspirez de nouveau !!! Il ne doit plus rien rester sur la zône de votre travail.
4 - Finition : le vernis ou tout autre produit que vous aurez choisi, de bonne qualité surtout, se devra d'être posé dans les règles de l'Art, afin d'obtenir le meilleur résultat possible.
5 - Nettoyage ( oui, encore et encore ! ) : ne zappez pas la dernière phase ! Après séchage complet, un nouveau nettoyage complet et en profondeur sera nécessaire pour éliminer toutes les traces de votre passage, poussière ( oui ... ) comprise.
un plancher huilé
un plancher huilé : l'une des finitions possibles après sablage .
Si jamais ces ' phases ' de nettoyage, cette lutte constante contre la poussière, vous rebutent, si vous en avez les moyens, plutôt que de faire tout et n'importe quoi alors renseignez-vous auprès d'un entrepreneur général spécialisé dans la restauration et le sablage de plancher sans poussière qui saura soit vous donner les bons conseils du ' PRO ', soit vous soulager en intervenant directement chez vous avec tout son matériel et souvent avec rapidité et efficacité, facteurs de soulagement s'il en est en matière de rénovation !

Pour éviter au maximum la poussière : conseils et astuces.

Réaliser un sablage PARFAIT sans poussière est 'presque' une utopie !
Si certains professionnels se targuent de pouvoir y parvenir, c'est surtout, et encore mettons la barre de 'propreté' finale à ... 95%, parce qu'ils disposent de matériel que les simples particuliers ne peuvent pas avoir.
la poussière au travail
la poussière au travail : un ennemi redoutable à éliminer !!!
Le problème de fond, si l'on suit correctement toutes les étapes du processus de sablage de plancher, est toujours le ' rendu final ', rendu le plus souvent gâcher par certains résidus, certaines traces de poussière qui persistent et qui nous gâche un peu le plaisir !!!
La poussière est votre bête noire, évitez-la au maximum !
- bâchez, protégez les endroits autres que le plancher à sabler.
- humidifiez modérément.
- travailler dans un espace bien ventilé.
- ne pas mettre en place le vernis avant tout nettoyage approfondi.
- utiliser des sableuses 'pro', pourvues de sacs, ou de systèmes d'aspiration externes, qui vous permettront déjà au départ d'éviter, au moins, 90% des poussières indésirables.
- ne pas laisser de meubles en place dans la pièce de travail.
- respecter les temps de séchage avant toute autre intervention.
- une fois 'terminé', ne bougez ou ne secouez pas vos divers éléments de protection ou de travail dans le même local ...
etc, etc, etc ...
Et quelque soit votre projet, surfaçage, polissage, rénovation totale, en prenant toutes les précautions, il sera toujours possible lors du sablage de votre plancher d'éviter une très grande partie des vilains dépôts de poussière ... ;)
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Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues.

vendredi 9 septembre 2016 à 10:50
Un envoyé du Grand Seigneur
Préférait, dit l’Histoire, un jour chez l’Empereur
Les forces de son Maître à celles de l’Empire.
Un Allemand se mit à dire :
Notre Prince a des dépendants
Qui de leur chef sont si puissants,
Que chacun d’eux pourrait soudoyer une armée.
Le Chiaoux homme de sens
Lui dit : Je sais par renommée
Ce que chaque Électeur peut de monde fournir ;
Et cela me fait souvenir
D’une aventure étrange, et qui pourtant est vraie.
J’étais en un lieu seur, lorsque je vis passer
Les cent têtes d’une Hydre au travers d’une haie.
Mon sang commence à se glacer,
Et je crois qu’à moins on s’effraie.
Je n’en eus toutefois que la peur sans le mal.
Jamais le corps de l’animal
Ne pût venir vers moi, ni trouver d’ouverture.
Je révais à cette aventure,
Quand un autre Dragon qui n’avait qu’un seul chef,
Et bien plus d’une queue à passer se présente.
Me voilà saisi derechef
D’étonnement et d’épouvante.
Ce chef passe, et le corps, et chaque queue aussi.
Rien ne les empêcha ; l’un fit chemin à l’autre.
Je soutiens qu’il en est ainsi
De votre Empereur et du notre.

