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Avant j’étais féministe (écologiste et égalitariste aussi)

samedi 17 mars 2018 à 13:23

Quand l'arène numérique embarque tout

A un moment, quand tout est récupéré de manière bornée et agressive, on se dit qu’en fait tout ça n’a plus aucun sens et ne mènera nulle part. Autant alors se dégager de toute forme de défense d’idéal social ou quoi que ce soit d’équivalent.

Big

Avant j’étais féministe, parce que — certainement — ma mère était une militante féministe des années 70. Certainement. Parce que j’ai bien vu et senti — très tôt — que mépriser les femmes était une idée absurde, dégueulasse et humainement inacceptable. Ou même leur assigner des fonctions spécifiques quotidiennes. J’étais aussi écologiste : mes parents étaient des anti-nucléaires de la première heure et s’étaient lancés dans l’agro-biologie. La Terre allait crever de la pollution humaine, déjà, et il fallait la préserver, pour préserver aussi les humains, leur santé. Les remettre en harmonie avec la nature. C’était il y a plus de 40 ans.

J’étais aussi égalitariste dans le sens où l’injustice me faisait mal. Je pensais que si l’on créait plus de choses pour aider les gens à faire «plus ce qu’ils voulaient», ce serait mieux pour tout le monde et qu’en créant plus d’égalité — dans le sens d’offrir des outils qui donnent leur chances à tous — on s’éclaterait plus, en gros. Ca irait mieux. Mais ça n’a pas bien fonctionné. A tous les niveaux, que ce soit d’un point de vue politique ou social. Chez les gens aussi, dans leur tête, ça n’a pas bien fonctionné.

Mon féminisme à moi…

Aujourd’hui, être féministe c’est assez compliqué pour quelqu’un comme moi. On a été quelques uns — avec quelques potes — à montrer l’exemple en fait. Je pense. On n’est pas allé dans la rue avec des pancartes revendiquer des trucs pour les femmes, non. On a fonctionné avec les femmes de façon juste et...

L'IRC : zone de rencontre avec les hackers

vendredi 16 mars 2018 à 17:33

L0pht, Rhino9, ADM, w00w00, Teso, les groupes sont déjà là

Dans un esprit de partage commun aux débuts du Web, les hackers répondent à mes questions débiles. Je découvre RTFM...

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ADM - ADM - © ADM

C’est en explorant l’Internet Relay Chat (IRC) que je finis par trouver mes premiers « hackers ». Ils sont français. J’ai des tonnes de questions de béotien dans la tête. J’en pose quelques unes. Je ne sais pas bien expliquer pourquoi, mais ils me répondent. Mieux, ils m’expliquent comment fonctionne ce réseau. J’apprends. Peut-être prennent-ils le temps de m’apprendre toutes ces choses parce que l’on est à une époque du Net où le partage n’est pas un vain mot. Il y a bien dû avoir un RTFM (read the fucking manual) qui s’est affiché à un moment ou un autre, mais dans l’ensemble, l’ambiance est bonne. Dans le même temps, je lis. Pas que le fucking manual, mais BugTraq. La mailing list qui permet aux hackers de publier les failles qu’ils découvrent dans tel ou tel logiciel. Je suis de près quelques groupes américains et leurs publications.

A cette époque, on était encore dans une tendance « full disclosure ». En d’autres termes, les chercheurs en sécurité informatique qui trouvaient des failles les publiaient, avec des Proof of Concept ( PoC). C’était un mouvement de balancier logique. Depuis des années, les remontées de failles n’aboutissaient à rien. En tout cas pas à des correctifs. Qui savait que tel ou tel logiciel était troué ? Où se renseigner ? Quel journal en parlait ? BugTraq et Internet changent la donne. Ceux qui trouvent peuvent publier si l’éditeur ne fait rien. Et toute la communauté saura qui est réactif ou pas. Mais comme tout mouvement de balancier, il...

De l'endogamie à l'exogamie en matière d'informatique

vendredi 16 mars 2018 à 17:28

Ou le cercle sans fin du grand n'importe quoi

C'est bien connu, le problème est entre la chaise et le clavier. Et si le user est un imbécile, autant essayer d'en tirer le plus grand profit. Au delà de ce triste constat qui sied si bien aux GAFAM, l'écosystème se tire un balle dans le pied en admettant le pire.

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Philippe Vannier - Copie d'écran - CC

C'est comme ça... Vous pouvez avoir signé un contrat inavouable avec Kadhafi, être poursuivi par la Justice pour cela et rester au sommet de l'écosystème. Ce dernier permet que Philippe Vannier soit "Vice President Big Data & Security Solutions and Group" d'Atos. Notre dernier article évoquant" l'asile politique" accordé par Thierry Breton à Philippe Vannier nous avait valu un courrier d'avocat assez menaçant. Thierry Breton est un habitué des procès contre les journalistes qui grattent un peu le vernis duquel il est recouvert.

