PROJET AUTOBLOG


Reflets

Site original : Reflets

⇐ retour index

FN : le trésorier de Jeanne mis en examen… c’est ballot.

Friday 20 March 2015 à 18:51

pen-3102062-jpg_2729281_652x284Et ben ouais, c’est sûrement un complot des reptiliens, mais en attendant, le trésorier de « Jeanne », le micro-parti du FN (le FN, ce « super parti qui lave plus blanc ») vient de se voir mis en examen. Aujourd’hui.

Il semble que le financement des campagnes du Front ne soit pas très clair. Enfin bref, Axel Loustau, ce fameux trésorier de « Jeanne », très proche de Marine (Axel, pas Jeanne, mais en fait si quand même), est demandé chez les juges pour « escroqueries » dans l’enquête sur le financement de plusieurs campagnes électorales du Front national.

Après Frédéric Chatillon, lui aussi mis en examen pour fraude, « escroquerie », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux » et « blanchiment d’abus de biens sociaux » dans le cadre du financement des campagnes du « premier parti de France »  (quand personne ne veut plus aller voter ou presque, parce que bon, là ça va bien) — cette nouvelle mise en examen fait un peu désordre. A moins que tout ça ne soit que complot et autres vilainies de la part de juges rouges ? Ou des E.T sur la face cachée de la lune ?

 

 

Camarade banquier…

Friday 20 March 2015 à 11:36

macron-failSi l’on en croit Le Monde, Emmanuel Macron a été grisé par sa première prise de parole devant les militants pour cette campagne des élections départementales. « Jusqu’à donner du « chers camarades » à son public. », précise le quotidien du soir. Camarades… Sans vouloir relancer la lutte des classes de l’époque riante de la guerre froide, on peut tout de même se demander ce qui fait d’un ouvrier habitant de Fresnes, un « camarade » (au sens politique) d’Emmanuel Macron. Le ministre avait par exemple empoché 2,885 millions d’euros en salaires et en participation aux bénéfices en quatre ans passés au sein de la banque Rothschild. Un peu loin du salaire de ses nouveaux « camarades ».

Le cynisme de Jean-Jacques Urvoas

Friday 20 March 2015 à 10:18

Jean-Jacques Urvoas est à la manoeuvre depuis des années pour pousser des textes liberticides donnant plus de pouvoir à l’exécutif et aux services de renseignement. Plus de surveillance, plus de liberté pour agir sans contrôle d’un juge. Loi de programmation militaire, Projet de loi sur le terrorisme et désormais, Projet de loi sur le renseignement : tous ces textes portent sa marque. Le tollé provoqué par ce dernier texte ne l’a pas empêché de lancer sur Twitter :

Une bonne blague de parlementaire sans doute. D’une part, l’avis de la CNIL circulait dans les rédactions et l’essentiel avait été publié, d’autre part, depuis des lustres, les gouvernements s’assoient joyeusement sur les avis de la CNIL.

<script src="//platform.twitter.com/widgets.js" async="" charset="utf-8">

Parlons un peu de la sous-démocratie française

Thursday 19 March 2015 à 20:18

laver-cerveauEn France, nous vivons dans une démocratie. Nous vivons dans une démocratie, parce que nos libertés sont garanties, en apparence : celles de déplacement, d’opinion et d’expression, de la presse, de la propriété privée, de la vie privée.

Mais il se trouve, qu’en quelques années, ces « garanties démocratiques », bien qu’établies sur le papier, se sont dégradées. Fortement. Pas pour tout le monde. Pas de la même manière pour tous. Mais le constat est là. Si nous effectuons une photographie des libertés démocratiques françaises en ce mois de mars 2015, il y a de fortes chances qu’elle soit très floue et mène à réviser le jugement précédemment énoncé. Nous vivons en réalité dans une sous-démocratie. Une démocratie qui a le  goût, la couleur, l’apparence, de la démocratie, mais qui n’est plus celle que nous connaissions, il y a quelques années encore. Même si elle était imparfaite et incomplète. Détail de la photo.

Rupture des contrats

Une démocratie, même représentative, a vocation à maintenir un contrat entre ceux qui demandent la confiance du « peuple » (les électeurs) et ce même peuple. Le plus connu est le contrat social et nous en avons déjà parlé dans les colonnes numériques de Reflets. Celui-ci est largement entaillé, avec un gros canif. Mais au delà du contrat social, il y a d’autres contrats qui ne peuvent pas normalement être rompus, dans une démocratie. Celui de la séparation de l’exécutif politique et de la justice, ce qu’on appelle « l’indépendance de la Justice ». Les contrats d’une démocratie comme la démocratie française sont donc nombreux, et l’on peut, en vrac, citer l’égalité de droit, devant la justice, la non-discrimination, l’accès aux services publics, la liberté d’expression, la propriété privée, la liberté de circulation, la protection de la vie privée. Le problème est que ces quelques exemples de contrats de « droits et de libertés » sont tous, aujourd’hui, quasi intégralement, rompus.