Le Dragon
Le Dragon : plusieurs têtes, plusieurs queues .
( dessin original de Grandville (1837-1838), extrait de l'album général ).
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La Cigale et la Fourmi.

jeudi 8 septembre 2016 à 10:26
Un incontournable des Fables de La Fontaine ! La Cigale et la Fourmi, constitue la première fable du Livre I du poète français.
En voici le texte dans son intégralité ...
La cigale ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.

La Cigale et la Fourmi
La Cigale et la Fourmi : Fable de Jean de La Fontaine .

Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’août, foi d'animal,
Intérêt et principal.
La Fourmi n'est pas prêteuse,
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant,
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? j'en suis fort aise,
Eh bien! dansez maintenant.
la Cigale et la Fourmi
la Cigale et la Fourmi : illustration de la Fable par Calvet-Rogniat.

La morale de l'histoire ?

Il faut travailler pour vivre ou survivre et sans trop passer de temps à rêvasser, ou s'amuser. En la matière, l'on ne peut compter que sur soi-même; attendre la bonne volonté, voire la générosité des autres est trop souvent une douce utopie ...
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Le Bourget-du-Lac: le prieuré et ses jardins.

lundi 5 septembre 2016 à 18:25
Le Bourget-du-Lac, petite commune qui a donné son nom au Lac du Bourget, ou lac d'Aix-les-Bains, en Savoie, possède un superbe prieuré qui se visite et se découvre, au détour du chemin et vous fait profiter également de ses magnifiques jardins à la française.Que la France est belle !
Toutes les régions regorgent de petits trésors en tous genre, parfois trop peu connus, c'est le cas précisément du Bourget-du-Lac, qui en plus d'un château en cours de restauration possède un magnifique prieuré valant largement le détour.

Le Bourget-du-Lac ( Savoie ).

Le Bourget-du-Lac, est une commune située dans le département de la Savoie ( France ), créée historiquement sur les bords du Lac auquel elle a laissé son nom par la grande famille des comtes de Savoie.
Le Lac du Bourget, ainsi est-il nommé le plus souvent, est également connus des nombreux touristes passant dans la région sous le nom de Lac d'Aix ( Aix-les-Bains ), ou encore plus rarement sous celui de " Lac Gris ", bien qu'il soit d'un bien beau bleu intense sous la lumière des Alpes.
Situé sur les contreforts de la Chaîne de l’Épine, près de la Dent du Chat ( point culminant à 1390 mètres ), du massif des Bauges, est proche de villes bien plus grandes telles Aix-les-Bains ou Chambéry.
Désormais devenue ville universitaire depuis l'emplacement d'une des partie de l'Université de Savoie, elle s'est également résolument tournée vers le tourisme, les loisirs et le sports.
Cette petite commune donc qu'est Le Bourget-du-Lac, reste cependant bien paisible donnant la sensation du ' bien vivre ' et réserve à tous ceux qui y passent des surprises fort agréables,notamment, article du jour, son Prieuré, lieu chargé d'histoire et havre de verdure.
une petite visite illustrée s'impose donc au détour du chemin ...

Le prieuré.

Le prieuré du Bourget est un ancien monastère situé dans le centre de la commune du Bourget-du-Lac; classé monument historique, depuis 1900, et vous ouvre grand ( et gratuitement ! ) ses portes.
La visite se fait, normalement, sur demande auprès de l'office du tourisme, mais ses jardins, magnifiques, sont toujours ouverts au public.
Dédié à St. Maurice, il fut créé au IXème sciécle par un abbé de l'ordre de Cluny ( Saint-Odion ) et connu très rapidement une certaine renommée dans toute la région. La Maison de Savoie, qui possédait un château à proximité, lui permit également un développement rapide et privilégié. L'on peut y découvrir de nos jours la " prieuriale " devenue l'église Saint-Laurent, le superbe cloître, ainsi que son ancien ... potager qui a été transformé en ' Jardin à la Française " par la Duchesse de Choiseul, puis de nouveau restauré au début des années 1990.
Le prieuré du Bourget-du-Lac
Le prieuré du Bourget-du-Lac : l'entrée .
Le Bourget-du-Lac
Le Bourget-du-Lac : prieuré et église .
Chapelle et jardins
Chapelle et jardins : de plus près ...

