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Numérique et protection des sources : on n’est pas sortis de l’auberge

Tuesday 14 June 2022 à 14:41

Quand des associations de journalistes voient des plateformes sécurisées partout

Penser en 2022 qu’une base permettant de mettre en relation des sources et des journalistes sur un terrain de guerre avec des formulaires Google est une « base de données sécurisée » pose quelques soucis.

Page d'accueil du site UABRAVE - Copie d'écran

Le Réseau international des journalistes (Ijnet) a publié un long papier mettant en avant une « plateforme » permettant de mettre en relation des journalistes avec des sources « validées » sur les terrains de guerre. Pour l’instant UABRAVE (c’est le nom du site) concerne des interlocuteurs en Ukraine, mais le développeur voudrait l’étendre.

Ce outil, à en croire l’Ijnet, « pourrait révolutionner la manière dont les reporters entrent en lien avec leurs sources en temps de guerre. UABRAVE relie les journalistes aux personnes sur le terrain à l'aide d'une base de données sécurisée, ce qui permet aux journalistes de trouver des sources tout en réduisant les risques pour la sécurité de ces dernières ». Le traitement est humain. Les sources et les journalistes sont ajoutés et validés à la main.

Sur le papier, pourquoi pas ? Un tel outil peut en effet simplifier la vie des journalistes à la recherche de fixeurs ou d’interlocuteurs sur un terrain de guerre. Mais dans les faits, l’utilisation d’outils informatiques pour stocker des noms, des « CV » de personnes engagées d’un côté ou d’un autre dans un conflit, pose problème. Même si les numéros de téléphones des personnes ou leurs noms ne sont pas accessibles via la plateforme (cela reste à démontrer), la corrélation et le renseignement en source ouverte permettent souvent de se faire une idée très précise de la personne cachée derrière un pseudonyme.

Par ailleurs, UABRAVE communique toutes les informations récoltées à...

Dans le Donbass, les Russes avancent à pas comptés

Tuesday 7 June 2022 à 15:31

Les combats sont très violents et les deux armées subissent des pertes importantes.

L'armée russe avance dans le Donbass mais ne parvient pas à une rupture décisive de la résistance acharnée ukrainienne. Après plus de 100 jours de guerre, la situation semble bloquée, aucun des deux camps ne parvenant à prendre l'ascendant sur l'autre. Il est loin d'être certain que les nouvelles livraisons d'armes sophistiquées à l'Ukraine changent réellement la donne. La guerre semble partie pour durer.

Une position ukrainienne abandonnée dans Sievierodonetsk - mil-inr.info

Les troupes Russes marquent des points dans le Donbass. Le président Zelensky a reconnu que « l’armée ukrainienne avait 50 à 100 tués par jour» dans l’est du pays (auquel il faut statistiquement ajouter 150 à 400 blessés) et que «la situation est très très difficile». Un chiffre énorme difficilement soutenable dans la durée. Une brigade ukrainienne rassemble 300 à 400 hommes, comme le rappelle Michel Goya sur son blog La voix de l’épée dans un article titré L’infanterie, les chars et la guerre en Ukraine (en accès libre).

L’oblast de Luhansk pourrait tomber aux mains des occupants dans les prochaines semaines. Les soldats russes, qui avaient conquis 80% de la ville Sievierodonetsk, n’en contrôlent plus que la moitié après une contre-attaque ukrainienne. La ville détruite à 80% ne présente pourtant pas un intérêt militaire ou économique majeur. Mais cela aurait été concéder une petite victoire à la Russie, ce qui est politiquement difficile. Pourtant, avec une ville adossée à la rivière Donetsk qui constitue une ligne de défense naturelle, il aurait été plus aisé à l’armée ukrainienne de se replier au-delà de la rivière, ce qu’ils ont d’ailleurs fait non loin de là, près de la ville de Sloviansk. Mais pour le moment, les ukrainiens s’accrochent à Sievierodonetsk et se sont engagés dans un combat urbain très meurtrier. L’état-major a même fait le choix d’envoyer des renforts dans la ville alors qu’un encerclement n’est pas à exclure. Le pari pourrait s’avérer très risqué.

Un...

Vive les triangulaires !

Tuesday 7 June 2022 à 11:12

Aux législatives, votez pour qui vous voulez, mais votez ! C'est mathématique

Pour se maintenir, la loi dit que le candidat en troisième position doit avoir recueilli un nombre de voix au moins égal à 12,5 % des inscrits sur les listes électoral. Le taux d’abstention est donc un facteur clé pour le nombre de triangulaires.

Nombre d'or - Triangle d'or - HB;Jean-Luc W - Wikipedia - CC BY-SA 3.0

Emmanuel Macron est le président le plus mal élu après Georges Pompidou, et encore, c’était en 1969 dans une situation bien particulière. Avec une abstention très forte (28%) et 6,2%de votes blancs et nuls, Emmanuel Macron a été réélu avec seulement 38,52% des inscrits. S’il est légitime, c’est un président très majoritairement rejeté qui est élu. Notre démocratie s’affaisse.