736965401_smallL’égalité devant la justice n’est plus qu’une vaste fumisterie, il suffit de s’intéresser aux verdicts énoncés à l’encontre de personnalités influentes, du monde économique ou politique comparés à ceux énoncés pour le vulgaire citoyen pour s’en rendre compte. Si vous n’êtes pas noir ou arabe, vous devriez faire l’expérience de vous promener dans une grande ville comme Paris en tant que tel (dans la peau de…) : les contrôles pour cette partie de la population sont permanents, les vexations policières généralisées. La discrimination est institutionnalisée au sein des forces de l’ordre. Faire l’expérience de vivre un temps dans une banlieue pourrie d’une grande ville permet aussi de comprendre que l’accès aux services publics n’est plus du tout un droit, mais un parcours du combattant. Comme dans certaines campagnes, mais d’une autre manière. La liberté d’expression a été depuis peu largement réduite : le législateur a fait basculer des propos contestables, du délit de presse vers le pénal, et il suffit, sur Internet, de ne pas soutenir la thèse gouvernementale sur les événements du Moyen-orient pour risquer une censure administrative, sans juge, et donc totalement politique.

controle-faciesLa possibilité de mettre « sur écoute » votre logement sans qu’un juge ne puisse examiner votre cas, laisse entendre que n’importe quels barbouzes un peu zélés sont désormais protégés juridiquement pour surveiller qui ils veulent, avec toute l’approximation et la subjectivité [parfois motivée par des convictions idéologiques ?] desdits barbouzes. Qu’ils fassent un métier difficile, ces personnels du renseignement, n’est pas une raison pour leur donner tous les droits, sans contrôle. En tout cas, dans une démocratie normale, bien qu’imparfaite. C’est donc dans une sous-démocratie que cela est possible.

Circuler en France est devenu une gageure, entre les robots contrôleurs de vitesse, la fouille des coffres des véhicules, les placements en garde à vue des automobilistes qui contestent l’attitude parfois provocatrice des forces de l’ordre, les règles incompréhensibles et le racket organisé des municipalités sur les stationnements, qui peut encore croire que la liberté de circuler est garantie [correctement] dans ce pays ?

Quant à la vie privée, sachant qu’elle passe énormément par Internet et qu’Internet est désormais déclaré ennemi national, que l’Etat peut aller fouiller les données de chaque citoyen sans qu’aucune autorité judiciaire ne puisse autoriser ou non cette surveillance, il est bien clair qu’elle n’existe plus.

Terroriser la population, c’est démocratique ?

Manuel Valls est venu expliquer il y a peu à des lycéens qu’il fallait « qu’ils s’habituent à vivre avec le danger [du terrorisme] ». Mais Manuel Valls a aussi peur du Front national, pour la France. La meilleure réponse politique a un problème — qui est pour l’heure ponctuel, celui de trois candidats au djihad qui massacrent des journalistes et des clients d’un supermarché —  est-elle d’utiliser les mêmes armes que ceux que l’on veut combattre ? Terroriser les terroristes ? Et la population avec ? Une démocratie digne de ce nom n’est normalement pas aussi faible qu’elle en viendrait à utiliser les mêmes méthodes que ceux qui aimeraient la faire tomber. Normalement. Mais une sous-démocratie, elle, est prête à toutes les bassesses pour maintenir le système qu’elle a pourtant dégradé au point qu’il n’est plus qu’une pâle copie de l’original. Et c’est bien là que le bât blesse, et que la population commence à sentir que quelque chose cloche, ne tourne plus rond.

valls-apprenez-la-peur

« Jeunes gens, ayez la trouille, et habituez-vous à ça… »

Si ceux qui sont au pouvoir ont peur, d’un parti politique, par exemple, pour lequel une part plus ou moins grandissante de la population vote, cette population doit penser en retour, qu’en réalité, le pouvoir politique a peur d’elle. Et un pouvoir qui a peur de sa propre population — au point de la mettre sur écoute administrative — par exemple, n’est pas démocratique, et est très inquiétant. Chacun est capable de le comprendre. Rassurer avec des instances « indépendantes », des commissions et autres comités ne change rien à l’affaire, puisque toutes ces structures ont démontré par le passé qu’elles ne servaient à pas grand chose, étant bien trop lourdes et peu dotées pour garantir quoi que ce soit.

