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Acte 2 : l'abus d'alcool est-il dangereux pour l'écologie?

Tuesday 26 October 2021 à 17:26

Au vu et au su des conclusions de la commissaire enquêtrice, la réponse est non.

Dans le précédent volet de cette affaire nous nous sommes interrogés sur l'urgence climatique à convertir une zone naturelle en terrain constructible en Charente-Maritime. Une consultation publique était alors en cours. Le rapport d'enquête vient de tomber sur le bureau du préfet.

Rien n'est encore fait, mais cela y ressemble de plus en plus... - Reflets

Inutile de chercher à se plonger dans les suites de notre dossier sans avoir pris connaissance du projet Godet (Acte 1 à suivre ici). Compte tenu de la portée écologico-nomique de l'histoire, du lieu où elle se déroule (un territoire zéro carbone), et des valses hésitations procédurales qui l'entoure, l'affaire mérite bien que l'on s'y attarde un peu. Pour rappel, il s'agit d'implanter un complexe industriel de stockage d'alcool de bouche sur une ex-zone naturelle protégée. Sous couvert d'une modification du PLUi (plan local d'urbanisme intercommunal), et aux seules fins de cette installation, les terres en questions avaient été re-classifiées -site constructible- en 2019.

L'enquête publique évoquée aujourd'hui fait partie des procédures réglementaires à suivre avant de se diriger vers la délivrance d'une autorisation environnementale définitive. C'est dire l'importance de cette étape, quand bien même ce rapport ne possède qu'une simple valeur consultative. Pour les porteurs du projet l'arrivée à bon port se précise, mais quitte à ramer encore un peu autant le faire dans le sens du courant.

Un dossier qui pèse dans la balance des élus Maritimes : écologique ou économique ? - Reflets
Un dossier qui pèse dans la balance des élus Maritimes : écologique ou économique ? - Reflets

La commissaire enquêtrice vient donc de signer les conclusions du rapport de ces mots: avis favorable. La forme est légale, le fond repose sur des considérations réglementaires, mais le sens et l'utilité de la démarche...

Milipol : le marché de la peur

Monday 25 October 2021 à 12:31

Le salon de l'équipement des policiers, militaires et espions ne connaît pas la crise

Flingues de toutes tailles, drones, systèmes d'interception, gaz lacrymogènes, LBD, gants électriques, tout est bon pour faire face à « la menace ». Des menaces, justement, il y en a de toutes sortes et c'est bien pratique pour alimenter un marché de la peur très prospère. Surtout à l'approche des JO qui seront prétexte à toutes sortes d'expérimentations jusque là refusées.

On se demande bien ce que Sigmund Freud percevrait dans cette image - © Reflets

Années après années, les déambulations dans les allées du salon Milipol, où viennent se fournir États, policiers, militaires et espions en tous genres, restent aussi déprimantes. On y comprend que si l'on est « contre », on va se retrouver face à des armes innovantes, des instruments de répression toujours plus inquiétants, des outils de surveillance toujours plus intrusifs.

Même si l'on voit apparaître comme « argument de vente » l'aspect non létal de certaines armes, il est aisé de percevoir que celles-ci seront utilisées beaucoup librement que celles qui sont létales. Le risque de tuer est moindre, donnons-nous en à coeur joie... Comme dans un jeu vidéo. On tire, en misant sur le fait qu'avec ces armes, la victime aura plusieurs points de vie et pourra continuer à vivre. Mais avec quelles séquelles... Nous avions largement documenté dès janvier 2019 les ravages du LBD en France pendant la crise des gilets jaunes et le choix très contesté des munitions de la société Alsetex par les autorités françaises. Dans un climat social tendu, l'exécutif est de plus en plus tenté, depuis Nuit Debout, de désigner les opposants comme des ennemis. Non plus des adversaires politiques avec lesquels un dialogue peut s'enclencher, mais des ennemis à soumettre. Par la force. La traduction sur le terrain de cette vision des rapports sociaux par les politiques et les forces de l'ordre est désastreuse la plupart du temps. Surtout à Paris avec un préfet qui pense...

Une reprise économique en trompe l'oeil ?

Monday 18 October 2021 à 19:07

Inflation, chaînes d'approvisionnement bloquées, ça ne va pas très bien...

Le ministre de l'économie, Bruno Lemaire annonçait il y a quelques jours, pas peu fier, que la croissance française atteindrait 6,25% au lieu de 6% en 2021. Mais l'économie est une balance à plateaux multiples, et on constate de multiples signes inquiétants. Alors, on peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide...

Jacob van Ruisdael (1628-1682) - Vue depuis les dunes jusqu'à la mer - Jean-Louis Mazieres - Flickr - CC BY-NC-SA 2.0

« La croissance est forte, solide, dynamique : nous réviserons donc la prévision de croissance pour 2021 de 6 à 6,25 % », a indiqué Bruno Lemaire il y a une semaine. Pas peu fier, sans doute. A lire entre les lignes des déclaration du ministre : le gouvernement Castex est efficace, il fait renouer le pays avec une croissance très forte après la crise du Covid. Votez pour nous ! Petit bémol : l'économie n'est pas une balance normale, avec deux plateaux. Il ne suffit pas de poser un petit poids sur l'un d'entre eux pour que tout s'équilibre et que tout baigne dans l'huile de noix de coco. L'économie, qui plus est mondialisée, c'est une balance à plateaux multiples, infinis. Lorsque l'on joue sur l'un d'entre eux, un autre bouge, parfois tout près, parfois très loin. Les répercussions d'un événement ou d'une décision peuvent être immédiates ou différées. Une chose est certaine dans cet océan d'incertitude : la modestie est de mise et prudence est mère de toutes les vertus.

