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Explosion du port de Beyrouth : quand le pouvoir politique s’en prend à la Justice et aux victimes

Friday 20 August 2021 à 10:35

Des familles de victimes ont été tabassées, un incident qui illustre les tensions autour de l'enquête sur la catastrophe

Un an après la double explosion du port de Beyrouth, les formations confessionnelles libanaises multiplient les menaces. Juges et familles des victimes sont sous pression, menacés par des responsables politiques accusés par la Justice et prêts à tout pour lui échapper. Dans le même temps, la déliquescence de l’État libanais s'accélère.

Manifestation des familles de victimes - © Reflets

Dans la nuit du 11 août dernier, les familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth s’étaient réunies une fois de plus pour protester. Habits de deuil, portraits de leurs défunts en mains, depuis un an elles multiplient les actions afin de réclamer justice et s’assurer qu’aucun n’oublie le drame du 4 aout 2020. Cette nuit-là, elles se sont retrouvées a Ain El Tineh, près du palais de l’Unesco, ou doit se tenir le lendemain matin ce qu’elles ont déjà baptise « La séance de la honte ». Une séance du Parlement libanais qui pourrait réduire a néant leurs espoirs d’entrevoir la justice.

Prêtes a lancer l'alerte, elles sont suivies par une poignée de journalistes venus couvrir l’évènement. Sur les réseaux sociaux, les premières images de leur rassemblement circulent. Mais dans les minutes suivantes, ce sont des scènes beaucoup plus violentes qui vont être relayées. On y voit des hommes en civils armés de bâtons et de barres de fer attaquant violemment les familles.

« Je me suis fait battre par deux ou trois personnes pendant que ma femme en menaçait un avec une grosse pierre pour qu’ils partent » déclare Ibrahim qui ayant fui, commence a évoquer l’attaque sur les réseaux sociaux.

Devant le palais de l’Unesco, trois journalistes sont blessés. L’un, inerte sur le sol, est transporté a l’hôpital. Les familles ont pris la fuite. Des personnes ont le visage en sang, d’autres s'en tirent avec des côtes fêlées.

« Notre manifestation était pacifiste, raconte...

L’Union Européenne incapable de lutter efficacement contre le blanchiment de capitaux

Tuesday 17 August 2021 à 19:36

La Cour des comptes tape à nouveau sur les doigts de l’Union…

Lobbying minant l'action de l'UE, risque pour l'intégrité du marché financier et pour la confiance du public... Les conseillers ne sont pas tendres...

Le blanchiment représenterait 1,3 % du PIB de l'UE

Le langage reste « diplomatique » mais le message est clair : l’Union Européenne ne fait pas ce qu’il faut et en tout cas pas ce qu’elle pourrait faire pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le constat de la Cour des comptes est accablant. « D'une manière générale, nous avons constaté une fragmentation institutionnelle et une coordination insuffisante au niveau de l'UE lorsqu'il s'agit de prévenir le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de prendre des mesures là où des risques ont été détectés. Dans la pratique, la surveillance en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme s'exerce encore au niveau national, avec un cadre de supervision de l'UE insuffisant pour garantir une égalité de traitement », estiment les membres de la Cour.

Sans grande surprise, les conseillers fustigent la liste des pays à risque établie par l’Union : « Nous avons relevé des insuffisances sur le plan de la communication avec les pays tiers de la liste, ainsi qu'un manque de coopération de la part du Service européen pour l'action extérieure. En outre, a ce jour, l'UE n'a pas adopté de liste autonome de pays tiers a haut risque. Tous les deux ans, la Commission procède également a une évaluation des risques pour le marché intérieur. Cette analyse n'indique pas les changements intervenus au fil du temps, est dépourvue de dimension géographique et n'établit pas de...

Les numéros verts, c'est pas rose

Monday 9 August 2021 à 16:18

Pour l'Etat, six minutes suffisent pour parler d'un viol

L'exécutif est devenu un champion du « numéro vert » supposé régler toutes les problématiques en un coup de fil. Sauf que pour les victimes d'un viol, de harcèlement ou d'un attentat, le gouvernement voulait qu'une personne ait 6 minutes chrono pour raconter son histoire et être orientée. Sous peine de pénalité financière pour l'association qui gère le numéro. Quant aux demandeurs d'asile, il doivent payer pour prendre rendez-vous en préfecture.

Téléphone vert pour numéros verts

Tenir les comptes du nombre de numéros verts mis à disposition par le gouvernement devient une gageure. Selon le dernier pointage d’un internaute facétieux (@Velivreures), on serait proche de 47. Il existe donc bien entendu un numéro vert pour les « victimes d’une agression, d’un vol, d’un cambriolage, de violences physiques, sexuelles, de harcèlements, de cybermalveillances, d’attentats, d’un accident de la circulation ou de catastrophe naturelle », etc.. Il s’agit du 116 006. La fédération France Victimes gère ce numéro en France et reçoit environ 47.000 appels par an. En colère, elle a adressé un courrier aux députés et au président Emmanuel Macron dans lequel elle reprochait au gouvernement de vouloir limiter le temps d’écoute des victimes à 6 minutes. La médiatisation de ce choix a permis de faire reculer de gouvernement qui annonce ne plus imposer de pénalités et de relancer le marché.

