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La France innove avec le Deep Packet Protection©

mercredi 21 février 2018 à 19:13

LPM 2.0 : du DPI technique, pas du DPI politique

Le projet de loi de programmation militaire, dans sa nouvelle mouture pour la période 2019 à 2025, aka LPM v2.0, prévoit, outre les habituelles questions de budget, d'effectifs, de moyens, "le développement de la résilience « cyber »" de la fière startup-nation.

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George Hodan - CC0 1.0

Concrètement, l'article 19 du projet de loi prévoit l'ajout de nouveaux versets au sacro-saint Code de postes et des communications électroniques, texte qui réglemente en particulier l'activité des opérateurs de télécommunications.

Le Code des postes et communications électroniques, CPCE pour les intimes, pose comme principe la protection de la vie privée des usagers des réseaux. En théorie, un opérateur ne peut exploiter que les informations pertinentes pour la réalisation de sa mission — acheminer les communications d'un point A à un point B — ou celles nécessaires à la facturation de ses abonnés.

Dans sa grande sagesse le législateur a prévu (what did you expect?) des exceptions, telles la mise à contribution des opérateurs pour la mise en œuvre d'interceptions judiciaires ou, bien plus controversée, celle des interceptions de sécurité commandées par les services de renseignement, donc sans intervention de l'autorité judiciaire.

Au principe, le projet de loi de programmation militaire ajoute une nouvelle dérogation, et de taille. En effet, le texte prévoit que « pour les besoins de la sécurité et de la défense des systèmes d’information, les opérateurs de communications électroniques peuvent recourir, sur les réseaux de communications électroniques qu’ils exploitent, à des dispositifs mettant en œuvre des marqueurs techniques à seules fins de détecter des événements susceptibles d’affecter la sécurité des systèmes d’information de leurs abonnés »...

Ma vie analogique (presque) déconnectée

mercredi 21 février 2018 à 15:19

Le numérique, les écrans ça peut être bien, hyper bien même. Oui, si l’on ne se fait pas hyper aspirer…

Il y a un problème dans le monde actuel. Un gros problème. Et comme ce problème me touche, parce que je fais partie du monde, j’ai décidé de m’en emparer pour tenter de le régler… à mon échelle. Ce problème est la vie numérique. La société numérique. La passion du numérique. L’enfermement numérique. L’enfer numérique et celui des écrans au final.

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Pourtant, le numérique, les écrans ça peut être bien, hyper bien. Oui, si l’on ne se fait pas hyper aspirer…

Les livres papier : une sacrée innovation

Ce qui m’a troublé, petit, dès que j’ai su lire, ce sont les livres. J’ai dévoré pleins de choses différentes, de mon âge et pas de mon âge : des six compagnons aux Misérables de Victor Hugo en passant par le club des 5 ou Jules Verne, et même Lovecraft alors que j’étais encore un pré-adolescent. Les livres c’était un univers dans lequel je rentrais et je pouvais sortir à loisir, qui me faisait vivre des vies incroyables dans lesquelles je m’identifiais. J’y apprenais ce que l’humanité était capable de faire : le pire comme le meilleur. Des émotions : c’est cela que dégageaient ces histoires. Des images qui s’imprimaient dans mon cerveau. Que seul je pouvais voir. C’était magique.

La télévision : à quoi ça sert ?

Je n’ai jamais eu la télévision chez mes parents. Je l’ai pourtant regardée chez ma grand-mère. La série Kung-fu m’a beaucoup enrichi. L’Homme de l’Atlantide, celui qui valait 3 milliards, les Mystères de l’Ouest, Super Jaimie, Starsky et Hutch. Les chiffres et les Lettres aussi, c’est drôle de repenser au fait que je jouais avec mes grands-parents aux Chiffres et au Lettres, quand on y pense. C’était plutôt sympathique, parce qu’on partageait ensemble quelque chose devant un écran. On parlait et on se regardait. On apprenait. Plus tard, adolescent, je n’ai plus su ce que la télévision fabriquait, comme lorsqu’...

Transparence numérique et totalitarisme algorithmique : l’aliénation des masses en question

mardi 20 février 2018 à 14:00

Tyrannie et transparence numérique : une nouvelle servitude volontaire

L’aliénation des masses dans une société transparente et gérée par un système totalitaire algorithmique est en cours… Jusqu’à quel point sera-t-il possible de limiter la casse ?

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La tyrannie algorithmique est douce puisque volontaire - phonandroid.com

Le sujet de la collecte et du traitement des données commence à faire débat au point que les instances politiques s’en sont emparées. Un débat vite bouclé, puisque le Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui arrive est censé rassurer les foules hypnotisées par leurs vies numériques… qu’elles offrent sans compter (et pourraient bientôt vendre). Les entreprises de traitement des big data poussent comme des champignons : le traitement des données par machine learning est devenu le nouveau pétrole du XXIè siècle. L’aliénation des masses dans une société transparente et gérée par un système totalitaire algorithmique est en cours… Jusqu’à quel point sera-t-il possible de limiter la casse ? La gouvernance algorithmique et le totalitarisme qui en découle ont été analysés depuis plusieurs années sur Reflets :

Le nouvel âge de l'algopolitique… et ses outils

Sous le règne de la gouvernance algorithmique

France 2016 : bienvenue en algocrature ?