Dans le domaine de la sécurité informatique, comme dans à peu près tous les cercles, il est assez improbable que quiconque dénonce la présence en son sein de canards boiteux. Les casseroles sont très proprement remisées, oubliées au fond d'un placard fermé à double tour.

Philippe Vannier est donc auréolé de son titre de vice-président Big Data et solutions de sécurité, de CTO du groupe Atos. Oublié le contrat avec Kadhafi, les fonds versés au festival mondial des arts nègres. Tout est pardonné.

Thierry Breton et Philippe Vannier, l'homme phare du DPI français se sont bien trouvés. Il y a des hasards surprenants dans la vie. Souvenez-vous... Le 6 juin 2016, Reflets révélait que la France s'était équipée dès 2009 de sondes DPI dans les DSLAM pour des interceptions administratives. IOL, pour Interceptions obligatoires légales, était justement... Illégal. Comme le rappelait à l'époque Jérôme...

Une histoire de hackers

jeudi 15 mars 2018 à 10:28

Sans Anonymous, sans pirates chinois, nord-coréens ou russes

Quelques hackers et les groupes auxquels ils appartenaient ont marqué les débuts du Web. Leurs nicknames et les noms de leurs groupes font désormais partie de l'Histoire du Net.

Big
Rencontres du 3ème type - D.R.

« C’était mieux avant »… Voilà une phrase que les vieux ont tendance à répéter. En tout cas, c’était différent. Et pour ce qui est des hackers, c’était comment, avant que les Anonymous, Wikileaks, les hackers russes, nord-coréens, chinois, soient les vedettes des médias ? Avant que la presse ne nous vende ces derniers comme l’unique représentation des « hackers » ?

C’était différent.

Si l’histoire des hackers remonte plus loin que l’arrivée du Web, ce dernier a créé un appel d’air. Une sorte de « big bang ». Avec lui est arrivé une nouvelle génération de personnes qui ont écrit les premières pages d’une histoire sans fin. Mais qui s’en souvient aujourd’hui ? Et pourtant…

Ceux qui utilisent des SQL injections à n’en plus finir pour pirater tel ou tel site savent-ils à qui ils doivent cette technique ? A l’un de ces pionniers. Ceux qui utilisent NMAP pour cartographier des réseaux savent-ils que son auteur était l’un de ces premiers hackers qui ont marqué l’histoire du Web ?

Nous allons tenter au fil de quelques articles, de raconter cette histoire du Web. En partie tout au moins. Raconter ce qui est racontable. Et avec un prisme. Ce prisme, c’est celui de l’auteur. Embeded, comme on dit aujourd’hui, dans plusieurs groupes de hackers, je n’ai qu’une vision partielle de ce qu’a été cette époque. Je ne peux parler que de ceux que j’ai connu et fréquentés. Pas des autres, et ils sont nombreux.

Chapeau : Une histoire de hackers - Sans Anonymous, sans pirates chinois,...

L'Atelier de Jean-Michel Billaut

jeudi 15 mars 2018 à 10:26

Ma porte d'entrée sur Internet

Le BBS de l'Atelier ou les prémices d'un Internet qui pointe le bout de son nez. Avec Internet, la question de la sécurité est consubstantielle...

Big
Jean-Michel Billaut - D.R.

1993… Je suis journaliste financier et je m’occupe des banques. Plus particulièrement des nouveaux canaux de distribution. Les nouvelles technologies, à l’époque, c’est principalement la carte à puce qui va se généraliser et qui permet d’envisager de nouveaux services. Ma chef de service me parle d’un professeur Nimbus, travaillant dans les sous-sols d’une banque. « Il faut que tu ailles le voir. Il paraît qu’il fait des trucs incroyables ». Soit…

En décrochant mon téléphone quelques jours plus tard, ma vie va changer. Je vais m’arrimer, sans le savoir, à Internet. Le Web n’existe pas encore. Google n’est même pas une idée.

J’obtiens un rendez-vous. Avenue Kléber, la Compagnie Bancaire est une institution. On me fait descendre dans les sous-sols. Au bout d’un long couloir, je pénètre dans « l’Atelier ». Effectivement, je trouve là une sorte de professeur Nimbus qui me parle d’avenir avec un sourire perpétuel. Jean-Michel Billaut a créé au sein de la Compagnie Bancaire un service de recherche et développement : « L’Atelier de la Compagnie Bancaire ». Lui et son équipe sont chargés de prévoir l’évolution du secteur financier. Quels services, que sera la banque de demain, comment mieux tirer partie du Minitel ?

Mais au lieu de confiner son service de recherche et développement au groupe, Jean-Michel Billaut l’ouvre sur l’extérieur. Il le transforme en très puissante boite à idées, à expérimentations. Il organise des Ateliers de l’Atelier où chacun vient présenter son...