Les jardins du prieuré.

Ces Jardins du Prieuré, ne sont en fait ... qu'un détournement ! Mais quel détournement !!!
Pour le monastère, il était essentiel, à l'époque, d'avoir à la fois un potager et un verger; puis peu à peu, avec divers changement de propriétaires, ce fut la transformation, un bien beau changement, à l'initiative de la Duchesse de Choiseul, notamment qui décida d'en faire un jardin à la Française, avec de nombreux ' ifs ' taillés et des arbres aux essences rares, puis, tout dernièrement, par un paysagiste, Alain Claude Debombourg, qui le restructura totalement, y ajoutant en plus deux superbes œuvres du sculpteur Jacques Coquillay.
Un détournement qui vaut vraiment le détour ... :)
Le Bourget-du-Lac
Le Bourget-du-Lac : les Jardins du prieuré .
Les jardins du Prieuré
Les jardins du Prieuré : l'entrée dans un havre de verdure .
un jardin à la française
un jardin à la française : à découvrir pour le plaisir des yeux !
bassin et jets  d'eau
bassin et jets d'eau : dans les Jardins du Prieuré .
perspective
perspective : le jardin vous éblouit !
Claudine
Claudine : sculpture de Jacques Coquillay ( 1991 ) .

La chapelle du prieuré.

La Chapelle du Prieuré du Bourget-du-Lac, désormais devenue ' église Saint-Laurent du Bourget-du-Lac ', est classée aux Monuments Historiques également.
Datant du 11ème siècle, il ne reste que la crypte originelle, elle fut rebâtie par des moines au XVème, et se trouve être désormais la propriété de la municipalité. Elle est accolé au prieuré, tous deux placés devant les magnifiques jardins que vous venez de voir.
Chapelle du Prieuré du Bourget-du-Lac
Chapelle du Prieuré du Bourget-du-Lac : les vitraux .
église Saint-Laurent
église Saint-Laurent : le Bourget-du-Lac .
Alors si cette petite visite en images vous a plu, si vous passez par là, prenez le temps de découvrir, par vous-même le Prieuré au Bourget-du-Lac, voire la Chapelle et surtout les Jardins !
Cela en vaut vraiment le détour ... :)
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Belphégor

samedi 3 septembre 2016 à 11:36
Belphégor est, aussi, une Fable de Jean de La fontaine, écrite en 1693, bien avant que le ' fantôme du Louvre ' ne fasse son apparition sur nos petits écrans, ... en 1965. Découvrez le texte dans son intégralité.

Un jour Satan, Monarque des enfers,
Faisait passer ses Sujets en revue.
Là confondus tous les états divers,

Princes et Rois, et la tourbe menue,

Belphégor

Belphégor : Jean de La Fontaine .

Jetaient maint pleur, poussaient maint et maint cri,
Tant que Satan en était étourdi.
Il demandait en passant à chaque âme ;
Qui t’a jetée en l’éternelle flamme ?
L’une disait, Hélas ! c’est mon Mari ;
L’autre aussi-tôt répondait, C’est ma Femme.
Tant et tant fut ce discours répété,
Qu’enfin Satan dit en plein Consistoire :
Si ces gens-ci disent la vérité
Il est aisé d’augmenter notre gloire.
Nous n’avons donc qu’à le vérifier.
Pour cet effet il nous faut envoyer
Quelque Démon plein d’art et de prudence ;
Qui non content d’observer avec soin
Tous les Hymens dont il sera témoin,

Y joigne aussi sa propre expérience.
Le Prince ayant proposé la Sentence,
Le noir Sénat suivit tout d’une voix.
De Belphégor aussi-tôt on fit choix.
Ce Diable était tout yeux et tout oreilles,
Grand éplucheur, clairvoyant à merveilles,
Capable enfin de pénétrer dans tout,
Et de pousser l’examen jusqu’au bout.
Pour subvenir aux frais de l’entreprise,
On lui donna mainte et mainte remise,
Toutes à vue, et qu’en lieux différents
Il pût toucher par des correspondants.
Quant au surplus, les fortunes humaines,
Les biens, les maux, les plaisirs et les peines,
Bref ce qui suit notre condition,
Fut une annexe à sa légation.
Il se pouvait tirer d’affliction,
Par ses bons tours, et par son industrie,