S’il est vrai que six minutes peuvent probablement suffire pour décrire une souffrance liée à un accident de la circulation, pour des violences sexuelles, c’était un peu court. D’ailleurs, le temps d’écoute maximum en Allemagne est de 60 minutes. En Suède, il n’y a aucune limitation.

En fait c'est un peu plus compliqué que cela, mais tout de même...

Numéros verts listés par @Vélivreur.e.s
Numéros verts listés par @Vélivreur.e.s

Dans son appel d’offres du 31 mai 2021, le ministère de la justice voulait imposer une durée moyenne des appels inférieure a 6 minutes pour 80% des appels et a 9 minutes pour les 20% restants....

Macron et les quarante casseurs

Thursday 5 August 2021 à 19:44

Petit coup dans le tibia de la politique répressive gouvernementale et interview du "leader des casseurs" des Gilets Jaunes montpellierains

23 mars 2019, Montpellier. Le mouvement des Gilets Jaunes est encore vigoureux. La semaine précédente, durant l'acte 18, les Gilets Jaunes ont challengé l'idée qu'ils sont anti-écologie en rejoignant les marcheurs pour le climat partout en France. Le nombre jaune, le compteur mis en place par les Gilets Jaunes a pu recenser 269.000 MANUfestants, trois fois plus que le week-end précédent.

Affrontements tardifs durant l'acte 10 des gilets jaunes à Montpellier. - Reflets

La convergence ne s'est pas faite sans cahots. À Montpellier, les deux cortèges prendront deux directions différentes avant de se retrouver face à face, au niveau du boulevard du Jeu de Paume. Ils échangeront quelques mots, avant de continuer une partie de leur route ensemble. À Paris, trois marches (solidarité, climat et gilets jaunes) doivent converger. Mais très vite, des affrontements éclatent rendant la rencontre difficile. Des agences bancaires sont prises à partie et la police gaze le cortège pour le climat.

Le porte-parole de ANV COP 21 déclare alors : « Les manifestants ont dû faire marche arrière, ils sont stupéfaits, sous le choc », en dénonçant « une réaction complètement disproportionnée des forces de l’ordre ». « Quarante-cinq minutes après le départ, les forces de l’ordre ont lancé sans sommation plusieurs grenades de désencerclement dans le cortège »

Greenpeace, de son côté, tweete : « Ne prenez aucun risque et quittez la “marche pour le climat"» dénonçant « l’envoi de lacrymogènes sur des manifestants non violents et des familles »

Une semaine passe et un nouveau samedi de mobilisation se présente. Les Gilets Jaunes se préparent pour l'acte 19 et Montpellier devrait y prendre toute sa place. Cette ville de taille moyenne a vu une mobilisation constante et bruyante depuis le début du mouvement, au point de rentrer dans le top cinq des villes les plus actives. Et pour cet Acte 19, un appel régional a été déclaré. Du grabuge à prévoir même si...

Le Figaro condamné pour dépôt de cookies non sollicités

Friday 30 July 2021 à 16:52

Un symptôme du grand n'importe quoi où personne ne maîtrise plus rien

« De mon temps, mon bon monsieur »... Dans ce temps-là, chacun fabriquait son bout d'Internet et cela formait un tout utile à tous. On en est loin. Tout le monde fait reposer son bout d'Internet sur d'autres. Parfois, ça pique...

Supervision Akamai - D.R.

C'est passé un peu inaperçu mais Lefigaro.fr a été condamné par la CNIL à 50.000 euros d'amende dans une affaire qui l'opposait à une lectrice. Celle-ci se plaignait du dépôt de cookies avant même qu'elle ait pu exprimer son consentement. Pas de notre faute a répondu le journal, ces cookies sont déposés par des « partenaires ». Cela n'a pas convaincu la CNIL. Cette affaire est la microscopique pointe d'un iceberg auquel la CNIL ne s'attaque évidemment pas.

L'évolution du Web ces dernières années a profondément modifié l'usage que nous en faisons mais aussi la manière dont sont construits les serveurs qui nous livrent les informations que nous réclamons.

D'une part ces sites monétisent nos visites de manière éhontée, d'autre part, ils fonctionnent en se reposant sur des services externes, non contrôlés. Ainsi, lorsque l'un ce ces services tombe en panne comme cela est encore arrivé deux fois ces dernières semaines, des milliers de sites sont affectés et la presse parle d'une « panne d'Internet » alors qu'en fait, il s'agit d'un panne d'un prestataire de services.

Revenons au Figaro et à ses cookies. En se faisant passer pour un iPhone X, nous allons rechercher les données qui fuitent vers des sites tiers. C'est à dire la monétisation de nos données par Le Figaro. Évidemment, Le Figaro est ici un exemple. Cela vaut pour quasiment tous les sites que vous visitez (mais pas pour Reflets.info qui ne...