La République des lettres et la République des nombres

Société technologique : vie impérative et artifice de liberté

Nous vous scrutons, bien que ce ne soit pas vous la cible

Mais en 2018, ces sujets prennent une autre tournure puisqu’ils commencent enfin à être mis (un peu) en avant et dénoncés pour ce qu’ils sont, et ce, dans la presse généraliste : un danger pour la société dans son ensemble, une véritable transformation des individus passant du statut de «citoyens éclairés et responsables» à celui de «valeurs...

Mélina Boughedir expulsée d'Irak

lundi 19 février 2018 à 19:29

Une sympathisante de longue date de l'islamisme radical

L'Irak a ordonné l'expulsion de Mélina Boughedir qui avait rejoint Daech en Syrie. Elle sera accueillie par la DGSI à son arrivée en France, étant connue de longue date de la justice française.

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Logo du groupe Forzane Alizza - D.R.

Ce lundi 19 février, la Cour pénale centrale de Bagdad a remis en liberté Mélina Boughedir, née en 1990 à Meulun, après l'avoir condamnée à sept mois de prison pour être entrée illégalement en Irak. Ayant déjà passé sept mois en détention provisoire, sa peine était purgée. Elle sera expulsée vers la France où il est très probable que la DGSI l'accueillera. Mélina Boughedir est en effet connue da la justice française.

Son nom était apparu dans le dossier Forsane Alizza. Son mari, Maximilien Thibaut, était membre de cette association ("Les cavaliers de la fierté"), très active entre 2010 et 2012, se réclamant du salafisme djihadiste. Très présente sur Internet, l'association n'était pas passée à l'acte mais avait été dissoute à la demande du ministre de l'intérieur de l'époque, Claude Guéant. Plusieurs projets d'assassinats ou d'enlèvements avaient été évoqués par les membres de Forzane Alizza, des armes avaient été retrouvées aux domiciles de plusieurs membres. Un membre de l'organisation qualifiait par ailleurs Mohammed Merah de "martyr".

Maximilien Thibaut était en 2012 agent d'accueil à l'Université de Nanterre dans un bâtiment situé à Saint-Cloud. Il était titulaire d'une licence de tir sportif et détenteur à ce titre d'une carabine 22 long rifle équipée d'une lunette et d'un trépied pour le tir à longue distance.

Maximilien Thibaut - D.R.
Maximilien Thibaut - D.R.

Lorsque les policiers procèdent à une...

Presse : la fabrique de l'opinion

dimanche 18 février 2018 à 18:03

Le Diario de Ibiza construit une réalité alternative

On prête souvent à la presse le fait d'être un quatrième pouvoir aux côtés de l'exécutif, du législatif et du judiciaire. C'est lui faire trop d'honneur. L'état du secteur laisse plutôt penser que la presse est moribonde. Toutefois, il lui reste un pouvoir. Celui de fabriquer l'opinion aux côtés des nouveaux entrants, comme Twitter ou Facebook. Passons en revue un exemple parlant, venu des îles.

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Ibiza - © Reflets

Août 2017, une tempête très violente secoue les îles Baléares d'Ibiza et de Formentera. A Ibiza, les plus gros dégâts sont à déplorer sur la côte sud de l'île.

Ibiza et Formentera
Ibiza et Formentera

A Ibiza, jusqu'il y a quelques années, il n'y avait qu'un journal quotidien. Si la situation a changé avec l'apparition de plusieurs concurrents, le Diario de Ibiza conserve une position importante. Son traitement de l'information est exemplaire à propos de cette tempête.

Aux côtés d'articles factuels sur les conséquences de la tempête, apparaissent des tribunes énervées sur… une urbanisation. Bien que de nombreuses constructions aient été touchées ailleurs, notamment un restaurant de plage très connu et quasiment détruit (à Es Torrent), le tir nourri de tribunes se concentre sur une seule urbanisation.

Article Xescu Prats
Article Xescu Prats

La bataille est menée par Xescu Prats, journaliste qui se spécialise dans les reportages sur les bonnes adresses et les endroits les plus enchanteurs de l'île.

Pour lui, la cause est entendue : la tempête a détruit une route à Es Cubells, des rochers se sont détachés des falaises et ont failli tuer des gens. La faute en revient à "des spéculateurs français qui se sont établis sur la côte d'Es Cubells il y a quarante ans et ont réussi, contre toute logique, à obtenir de la mairie de l'époque, le droit d'injecter du béton et d'urbaniser des falaises de rochers et d'argile qui tenaient à peine". N'en jetez...