Mais non mourir, ni revoir sa patrie,
Qu’il n’eût ici consumé certain temps :
Sa mission devait durer dix ans.
Le voilà donc qui traverse et qui passe
Ce que le Ciel voulut mettre d’espace
Entre ce monde et l’éternelle nuit ;
Il n’en mit guère, un moment y conduit.
Notre Démon s’établit à Florence,
Ville pour lors de luxe et de dépense.
Même il la crut propre pour le trafic.
Là sous le nom du Seigneur Roderic,
Il se logea, meubla, comme un riche homme ;
Grosse maison, grand train, nombre de gens ;
Anticipant tous les jours sur la somme
Qu’il ne devait consumer qu’en dix ans.
On s’étonnait d’une telle bombance.
Il tenait table, avait de tous côtés

Gens à ses frais, soit pour ses voluptés,
Soit pour le faste et la magnificence.
L’un des plaisirs où plus il dépensa
Fut la louange : Apollon l’encensa ;
Car il est maître en l’art de flatterie.
Diable n’eût onc tant d’honneurs en sa vie.
Son cœur devint le but de tous les traits
Qu’amour lançait : il n’était point de belle
Qui n’employât ce qu’elle avait d’attraits
Pour le gagner, tant sauvage fût-elle :
Car de trouver une seule rebelle,
Ce n’est la mode à gens de qui la main
Par les présents s’aplanit tout chemin.
C’est un ressort en tous desseins utile.
Je l’ai jà dit, et le redis encor ;
Je ne connais d’autre premier mobile
Dans l’Univers, que l’argent et que l’or.
Notre Envoyé cependant tenait compte

De chaque Hymen, en journaux différents ;
L’un des Époux satisfaits et contents,
Si peu rempli que le Diable en eut honte.
L’autre journal incontinent fut plein.
À Belphégor il ne restait enfin
Que d’éprouver la chose par lui-même.
Certaine fille à Florence était lors ;
Belle, et bien faite, et peu d’autres trésors ;
Noble d’ailleurs, mais d’un orgueil extrême ;
Et d’autant plus que de quelque vertu
Un tel orgueil paraissait revêtu.
Pour Roderic on en fit la demande.
Le Père dit que Madame Honnesta,
C’était son nom, avait eu jusque-là
Force partis ; mais que parmi la bande
Il pourrait bien Roderic préférer,
Et demandait temps pour délibérer.

On en convient. Le poursuivant s’applique
À gagner celle où ses vœux s’adressaient.
Fêtes et bals, sérénades, musique,
Cadeaux, festins, bien fort appétissaient,
Altéraient fort le fond de l’Ambassade.
Il n’y plaint rien, en use en grand Seigneur,
S’épuise en dons. L’autre se persuade
Qu’elle lui fait encor beaucoup d’honneur.
Conclusion qu’après force prières,
Et des façons de toutes les manières,
Il eut un oui de Madame Honnesta.
Auparavant le Notaire y passa :
Dont Belphégor se moquant en son âme ;
Hé quoi, dit-il, on acquiert une Femme
Comme un Château ! Ces gens ont tout gâté.

Il eut raison : ôtez d’entre les hommes
La simple foi, le meilleur est ôté.
Nous nous jetons, pauvres gens que nous sommes,
Dans les procès en prenant le revers.
Les si, les cas, les Contrats sont la porte
Par où la noise entra dans l’Univers :
N’espérons pas que jamais elle en sorte.
Solennités et lois n’empêchent pas
Qu’avec l’Hymen Amour n’ait des débats.
C’est le cœur seul qui peut rendre tranquille.
Le cœur fait tout, le reste est inutile.
Qu’ainsi ne soit, voyons d’autres états.
Chez les Amis tout s’excuse, tout passe ;
Chez les Amants tout plaît, tout est parfait ;
Chez les Époux tout ennuie et tout lasse.