Depuis quelques temps, les acteurs de la chaîne d'approvisionnement s'époumonent : la situation est grave. Tout est bloqué. Il y a donc tout de même quelques quelques soucis avec cette reprise...

On peut choisir de voir la reprise qui apparaît, plutôt logique d'ailleurs après une mise à l'arrêt de l'économie mondiale pendant plusieurs mois. Mais on peut aussi observer quelques nuages noirs qui s'amoncèlent.

Le premier...

Sur Internet Éric Zemmour ne fait pas dans le souverain

Saturday 16 October 2021 à 12:00

Mais ses équipes ont déployé une infrastructure de candidat

L'homme, pas encore officiellement candidat, déroule ses idées rances sur tous les écrans tout en criant pourtant sans cesse à la censure. Conscients que désormais, une élection ne se gagne pas uniquement via la télévision, mais aussi grâce à Internet, ses « amis » ont déployé une présence sur le réseau, digne d'un candidat. Étonnamment, les technologies déployées ne sont pas très françaises.

Son nom, il le signe à la pointe de l'épée. D'un Z qui veut dire...

Pas encore candidat, mais invité partout, objet de toutes les conjectures sur les plateaux des chaînes de télévision peuplés de toutologues, Éric Zemmour est au coeur du brouhaha médiatique. Bien que condamné pour incitation à la haine raciale, il déroule ses idées seul lorsqu'il est invité, mais elles se déploient également sans lui dans tous les journaux et toutes les chaînes de radio et de télé, qui ne manquent pas de servir de caisse de résonance à ses polémiques stériles et mortifères. On rejoue l'ascension de Trump ou d'Emmanuel Macron. Le système médiatique crée ex nihilo un homme providentiel. Sa profondeur est évidement inversement proportionnelle au bruit généré. En parallèle de cette campagne déguisée, l'entourage d'Éric Zemmour déploie sur Internet, depuis juin, les outils d'un campagne numérique semblable à celle d'un vrai candidat. Le Monde a publié un panorama de cette infrastructure.

Depuis juin, l'association « Les amis de Zemmour » a enregistré quelque 33 noms de domaines.

Il y a bien sûr les évidents ericzemmourpresident.fr, pourzemmour.fr, zemmour2022.fr ou zemmour-officiel.fr, mais il y a aussi des noms de domaines plus incongrus comme jeunes-lr-avec-zemmour.fr, fdo-aveczemmour.fr, ou gilets-jaunes-avec-zemmour.fr...

Liste des noms de domaines enregistrés par l'association Les amis d'Éric Zemmour
Liste des noms de domaines enregistrés par l'association Les amis d'Éric Zemmour

Il y a également, évidemment, des comptes Instagram, Twitter, Facebook, Telegram, liés à la galaxie de sites.

Mais...

Dérives sectaires : comment Schiappa a verrouillé la Miviludes

Thursday 14 October 2021 à 15:00

Extraits du livre « Le nouveau péril sectaire »

Jean-Loup Adénor, journaliste chez « Marianne », et Timothée de Rauglaudre, contributeur à « Reflets », publient ce jeudi 14 octobre « Le nouveau péril sectaire » chez Robert Laffont. « Reflets » en publie des extraits, qui montrent comment Marlène Schiappa a verrouillé la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté - Compte Twitter du ministère de l'Intérieur

Quels que soient ses moyens humains et financiers, la « nouvelle Miviludes » dévoilée par Marlène Schiappa au printemps 2021 est bien différente de celle qui était en place il y a dix ans. S’il n’a finalement pas été victime de la placardisation annoncée, l’organisme interministériel, du fait de son rattachement à un service du ministère de l’Intérieur, a considérablement perdu en autonomie politique. Georges Fenech avait pourtant voulu le « sanctuariser » dans la loi en faisant de lui une Haute Autorité, pleinement indépendante. Sans succès. Le Centre contre les manipulations mentales (CCMM), de son côté, défendait l’attribution d’un « pouvoir d’enquête » à la Miviludes, nous indique Annie Guibert. À rebours de ces propositions, qui auraient pu constituer un véritable renforcement, le poste de président a été supprimé. (...)

C’est (...) une magistrate inconnue, Hanène Romdhane, qui a en définitive pris les rênes de la Miviludes. Elle n’en est pas la présidente mais la cheffe de service. « C’est toute la différence, de mon point de vue, analyse Georges Fenech. Moi, j’étais président, ancien parlementaire. Quand je décidais d’une action, je n’allais pas demander au préfet une autorisation de le faire. Il n’y aura plus cette même autonomie, même par rapport à l’administration. Il m’arrivait de dénoncer ce qui se passait dans tel ou tel ministère. Il y avait un statut. Là, ça devient plus hiérarchisé dans les échelons administratifs. Il y a la cheffe de service de la...