Les réformes qui s’annoncent continueront de détricoter le modèle social français. La situation à l’hôpital, à l’école sont le résultat de la politique d'Emmanuel Macron, même si ses prédécesseurs, reconnaissons-le, y sont aussi pour quelque chose. La réforme de retraites s’annonce dramatique pour ceux qui ont commencé à travailler jeune ou qui exercent des métiers pénibles. L’urgence climatique restera sans doute dans les paroles: Amélie de Montchalin, la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, a voté toutes les mesures contre l’écologie du précédent quinquennat et est une libérale pur sucre; Agnès Pannier-Runacher, à la tête d’un inédit ministère de la Transition énergétique, a travaillé dans le secteur de l’automobile, puis du pétrole et du gaz. Très écolo-friendly tout ça! Ajoutons pour faire bon poids le scandale McKinsey, dont Le Canard enchaîné vient de révéler qu’ils n’ont pas payé d’impôts depuis plusieurs années avec la bénédiction de Bercy, et la République des consultants, le laissez-aller dans le contrôle des Ehpad aboutissant aux scandales Orpéa et...

Parcoursup, un outil dont on ne peut pas... mesurer l’intérêt !

Sunday 5 June 2022 à 14:39

Le collectif "Nos services publics" s'est penché sur la plateforme

Le constat du collectif sur Parcoursup est édifiant : le système contribue a augmenter le stress des élèves, désorganise l’année scolaire, le travail des enseignants et ne permet pas de mesurer de véritable amélioration par rapport à son prédécesseur. "Peut mieux faire" !

Logo du site Paroursup.fr - Copie d'écran

La plateforme Parcoursup d’admission des élèves dans l’enseignement supérieur, qui a remplacé Admission Post-Bac (APB), continue de susciter des critiques. Comme la précédente d’ailleurs, lorsqu’elle réalisait un tirage au sort pour l’affectation de 0,5% des candidats. Le Collectif Nos services publics que nous avions déjà évoqué dans nos colonnes a voulu faire le point sur Parcoursup, dans une note d’une trentaine de pages édifiantes. Tout d’abord, le changement de perspective. Parcoursup met en place une logique de classement des élève alors qu’APB privilégiait une logique d’affectation des élèves selon leurs préférences. Les experts planchent ensuite sur les effets de ce changement sur les élèves et sur le coût pour l’enseignement secondaire, largement mis à contribution pour le «classement» des élèves. Enfin, le collectif note une forte progression du nombre d’étudiants intégrant des formations privées qui bénéficient de la mise en avant dans Parcoursup, sur le même plan que l’enseignement public.

«La mise en place de Parcoursup en 2018 a conduit au remplacement d’un dispositif dans lequel l’affectation des lycéens dans l’enseignement supérieur était réalisée sur le fondement d’une hiérarchisation de leurs choix, par un système de classement des élèves par les formations, y compris non-sélectives. Cette évolution de l’algorithme est loin de se cantonner à une question technique. D’une part, elle a pour conséquence directe de laisser un postulant sur deux sans réponse...

Un projet « OSINT » de Reflets soutenu par le Fonds pour la presse libre

Wednesday 1 June 2022 à 17:25

Reflets met en place un outil technique d'aide à l'enquête

Le renseignement en sources ouvertes (OSINT) est un terme à la mode. Nous avons commencé à mettre en place un outil apportant une aide à l'enquête pour nos journalistes. Des développements techniques supplémentaires sont prévus. Ce projet a été retenu par le Fonds pour la presse libre (FPL).

Un graphique réalisé avec Maltego sur la présence d'Eric Zemmour sur Internet

Né en 2011, Reflets.info est un journal indépendant détenu par ses journalistes. Le journal ne vit que grâce à ses abonnés. Il n’y a ni publicité, ni tracking des visiteurs, encore moins de revente de données personnelles à qui que ce soit. Reflets.info produit des enquêtes au long cours et des analyses visant à mettre les faits en perspective. Le journal a été créé par un expert en sécurité informatique et un journaliste spécialisé dans ce domaine. Aujourd'hui, une grosse dizaine de journaliste et plusieurs experts techniques ont rejoint le projet. Il était donc naturel que nous poursuivions notre mise en commun d'outils techniques, de techniques d'investigation et journalistiques. En 2022, nous avons décidé de mettre en place un vaste outil d’aide à l’investigation pour nos journalistes.

Basé pour l'instant sur Datashare (l’outil de l’ICIJ), il regroupe toutes les données que nous avons pu récolter au fil de nos enquêtes précédentes depuis 2010. Nous y intégrons également des données issues d'Internet et de sites situés sur le réseau Tor.

Nous souhaitons par ailleurs relier cette base de connaissances à un autre outil d’OSINT (renseignement en sources ouvertes) que nous utilisons régulièrement : Maltego. Ces développements seront rendus possible par le soutien du Fonds pour une presse libre. Par la suite, nous envisageons de mettre ces développements à disposition d’autres médias indépendants s'ils le souhaitent.

A titre d'exemple, notre...