Le devoir nuit, chacun est ainsi fait :
Mais, dira-t-on, n’est-il en nulles guises
D’heureux ménage ? Après mûr examen,
J’appelle un bon, voir un parfait Hymen,
Quand les conjoints se souffrent leurs sottises.

Sur ce point-là c’est assez raisonné.
Dès que chez lui le Diable eut amené
Son Épousée, il jugea par lui-même
Ce qu’est l’Hymen avec un tel Démon :
Toujours débats, toujours quelque sermon
Plein de sottise en un degré suprême.
Le bruit fut tel que Madame Honnesta
Plus d’une fois les voisins éveilla :
Plus d’une fois on courut à la noise.
Il lui fallait quelque simple Bourgeoise,
Ce disait-elle ; un petit Trafiquant
Traiter ainsi les Filles de mon rang !

Méritait-il femme si vertueuse ?
Sur mon devoir je suis trop scrupuleuse :
J’en ai regret, et si je faisais bien...
Il n’est pas sûr qu’Honnesta ne fît rien :
Ces prudes-là nous en font bien accroire.
Nos deux Époux, à ce que dit l’Histoire,
Sans disputer n’étaient pas un moment.
Souvent leur guerre avait pour fondement
Le jeu, la jupe ou quelque ameublement
D’Été, d’Hiver, d’entre-temps, bref un monde
D’inventions propres à tout gâter.
Le pauvre Diable eut lieu de regretter
De l’autre Enfer la demeure profonde.
Pour comble enfin Roderic épousa
La parenté de Madame Honnesta,
Ayant sans cesse et le père et la mère,
Et la grand’sœur avec le petit frère,
De ses deniers mariant la grand’sœur,

Et du petit payant le Précepteur.
Je n’ai pas dit la principale cause
De sa ruine infaillible accident ;
Et j’oubliais qu’il eut un Intendant.
Un Intendant ? qu’est-ce que cette chose ?
Je définis cet être, un animal
Qui, comme on dit, sait pêcher en eau trouble ;
Et plus le bien de son Maître va mal,
Plus le sien croît, plus son profit redouble ;
Tant qu’aisément lui-même achèterait
Ce qui de net au Seigneur resterait :
Dont par raison bien et dûment déduite
On pourrait voir chaque chose réduite
En son état, s’il arrivait qu’un jour
L’autre devînt l’Intendant à son tour ;
Car regagnant ce qu’il eut étant Maître,
Ils reprendraient tous deux leur premier être.

Le seul recours du pauvre Roderic,
Son seul espoir, était certain trafic
Qu’il prétendait devoir remplir sa bourse,
Espoir douteux, incertaine ressource.
Il était dit que tout serait fatal
À notre Époux, ainsi tout alla mal.
Ses Agents tels que la plupart des nôtres,
En abusaient. Il perdit un vaisseau,
Et vit aller le commerce à vau-l’eau,
Trompé des uns, mal servi par les autres.
Il emprunta. Quand ce vint à payer,
Et qu’à sa porte il vit le créancier,
Force lui fut d’esquiver par la fuite,
Gagnant les champs, où de l’âpre poursuite
Il se sauva chez un certain Fermier,
En certain coin remparé de fumier.
À Matheo, c’était le nom du Sire,

Sans tant tourner il dit ce qu’il était ;
Qu’un double mal chez lui le tourmentait,
Ses Créanciers et sa Femme encor pire :
Qu’il n’y savait remède que d’entrer
Au corps des gens, et de s’y remparer,
D’y tenir bon : Irait-on là le prendre ?
Dame Honnesta viendrait-elle y prôner
Qu’elle a regret de se bien gouverner ?
Chose ennuyeuse, et qu’il est las d’entendre.
Que de ces corps trois fois il sortirait
Si-tôt que lui Matheo l’en prierait ;
Trois fois sans plus, et ce pour récompense
De l’avoir mis à couvert des Sergents.
Tout aussi-tôt l’Ambassadeur commence
Avec grand bruit d’entrer au corps des gens.
Ce que le sien, ouvrage fantastique,