Changer (au moins) de République

Il reste à discuter des solutions pour redresser la barre et régénérer cette sous-démocratie, la remettre sur pieds. Pour en faire de nouveau une démocratie complète ? François Hollande s’est fait élire sur de nombreuses promesses de « régénération démocratique », et le coup du  « moi président » n’est pas pour rien dans son élection.  « Lui président » ? C’est une dégradation de la démocratie encore plus importante que son prédécesseur. D’où la désertion des urnes d’une part importante de la population. Le FN n’est pas en train de grossir en termes de nombre de voix, puisque en réalité il est au même niveau qu’il y a 13 ans : autour de 5 millions d’électeurs. C’est simplement l’effet mécanique de l’abstention qui le mène en tête des suffrages.

premier-partiMais c’est dans une sous-démocratie, peuplée de citoyens épuisés, écœurés, apeurés, qu’un parti normalement minoritaire peut devenir majoritaire. Au fond, si c’est la peur qui guide l’ensemble, que ce soit ceux qui ont peur des étrangers, des terroristes, de perdre leur identités ou ceux qui ont peur de l’extrême droite, de l’abstention, de l’Europe, du manque d’Europe, de l’euro, de la sortie de l’euro, des minorités, de l’exclusion, il n’y a pas d’issue favorable en vue. La seule issue est — pour ceux qui ont encore le pouvoir de se faire entendre, les ténors du système politique — de proposer un changement de système politique. Une majorité d’observateurs et de responsables politiques a établi que celui-ci était à bout de souffle, qu’il ne correspondait plus aux attentes citoyennes, qu’il n’était plus adapté à l’époque actuelle ? Ils n’ont qu’à proposer de créer une nouvelle République à minima, avec une nouvelle Constitution, aidée par les citoyens, grâce à la création d’Assemblées constituantes.

Parce que si cette sous-démocratie actuelle n’est pas rapidement dissoute au profit d’une nouvelle qui déterminera les fondamentaux d’une démocratie telle qu’on peut l’envisager au XXIème siècle, la suite des événements risque d’être excessivement pénible. Violente aussi, par force. Pour une partie de la société, qui déjà, en bave un peu trop. C’est un choix. Hollande peut faire l’histoire, en fin de compte. Ou au contraire, devenir le fossoyeur de ce qu’il restait d’encore un peu enviable au pays des Lumières. Moi président a intérêt à bien réfléchir à tout ça. Vraiment.

#PJLRenseignement : déjà-vu, leçons de l’Histoire et aruspicine

Thursday 19 March 2015 à 00:48

Piacenza_BronzeleberIl y a comme une impression de déjà-vu qui se fait jour avec le projet de loi sur le renseignement que le gouvernement français concocte. Pour une bonne raison : cela s’est déjà produit. Très récemment même.

On pourrait croire que les leçons de l’Histoire auraient été tirée par les politiques. Ils ont vu les Etats-Unis appeler à l’union nationale après les attentats de septembre 2001. Ils ont vu les lois liberticides se mettre en place, comme le Patriot Act. Ils ont vu les effets d’un discours guerrier évoquant une supposée lutte des civilisations. Ils ont vu la légalisation de la torture. Ils ont vu l’effet des coups portés à la séparation des pouvoirs, à la mise au rebut des concepts qui fondent la Justice en Démocratie. Ils ont vu Guantanamo, les prisons secrètes de la CIA, les vols fantômes de la même CIA, les enlèvements… Ils ont ont pu lire des centaines de travaux et d’études sur les effets pervers et les conséquences dramatiques des décisions de l’Administration Bush. Et pourtant… La France s’enfonce toujours plus dans cette voie dont l’issue est connue. D’autres morts, d’autres combats, un cercle meurtrier sans fin. Un état de guerre permanent.

Jouons les aruspices… En dépit de toutes ces évidences, en dépit de tous les cris des défenseurs des Droits de l’Homme, des journalistes, des experts en tous genres, dont ceux de Reflets qui creusent ce sujet depuis des années, oui, en dépit de tout cela, nous allons assister dans un avenir proche à un vote quasi-unanime des parlementaires français, en faveur de ce projet de loi.

rt-oupasCar le contexte est à peu de choses près le même que celui qui présidait aux Etats-Unis après le 11 septembre. On est forcément pour ou contre les barbus terroristes. En dehors du clan du Bien ou du clan du Mal, pas d’alternative. On est pour la censure ou contre. Il n’y a pas d’alternative à la censure des sites djihadistes (ou pas) par l’exécutif sans contrôle d’un juge. On est pour donner des moyens quasiment illimités sans véritable contrôle démocratique aux services de renseignement ou… on est pour les barbus terroristes.

Le Front National et les barbus terroristes sont de très pratiques excuses pour faire voter n’importe quoi. Ainsi que pour ceux qui auront voté toutes ces lois injustifiables. A la veille d’élections, avec un FN en hausse dans les sondages, au moment où sont perpétrés des actes terroristes en Tunisie, toutes les conditions sont réunies pour que la quasi-totalité des parlementaires qui tiennent à garder leur poste votent pour ces textes.