Devint alors, l’Histoire n’en dit rien.
Son coup d’essai fut une Fille unique
Où le Galant se trouvait assez bien ;
Mais Matheo moyennant grosse somme
L’en fit sortir au premier mot qu’il dit.
C’était à Naples, il se transporte à Rome ;
Saisit un corps : Matheo l’en bannit,
Le chasse encore ; autre somme nouvelle.
Trois fois enfin, toujours d’un corps femelle,
Remarquez bien, notre Diable sortit.
Le Roi de Naples avait lors une Fille,
Honneur du sexe, espoir de sa famille ;
Maint jeune Prince était son poursuivant,
Là d’Honnesta Belphégor se sauvant,
On ne le put tirer de cet asile.
Il n’était bruit aux champs comme à la ville
Que d’un manant qui chassait les Esprits.

Cent mille écus d’abord lui sont promis.
Bien affligé de manquer cette somme
(Car les trois fois l’empêchaient d’espérer
Que Belphégor se laissât conjurer)
Il la refuse : il se dit un pauvre homme,
Pauvre pêcheur, qui sans savoir comment,
Sans dons du Ciel, par hasard seulement,
De quelques corps a chassé quelque Diable,
Apparemment chétif, et misérable,
Et ne connaît celui-ci nullement.
Il a beau dire ; on le force on l’amène,
On le menace, on lui dit que sous peine
D’être pendu, d’être mis haut et court
En un gibet, il faut que sa puissance
Se manifeste avant la fin du jour.

Dès l’heure même on vous met en présence
Notre Démon et son Conjurateur.
D’un tel combat le Prince est spectateur.
Chacun y court, n’est fils de bonne mère
Qui pour le voir ne quitte toute affaire.
D’un côté sont le gibet et la hart,
Cent mille écus bien comptés d’autre part.
Matheo tremble, et lorgne la finance.
L’Esprit malin voyant sa contenance
Riait sous cape, alléguait les trois fois ;
Dont Matheo suait dans son harnais,
Pressait, priait, conjurait avec larmes.
Le tout en vain : Plus il est en alarmes,
Plus l’autre rit. Enfin le Manant dit
Que sur ce Diable il n’avait nul crédit.
On vous le happe et mène à la potence.
Comme il allait haranguer l’assistance,
Nécessité lui suggéra ce tour :

Il dit tout bas qu’on battît le tambour,
Ce qui fut fait ; de quoi l’Esprit immonde
Un peu surpris au Manant demanda :
Pourquoi ce bruit ? coquin, qu’entends-je là ?
L’autre répond : C’est Madame Honnesta
Qui vous réclame, et va partout le Monde
Cherchant l’Époux que le Ciel lui donna.
Incontinent le Diable décampa,
S’enfuit au fond des Enfers, et conta
Tout le succès qu’avait eu son voyage.
Sire, dit-il, le nœud du Mariage
Damne aussi dru qu’aucuns autres états.
Votre Grandeur voit tomber ici-bas,
Non par flocons, mais menu comme pluie,
Ceux que l’Hymen fait de sa Confrérie,

J’ai par moi-même examiné le cas.
Non que de soi la chose ne soit bonne ;
Elle eut jadis un plus heureux destin ;
Mais comme tout se corrompt à la fin,
Plus beau fleuron n’est en votre Couronne.
Satan le crut : il fut récompensé,
Encor qu’il eût son retour avancé ;
Car qu’eût-il fait ? Ce n’était pas merveilles
Qu’ayant sans cesse un Diable à ses oreilles,
Toujours le même, et toujours sur un ton,
Il fut contraint d’enfiler la venelle ;
Dans les Enfers, encore en change-t-on ;
L’autre peine est à mon sens plus cruelle.
Je voudrais voir quelques gens y durer.
Elle eût à Job fait tourner la cervelle.
De tout ceci que prétends-je inférer ?

Premièrement je ne sais pire chose
Que de changer son logis en prison :
En second lieu, si par quelque raison
Votre ascendant à l’Hymen vous expose,
N’épousez point d’Honnesta s’il se peut ;
N’a pas pourtant une Honnesta qui veut.

Belphégor

Belphégor : version moderne sur les écrans .

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